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ment à la surface du sol, et quelquefois il y produit de l'asphalte en se desséchant.

Le pétrole du Punjab se rencontre habituellement dans des roches tertiaires éocèncs qui sont même en partie nummulitiques ; toutefois à Ahuggad, il sort de roches qui paraissent appartenir au terrain carbonifère.

M. Lyman n’admet pas que le pétrole du Punjab soit arrivé par émanation ou par distillation ni même qu’il ait passé d’une roche dans une autre. 11 explique sa formation par une décomposition lente des matières organiques qui se sont déposées avec les roches dans lesquelles on le trouve.

Dans cette dernière hypothèse, il est cependant difficile d’expliquer comment dans

une même région, il se montre dans des roches très différentes.

États-Unis et Canada. — Le pétrole s’est révélé dans l’Amérique du îs'ord en 1858. La production s’est accrue depuis lors avec une rapidité surprenante. Pendant l’année 1866, la production de certains jours a atteint 1.500.000 litres.

Pour juger de la rapidité avec laquelle cette production s^est développée, il suffit de jeter un coup d’œil sur le tableau suivant, qui représente les quantités exportées en six années :

1861 . 5.576.069 litres

Total . 782.467.348 litres.

Et pour représenter d’une façon approximative la consommation intérieure, il faut ajouter un quart à ces chiffres énormes.

Les trois centres principaux de production sont : la Pennsylvanie occidentale (Venango County, dans lequel se trouvent Oil Creek, Titusville, etc.), la Virginie occidentale ou West Virginia et le Canada occidental. Cependant d’autres régions des États-Unis fournissent également du pétrole.

Les roches, dans lesquelles des milliers de puits sont forés pour chercher le ])étrole, appartiennent aux terrains stratifiés. Ces couches dépendent de plusieurs étages très différents de la série.

Dans le Kentucky et le Tennessee, le pétrole est fourni par les couches siluriennes inférieures (calcaire de Trenton et schiste d’ütica). Un seul puits du Kentucky, percé dans ces conditions, a débité environ 7.500.000 litres.

Un autre niveau très productif, celui du Canada occidental, appartient au terrain dévonien inférieur. C’est au même terrain dévonien, mais à son étage supérieur (niveaux de Chemung et de Portage) qu’appartiennent les couches les plus riches, celles de la Pennsylvanie occidentale du groupe si important de Oil-Greek. A un niveau encore plus élevé, et à divers étages du terrain carbonifère, se trouvent des sources très abondantes. Les plus importantes de la Virginie occidentale appartiennent au terrain carbonifère supérieur.

Au Canada comme aux États-Unis, les sources de pétrole les plus riches sont dans les parties où les couches sont ployées, et sur les axes anticlinaux. Dans ces parties, où les couches ont été brisées, il s’est formé des cavités, des crevasses et des failles, qui servent de collecteurs naturels, dans lesquels l’huile minérale s’est rassemblée en abondance, en même temps que l'eau salée et le gaz hydrogène carboné, dont elle est généralement accompagnée. Dans le cas où le pétrole jaillit par ces surfaces anticlinales, on remarque qu’une couche d’argile le recouvre comme un toit, de manière à l’empêcher de s’échapper avant le moment où la sonde vient percer l’enveloppe argileuse

Dans la Pennsylvanie occidentale, on a remarqué que la quantité de pétrole est proportionnelle à la profondeur atteinte par le forage. Les plus productifs sont à la profondeur de 180 à 200 mètres. La qualité elle-même paraît aussi être en rapport avec la profondeur des puits ; les huiles légères viennent des plus grandes profondeurs. La plupart des huiles de West-Virginia, qui sortent du terrain houiller, sont lourdes et servent principalement pour le graissage des machines. C’est ce qu’on observe clairement dans les puits exécutés dans la région sud-ouest du Canada, dans les dépôts quaternaires qui recouvrent le terrain dévonien sur des épaisseurs de 15 à 60 mètres.

A la base des argiles quaternaires 011 trouve souvent des couches de gravier saturé de pétrole; mais ces dernières, bien qu’assez productives, sont bientôt épuise'es. On distingue l'huile fournie par ces couches de l'huile de roche, c’est-à-dire de celle qui provient de son gisement originel, et on lui donne le nom d’huile de surface (surface oil). Cette huile de surface, devenue plus dense et plus visqueuse, est recherchée comme huile lubrifiante.

Dans certains cas, la qualité de l’huile est aussi influencée par la présence du soufre, qui lui communique une odeur très forte, même à l’état naturel, et qui nécessite deux distillations avant qu’on puisse l’employer pour la combustion. C’est ce qu’on voit pour les huiles du Canada occidental où le pétrole paraît associé à des couches qui renferment du soufre, et à des sources sulfureuses.

Certains points de la Pennsylvanie ont donné, par jour, 220.000 litres et jusqu’à 600.000 litres.

Autrefois l’huile sorlait avec le gaz. Les puits actuels sont presque tous des puits à pompe (( pumping wells (fig. 83) . » Les Américains de Oil-Creek renoncent de plus en plus à chercher des puits jaillissants a flowing welk ». A l’origine, les gaz inflammables et l’huile qui s’échappaient ensemble par le même orifice donnaient lieu à des conflagrations désastreuses ; les exploitants furent amenés à faire sortir les gaz par un tujtau et l’huile par un autre. A cet effet, ils observèrent que les gaz s'échappaient de fissures situées sensiblement au même niveau, c’est-à-dire à la seconde assise de la formation de grès dévonien. Comme l’expéiience leur avait déjà appris qu’il ne fallait pas compter sur des réservoirs très abondants en huile parmi les fissures de la première et de la seconde assise de ce grès, ils tubèrent leurs puits pour traverser les deux assises et deseendi’e dans la troisième, qui leur fournissait des a|)provisionnemeiits immenses. Comme conséquence de cette innovation, non seulement les conflagrations devinrent très rares, mais encore le gaz fut employé à chauffer les chaudières.

Il arrive un moment où la proportion d’eau qui accompagne le pétrole devient

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de plus en plus prédominante, et où le puits doit être abandonné par suite do lu rareté de l’huile. C'est alors que peut intervenir avec avantage le torpédo du colonel Roberts qui, par l’explosion produite au fond du puits, ouvre de nouvelles fissures, et provoque souvent la réapparition du pétrole.

Parfois uii forage, entrepris à quelques mètres d’un puits stérile ou épuisé,

Fig. 83. — Disposition d'un puits à pétrole aux États-Unis.

produit une source abondante de pétrole, comme si les réservoirs correspondaient à des fissures verticales .

Comme les puits les plus abondants finissent par se réduire et s’épuiser, on pourrait croire que les réservoirs de pétrole qui donnent, en ce moment, une si énorme production ne tarderont pas à s’épuiser ; mais il faut remarquer que, les étages oléifères se prolongent, dans cet immense territoire de l’Amérique du Nord,

sur plusieurs centaines de milliers de kilomètres. On peut donc supposer que le pétrole se trouve accumulé, dans celte région, encore pour un long avenir.

Les sources de Triumph-IIill s’étendent sur une surface de 2 milles de longueur et sur une largeur d’un mille à peine (5218 mètres de long sur 1609 de largo). Cette petite étendue do terrain est cependant assez féconde en pétrole pour fournir pendant un an 25 barils par jour et par puits, bien que ces puits ne soient séparés les uns des autres que par (juelques 7'ods (verges anglaises, dont chacune est longue de 5“,29). Pompée hors des puits, l’huile est versée dans des bassins, d’où on la transporte d’abord dans des réservoirs, puis aux raffineries. On se sert à cet effet de wagons ayant l’aspect de grandes chaudières montées sur des roues, et pouvant renfermer chacune 3600 gallons (16.200 litres). On fournit à chaque pompe la quantité d’huile produite, car les bassins précités sont communs à tout le district. Il s’est formé plusieui’s compagnies pour le transport de l’huile. Une d’elles, l’Empire Line (ligne nationale) transporte toutes les vingt-quatre heures 800.000 gallons d'huile (56.320 hectolitres).

Il arrive souvent que la foudre tombe sur les bassins; on a même supposé quelquefois que le pétrole attirait le fluide électrique, car il passe pou d’orages pardessus la contrée sans qu’un bassin ou l’autre soit frappé par le feu céleste. L’incendie de la plus grande raffinerie de la contrée, qui eut lieu le 1 0 septembre 1875, est devenu célèbre. Cet incendie dura deux jours et couvrit le pays d’une fumée tellement épaisse que la clarté du jour en fut obscurcie.

Il est bon de remarquer que les gigantesques bassins des raffineries sont en fer, ce qui explique l’attraction du fluide électrique en temps d’orage.

Un sondage pratiqué à Terre-Haute, dans l’état d’ihdiana, a amené la découverte d’une nappe de pétrole lorsqu’on a atteint la profondeur de 540 mètres. D’après MM. Sterry Hunt et Cox* cette nappe d’huile minérale est située dans le calcaire cornifère du terrain dévonien. Da.plus, il paraît que la localité de Terre-Haute se trouve sur l’alignement d’un pli anticlinal bien marqué.

M. Hœfer^ a résumé les connaissances relatives au gisement du pétrole dans l’Amérique du Nord. Tous les gîtes de pétrole appartiendraient exclusivement à la partie inférieure du groupe paléozoïque, et spécialement au silurien et au dévonien. Les plus profonds se rencontrent dans l’étage de Trenton (île Manitouline, Canada) ; les gîtes de Gaspé sont compris dans le Lower Helderberg et l’Oriskany. Le calcaire cornifère du dévonien renferme le gîte d’Enniskillen (Canada), le plus profond des gisements de pétrole utilement exploitables; puis viennent, dans l’étage d’Hamilton, les schistes noirs de Genesee, avec 15 pour 100 de bitume, qui sont le réservoir principal des sources de gaz de la Pennsylvanie du Nord et de l’Ohio, mais ne contiennent pas de pétrole en quantités appréciables.

C’est dans l’étage de Chemungque s’exploitent aujourd’hui les principales sources d’huile minérale de la Pennsylvanie.

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