‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 167 sur 184 · Jahreshericht (1er Chemie fur 187'i, p. I04.‘i · texte numérisé non relu

Jahreshericht (1er Chemie fur 187'i, p. I04.‘i

Acide carbonique. . . 83*99

Oxygène . 0,65

Azote . 14,91

Oxyde de carbone . 1,04

En outre, M. Meyer a trouvé dans le gaz de houilles, provenant de Zwickau, qui étaient restées pendant plusieurs années à l’air, une proportion de C*H® qui s’élevait à 18 et même à plus de 23 p. 100.

11 résulte de ces remarques que l’iiistoire du grisou est des plus éloquentes pour éclairer l’origine des gaz combustibles.

Les accidents déterminés par l’explosion des gaz des houilles sont trop fréquents pour que tout le monde n’eu connaisse pas les principales particularités. Cependant, pour la clarté des explications qui vont suivre, il est indispensable d’en rappeler deux exemples bien choisis.

Catastrophe de la mine du Treuil. — Dans les premiers jours du mois de février 1876, un événement désastreux est venu jeter la désolation et le deuil dans un grand nombre de familles de Saint-Étienne. Les terribles effets du feu grisou ont dépassé, dans cette circonstance, tout ce que l’on avait eu antérieurement à déplorer parmi les plus lugubres catastrophes de ce genre.

C’est le 4 février, à deux heures de l’après-midi, qu’arriva cet événement funeste.

Une détonation sourde et souterraine, analogue au bruit éloigne du canon, en avertit toute la ville de Saint-Etienne, qui apprit immédiatement qu’une explosion de grisou venait de se produire à la mine du Treuil. En 1871, cette même mine avait vu périr 90 mineurs à la suite d’une explosion pareille.

La mine du Treuil est située à gauche du chemin de fer de Lyon, avant d’arriver à Saint-Étienne. Deux puits existent là : le puits Jabin, par lequel arrive l’air, et le puits Saint-François, où le retour d’air est opéré par l’action d’un ventilateur.

216 ouvriers se trouvaient dans les galeries au moment où l’explosion se produisit. Les gaz délétères, résultant do la combustion du gaz, remplirent aussitôt l’intérieur de la mine en quantité telle qu’on ne put descendre immédiatement pour porter des secours. Le ventilateur du puits Saint-François, qui fonctionnait sans interruption, permit cependant d’effectuer la descente quelques heures après.

Les ingénieurs des mines de Saint-Étienne montrèrent un grand courage dans ces tristes circonstances. Des gardes-mines s’étant joints aux ingénieurs, on put retirer quelques hommes, qui furent accueillis avec la plus douloureuse compassion par la foule, qui attendait avec anxiété depuis une demi-journée le résultat de ces émouvantes et pénibles recherches. Les hommes que Ton remontait étaient brûlés par le feu ou blessés par les éboulements. On savait que le nombre total des victimes devait être de 216. Ce n’était d’ailleurs qu’avec beaucoup de peine qu’on avançait dans la mine, tant les éboulements étaient fréquents et considérables. A chaque instant, les galeries s’effondraient, et c’était au prix des plus grands dangers que se faisait le travail du déblaiement.

Une circonstance particulière vint encore compliquer les conséquences de ce malheur. L’explosion du fou grisou avait allumé quelques blocs de houille, que les ouvriers employés au déhiaiement avaient négligé d’éteindre ou n’avaient pas remarqués, et le courant d'air une fois rétabli dans les galeries vint activer ce commencernent d'incendie. Le feu couvait denière les piliers de charbon qui soutenaient les voûtes de la mine; de sorte qu’une galerie tout entière, longue d’environ 200 mètres, finit par devenir la proie des flammes. L’incendie gagnait rapidement. Pour l’arrêter, on dut boucher les deux extrémités de la galerie. On ramassa promptement de l’argile et on s’en servit pour murer toutes les issues. Cet incendie opéra probablement l'incinération des cadavres qui n’avaient pas encore été retirés, et que l’on aurait trouvés, du re.ste, dans un état complet de putréfaction.

Le drame de la houillère du Treuil rappelle de semblables événements survenus dans l’explosion des houillères ; mais on ne pourrait en citer aucun dans lequel le nombre des viclinies ait été aussi considérable.

Au mois de mai 183ô, les mines de houille de Newcastle, en Angleterre, firent explosion, et 47 individus périrent dans les flammes.

An mois de juin 1838, la mine de l’Kspérance, près de Liège, éprouva une détonation qui coûta la vie à b9 mineurs.

Sur 117 ouvriers qui descendirent un matin, au mois de juillet 1856, dans le puits delà mine de Ciminer, dans le Glamorganshire, 110 périrent une heure après, par une épouvantable explosion.

Au mois de décembre 1860, 170 ouvriers périssaient dans les mines de Montmouthshire (.Angleterre).

Au mois de janvier 1862, 43 cadavres étaient retirés du charbonnage de llarlleld, dans le-Cumberland.

D'après un relevé statistique des catastrophes survenues dans les houillères d’Angleterre, document |)ublié il y a quelques années par les inspecteurs du gouvernement, il y a eu de 1850 à 1860, c’est-à-dire en dix ans, 8466 personnes tuées et 30 OflO blessées.

Catastrophe de Framerie. — Le jeudi 17 avril 1879, vers sept heures et demie du matin, une explosion de grisou eut lieu au puits n° 2 de l’Agrappe, près de la gare de Fiamerie (Belgique).

M. Durât, professeur au Conservatoire des arts et métiers, a donné sur ce triste événement des renseignements qu’il a recueillis lui-même sur les lieux.

Comme on exploite dans ce puits les couches grisouteuses, toutes les précautions d’usage, dit M. Durât, étaient observées minutieusement.

Le matin, il était descendu plus de 200 ouvriers.

Les sièges principaux de l’exploitation étaient aux profondeurs de 520 et de 550 mètres. 5 ouvriers étaient en travail préparatoire, à la profondeur de 610 mètres, isolés, par une porto, d'une traverse en voie de percement à ce niveau, vers la veine Épuisard, qui a 1™,54 d’épaisseur et qui est très grisoiitense. Ce dernier poste comprenait onze ouvriers. Il y avait un mécanicien dans le bâtiment qui couvrait le puits, huit hommes à la recette et deux femmes dans la lanipist rie.

Vers sept heures et demie, on remarqua que le puits d’extraction exh.dait un courant d air létide, et l’on envoya un exprès à l’ingénieur du puits pour lui

Signaler ce fait anormal, le puits devant avaler, c’est-à-dire servir à l’entrée d’air.

Un n’eut pas le temps d’éclaircir le fait, la salle du mécanisme s’étant remplie de grisou. Le mélange était devenu explosible, il s’alluma au poêle du raacliinisle et détermina nue détonation violente. Le mnehiiii-te fut tué par le choc, les huit hommes de recette furent plus ou moins brûlés, ainsi que les deux femmes de la lampisterie dont la porte ouverte avait admis le gaz.

En même temps, un violent jet de flammes s’éleva du puits jusqu’à la charpente, où le feu se mit aussitôt. Cet immense bec de gaz, de o“,60 de diamètre, continua à brûler pendant deux heures, sans que le feu se propageât dans les travaux souterrains, où aucune explosion ne s’était encore produite.

Vers neuf heures et demie, le feu était descendu, et une première explosion se fit entendre. Les autres se succédèrent, de quart d’heure en quart d’heure, jusque vers onze heures et demie, où eut lieu la neuvième et dernière, plus violente que les autres.

Que s’itait-il passé dans les travaux? on l’ignorait, car ils étaient inaccessibles. Les charpentes embrasées tombaient sur le puits d’extraction et sur le ])uits d’aérage, dont le ventilateur était arrêté. Tous les efforts pour sauver le personnel s’étaient portes sur le puits d’aérage qui était en même temps le puits aux échelles, mais on ne put l’aborder qu’à trois heures et demie.

On y sauva quatre-vingt-sept ouvriers et l’on apprit avec consternation que le plus grand nombre, croyant que le courant d’air était renversé et craignant qu’on ne remît le ventilateur en mouvement, ce qui eût ramené tous les gaz méphitiques sur ce point, étaient redescendus aux accrochages inférieurs. Ils devaient donc avoir tous péri, par le seul fait des explosions qui s’étaient succédé. On tenta vainement de descendre dans les travaux par ce puits ; à partir du niveau de 400 mètres, les passages étaient interceptés par de nombreux éboulements.

Ce fui seulement le dimanche 20, quatre jours après l’incnidie, qu’on put descendre dans le puils d’extraction et que, par un bonheur inespéré, on put sauver encore les cinq personnes qui étaient montées au niveau de 580.

On sut alors avec certitude ce qu’on avait d’abord présumé. Un dégagement de gaz, d’une violence inou’ie, s’était produit dans la veine Épuisard à la profondeur de 610 mètres. Les onze personnes qui s’y trouvaient avaient été immédiatement asphyxiées, tandis que celles qui étaient à 20 mètres au-dessus avaient compris qu’une perturbation considérable était survenue. Ils avaient entendu siffler la trombe gazeuse à travers la porte qui les protégeait ; leurs lampes, système Mueseler, s’étaient éteintes, et ils étaient remontés à 580 mètres, où les éboulements supérieurs, produits par les explosions, les avaient protégés. Au bout de quatre jours passés dans une somnolence lélhargiiiuc, ils croyaient, disaient-ils, n’èire restés que vingt-quatre heures dans la mine.

Quand on analyse tous les faits observés, on voit qu'une quantité énorme de grisou a dû être subitement projetée par la couche Épuisard, quantité qui devait se trouver sous une pression très élevée dans des fissures ou des cavités du terrain. Le puits a dû être d’abord rempli et l’air expulsé, puisqu'il n’y a pas eu détonation souterraine. Or, le volume ainsi rempli, y compris la galerie de traverse, représente près de 10 000 mètres cubes. Pendant deux heures, le gaz e.^t sorti à pleine section du puits, et si l’on suppose la vitesse de 1 mètre par seconde, c’est environ

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72 000 mètres cubes de plus. Enlm les masses gazeuses, de neuf explosions qui se sont succédé pendant deux heures, annoncent un début décroissant qui peut être évalué à 30 000 mètres cubes. C’est donc un total de plus de 100 000 mètres cubes, dont l’irruption peut être appelée, suivant l’expression de M. Laguesse, ingénieur en chef des mines du Hainaut, un volcan du grisou, fait à peu près unique dans les annales des houillères.

Malgré cette violence de l’irruption ' du grisou, tout le personnel eût été sauvé si le puits aux échelles n’eût été rendu inaccessible par l’incendie des bâtiments.

Caractères du grisou. — Pour en revenir à notre objet principal, rappelons donc que le mot grisou désigne un mélange complexe et très variable, mais dont la base essentielle est toujours l’hydrogène protocarboné ou gaz des marais. Nous ne craindrons pas de faire à cet égard de nombreux emprunts, comme à la source la plus autorisée, au Rapport de la Commission chargée de l'étude des moyens propres à prévenir les explosions de grisou dans les houillères.

M. Turner, en Angleterre, M. Bischoff, en Allemagne, ont parfois rencontré le grisou presque pur, abstraction faite de quantités pour ainsi dire inappréciables d’hydrogène bicarboné, d’air et d’acide carbonique ‘. Le plus ordinairement cependant ces derniers éléments prennent une importance plus ou moins marquée.

M. Galloway a rencontré, dans de nombreux soufflards, de 80 à 90 pour 100 d’hydrogène protocarboné, avec de l’hydrogène et de l’azote en proportions variables et parfois un peu d’acide carbonique*.

M. Schoudorff a obtenu pour le gaz d'un soufflard le résultat suivant"’ :

Gaz des marais . 93,664

Méthyle (GW) . 0,884

Acide carbonique . 0,628

Oxygène et azote . 4,824

11 donne également l’analyse d’un air chargé de grisou ,'dans lequel les lampes marquaient, en présentant une auréole bleue :

Azote .

Acide carbonique .

Gaz des marais .

Méthvle .

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