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Xianhr&&. Description géologique du lias-Rhm, p

De la pyrite de fer est mélangée au lignite, soit en particules très fines et non discernables à l’oeil nu, soit en rognons et en veines qui atteignent souvent plusieurs décimètres. De noinbreux cristaux de gypse se montrent dans les fissures qui traversent le lignite.

Fig. 25. — Coupe et plan du gisement de lignite du Batsberg. P, poudingue lacustre tertiaire ; — b, calcaire d’eau douce; — a, marne avec lignite ; — J, terrain jurassique ; — 1, fabrique d’alun et de vitriol ; — 2, église de Bouxwillers ; — 3, tuilerie ; — 4, puits de la machine ; — 5, 6 et 7, puits d’aérage. — Dans le plan la ligne pleine bifurquée représente la galerie d’exploitation de lignite; la ligne ponctuée donne le contour du calcaire d’eau douce.

Près de Wissembourg, se trouve le gîte de lignites de Lobsann, accompagné de minerai de fer en grains et de bitume. Le lignite s’y présente en lits très minces et très rapprochés les uns des autres, de sorte que la couche consiste dans l’alternance répétée de feuillets de lignite et de feuillets de calcaire parallèles entre eux et faiblement inclinés. Dans une épaisseur de 1 mètre on peut compter plus de 40 de ces lits à disposition rubanée. Quelques couches de lignites, assez épaisses pour être exploitées, atteignent de 50 à 60 centimètres.

Le lignite de Lobsann a une cassure terne et compacte. Il renferme des parties à structure bacillaire. On a reconnu que celles-ci ne sont autre chose que des débris de troncs de palmiers dans lesquels le tissu cellulaire ayant disparu par la décomposition, les faisceaux fibro-vasculaires se sont trouvés séparés les uns des autres.

Leur diamètre est d’environ 0“‘”,4 et la longueur de leurs fragments dépasse souvent 20 centimètres. Ce lignite bacillaire est loin d’être une rareté ; certaines couches en sont même exclusivement formées sur une grande étendue : les coquilles y sont couchées parallèlement à la stratification. On trouve aussi des masses de lignite à fibres très fines, à contours fragmentaires ressemblant beaucoup à du charbon de bois. Observées au microscope, les fibres dont elles se composent offrent les ponctuations caractéristiques des bois des conifères.

A Meissen, en Hesse, il y a une couche de bois bitumineux qui est recouverte par une épaisseur de plus de 100 mètres de basalte. Ce combustible a la structure feuilletée du bois ; sa cassure en travers est conchoïde et brillante ; sa couleur est le brun foncé ou le brun noir ; sa pesanteur spécifique est de 1,32. A la distillation il donne de l’eau acide, puis des huiles foncées à odeur désagréable, et il laisse un charbon fritté.

Lorsqu’on le brûle, il y a un peu de décrépitation et de fumée, puis il se produit une longue flamme jaune à odeur désagréable, et il reste un charbon fritté dans le sens de l’épaisseur des feuillets, dont l’incinération est aussi facile que celle du charbon de bois.

En voici l’analyse, faite sur deux échantillons :

Charbon. ......

Gendres .

Matières liquides. . .

Gaz .

Un troisième échantillon a fourni 215 de plomb avec la litharge. Donc, les matières volatiles équivalent à 0,27 de charbon.

Dans la Hesse, deux des plus remarquables gisements de lignite sont ceux de l’Habitchswald, près Cassel, et du mont Meisner. L’un et l’autre sont recouverts de terrain basaltique. Dans le premier gîte, le lignite se présente en lits puissants d’une exploitation facile et avantageuse, alternant avec des lits d’argile plastique et des bancs de grès.

Le mont Meisner présente un des gîtes les plus puissants que l’on connaisse. 11 est placé sur un calcaire compact gris de fumée, et de beaucoup antérieur à la craie.

On y reconnaît le lignite piciforme commun, le piciforme jayet, le terne massif, le fibreux noir. Dans certaines parties supérieures, on trouve de l’anthracite bacillaire et de 1 anthracite éclatant, friable, — dans les partiés inférieures, du bois silicifié.

Le gîte de combustible fossile de Frankenberg, en Hesse, est remarquable par une quantité de minerai de civre assez abondant pour l’exploitation.

On sait maintenant, après bien des doutes, que c’est un lignite, à cause des caractères qu’il présente, mais il est difficile d’établir à quelle formation il appartient.

Dans la Thuringe, à Kaltennardheim et à Thann, on trouve des dépôts de lignites qui renferment beaucoup de fruits.

Le lignite du vallon d’Unsthruth, près d’Asten, également en Thuringe, est

devenu célèbre par le mellite qu’on y a découvert. Il forme une couche puissante offrant les variétés du terreux, du terne massif et du fibreux. Cette couche a de 5 à 12 mètres de puissance, elle est posée sur un sahle fin avec lits alternatifs de marne argileuse grisâtre, noirâtre, et de sable grossier.

La couche de lignites quaternaires de Grossweil près de Kochelsee, en Bavière, se montre composée de lits alternants de débris ligneux et de débris foliacés qu’on peut facilement isoler en traitant la masse par une dissolution de potasse; on voit que parmi les débris de feuilles les Sphagnum tiennent la première place, ce qui prouve formellement qu’on a affaire à une formation de tourbière.

Une argile tertiaire du Ries renferme un dysodile qui a été examiné par M. Frickingerh Sous le microscope cette substance présente une masse homogène dans laquelle on retrouve rarement la structure organique. Ses cendres sont essentiellement formées d’argile et de calcaire et l’on n’y trouve pas de silice soluble comme dans le dysodile de Glimbach près Giessen ; leur proportion s’élève à 69 pour 100, et lorsqu’on les défalque il reste pour la composition de la matière organique :

Carbone . 63.59

Azote . 0.62

Soufre . 1.96

Oxygène . 19.13

Eau . 2.39

Autriche. — A Pernitz, près Guttenstein aux environs de Vienne, on reconnaît des couches de lignites dont la partie supérieure renferme des coquilles univalves fluviatiles, et contient du succin.

Près Wandorf on exploite, dans la montagne de Bremberg, sur la route de Vienne à Presbourg, un dépôt de lignite de bonne qualité, quoique un peu pyriteux, en bancs épais ondulés, séparés par du sable noir argileux ; il est recouvert par un terrain argileux jaunâtre ou grisâtre avec empreintes végétales. Une partie de ce gîte s’est enflammée spontanément naguère, et il a réduit les argiles en porcellanitc.

Il y a encore en Autriche, dans le district de Bonn, des mines de lignite exploitées; près de Haagen, près de Hampfelwangen, près de Weilhardten, dans la vallée de Frankenbourg, etc.

La plupart des terrains basaltiques de l’Allemagne et de la Bohême recouvrent des dépôts charbonneux que la géologie moderne rapporte aux lignites et surtout à l’étage éocène dit du Soissonnais.

La Hongrie présente un assez grand nombre de dépôts de lignites. La plupart ont été pris pour de la houille : tels sont ceux de la montagne de Dregely, de Cserhat, de Bouth, de la montagne de Matro. On y rencontre des minerais ferrugineux, mais pas de succin; ils renferment souvent du bitume liquide imprégnant le grès psammite et mollasse.

Parmi ces mines, la plus remarquable est celle de Sari-Sap, à cinq lieues de

Jahr. für Chem., 1875, p. 1248.

Budc. Il y a trois couches, la plus épaisse est la plus profonde. Les couches sont séparées par les lits de marne argileuse. Le lignite est compact, mais schistoïde; le calcaire jurassique lui sert de base.

Sur le versant nord des roches primitives qui forment le plateau central de la Bohême S se sont superposés, avec quelques lacunes toutefois, les terrains de sédiment allant de l’époque silurienne jusqu’à nos jours. Pendant les milliers de siècles nécessaires pour constituer cet ensemble de formations géologiques, le plateau central se soulevait lentement tandis qu’il y avait affaissement vei’s le nord, aussi les dépôts se reportent de plus en plus de ce dernier côté, butant d’abord contre le Mittelgebirge, marqué aujourd’hui par une longue suite de cônes basaltiques et phonolithiques. Puis, l’affaissement continuant, le crétacé s’étend au delà du Mittelgebirge et va jusqu’à l’Erzgebirge ainsi que le tertiaire qui lui succède, ce dernier terrain dépassant à peine le Mittelgebirge au sud (fig. 26).

C’est dans cette formation tertiaire que se trouvent les puissantes couches de lignite du nord-ouest de la Bohême, tandis qu’au sud du Mittelgebirge s’étend le bassin houiller plus ancien de Schlan-Kladno. M. Lallemand ne s’est occupé dans son mémoire que des dépôts lignitifères du nord-ouest de la Bohême.

Les volcans du Mittelgebirge étaient déjà en activité au début de ces dépôts lignitifères, et n’auraient, d’après l’auteur du mémoire, fini de s’étendre que dans les derniers temps de l’époque tertiaire. Les éruptions des roches basaltiques et phonolithiques ont été surtout violentes et d’une grande étendue vers le milieu de la formation. Pendant ces fortes agitations du sol, les dépôts sédimentaires ne se faisaient plus avec la même régularité, on peut même dire qu’ils ont été à peu près complètement interrompus pour faire place à un dépôt spécial caractérisé par des basaltes, des trachytes ou des phonolithes, soit par des tufs résultant de l’action de l’eau sur les laves de l’époque. M. Lallemand appelle cette formation particulière l'étage basaltique, les assises tertiaires antérieures étant l’étage prébasaltique, et celles qui sont venues après, l'étage postbasaltique.

Ces éruptions volcaniques ont en outre morcelé le terrain lignitifère ; on peut y distinguer aujourd’hui trois bassins principaux : le bassin à’Elbogen à l’ouest, celui de Saatz-Téplitz au centre et celui de Leitmeritz à l’est de l’Elbe (fig. 26 et fig. 27).

L’étage inférieur au prébasaltique est représenté à la base par des grès lignitifères avec conglomérats du côté d’Eger et à Altsattel dans le bassin de Saatz-Téplitz, enfin dans le bassin de Leitmeritz, à Scbüttenitz et avec des intercalations d’argile plastique à Priesen dans le bassin de Saatz-Téplitz. Ces grès sont très aquifères, et c est là leur niveau que prennent naissance les nombreuses sources d’eaux minérales qui viennent jaillir en divers points du bassin, derniers indices de l’activité volcanique d’autrefois. On trouve dans les grès d’ Altsattel et dans l’argile plastique de Priesen qui ont été imprégnés d’eaux minérales plus ou moins chaudes, une grande quantité de plantes fossiles admirablement conservées et constituant une flore très riche.

Le haut de cet étage prébasaltique est plus argileux, il contient des couches d’un

1, Société de l’industrie minérale. District du centre, 9 juillet 1882. Note de M. Durand sur lei Lignites dans le nord de la Bohême^ par M. Lallemand.

lignite parfois gras, collant, gazeux, passant presque à la houille, comme à Reichenau et à Falkeiiau, tandis que, sur d’autres points plus éloignés des éruptions volcaniques, le lignite terreux ressemble à de la cendre, comme dans les environs d’Eger, ou n’est qu’en couches minces et tourbeuses, comme dans la région de- Saatz»

L’étage basaltique très développé dans le bassin de Leitmeritz et autour de Bilin se présente en masses considérables à Duppan, où il isole entièrement à l’ouest le bassin d’Elbogen. Dans ce dernier bassin, il ne se rencontre que sur quelques points de la lisière sud, entre autres à Reichenau et à Kônigsiivarth, où on le voit pénétrer en coin entre les deux autres étages tertiaires.

Cet étage correspond à une époque de violents cataclysmes où les éruptions se succèdent à de faibles intervalles. « Pendant les intervalles de calme, dit M. Lallemand, il se développait sous l’influence d’un climat presque tropical, de véritables forêts peuplées d’arbres des pays chauds et notamment de palmiers. On retrouve aujourd’hui les restes de cette végétation sous la forme d’un lignite gras, luisant, très pur et très estimé, exploité à Salesl et à Binnove. Dans ces deux localités, on ne compte pas moins de treize couches de combustible de 80 centimètres au plus d’épaisseur, séparées par des bancs de tufs et traversées dans tous les sens par des éruptions de roches vitreuses qui ont, à leur contact, transformé le lignite on coke. »

Mais le fait le plus remarquable encore, ajoute l’auteur du mémoire, c’est l’admirable état de conservation dans lequel on retrouve, emprisonnés dans le tuf et au contact immédiat des charbons, les restes fossiles de la flore de cette époque, débris de troncs et de tiges, empreintes de feuilles, de fruits, etc. La détermination botanique de ces débris fossiles a pu être faite avec une grande précision.

Les grandes éruptions volcaniques cessent, de nouveaux dépôts sédimentaires réguliers se forment pour constituer l’étage llgnitifère supérieur ou postbasaltique.

Ces dépôts, importants surtout dans le grand bassin de Saatz-Téplitz, sont des argiles alternant avec des grès ou des sables en masses lenticulaires très aquifères parfois, principalement dans le voisinage des roches éruptives. Vers la base de cette formation argilo-sableuse, se développe une puissante couche de lignite sec dont l’épaisseur va jusqu’à 58 mètres.

Cet étage, très peu développé dans le bassin de Leitmeritz, se montre dans la partie est du bassin d’Elbogen, avec du lignite maigre à Haberspirk, Boden et Kahr. Ce lignite ainsi que celui du grand bassin de Saatz-Téptlitz ont un aspect terne, sont d’un brun assez clair avec un faible éclat résineux. M. Hausofer a constaté, par des observations microscopiques, l’analogie de ce lignite ayant encore la structure ligneuse et présentant tous les caractères des espèces résineuses.

Cette formation supérieure n’a, pour ainsi dire, pas subi d’action volcanique. 11 n y a probablement pas eu d’éruption dans le voisinage, et les eaux thermales et autres émanations qui ont pu succéder aux éruptions violentes, se sont répandues dans les dépôts sableux les plus près, sans traverser les argiles imperméables qui encaissent les couches de lignite de l’étage supérieur.

Aussi le lignite de cet étage n’est guère que de la tourbe comprimée. On ne trouve plus, dans cette formation, que de rares débris fossiles, racines, tiges ou feuilles, sous forme de fragments ou d’empreintes dans les argiles du toit de cer-

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, tains gîtes qui sont en général si peu nets qu’il est impossible de les définir botaniquement d’une façon précise.

En résumé, l’action des émanations volcaniques sur les masses végétales accumulées pendant l’époque tertiaire ne paraît pas douteuse dans le bassin lignitifère du nord-ouest de la Bohême. Partout où ces émanations ont pu arriver, les débris végétaux se retrouvent aujourd’hui dans un état de conservation parfaite et le lignite y passe presque à la bouille ; tandis que, dans les parties à l’abri des actions volcaniques, c’est à peine s’il reste quelques traces des anciens végétaux dont on ne reconnaît d’ailleurs presque plus aucun caractère; et le lignite, dans les couches de ces régions, ressemble bien mieux à de la tourbe compacte qu’à de la houille.

Tout porte à croire que les débris végétaux, quoique enfouis dans la terre, décomposent et disparaissent à la longue, comme combustibles, s’ils n’ont pas, au préalable, subi l’action préservatrice des émanations souterraines.

Le tanin des plantes peut être un préservatif pour les végétaux qui composent la tourbe, et permettent à celle-ci d’arriver jusqu’à l’état de lignite. Mais le combustible tourbeux ne semble pas indéfiniment à l’abri de toute détérioration.

On remarque, en effet, en Bohême, que les couches de lignite de l’étage supérieur ont en général, au toit et au mur, une certaine épaisseur de combustible trop impure pour être utilisé Et même, dans les couches plus anciennes de l’étage prébasaltique, le lignite, loin des éruptions volcaniques, comme du côté d’Eger, peut être devenu complètement inutilisable dans toute l’épaisseur de la couche.

Ces couches de lignite paraissent donc s’imprégner de substances minérales incombustibles, à la fois par le toit et par le mur. Elles peuvent devenir de plus en plus cendreuses dans toute l’épaisseur de la couche, et n’être plus, à la fin, que des masses minérales absolument impropres à la combustion. Il ne resterait plus alors, dans le bassin lignitifère du N. 0. de la Bohême, que les régions volcaniques où on pourrait trouver encore des couches de combustibles minéraux.

Le lignite liasique de Steyerdorf dans le Banat présente cinq couches dont l’épaisseur varie de 1“,50 à 4 mètres; ces dernières sont intercalées dans les grès micacé et schisteux qui se trouvent à la base du lias C’est un des meilleurs combustibles de toute l’Autriche; par sa faible teneur en cendres et par son haut pouvoir calorifique, il se rapproche même des bonnes houilles du continent et de l’Angleterre; la posibilité de le convertir en coke le rend d’ailleurs précieux pour l’industrie métallurgique du Banat.

Voici les résultats d’essais sur des échantillons de ce charbon liasique qui ont été pris sur divers points de l’exploitation et sur la couche dite principale, atteignant une épaisseur de 5 mètres :

1. A Bi-üx, dans la mine du Domaine, il y a une couche de 11 mètres d’épaisseur, en quatre bancs dont le troisième, de 2 mètres 50 centimètres de puissance, est seul exploitable, A Tschausch, sur 20 mètres d’épaisseur de couche, il n’y en a que 14 mètres dans le milieu, assez bon pour être utilisé. A Dux, daiK la mine de Fortschritte, il n’y a parfois que 9 mètres de lignite assez pur pour être exploité sur lo métrés d’ épaisseur de couche ; et dans une exploitation à ciel ouvert, on laisse au mur une certaine épaisseur de combustible trop impure pour avoir quelque valeur.

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