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Voyages en Scandinavie, en Laponie, au SpiUberg

Feroë, par M. Eugène Robert.

lité à l’état de lignite susceptible d’être travaillé ayant souvent l’aspect d’anthracite piciforme, comme s’il avait subi un commencement de fusion sur ses bords.

Tout porte à croire que le surtarbrandur de Thoriseingis-Miili s’est déposé dans le fond d’un fiord ou d’une petite baie correspondant à l’embouchure d’un torrent qui existe encore sous le nom do Surtarbrand-Gü.

Dans le Vapna-Fiordur, au fond d’une petite baie appelée Virki, dominée à droite et à gauche par les montagnes Vinfell et Krosavik, existe le gisement de surtarbrandur le plus célèbre de toute l’Islande.

Facile à distinguer d’assez loin par sa teinte noirâtre, ce gisement occupe en longueur une étendue de HO mètres sur 12 de hauteur environ, et se compose d’un nombre de couches dont l’ensemble est horizontal, malgré la légère ondulation de chacune d’elles, toutes dirigées de l’ouest-sud-ouest à l’est-nord-ouest du compas; il est enveloppé de toutes parts, excepté du côté de la mer, par une péridotite cellulaire qui s’est épanchée dessus; cette roche se divise en grosses colonnes, de 50 mètres environ de hauteur, à 5 pans inclinés de 85 degrés et dirigées en sens différent du surtarbrandur, de l’est-nord-est à l’ouest-sud-ouest.

Parmi les échantillons de lignites de grande dimension que renferme ce gisement, on en a trouvé un qui offrait une coupe transversale de 1”,05 dans son plus grand diamètre et de 0“‘,32 dans son plus petit ; cette grande différence entre ces diamètres résulte peut-être, au moins en partie, de la forte compression que le tronc a éprouvée. Ce morceau, à cause de ses grandes proportions, doit être rapporté à une grande espèce de conifère flotté. 11 semble avoir été percé par des tarets, bien entendu avant son enfouissement.

Au conglomérat ponceux, dans lequel gisent ces lignites, en succède un autre qui renferme, surtout dans sa partie supérieure, des petits galets de basanite, de rétinite, etc.

Viennent ensuite d’autres couches de gallinace et de pépérino alternant entre elles, plus ou moins épaisses, et renfermant en quantité variable des lignites qui, d’après leur forme et leur tissu, ont paru appartenir généralement à des conifères qui^seraient venus échouer au fond de la baie de Virki.

Dans le terrain marécageux de Sourbær, on trouve des bois de sapin pétrifié, noirâtre d’un côté et brunâtre de l’autre.

C’est dans les rochers qui garnissent le Bardarstrônd, près du Vest-Fiôrdur, qu’on rencontre en grande abondance le surtarbrandur. Celui de Lack est situé à F entrée d’une immense caverne qui donne passage à une petite rivière.

D’après la description qu’en donne Olafsen, ces gisements de lignite paraissent avoir la plus grande analogie avec ceux de l’est et du nord de l’Islande ; comme eux, ils forment des couches régulières et parallèles au rivage, composées d’argile endurcie, de lignite passant au jais, de fragments de scories et de petits cailloux roulés. L’une des couches (probablement la plus élevée) est à 194“, 904 au-dessus du niveau de la mer; la première est à 8“,121 au-dessus de celui de la rivière de Lack; ce dernier gisement ressemble de la manière la plus frappante à celui de Virki sur la côte orientale.

11 existe, sous la seconde couche supérieure du gisement de Lack, qui en présente quatre de surtarbrandur, un lit d’ardoise grisâtre, très mince, se divisant en feuillets couverts d’empreintes de plantes.

Les bois flottés forment un dépôt de plusieurs pieds de hauteur dans le golfe d’Ofeigs-Fiôrdur, près du cap Nord; ils sont couverts de mousse. Une grande partie de ces bois ont une de leurs extrémités enterrée, tandis que l’autre reste élevée audessus du sol.

Sur les deux côtés de l’embouchure de l’Eyvindur sont accumulés horizontalement un nombre considérable de bois flottés de tout genre ; ce dépôt pénètre assez avant sous les eaux.

La rivière dite Hogedalsaa, qui prend sa source dans le lacHogedals-Vatn, charrie souvent des fragments et des troncs de bois restés comme ensevelis près de ses bords et que l’eau en détache.

Dans la gorge de la montagne de Holsgil et sur plusieurs points du canton de Skaga-Fiôrdur, on observe des couches de surtarbrandur. Près du promontoire de Tiarnarnes, elles ont un quart de lieue d’étendue.

Ile de Jean Mayen. — La grande quantité de morceaux de bois pourri qu’on trouve sur la côte orientale de l’île de Jean Mayen a fait donner à plusieurs de ses baies les noms de Grosse Holtzhay, Klein Holtzbay (grande et petite baie au bois).

Groënland. — Au Groënland, de nombreuses couches se montrent ; elles ont été pour la plupart recouvertes de trapp.

Turkestan. — Des gisements de combustible existent en grand nombre dans le Turkestan*, mais leurs dimensions sont pour la plupart médiocres.

Comme ils appartiennent presque tous à Ja formation jurassique inférieure et possèdent les mêmes cai’actères pétrographiques et paléontologiques, il suffit d’en décrire un ou deux.

Les gisements de la région de Kouldja (voy. la carte, fig. 28) et en particulier ceux de la vallée d’ili sont les plus riches et les plus étendus; ces derniers sont connus sous le nom de bassin liouiller de l’Ili. Les dépôts de lignites embrassent toute la vallée de ce fleuve depuis le méridien de la ville de Souïdoun jusqu’à la rivière Djergalane; ils s’étendent donc sur l’espace de 40 kilomètres de l’est à l’ouest. Au milieu de la vallée ils sont couverts par des dépôts de loess et de conglomérats récents ; sur les flancs, c’est-à-dire près des montagnes qui bordent la vallée de l’ili au nord et au sud, ils apparaissent à la surface.

La formation lignitifère s’est déposée sur le calcaire carbonifère, mais en discordance de stratification avec lui. Elle est composée de couches de grès blancs et jaunâtres de conglomérats ferrugineux et de schistes bitumineux qui alternent avec les couches subordonnées de combustibles et avec les couches en chapelets d hématite brune. Les couches de charbon ont une allure régulière et dans les centres d exploitation leur inclinaison ne dépasse pas 15°; près des montagnes elle atteint environ o6“. Le nombre des couches de lignite est très considérable, mais en même temps très variable ; les couches s’étranglent souvent sur une petite étendue. Ainsi, dans la vallée de Tindjane on en compte jusqu’à seize, dont quelques-unes n ont pas moins de 0“‘,30 d’épaisseur, tandis que dans la vallée voisine du Gangoul

1. Us richesses minérales du Turkestan russe par J. Mouchkeloff. In-4, 1878, Paris.

il y en a moins, encore moins sur le Pilitche, et plus à l’est de cette rivière dans les mêmes roches, on ne rencontre plus que des schistes hitumineux. Ce même phénomène s’observe de l’autre côté de la vallée d’Ili.

Toutes les couches de lignite peuvent être divisées en deux groupes, d’après la qualité du combustible et d’après leur position. Dans l’étage supérieur, le charbon extérieur se délite aisément à l’air, laisse en brûlant beaucoup de cendres et renferme souvent de la pyrite de fer. Il s’emploie exclusivement pour les usages domestiques et est connu des indigènes sous le nom de mei. Dans 1 étage inférieur, le lignite est plus dense, possède un éclat résineux, brûle plus difficilement et s’emploie seulement dans les travaux métallurgiques et les forges. Les indigènes le nomment tane.

En fixant l’étendue du bassin de l’Ili à un maximum de 30 kilomètres en travers de la vallée et environ 25 kilomètres le long de la rivière, nous obtenons une surface de 750 kilomètres carrés. On y rencontre beaucoup de mines, en général peu importantes, dans lesquelles on exploite des couches de combustible de plus de 1“',50 d’épaisseur. En certains endroits comme dans la mine de Joulbekhara, on exploite huit couches dont une seule, la couche inférieure, a 5“,60 de puissance.

Les gisements du lignite du bassin de l’Ili appartiennent principalement à la formation jurassique inférieure à l’exception des couches inférieures, qui peut-être datent des trias.

En considérant qu’une partie du combustible au milieu du bassin a été emportée par le courant de l’ili, qu’une autre a été extraite par l’exploitation qui date maintenant de près de quatre-vingts ans, qu’une troisième s’est consumée en brûlaot spontanément sous la terre ; en admettant pour les couches une épaisseur totale de 4 à 5 mètres seulement, ce qui est bien inférieur à la réalité, en admettant enfin que le besoin annuel ne dépasse pas 150 000 tonnes, on arrive à conclure que le dépôt de charbon de ce bassin suffira à la consommation pendant trois mille ans. Il faut ajouter que le bassin est traversé par un fleuve navigable, l’Ili, et que le lignite affleure à la surface du sol.

Parmi les autres gisements du Turkestan nous mentionnerons celui qui est situé dans la vallée de Kokinessaï à 40 kilomètres au sud de Khodjent, sur le territoire de Sir Daria. C’est un des dépôts les plus importants de cette région ; il est exploité depuis 1868 et l’extraction annuelle s’élève à 1000 tonnes.

Au milieu de grès argilo-calcaires et de conglomérats jurrassiques se trouvent sept couches de lignite dont deux ont 4 mètres d’épaisseur avec une faible inclinaison dans la direction nord-ouest. En admettant une épaisseur totale de 5 mètres seulement pour toutes les couches, la quantité de charbon s’élèverait à 1 500 000 tonnes.

Indo-Chine. — Le calcaire carbonifère joue un rôle important dans la constitution de rindo-Ghine (fig. 29). Sur lui repose, en stratification discordante, une puissante formation argilo-gréseuse à la base de laquelle se trouvent des couches de bgnite.

MM. Fuchs et Saladin * désignent cette formation sous le nom de système des grès et des argiles versicolores ; on n’est pas encore absolument fixé sur leur âge.

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