‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 32 sur 184 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

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Matières combustibles. . .

Argile et sable .

Pyrite .

En général, les lignites se dissolvent, comme les tourbes limoneuses, dans la potasse, et ils colorent la liqueur en brun, à la manière de l’ulmine. Ils laissent, en outre, par la distillation, un résidu charbonneux semblable à celui de la tourbe.

Les lignites terreux d’un brun foncé et à cassure mate renferment quelquefois une telle quantité de pyrites, qu’on les exploite comme minerais de couperose et d’alun, ou bien on les brûle et l’on fait des engrais avec leurs cendres.

L’analyse immédiate conduit à distinguer parmi les lignites un certain nombre de types distincts :

Le lignite piciforme commun est d’un noir luisant. Sa texture est d’une densité inégale ; sa structure est schistoïde, quelquefois fragmentaire ; elle est ligneuse, apparente ; sa pesanteur spécifique est de 1 ,28. Il forme souvent des bancs assez puissants, susceptibles d’une exploitation facile et avantageuse. Il se rapproche tellement de la houille qu’il n’est presque pas possible de le reconnaître extérieurement ; il faut avoir recours pour cela aux caractères chimiques, aux caractères de brûler sans se boursoufler et sans se coller, et s’aider même de circonstances géologiques.

La plupart des grands dépôts de lignites présentent cette variété, Aix, Marseille, Toulon, Vaucluse, Ruette (Ardennes), Lobsann, près Wissembourg (Alsace), Ottoweiler (pays de Berg), Saint-Saphorin (près Vevey), Pauden (près Lausanne)^, Kcepfnach, sur la rive gauche du lac de Zurich (Suisse) : ces lignites ont tout à fait l’apparence de la houille schisteuse. Enfin, ceux du Meisner (Hesse), des vallées d’ünstruth (Thuringe), du district de l’Inn (Autriche), de Gadibona (golfe de Gênes), et de Sarzanne, près de celui de la Spezzia en Ligurie, sont également semblables à la houille, à l’exception de celui de Sarzanne, qui présente la structure ligneuse.

Le jayet, ou pitch-coal, ou succin noir, est d’un noir luisant pur très foncé, texture dense, d’une densité égale, susceptible de poli ; structure massive, mais facile à casser.

Pesanteur spécifique .

1,74 Leonardi.

Le jayet se trouve en lits interrompus ou en nodules dans les bancs de diverses variétés de lignites. 11 ne constitue jamais de couches ou de dépôts à lui seul. Souvent même il se montre sous un assez faible volume, au milieu des lits de lignite terne ou des troncs de lignite fibreux noir. Le jayet est recherché et exploité comme objet d’ornement. On en trouve des exploitations en France dans quelques mines de charbon de terre de la Provence, dans les environs de Roquevaire, Marseille, Toulon, Peynier, Belestat (Pyrénées), au village des Bains, près Carcassonne, et dans le même département de l’Aude, à Sainte-Colombe, Peyrat et la Bastide. 11 est situé à 10 ou 13 mètres de profondeur, en couches obliques, dans les bancs de grès. Ces couches ne sont ni pures ni continues. Le lignite, qui peut être taillé, se montre en masse de 25 kilogrammes au plus.

L’Espagne a offert des mines de jayet célèbres, dans les Asturies, la Galice, l’Aragon; dans ce dernier pays, celles d’Escueha Palomar sont d’une exploitation facile. Le jayet en est pur et doux au travail. On le transporte dans le midi de la France, où il est taillé et poli. On en trouve en Angleterre, près Whitby, dans une argile schisteuse et bitumineuse ; en Prusse, dans un gîte où se rencontre le succin.

Le lignite terne est d’un noir brunâtre terne, quelquefois d’un noir de velours ; cassure raboteuse ; texture compacte ou terreuse ; structure massive, schistoïde ou fragmentaire, mais non ligneuse ; brûlant plus ou moins facilement avec fumée abondante, souvent fétide ; laissant une assez grande quantité de résidu souvent rougeâtre ; se désagrégeant facilement et se décomposant en sulfates.

Lignite terne massif. On le rencontre, sans structure apparente, en couches assez puissantes. 11 est souvent l’objet d’une exploitation active, car il se trouve en bancs puissants et continus. 11 est parfois accompagné de lignite piciforme commun, mais il en accompagne rarement les bancs : il paraît appartenir à des dépôts plus nouveaux, formés dans des circonstances un peu différentes de la précédente variété.

Nous citerons comme exemple le lignite de Sainte-Marguerite, près Dieppe ; celui de Westphalie dit terre de Cassel ; celui de l’île de Bornholm; le lignite de Soissonnais en général et celui de Putschern, près Carlsbad.

Un lignite terne schisteux accompagne souvent le lignite terne massif, et souvent aussi le lignite terne friable, à structure massive et schistoïde, mais toujours fragmentaire, à l’aspect parfois un peu luisant ; décomposable et se conservant difficilement.

Ce lignite se trouve dans les départements de l’Aisne, de la Somme et de la Seine-Inférieure. Il sert à divers usages spéciaux lorsqu’il est en masses solides et qu'il est assez pur. Ne renfermant que peu de pyrites, on l'emploie comme combustible pour cuire de la chaux, pour faire des évaporations et chauffer des chaudières. Lorsqu’il n’a pas de cohérence et qu’il est impur, déconqmsable, renfermant des pyrites, on en retire des sulfates de fer et d’alumine par lixiviation et évaporation.

Le lignite terne et terreux est ainsi nommé à cause de son aspect; sa couleur est noir-brunâtre ; il ne renferme pas de pyrites, n’est susceptible de donner ni alun ni couperose ; il fournit au contraire un combustible assez bon. On le trouve à Bruhl, près de Cologne ; en France, près de Château-Thierry, et dans la haute Autriche, à Walpeck.

Le lignite fibreux est clair ou brun. Son aspect est luisant ou terne, sa structure

est fibreuse, plus ou moins serrée, et laisse voir celle des végétaux dont il tire son origine. Le lignite fibreux noir a l’aspect noir du jayet et sa densité. 11 est cylindroïde ou bacillaire, c’est-à-dire en baguettes déliées, contournées, entrelacées.

Le lignite fibreux brun a l’aspect terne ; sa structure laisse voir parfaitement celle du bois ; il est peu dur, mais tenace à la manière d’un bois dur. La variété cylindroide fournit des indications curieuses sur l’origine des ligiiites.

Il est probable en effet que la variété bacillaire répond à des tiges ou à des racines d,’ arbre, de la famille des palmiers. Le bois fossile a l’aspect et la couleur du bois intact, mais il est d’un brun plus ou moins foncé. Il ressemble à la tourbe sous plusieurs rapports. Gomme le bois, il contient beaucoup d’eau et perd jusqu’à 0,20 de sou poids sans s’altérer à la température de l’eau bouillante. A la distillation, il donne la même quantité de gaz que le bois non altéré, mais il fournit moins d’eau, pas d’acide pyroligneux et plus d’alcool; la quantité de charbon qu’il laisse varie selon la température nécessaire pour la distillation.

Analyse du bois fossile de Bruhl, par Karsten :

Oxygène . 0,2547

Cendres . 0,1525

Il donne environ 0,380 de charbon, défalcation faite des cendres.

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