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Raulin. Statistique géologique du département de l'Yonne

pendant, paraissent différer, au moins comme -variétés, de leurs congénères actuels.

Les bassins dont on a pu reconnaître les affleurements et qui sont recouverts par des dépôts postérieurs ont été suivis sous ces dépôts par les travaux souterrains, et l’on a pu, sinon définir leurs limites, du moins en apprécier les lignes probables*,

Basses-Alpes. — Dans le département des Basses-Alpes, on compte plusieurs mines concédées : Dauphin, Saint-Martin de Renacas, Gaude, Rate-Farnoux, Mortd’Imbert, Fournigue, Mont-Furon, Sainte-Croix de la Lauze, Hubais, Montaigu, Ségonce et la Rochette.

Ces concessions sont situées dans l’arrondissement de Forcalquier, et la plupart groupées autour deManosque. Ensemble, elles embrassent une surface de 3161 hectares.

Les gîtes se trouvent dans un terrain qui paraît être supérieur à celui dans lequel sont situés les lignites des Bouches-du-Rhône. La somme des épaisseurs qu’ils présentent varie depuis 1 mètre jusqu’à 8 mètres.

Le lignite des Basses-Alpes est entièrement consommé à Forcalquier, à Manosque et dans les communes des environs de ces deux villes. On le classe en trois qualités. La meilleure est propre aux travaux de la forge; elle provient principalement des mines de Voix et de Dauphin; la qualité moyenne s’emploie au chauffage domestique, et sur la grille des chaudières dans les filatures de soie ; la dernière ne sert qu’à la préparation de la chaux ; elle donne une plus grande proportion de cendres que les deux autres.

Isère. — Le lignite du département de l’Isère provient des environs de 'la Tourdu-Pin et de Pomiers, près Voreppe. 11 est con^mmé sur place.

Dans les terrains qui entourent la partie supérieure de la mollasse d’eau douce entre les villages de Montjoyer, de Salles et de Réauville, on voit affleurer sur plusieurs points une couche de charbon, généralement très impur, mais qui devient çà et là un lignite de bonne qualité. Des travaux ont été entrepris pour l’exploitation de ce combustible au gîte du Fraysse, ofi l’on a atteint une couche de lignite de 0'",75 d’épaisseur, par un puits de 20 mètres de profondeur : le puits a été poussé à 44 mètres plus bas, sans rencontrer d’autre couche de combustible et en restant toujours dans les calcaires d’eau douce. Le lignite était assez pur et peu sulfureux ; il était recouvert immédiatement par un lit marneux pétri de limnées et d hélices : le défaut de consistance de ce toit et de l’ensemble du terrain est une grave difficulté pour l’exploitation .

Le gîte de lignite de Pomiers, un peu au nord de la gorge de Roize, se trouve dans les assises d’argiles et de grès fins alternant avec des bancs de poudingiies.

Ce lignite forme trois petites couches, séparées par deux lits de marne sableuse, qui n ont 1 un et 1 autre que 0“, 17 d’épaisseur ; le toit est d’un grès fin, analogues la mollasse. La couche de lignite inférieui'e a une épaisseur moyenne de 0'“,48 ; celle du milieu à peu près autant, et la supérieure seulement 0”,22 ; c’est donc environ 1“,20 de puissance totale.

Le lignite est compact, peu feuilleté, à cassure conchoïde, mate ou hrillante;

t. Durât. Géologie de la France. Paris, 1874.

c’est une variété de jayet; il ne montre presque jamais à l’œil nu de traces de tissus ligneux et a été produit, probablement, par une végétation herbacée de plantes aquatiques purement cellulaires ou dans lesquelles le tissu fibreux était peu développé. 11 brûle facilement, avec une belle flamme, mais en répandant une odeur très désagréable ; il donne à la distillation un gaz inflammable, fétide, une eau ammoniacale et de huiles empyreumatiques épaisses.

Le charbon de la couche inférieure est le plus pur et donne en moyenne 15 pour 100 de cendres, celui de la couche moyenne est passable; celui de la petite couche supérieure est de très mauvaise qualité. On a tenté à plusieurs reprises l’exploitation de ce gîte, en l'atteignant d’abord par un puits et en dernier lieu par une galerie d’écoulement, creusant dans la poudinque et aboutissant à l’escarpement de la gorge de Roize. Les difficultés du terrain et le manque de débouchés avantageux pour un combustible de qualité médiocre ont toujours contraint d’abandonner les exploitations

Les trois couches de lignite paraissent régulières sur une assez grande étendue ; ce qui annonce qu’elles sont plutôt le produit d’une végétation locale que le résultat d’un transport. Elles contiennent des coquilles d’eau douce, qui sont surtout très abondantes dans la couche supérieure : ces coquilles sont écrasées et indéterminables spécifiquement ; ce sont surtout des planorbes, avec quelques limnées et quelques hélices. On y a aussi trouvé un fragment de dent molaire de mastodonte à dents étroites, qui a été décrit par M. Charvet®.

« Le lignite de Pommiers et les petites couches de marne et de sables fins qui l’enveloppent peuvent, dit M. Lory, être considérés d’après cela comme des dépôts formés tranquillement dans une lagune marécageuse, sur une plage de galets, temporairement séparée de la mer, comme les étangs des côtes du Languedoc, etc. Après ces dépôts, qui ne sont qu’un accident local dans la grande masse des poudingues, la mer afait une nouvelle irruption dans cette lagune et a recouvert la petite formation d’eau douce d’une nappe épaisse de galets semblable à ceux de dessous. »

Les argiles bleues et les lignites forment un groupe bien caractérisé dans une grande partie du bas Dauphiné. Aux environs de la Tour-du-Pin, il présente d’abord à sa base une assise d’argile bleue ou grisâtre qui renferme çà et là des lits sableux. L’épaisseur moyenne de cette argile est de o à 4 mètres ; mais elle est, en quelques endroits, beaucoup plus considérable; dans la commune de Saint- Didier, un puits de 35 mètres n’a pu la traverser entièrement. Elle contient beaucoup de débris végétaux et elle devient souvent noirâtre à sa partie supérieure: elle est immédiatement recouverte par le lignite. Celle-ci forme généralement une couche unique, dont l’épaisseur moyenne est d’environ 0“,50 dans les exploitations des environs de la Tour-du-Pin ; dans celle de Maubuisson, sur la commune delà Chapelle, elle est de 0“,60; elle s’est élevée exceptionnellement à à Ruijaillet, commune de Saint-Didier. En dehors de ces deux communes l’épaisseur du lignite diminue rapidement dans tous les sens.

Les lignites de la Tour-du-Pin sont formés de végétaux moyennement altérés.

t. Lory, Description géologique du Dauphiné.

2. Bulletin de la Société géologique, réunion à Grenoble, 1848.

dont la structure est encore reconnaissable. Une grande partie du combustible exploité consiste même en hois fossiles dont la couleur varie du brun jaunâtre au noir et dont les tiges, couchées parallèlement à la stratification, sont généralement aplaties par la pression; cependant leur tissu ligneux est assez bien conservé pour que l’on puisse en compter les coucbes, l’étudier au microscope et constater qu’ils appartiennent presque tous à des arbres de la famille des conifères. Une autre sorte de lignite, plus répandue encore et toujours mêlée aux gîtes de bois fossiles, est noire et se divise en feuillets minces, fragiles, sur la surface desquelles on distingue des feuilles et des tiges de plantes herbacées, marécageuses, analogues à celles qui constituent la tourbe. Cette seconde sorte de lignite donne plus de cendre et moins de flamme que les bois fossiles ; le charbon obtenu par sa calcination est peu consistant ; ce n’est évidemment qu’une tourbe comprimée, dont les parties ont été rapprochées et soudées par la pression et par une décomposition un peu plus avancée : les feuillets présentent, dans leur épaisseur, une cassure unie et conchoide, mate ou assez brillante ; la décomposition des végétaux herbacés a produit une pâte bitumineuse dans laquelle on ne peut plus distinguer les tiges et les feuilles accumulées qui ont formé le combustible. Dans d’autres endroits, l’altération est poussée au point de produire des nœuds ou des rognons de jayet noir, compact; cette particularité a été remarquée à Sainte-Blandine et à Pupetière, près Virieu. On rencontre encore, autour duVion et sur d’autres points, un charbon minéral à fibres incohérentes, ressemblant à du fusain, à un bois léger carbonisé artificiellement. Les troncs d’arbres sont souvent en partie bitumineux dans leur partie corticale ; ils sont quelquefois incrustés ou même complètement pétrifiés par de la silice, qui reproduit exactement la structure de leur tissu ligneux. Au milieu de ces accidents, on ne trouve aucun caillou, aucun grain de sable dans ce combustible, dont la pureté n’est altérée que par quelques filets calcaires ou par des argiles très divisées. Les pyrites y sont rares ou simplement accumulés sur quelques points.

Le lignite est recouvert par des poudingues à ciment sableux dont l’épaisseur est très variable par suite des dénudations. Dans quelques endroits, ils ont été presque complètement enlevés, et le lignite peut alors être exploité à ciel ouvert : c’est ce qui arrive par exemple aux limites de la Chapelle et de Faverges, près du Vion. Mais, en général, les exploitations se font par galeries, sous un toit de poudingues dont l’épaisseur va jusqu’à 20 mètres et plus. Enfin, dans les plateaux du sud et au nord-ouest de la Tour-du-Pin, le lignite disparaît sous de grandes masses de poudingues, alternant avec des lits sableux et quelques lits argileux.

Les divers affleurements des lignites des environs de la Tour-du-Pin ne constituent pas autant de petits dépôts isolés et circonscrits ; leur discontinuité apparente résulte seulement, comme l’a montré Fournet, des érosions qui ont profondément entouré le sol dans les époques géologiques antérieures ; on peut les considérer comme des lambeaux d’une même couche, subordonnée à une même nappe d’argile bleue. Dans les intervalles des gîtes connus, partout où l’on se trouvera à un niveau plus élevé que la nappe à laquelle ils appartiennent, on pourra toujours atteindre celle-ci par des puits dont on peut d’avance assigner à peu près la profondeur. Au contraire, partout où l’on sera en dessous du plan des affleurements

environnants, le lignite aura été emporté par la dénudation et on n’aura aucune chance de le rencontrer. C’est ainsi qu’un puits de 20 mètres de profondeur creusé sur le plateau de Charpennej, entre la Bourbieet le lac Saint-Félix, n’a rencontré que les poudingues inférieurs au lignite, parce que son ouverture était au-dessous du plan qui se raccorderait au nord et au sud avec les affleurements de Bellefontaine et de la Cassole.

Cependant, en faisant un nivellement un peu précis des divers affleurements de la Tour-du-Pin, on peut facilement constater que la couche de lignite ne forme pas un plan horizontal, ni même une surface inclinée partout dans le même sens. Elle a, en réalité, des ondulations assez prononcées, et présente des pentes et des contre-pentes en divers sens. La couche de lignite atteint ses altitudes les plus grandes sur les communes de Cessicu (424 mètres) et de Manceau (457 mètres). Elle s’amincit à mesure qu’elle s’éloigne des exploitations de la Chapelle et Saint- Didier.

Au sud et au sud-est de la Tour-du-Pin, divers indices de lignite ont été signalés jusqu’auprès du Grand-Lemps. Ces gîtes paraissent, en général, inexploitables; mais ils sont intéressants en ce qu’ils montrent l’extension très probable du même dépôt d’argile; mais ils sont intéressants en ce qu’ils montrent l’extension très probable du même dépôt de lignite, subordonné à une meme nappe d’argile.

De l’autre côté de la grande vallée de la plaine de Bièvre, creusée dans les poudingues inférieurs, on retrouve l’argile bleue avec indices de lignite, sur la route de Saint-Étienne de Saint-Geoirs au col de Toute-Aures. Cette nappe d’argile alimente plusieurs tuileries. Elle passe sous les plateaux tertiaires et reparaît dans la vallée de la Galaure, à llauterives. Là, le lignite atteint une puissance exceptionnelle. Le lignite consiste presque entièrement en bois fossiles de la famille des conifères. Il a dans les galeries une épaisseur moyenne d’environ un mètre, atteignant quelquefois jusqu’à 1“,50 ou 1”,40; cependant il paraît aller en diminuant vers l’ouest et vers le nord, et se réduit à en devenant aussi moins pur et

plus feuilleté. Au-dessus de la grande couche, il y en a une seconde, de 0'“,15 à 0“,20, formée aussi de bois fossiles et séparée de la première par un petit lit d’argile très constant de 0“,06 d’épaisseur. Puis un feuillet marneux de 0™,10 en moyenne, quelquefois réduit à rien, et une troisième couche de liquide impur, feuilleté, mêlé de marne, de 0“,15 environ. Enfin le toit des galeries est formé par une marne coquillière grise remplie d’hélices et d’autres coquilles terrestres ou d’eau douce, et contenant beaucoup de nœuds de lignites disséminés. Les déblais de ce toit, avec le lignite impur de la troisième couche et les menus des deux couches exploitées, sont brûlés en tas et donnent un bon amendement pour l’agriculture; le toit coquillier est même eu partie assez calcaire pour être cuit comme pierre à chaux grasse ou un peu hydraulique.

A Saint-Bonnet, dans les grès à ciment argilo-calcaire de la montagne des Combes, se trouvent intercalées trois petites couches charbonneuses, chacune de 0“,1 à0“,2 de puissance; dans la galerie qui a été ouverte pour en tenter l’exploitation, deux de ces couches paraissent se réunir en une seule à une faible distance de l’affleurement.

Le charbon est très impur et biaile difficilement ; les parties les moins impures cul 1 aspect d’une houille très maigre. M. Lory y a trouvé, sur ÎOO parties, 21 de

cendres, 65 de carbone et 14 de matières volatiles, ou, en considérant seulement les éléments combustibles :

Carbone . 82,3

Matières volatiles . . 17,7

associés à une proportion variable et toujours assez forte de cendres. Souvent il renferme beaucoup de pyrite et tombe en efflorescence vitriolique au contact de l’air.

C’est un charbon de mauvaise qualité, et comme le gîte paraît d’ailleurs très peu abondant, il n’y a guère d’espoir d’en tirer jamais un parti avantageux.

Var. — Les gîtes du département du Var (Saint-Zacharie, Peirni et Taurelle, Plan d’Àups, — arrondissement de Brignoles, — la Cadière, — arrondissement de Toulon) sont fort irréguliers et n’ont qu’une faible puissance. Le lignite que l’on en retire est consommé dans les fabriques de soude, dans les distilleries et dans les fours à plâtre d’Hyères et des cantons de Saint-Maximin et du Beausset.

Bouches-dii-Rhône. — Le terrain à lignite des Bouches-du-Rhône appartient comme celui du Var à la partie inférieure de la formation tertiaire de la Provence. Il s’annonce constamment par l’odeur bitumineuse et par la contexture schisteuse du calcaire ; on n’y rencontre point de fossiles marins.

Les couches exploitables que l’on y a reconnues sont au nombre de huit. Quelques-unes n’ont que O”, 40 de puissance ; ensemble elles ont une épaisseur réduite le 5“,70.

Les produits sont consommés à Marseille, à Auriol, à Tretz, à Aix ; ils alimentent les fabriques de soude et de savon, les raffineries de sucre, les fours à chaux, et les fours à plâtre. Parmi les mines concédées, citons : Condoux, les Martigues, Tretz (arrondissement d’Aix), Greasque et Belcodène, et la grande concession (arrondissement d’Aix et de Marseille) , Saint-Savourin (Sud), Bouilladisse, Auriol. Vède, Bassan, Liquette et Gardabon (arrondissement de Marseille).

Vaucluse. — Dans le département de Vaucluse, les mines de Montdi'agon et de Piolène (arrondissement d’Orange), de Bedoin et de Méthamis (arrondissement de Garpentras) fournissent du lignite employé au chauffage des chambres de vers à soie, à la cuisson de la chaux et à celle du plâtre.

L’épaisseur totale des gîtes reconnus varie de 3'“,70 àl mètre.

Hérault. — Les lignites de l’Hérault sont exploités dans plusieurs concessions ; la Cannette, Minerve, Cessiras, Oupia, Agel, Gazelles et la Mothe, Montolieu et Saint-Paul, etc.

Ces gîtes, qui appartiennent au terrain tertiaire, sont en général très minces. Le lignite est transporté à Béziers et même à Carcassonne.

Le menu est consommé dans le voisinage des mines, il sert à la préparation de de la chaux.

— Dans le département de l’Aude, les mines de Bize, de Mailhac et de Pouzols sont situées au sud-ouest de Narbonne ; les gîtes sont très minces.

Gard. — Les gîtes de lignite du Gard appartiennent à la formation du calcaire tertiaire de la Provence.

A Aigaliers, à Serviers et à Montaren, la somme de leurs puissances réduites est de 3 mètres.

A Saint-Julien-de-Peyrolas et à Vénéjean, elle est de 3 mètres.

Dans les autres concessions, Figou, Victor-la-Coste, Cavillargues, 'le Père, la Yeyre, Gaujac, Connaux, Avejan et Barzac, elle n’est que de 1“,50 à 1 mètre.

Les produits ne sont pas transportés au delà de 10 à 20 kilomètres des mines.

Le gros est employé au chauffage des habitations, des magnaneries et des filatures de soie ; le menu ne sert qu’à la fabrication de la chaux.

Le grès vert du département du Gard fournit un lignite d’une couleur assez foncée, d’un éclat presque toujours mat. 11 est très friable et s’effleurit à Pair à peine sorti de la mine. Ce n’est que rarement qu’on reconnaît les traces de son organisation végétale.

Le nombre des couches de lignite dans cette assise est très variable d’un point à un autre.

Dans le bassin de la Tare, à l’exploitation de Saint-Victor, on en compte quatre, tandis qu’à Connaux et à Jonzac, on n’en connaît que trois ; au Pin il y a 6 couches exploitables, tandis que dans la partie septentrionale du même bassin, aux exploitation de Cavillargues, de Figons et de Laudun on n’en connaît que deux, mais il est probable qu’il y en a au moins une autre au-dessous, qu’on n’a pas pris la peine de rechercher.

L’épaisseur des couches est très variable, mais en général la puissance du combustible est de 0“,50 à 0“,7S; elle atteint sur quelques points, comme au Puits (couche de la Minette), jusqu’à 1“,25.

En remontant la vallée de la Tave et en se dirigeant vers l’ouest, à partir de la concession du Mas de Carrière, l’étage à lignite devient beaucoup plus sablonneux : les assises calcaires subordonnées disparaissent et les couches de lignite vont en s’amincissant. C’est ainsi que sous la Bastide et aux environs de la Bruguière on ne rencontre plus que des affleurements charbonneux peu importants. En 1842, on pratiqua dans cette dernière commune, au quartier de l’Étang, quelques travaux de recherches qui firent connaître que la couche de combustible était inexploitable.

Ariège. — Le combustible minéral à l’état de lignite est fréquent en veinules pauvres dans l’Ariège. 11 se rencontre dans deux formations :

1° Dans les marnes supraliasiques, le lignite, en petites veines dépassant rarement quelques centimètres, est associé à des schistes noirs plus ou moins charbonneux et à des amas irréguliers de minerais de fer prisolithiques ; il a été constaté à Pereille, au Baqué, près de la Bastide de Seron, etc.

Le lignite des marnes supraliasiques est noir, brillant, fragile, écailleux ; sa densité est 1.35; il peut servir au travail du forgeron; chauffé à l’abri de l’air, U

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perd son bitume, se moule dans le vase qui le contient, et se présente sous l’aspect de masses poreuses d’un gris perlé fort analogue au coke. 11 est pyriteux.

2“ Le grès sableux nummulitique présente à sa base une assise de 1 à 2 mètres et parfois plus, des schistes charbonneux et pyriteux avec veinules de lignite dépassant rarement quelques centimètres. Il a été constaté à Villac-d Aiguillaunes, Lesparron, Labastide-sur-l’Hers, les Imprions, Lherm, Labarre près Foix. Ce lignite est parfois à l’état de Jayet susceptible d’être travaillé comme matière d’ornement. Il est noir brillant et fragile; sa cassure est conclusive et éclatante ; il brûle bien avec flamme en donnant une odeur bitumineuse ; il se ramollit, gonfle et fournit peu de cendres ; il peut servir au travail du forgeron. Chauffé en vase clos, il donne un produit sans cohésion qui se désagrège facilement et n’est pas du coke.

Angleterre. — En Angleterre, il y a plusieurs gîtes de lignites remarquables par leur exploitation et leurs particularités géologiques.

Le dépôt de l’îlc de Sheppey, à l’embouchure de la Tamise, présente des fruits de toute sorte en grande quantité. Ils sont bien conservés, mais difficiles à déterminer avec certitude. Presque tous sont pénétrés de pyrite, et la vase qui les enveloppe a beaucoup de rapports avec l’argile plastique. Les géologues anglais le regardent comme supérieur à la craie, par conséquent de même époque de formation que le lignite du Soissonnais. Ils renferment une quantité considérable de crabes fossiles.

Le terrain de la ville de Londres renferme les débris de lignites et de résines succiniques.

L’île de Wight possède plusieurs lits de lignite terreux mêlés de végétaux.

A Newhaven, côte de Sussex, il est accompagné de fruits de la famille des palmiers, et il est recouvert par un terrain marin bien caractérisé par ses fossiles.

A Bovey, près Exeter (Devonshire), il y a un dépôt de lignite puissant de 2 à 3 mètres. Il est principalement composé de troncs d’arbres aplatis ; il est d’un brun foncé et composé de lignite fibreux et de lignite piciforme qui fournit un bon combustible. On y trouve une résine particulière différente du succin, et qui représente les résines succiniques de cette formation. Il est placé sur de l’argile et recouvert par du sable.

Allemagne. — Le charbon de Deister se montre formé, comme le pechkohle et la véritable houille, de minces lits alternativement mats et brillants ; faciles surtout à discerner apès le traitement par un réactif oxydant. Soit après ce traitement, soit après incinération, on y reconnaît des débris de feuilles en très grand nombre et plus rarement des amas de cellules fibreuses et de tissus parenchymateux.

Le stipite de Pechgraben, près de Weyer, en Autriche, traité par l’acide azotique et le chlorate de potasse, montre nettement la texture du bois dans ses moindres détails.

Les lignites keupériens, dits lettenkohle, de Gaildorf en Wurtemberg, et ceux des environs de Schweinfurt en Franconie, colorent à peine la potasse, mais sont fortement attaqués par le réactif oxydant ; en examinant le résidu de cette attaque on y trouve en grande quantité des tissus parenchymateux et prosenchymateux qui se dissolvent presque complètement dans l’alcool ou l’ammoniaque ; il ne reste alors

COMBÜSTIBLES MINÉRAUX.

que les membranes épidermiques et quelques cellules parenchymateuses. Le lettenkohle de Masbach présente au contraire des tissus ligneux et des débris de parenchymes végétaux en grande abondance.

Le charbon rhétien de la Thêta, près de Bayreuth, possède une constitution très analogue; mais on y trouve, à côté des fibres ligneuses, beaucoup de grains de pollen, qui paraissent former à eux seuls certains lits de la masse charbonneuse.

Du jayet, du quadersanstein de Raschwitz en Silésie, examiné en plaques minces, à structure d’abord indiscernable, se montre, après traitement par les réactifs oxydants, composé de fragments ligneux dans lesquels on distingue nettement les stries transversales formées par les rayons médullaires.

Le jayet du lias de Boll, en Wurtemberg, et celui de Staffelstein, en Franconie, montrent sur des coupes minces, même sans action chimique ni incinération, la texture du bois dans toute leur masse ; en examinant les cendres on y reconnaît des cellules ponctuées et des rayons médullaires, et on constate en outre que les tissus ne présentent aucun indice d’écrasement ni de déformation.

Le jayet de l’étage rhétien de Taxsôldern, près de Sclmandorf, dans le Palatinat, paraît absolument homogène, et les coupes les mieux réussies ne permettent pas d’y reconnaître la moindre trace d’organisation; mais après l’attaque par l’acide azotique et le chlorate de potasse, et mieux encore après l’incinération, on s’assure qu’il est entièrement construit par des tissus ligneux.

11 n’en est pas de même du jayet du muschelkalk de Sennefcld, en Basse-Franconie, qui paraît, par les empreintes qu’il présente, formé à'Equisetum. Traité par les réactifs oxydants, il tombe en petits fragments qui, examinés au microscope, se montrent composés de tissus parenchymateux et de longues cellules fibreuses. Le jayet du grès de Grôden (grès bigarré) de Neumarkt, dans le Tyrol méridional, paraît également formé dans toute sa masse de tissus parenchymateux.

En résumé, la plupart des jayets de la période secondaire, paraissent formés de tissus ligneux à structure conservée, dans lesquels les vides des cellules et les espaces intercellulaires sont remplis par une substance d’apparence amorphe plus ou moins attaquable par la potasse.

L’un des principaux gisements de lignites brillants désignés en allemand sous le nom de pechkohîe est celui qui s’étend le long du bord septentrional de la chaîne des Alpes dans le sud de la Bavière et qui appartient à l’oligocène supérieur : on le rencontre par exemple à Miesbach, à Peusberg, à Peissenbei’g.

Les couches de combustible, atteignant un mètre de puissance, y sont intercalées entre des bancs marneux extrêmement épais, remplis de cyrènes, de cérithes et d’autres coquilles d’eau saumâtre, des grès à empreintes végétales et des conglomérats grossiers. Ces charbons, de couleur noire foncée, peuvent à peine se distinguer des houilles véritables. Souvent des couches de calcaire bitumineux d’un blanc jaunâtre, renfermant des coquilles terrestres et d’eau douce, alternent avec les bancs de charbon, et l’on observe parfois un passage graduel des unes aux autres. Dans le charbon lui-même on retrouve des lits de coquilles à'IIelix habituellement brisées et écrasées. La masse charbonneuse se montre, sur une coupe transversale, formée de bandes alternatives plus mates et plus brillantes; on y rencontre du fusain qui, comme dans la véritable houille, remplit parfois certains lits de ses fragments. Enfin, comme dans la houille encore, on remarque parfois

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sur la cassure, un grand nombre de cercles rapprochés simulant des coupes de tiges ligneuses, apparence qui s’observe du reste aussi quelquefois dans des masses d’argile. Les plantes dont on retrouve les empreintes dans les parties stériles du gisement, sont principalement des arbres feuillus; les conifères ne jouent qu’un rôle secondaire.

En remontant la vallée du Rhin, on a, en Allemagne, près Cologne, les masses immenses de lignite terreux de Bruhl et de Liblar avec troncs de lignites fibreux d’arbres dicotylédones et monocotylédones, et des fruits indiquant ceux d’un palmier-cocotier; mais ni rameaux, ni racines, ni feuilles. Ce qui indiquerait, non pas peut-être des arbres ayant vécu sur place, mais des arbres amenés par des courants d’eau.

Près Bonn, au Pitzberg, il y a un gîte de lignite remarquable sur un sol fondamental de transition. Les lits de lignite, au nombre de sept, sont interposés dans des lits d’argile sableuse, plastique, renfermant des cailloux roulés de jaspes schisteux. Dans ce lignite, on trouve des fruits ressemblant à des cônes de pin ou de mélèze, de petits grains arrondis et pyriteux, des empreintes de feuilles.

Dans la vallée du Rhin, au-dessus de Worms, on trouve de puissants dépôts de lignite dont l’époque de formation est établie par de nombreux débris de corps organisés.

Au Bastberg, au pied des Vosges et non loin de Bouxwillers (Alsace), on a longtemps exploité une puissante couche de lignite alumineux accompagné d’argile plastique bitumineuse placée sous un calcaire d’eau douce, tertiaire renfermant beaucoup de coquilles fossiles et quelques os (fig. 25) . Le terrain qui contient le lignite est immédiatement superposé à l’étage de l’oolithe inférieure.

Voici comment s’y succèdent les couches ‘ ;

8“ Terre végétale . 0”20

7“ Marne jaune . 3 00

6“ Calcaire extrêmement riche en coquilles palustres et

terrestres . 18 00

5° Argile marneuse verte renfermant des planorbes et

d’autres coquilles palustres . 12 00

4" Argile brune connue des mineurs sous le nom de

mvlm . . 0 50

5“ Lignite pyriteux . 1 75

2° Argile dure et sablonneuse ordinairement blanchâtre et tachetée de rouge, recouverte par une autre argile brune imperméable de 0”',30 environ. . 1 50

1“ Calcaire oolithique (Bradford clay), épaisseur indéterminée.

Le lignite de Bouxwillers est compact, d’une couleur chocolat clair et mat ; il appartient à la sous-espèce des lignites terreux. Au sortir de la mine, il renferme environ 10 0/0 d’eau hygroscopique qu’il abandonne au bout de quelque temps à l’air sec.

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