GISEMENT DO SUCCIN
Haüy, dit que le succin, sur les côtes de la mer Baltique, dans la Prusse orientale, accompagne les cailloux roulés et surtout du bois fossile. Brard range cette substance, d’après sa nature chimique, au nombre des matières végétales, et indique son gisement dans les lignites ou bois bituminisés. Beudant, sans être plus explicite, déclare que les succins appartiennent aux mêmes formations que les lignites ; Brongniart regarde le succin comme devant appartenir exclusivement aux terrains de dernière formation, notamment aux terrains sablonneux ; suivant lui, il accompagnerait assez ordinairement les lignites et serait même adhérent à leurs niasses.
Toutefois, cet illustre minéralogiste cite du succin disséminé en grains dans la houille du Groenland, au Kamtchatka et à Oslavan, en Moravie ; mais M. Eugène Bobert, d’après les échantillons qu’il avait rapporté de l’île de Disko et de l’île Melleville, dans la mer de Baffin, croyait que cette houille n’est autre qu’un lignite. Il avait porté le même jugement sur des morceaux de lignite roulés, recueillis par lui au Spitzberg, dans la rade de Bell-Sund et qui sortaient incontestablement d’une
espèce de molasse de la période paléothérienne de Cordier, laquelle roche était adossée à un terrain anthracifère dont les couches sont si singulièrement redressées en Scandinavie, en Laponie, au Spitzberg, etc. Le succin se présente en grains plus ou moins gros dans ce lignite. M. Eugène Robert a noté à Arkhangel les mêmes particularités, dans le lest d’un navire russe, au retour d’un voyage à la Nouvelle-Zemble, et d’après ces faits, il est probable que le succin signalé par Pallas sur les rivages de la mer Glaciale, dans le golfe de Kara, et qu’il associe à la houille, se trouve dans les mêmes conditions que celui du Groenland, du Spitzberg et de la Nouvelle-Zemble.
Environs de Paris. — Le succin, quoique en grains fort petits, est fréquent dans les formations ligniteuses tertiaires et, par exemple, aux environs de Paris. Auteuil et Vaugirard dans la Seine; Meudon en Seiue-et-Oise ; Soissons dans l’Aisne ; Genvry, près Noyon, dans l’Oise, peuvent être cités au hasard parmi les localités qui en fournissent.
Seine-Inférieure. — A Incbeville, M. Varembault a observé un petit gisement d’ambre à la partie supérieure de l’argile plastique*.
Gard. — Dans le Gard, les lignites lacustres de l’étage dit jmuléhen contiennent très fréquemment du succin en petites mouches et quelquefois en morceaux de forme ovale ou arrondie qui atteignent la grosseur d’une noix et même la grosseur du poing. Cette substance est de couleur jaune foncé, à cassure brillante dans le centre des morceaux, mais terne et opaque à l’extérieur, comme si elle avait éprouvé quelque altération. Cependant ses caractères chimiques et sa propriété électrique sont absolument les mêmes que ceux du succin de la Poméranie.
Les mineurs s’en servent comme d’un parfum propre, selon eux, à purifier l’air, et ils le brûlent pour assainir les pièces où ils élèvent des vers à soie.
Le succin est toujours très commun dans les mines du bassin de Pont-Saint-Esprit. Aux exploitations de .Mézerac, près de Saint-Julien et de Carsan, dans le bassin de la Tave, à l’exploitation du Pin, on en trouve assez souvent des morceaux de la grosseur d’un oeuf.
Au reste, dans toutes les exploitations, et sans distinction de couche, cette substance se présente généralement en petites mouches.
A Mézerac, elle remonte même dans les calcaires qui séparent les couches de combustible.
La présence du succin dans ces lignites est très caractéristique : jamais, en effet, on n’a trouvé cette résine fossile dans les lignites tertiaires lacustres des bassins d’üzès, de Barjac, de Vénijean et de Piolène.
Alsace. — A Lobsann (Alsace), on trouve dans le lignite de très fréquents grains de succin ; ils sont arrondis et leur dimension, qui excède rarement la grosseur d un pois, est souvent égale à celle d’une tête d’épingle. Ils sont jaunes et ordinairement transparents. Ou a noté leur association aux débris de conifères qui peut contribuer à y faire vob’ le produit de la fossillisation d’une résine.