‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 31 sur 184 · Neues Jahrbuch, 1867, p · texte numérisé non relu

Neues Jahrbuch, 1867, p

2. General note of tke mines and minerais of British Columbia, 18, 22, 23, 23.

Eau .

Matières volatiles

Carbone .

Soufre .

Cendres .

Lignite tertiaire du territoire Washington. Il est d’aussi bonne qualité que celui des plaines à l’ouest des montagnes rocheuses :

Eau . 11.60

Matières volatiles . 55.49

Carbone . 45.97

Soufre . »

Cendres . 6.44

On connaît un lignite à Cèbu dans l’île de Manille. Sa valeur industrielle est, d’après M. Centeno, égale aux 5/6 de celle de charbon anglais de Cardiff. Il a donné à l’analyse :

Charbon . ■ . 51.2

Matières volatiles . 44.7

Cendres . 4.1

Les bateaux à vapeur s’en servent volontiers.

Le charbon du terrain crétacé de l’ile Vancouver est un lignite. Voici l’analyse de deux variétés. La seconde seule se transforme à peu près en coke par la calcination.

l. IL

Eau . 1.47 1.47

Matières volatiles . 32.69 28.19

Carbone . 59.55 64.05

Soufre . » »

Cendres . 6.29 6.29

. 100.00 môô

On connaît un petit nombre de couches de lignites propres à la fabrication du coke de bonne qualité; de plus, dans quelques usines on produit du coke en carbonisant des mélanges intimes de houilles anthraciteuses avec du brai, avec du goudron, ou avec des houilles très collantes.

En terminant ce sujet, ajoutons que les lignites doivent être examinés au laboratoire absolument de la même manière que les houilles grasses dont nous parlerons plus loin. Quand il s’agit de fabriquer du coke avec des mélanges divers, on peut obtenir par des essais, en petit des indications à peu près exactes sur les proportions de brai, de goudron ou de houille grasse qu’il convient de mélanger avec la houille anthraciteuse préparée, pour obtenir du coke résistant. Il convient de faire ces essais, par calcination, dans des creusets un peu grands, en faisant varier

les proportions des diverses matières. 11 faut en outre incinérer toutes ces matières, faire l’analyse des cendres et déterminer les pertes éprouvées par calcination. Ces renseignements ne peuvent faire connaître la proportion et la qualité du coke qu'on obtiendra dans les fours, mais ils permettent d’éviter bien des tâtonnements dispendieux dans la fabrication elle-même.

§ 111. ANALYSE liyiMÉDlATE OU MINÉRALOGIQUE DES LIGNITES.

L’analyse minéralogique ou immédiate des lignites peut être faite par les procédés mêmes que nous avons indiqués déjà à l’occasion de la tourbe.

En étudiant les diverses variétés de ces charbons après attaque par les réactifs oxydants, on reconnaît que les parties mates sont constituées par des parcelles végétales très divisées avec des restes de feuilles et de membranes épidermiques, tandis que dans les parties brillantes on ne distingue que des fragments de bois montrant presque toujours des fibres rayées ou ponctuées et des rayons médullaires. On observe des éléments de même nature dans le fusain, qui, bien que difféi-ant de celui de la houille par sa moindre résistance à l’action des réactifs, reste cependant en partie inattaqué, même lorsqu’on fait intervenir la chaleur. 11 résulte de ces observations que les lignites brillants sont constitues par des fragments de plantes à structure conservée, et spécialement par des fragments ligneux, et qu’ils renferment, interposée entre ces éléments organisés, une substance amorphe analogue au dopplérite, mais qui n’entre dans la composition de la masse que pour une part secondaire.

11 est utile de remarquer que la structure végétale ne pouvant d’ordinaire être observée que sur des fragments d’étendue très réduite, on pourrait prétendre que la masse du charbon est formée principalement d’une matière amorphe empâtant, comme éléments beaucoup moins importants, quelques débris végétaux à structure conservée ; cependant en recourant à l’incinération, on s’assure qu’en réalité toute la masse est bien constituée par des éléments organisés, principalement par des tissus ligneux et corticaux. Cette constatation peut se faire sur les variétés à cassure brillante de presque toutes les provenances, de sorte qu’on est en droit de conclure que les lits de ces pechkohle doivent leur origine à la prédominance des débris de bois et d’écorce. L’examen des cendres des parties mates montre, au contraire, que les débris foliacés dominent dans leur composition, et que les éléments ligneux n'y entrent que dans une proportion relativement faible.

En isolant, au moyen des acides, les feuilles transformées en charbon qui se trouvent dans les couches marneuses, on constate que leur épaisseur, comparée à celle des espèces actuelles les plus voisines, n’est guère réduite qu’à moitié ou au tiers de ce qu’elle devait être à l’état vivant. On ne saurait donc admettre qu’à la transformation en charbon des matières végétales, corresponde une contraction de volume aussi considérable que 1 ont prétendu beaucoup d’auteurs qui ont supposé qu’elle pouvait aller jusqu à 1/25 ou 1/30 de l’épaisseur primitive. On trouve, du reste, une autre preuve du peu d’importance de la compression et des déformations subies par des débris végétaux transformés en charbon, dans ce fait que les trous de vers

COMBUSTIBLES MINÉBAUX.

dont sont percés un grand nomlire de bois ne présentent aucune trace d’aplatissement. Quant aux coquilles A'Helix qu’on rencontre écrasées et brisées dans les lio-nites de Bavière, elles ne sont pas plus déformées que celles qu’on observe dans beaucoup de tourbières à des profondeurs de 3 à 5 mètres seulement.

Les charbons de Hœring datent de l’éocène supérieur ; les couches de combustible de ce gisement sont intercalées entre des couches marneuses certainement marines et accompagnées de couches calcaires dans lesquelles on trouve, avec des coquilles terrestres ou d’eau saumâtre, de nombreuses empreintes végétales bien conservées qui ont été décrites en détail par M. Ettingshausen.

Il paraît que ce dépôt s’est formé dans une baie dont l’eau était devenue à moitié douce et dont les rives, presque plates, étaient couvertes d’une végétation ligneuse analogue à celle des swamps de la Louisiane. Les débris plus ou moins décomposés provenant de cette végétation étaient entraînés par l’eau et ont ainsi donné naissance à un gîte charbonneux.

Or, en traitant par des réactifs oxydants ces charbons composés de lits à peu près également brillants, on reconnaît qu’ils sont constitués presque exclusivement par des débris de feuilles et de tissus parenchymateux. Les lits plus mats se distinguent par l’enchevêtrement de leurs éléments et par la présence d’un peu de fusain à fibres nettement ponctuées, ainsi que par une assez forte proportion d’argile mélangée. En incinérant le coke formé naturellement dans certaines parties de la mine par des incendies souterrains, on constate également que toute la masse du charbon est formée de parcelles végétales à structure conservée, parmi lesquelles dominent des restes de feuilles et de très petits fragments de bois.

Parmi les lignites il faut citer le charbon de Prévali, en Carinthie. 11 est de couleur noire et formé de lits alternatifs, les uns mats, les autres très brillants. En l’étudiant à l’aide de l’acide azotique et du chlorate de potasse, M. Gumbel y a observé (fig. 20) une grande quantité de débris organisés, fragments d’épidermes et

Fig. 20. — Lignite piciforme de Prévali. a, épiderme; b, grain de pollen ; c, autres grains de pollen; d, spore globulaù’e. — D’après M. Gumbel.

débris de tissus parenchymateux, avec grains de pollen dans les parties mates et des fleurs ligneuses concentrées dans les lits brillants ; il y a aussi, comme dans le pyropissite, des pellicules perforées constituées par une matière resineuse.

Aux environs de Bonn et de la Rhœn, en Bavière, on traite le dysodile pour en extraire de la paraffine.

Il se divise en feuillets minces comme du papier, par suite de 1 interposition

d’une substance argileuse mêlée de fines particules quartzeuses dans laquelle se trouve enfermée la paraffine. L’action des réactifs oxydants ne permet d’y reconnaître qu’une très faible quantité de débris végétaux à structure cellulaire et quelques grains de pollen, avec de nombreuses pellicules brunâtres à contours irréguliers sans straeture discernable, qui paraissent avoir une origine animale.

Il est probable qu’on a affaire à un dépôt formé dans un bassin d’eau douce où vivaient de nombreux animaux, dont les débris se déposaient au fond, avec de l’argile et quelques fragments de plantes à la manière de certaines formations tourbeuses.

Le pyropissite de Weissenfels est un type particulier de lignite terreux. Il se rattache au charbon à gaz de Falkenau, mais s’en distingue comme aspect et notamment par sa structure pulvérulente. Il est constitué par une substance d’un jaune brun qui se montre composée de petits grains irréguliers, opaques avec des débris foliaires peu nombreux, à structure conservée, appartenant à des mousses.

Le pyropissite de Sanfort a une composition analogue, mais il renferme une quantité beaucoup plus grande de restes de feuilles de mousses et de graminées, avec de gros fragments de bois à structure très visible, mais transformés comme toute la masse en une substance jaune friable. On y reconnaît des grains de pollen en nombre considérable, et l’action de l’acide azotique et du chlorate de potasse y fait découvrir une grande quantité de pellicules perforées, souvent en forme de boules, de matière résineuse.

On trouve dans les variétés terreuses de lignites, comme dans beaucoup de tourbes, des intercalations de dépôts de diatomées. Ces lignites, parmi lesquels figurent ceux de Mitterteich et ceux de Sanfort, sont constitués presque exclusivement par des débris de végétaux réduits à l’état de particules très divisées ; on y discerne des portions de cuticules, des grains de pollen, des spores et parfois quelques fibres de fusain, le tout mêlé à une assez forte proportion de boue argileuse.

Les lignites compacts du Traunthal dans la haute Autriche renferment en grande quantité des fragments de fusain semblables à ceux qu’on rencontre dans la houille. Ces morceaux de fusain ont absolument le même aspect, la même irrégularité de contours que ceux de la houille ; ils colorent à peine la potasse et ne sont que partiellement attaqués par l’acide azotique et le chlorate de potasse ; — assez cependant pour qu’on puisse ensuite y distinguer nettement des fibres ligneuses à ponctuations aréolées. On trouve également du fusain dans le lignite de Falkenau et peut-être un examen attentif en ferait-il découvrir, suivant l’assertion de M. Grand’Eiiry, dans la plupart des lignites.

Sous ce rapport il y a continuité parfaite depuis la tourbe jusqu’à la houille en passant par tous les combustibles intermédiaires.

En général on remarque, sur la cassure transversale des lignites ordinaires, des bandes d’un charbon très compact, noir, brillant, alternant avec des lits mats ; ces bandes brillantes, étudiées au microscope, sont en lames minces, soit après attaque par les réactifs oxydants, se montrent composées principalement de fragments de bois ou du moins de parties solides de diverses plantes.

Dans quelques gîtes ces bandes brillantes se développent assez pour former de véritables bancs au milieu des couches de combustible ; elles doivent leur origine

à la prépondérance des éléments ligneux, dont l’accumulation peut être attribuée au flottage, mais plus souvent à l’existence, sur la tourbière, d’une riche végétation forestière; la preuve en est fournie par une couche, du gîte de Wackersdorf, près Schwandorf, où le dépôt a été silicifié en quelque sorte à l’état naissant ; on y voit des débris ligneux, composés de ramulcs et de rameaux de Glyptostrobus europeus, alterner avec des lits plus minces formés, par tourbage, de feuilles de mousses et de graminées. Cette alternance de bandes mates et de bandes brillantes est un des caractères qu’on retrouve dans les combustibles plus anciens, comme la houille.

On doit considérer comme analyses immédiates celles dont les résultats sont consignés dans le tableau suivant ;

Lignite terreux

Lignite fibreux

Lignite piciforme

Schralpren par Klaproth

de Bovey par Katcheft

de Loljrano par Hech

Eau et acide pyroligneux .

Bilutne huileux épais .

Gaz hydrogéné carbone .

Gaz acide carbonique .

Soufre provenant des pyrites. . . .

Sulfate de chaux .

Sable .

Oxyde de fer .

Ces analyses sont incomplètes parce qu’on a agi sur des variétés impures et mal déterminées, et parce qu’on n’avait pour but que de connaître à peu près la proportion du charbon et des bitumes, tandis qu’il fallait chercher l’état de combinaison des principes organiques, la proportion des principes éloignés et leurs produits. Cependant les idées de Yauquelin se réalisent, et l’on voit apparaître l’acide pyroacéteux par la combustion des lignites. Enfin, cette donnée est confirmée par les expériences de Mac Culloch sur les propriétés des produits comparés de la distillation du bois, de la tourbe et des lignites connus sous les noms Aejayet, bovey coal et surturbrand. Tous ces produits renferment plus ou moins d’acide pyroacéteux, tandis qu’on ne reconnaît pas cet acide dans les produits de la distillation des bitumes, qui renferment au contraire de l’ammoniaque.

La pesanteur spécifique des lignites s’étend de 1,10 à 1,50; mais on ne doit avoir égard qu’à celle du lignite piciforme ou jayet, toutes tes autres variétés étant impures ou imparfaites.

L’analyse immédiate de cinq variétés de lignites a donné les résultats suivants : .

IIH

Idil

Ih

Voici l’analyse de quatre autres échantillons :

Page 1