Le Nord de la Sibérie, t. II, p
115 E^'CYCLOPÈDIE CHIMIQUE.
dont la superficie est de 500 hectares. Au-dessus de cette couche se trouve un grès mélangé de matières charbonneuses et recouvert en partie par des sables aquifères, au milieu desquels on retrouve une couche beaucoup plus mince de lignite, le mur de la couche inférieure est formé par de l’argile, qui repose sur le granit. La partie nord du bassin est seule explorée ; vers le sud il existe des affleurements de lignite près des villages de Chestakovka et de Loukouka, à plus de 10 kilomètres du gisement d’Ékatérinopol.
Le lignite d’Ékalérinopol contient :
Eau . 51,00
Matières volatiles . 24,45
Carbone . 15,10
Cendres . 9,46
Le contenu en soufre ne dépasse pas 5,75 p. 100; la puissance calorifique est de 4255 calories.
Les cendres sont composées principalement de gypse.
Le gisement de lignite de Jourovka, district de Tchiguirine (gouvernement de Kiew), es( formé par une couche de lignite, dont la puissance varie de 0“,2d à 5"',50. Sa longueur, d’après les recherches, est de plusieurs kilomètres et sa largeur varie de 100 à 200 mètres. La couche se trouve à une profondeur de 23 à 55 mètres. Au milieu du lignite on rencontre souvent d’immenses concrétions quartzeuses qui l’imprègnent, et qui en rendent l’exploitation difficile.
Le lignite de Jourovka (gouvernement de Kiew) contient 65 p. 100 de matières volatiles et d’eau, 26 p. 100 de carbone et 9 p. 100 de cendres.
Dans le gouvernement de Volhynie, à 6 kilomètres au N.-N.-O. de Vichnevetz. dans le ravin de Gebiak, près du village de Zwiniatchi, se trouve une couche horizontale de lignite de 1“,50 de ])uissance et de 5 kilomètres d’étendue en longueur.
Le lignite contient :
Matières volatiles .... 56,94
Carbone . 25,06
Cendres . 39,00
Aux environs de la ville de Krénaénetz, à Koultchevka, se trouve une couche de lignite qui atteint jusqu’à 2 mètres de puissance. La composition du combustible est la suivante :
Matières volatiles . 47,84
Carbone . ig’og
Cendres . 52,08
COMBUSTIBLES MI^ÉRAUX.
Ce lignite repose sur la craie blanche, et est recouvert par l’étage sarmate.
Dans le gouvernement de Minsk, sur la rive droite du Pripet, à 2 kilomètres de la ville de Mazire, le sondage a rencontré, à la profondeur de 11 mètres, une couche de lignite de 1“',20 de puissance reposant sur du tuf calcaire et recouverte par des sables.
En voici la composition :
Matières volatiles . 58,28
Carbone . 28,44
Gendres . 19,28
Le lignite a été découvert sur le versant est de l’Oural antérieurement à la houille proprement dite. Ce lignite appartient à la formation permienne, à la formation tertiaire et à une formation indéterminée. A l’extrémité nord du versant est de l’Oural, on l’a trouvé dans le terrain jurassique. En général, d’après les travaux d’exploration, les gisements de lignite ne présentent pas de sûreté. La formation permienne comprend deux gisements : l’un près du village cosaque de Miassk, au bord de la rivière de Miass, à 50 kilomètres à l’est de la ville de Tcheliaba, et l’autre près de la station de Kitchiguina, sur la rivière Ouwelka. Le terrain tertiaire comprend les couches horizontales de lignite, découvertes dans les domaines de l’usine de Kamcnsk, près des villages de Kasakowa et de Koltchedansk, dans les districts de Goroblagodatsk et de Bogoslowsk. Les gisements de Bogoslowsk paraissent être ceux qui offrent le plus de sécurité. Ainsi, par exemple, on a rencontré dans un puits deux couches de bon lignite. La couche supérieure, située à une profondeur de 5 mètres, a 1 mètre d’épaisseur ; l’autre, trouvée à 8 mètres de la surface, a une puissance de plus d’un mètre, mais elle n’a pas été complètement traversée par le puits et l’on ne connaît par conséquent pas son épaisseur exacte.
MM. Abich et Ernest Favre* ont étudié une houille qui, à Tkvibouli, présente des couches dont l’épaisseur totale peut atteindre 16 mètres. Cette houille, véritable lignite formée en partie de tiges et de feuilles de cycadées, est dure, maigre, et ne donne que 28 p. 100 de coke; toutefois elle brûle bien et, d’après M. K. de Hauer, elle ressemble à celle du lias de l’Autriche. Les plantes fossiles de ce combustible et des grès associés se retrouvent à Stoneslield et dans le Yorkshire, en sorte que ce terrain à lignites du Caucase doit être rapporté à la série jurassique inférieure.
Danemark et Suède. — Le Danemark et la Suède, l’île de Bornholm, renferment des dépôts de lignites abondants. Ces dépôts sont composés de troncs comprimés dont la structure ligneuse est bien distincte. Ils sont souvent accompagnés de jayet.
Norwège. — Des couches de bouille jurassique (lignite) qui paraissent susceptibles d’être exploitées ont été signalées aux îles Loffoden par M. Tele Dabi®. On a constaté® que les combustibles forment des couches dans des grès qui, d’après leurs
t. Recherches géologiques dans la partie centrale du Caucase.
•l. Revue de géologie, t. VIII, p. 20.
'>• Bertrand, Jom-nal de voyage en No7-U'hge, 1872.
118 EKCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
fossiles, appartiennent à l’étage de l’argile d’Oxford. Un puits de 120 mètres percé dans l’île d’Ando a rencontré sept de ces couches, dont la plus puissante a seulement 0“,55 d’épaisseur. Dans l’intervalle il y a plusieurs couches de schistes charbonneux dont l’épaisseur va jusqu’à 6 mètres. \ oici, en défalquant les cendres dont la proportion est très forte (25,45 p. 100), quels sont les résultats des essais faits pour le charbon :
Hydrogène ....
Oxygène et azote .
Sa densité est égale à 1,45.
Ce combustible est, comme on voit, très impur; jusqu’à présent on n’a pu l’utiliser que pour la fabrication du gaz d’éclairage et de la paraffine.
Islande K — Près de Avammur et de la montagne trachytique de Baula existe un des principaux gisements de lignite ou surtarbrandur de l’Islande ; il se trouve sur la rive gauche d’un torrent qui se jette dans le Faunâ, après avoir serpenté sur les flancs de la montagne de Thoriseingis-Mùli ; le dépôt de ce combustible, rendu célèbre par les Sagas, et dans lequel les Islandais se plaisent encore à voir des traces de leurs anciennes forêts, est à une assez grande hauteur au-dessus du niveau de la mer, peut-être de 163 à 195 mètres. Il est adossé presque horizontalement à une mimosite à grains fins qui constitue la montagne de Thoriseingis- Mûli, et se divise en colonnes vers sa partie supérieure.
Le surtarbrandur est disséminé dans un trass endurci qui constitue du côté du torrent une couche de 5 mètres environ d’épaisseur sur une étendue de 10 mètres au moins ; il repose principalement sur un trass consistant, gris jaunâtre, avec des empreintes qui paraissent appartenir à des fucoïdes du genre Zostera; on y voit aussi très distinctement des empreintes de prêles, qui ne paraissent pas différer de celles qui végètent actuellement dans les mêmes lieux. Celles-ci sont aussi nettes que celles des terrains houillers avec lesquels ce gisement a certainement plus d’un rapport, sinon d’âge, du moins dans l’arrangement de ses éléments ; il est recouvert par de la terre végétale, des débris de roches, le tout par du gazon.
Parmi les échantillons de combustible que renferme ce gisement, on en remarque qui ont dû avoir été roulés pendant longtemps avant de passer à l’état de lignite : ce sont des morceaux usés comme des galets, analogues du reste à des bois flottes que les voyageurs ont eu souvent l’occasion d’observer en cet état sur les côtes de l’Islande; d’autres sont d’une trop grande dimension pour avoir appartenu à des arljres du pays. Tous ces lignites sont comprimés d’une manière remarquable, ce qui peut très bien s’expliquer par l’état de mollesse dans lequel se trouvent tous les bois flottés quand ils sortent de la mer ; à moins de supposer que, dans l’origine, ils aient été recouverts et promptement comprimés par une épaisse nappe de mimosite, qui aurait disparu depuis en laissant, pour ainsi dire, à nu leur gisement, tel qu on le voit aujourdhui. Le surtarbrandur se présente souvent dans cette loca-