‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 56 sur 184 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

/.Jnq typoc

de l’oxygène

de charbon

dehouine

Carbone

Hydro¬

gène.

Oxygène

l’hydrogène

fourni par la disiillauOD

charbon obtenu

à longue flamme.

au plus fritté.

Houilles grasses

Fondu

à longue flamme

mais très

ou charbon à gaz.

fendillé.

Houilles grasses '

f Fondu

proprement dites 1

) moyennement

charbon de forge. .

) compact.

Houilles grasses

'' Fondu

à longue flamme 1

^ très compact

charbon à cote.

) peu fendillé.

Houilles maigres i

( Fritté

ou anthraciteuses. '

/ ou pulvérulent.

§ III. COMPOSITION IMMÉDIATE ET COMPOSITION MINÉRALOGIQUE DE LA HOUILLE.

Constitution de la houille. — En traitant les houilles grasses par l’éther, la benzine, le sulfure de carbone (et surtout par le chloroforme), plusieurs chimistes ont réussi à leur enlever de très petites quantités de matières bitumineuses. M. Guignet a obtenu* de meilleurs résultats avec le phénol (acide phénique).

La houille, réduite en poudre grossière, est complètement séchée à 100 degrés, puis passée au tamis impalpable. Elle est alors chauffée à 100 degrés avec du

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, 4879 n« H (17 mars 1879), t. LXXXVIII, P-

phénol parfaitement exempt d’eau. Le liquide se colore fortement en brun; on filtre à chaud, sur un douWe filtre de papier bien sec. Par le tefroidissement, une partie de la matière brune se dépose ; mais, pour la séparer entièrement, il suffit d’ajouter de l’alcool ordinaire à la solution phénique ; d’abondants flocons bruns se déposent et la liqueur se décolore complètement. En lavant la matière brune sur un petit filtre avec de l’alcool, on enlève toute trace d’acide phénique.

La partie soluble dans le phénol représente presque 2 pour 100 du poids de la houille; mais j’ai pu dépasser de beaucoup cette limite, en amenant la matière première à un état de division extrême.

La houille, passée au tamis impalpable, contient toujours des fragments anguleux, presque filiformes. Pour diviser cette poudre, toujours gi’ossière et rude au toucher, M. Guignet la fait broyer à l’eau sur une glace, à l’aide d’une molette comme on fait pour les couleurs les plus dures. Au bout de quelques heures la houille est devenue d’un brun très clair ; elle est douce au toucher. Dans cet état elle peut céder au phénol jusqu’à 4 pour 100 de matière brune.

L’acide nitrique attaque difficilement cette matière, en donnant un produit jaune qui a paru intéressant à l’auteur : ce qui l’a conduit à traiter directement par l’acide nitrique ordinaire la houille finement pulvérisée. Le mélange s’échauffe assez fortement et dégage des vapeurs rutilantes. Après avoir distillé au bain-marie et cohobé plusieurs fois, M. Guignet a filtré, puis évaporé de manière à chasser l’excès d’acide : le résidu contenait de l’oxyde de fer et de l’acide sulfurique (provenant des pyi’ites que toutes les houilles contiennent en petite quantité), plus de l’acide oxalique et de la trinitrorésorcine (acide oxypicrique), reconnaissable à tous ses cai’actères.

Toutes ces matières se séparent aisément en reprenant le résidu par l’eau et faisant bouillir avec du carbonate de baryte, qui précipite l’oxyde de fer et les acides sulfurique et oxalique, tandis que l’oxypicrate de baryte reste en dissolution. En précipitant la baryte par l’acide sulfurique, l’expérimentateur a obtenu l’acide oxypicrique, qu’il a fait cristalliser.

La houille qui a subi l’action de l’acide nitrique et qui est restée sur le filtre a été soumise à un lavage complet. Elle renferme des produits nitrés, plus ou moins analogues aux celluloses nitrées, insolubles dans les dissolvants; séchée complètement, elle se décompose par la chaleur, avec explosion ou dégagement de vapeurs rousses. De plus, une partie des matières humiques est devenue soluble dans les alcalis et même dans l’ammoniaque, qui se colore fortement en brun au contact du résidu de l’action de l’acide nitrique.

Pour M. Guignet, il semble probable que la houille, formée de débris végétaux, retient quelques matières résineuses ou céreuses, à peine altérées, difficilement attaquables par les dissolvants, mais capables de donner de l’acide oxypicrique par 1 action de l’acide nitrique. C’est ainsi que l’ambre jaune ou succin s’est conservé jusqu’à nous, longtemps après la destruction des végétaux qui l’ont sécrété.

^ La présence de la trinitrorésorcine dans les produits d’oxydation a conduit 1 auteur à chercher, dans la houille, la résorcine ou quelque produit voisin. La bouille, finement broyée, a été mélangée avec de la soude caustique à 40 degrés B ; le mélange, évaporé à sec à HO degrés dans un vase de fonte, a été distillé dans une cornue de fer chauffée à 400 degrés, dans un bain de plomb fondu. On obtient

ainsi un liquide jaunâtre, transparent, qui ne ressemble en rien au goudron de houille; il y a trouvé de l’ammoniaque, de l’aniline, mais point de résorcine.

Le résidu de la distillation se dissout en très grande partie dans l’eau, la liqueur est d’un brun très foncé, saturée par un acide, elle laisse déposer une grande quantité de matière brune, qui offre tous les caractères des produits mal définis confondus sous les noms à'ulmine, d’acide humique, etc. C’est sans doute la partie d’origine cellulosique de la houille qui a été attaquée par la soude à hante température, car, en traitant la houille à froid par l’acide sulfurique très concentré ou par l'acide azotique fumant, le liquide se colore en brun et laisse précipiter, par addition d’eau et saturation, des produits semblables à'ceux que donne la soude, Le mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique déjà proposé par M. Fremypour différencier les houilles, les anthracites et les lignites, attaque aussi la houille; mais ce mélange donne des produits nitrés mêlés à des matières humiques, plus difficiles à séparer que les produits résultant de l’action de l’acide nitrique seul.

Dès 1871, M. K. Haushofer^ s’est.occupé de l’examen microscopique des combustibles réduits en tranches très minces et transparentes. Les véritables houilles compactes ne lui avaient paru présenter ni vaisseaux ni cellules non plus que des débris qu’on puisse avec certitude rapporter à des plantes. « Quoiqu’on observe, disait-il, dans le cannel-coal et dans le pechkohle du terrain houiller deZ'wickau, des cavités arrondies ou irrégulières, elles peuvent être aussi bien attribuées à des concrétions. » Dans le Pechkohle provenant du terrain de mollasse de la Bavière méridionale, les traces de plantes semblaient également incertaines. Quant aux lignites, tantôt ils ont montré la structure et les fibres de bois ; tantôt, comme ceux de Teplitz, ils offrent de l’analogie avec la toui’be compacte, et l’auteur en concluait qu’ils s’étaient comme elle formés dans des marais tourbeux.

Les observations de M. Gumbel * montrent que la houille est formée d’éléments combustibles qui conservent encore, pour une bonne partie, la structure des plantes qui leur ont donné naissance ; la houille est constituée en effet, en laissant de côté les matières terreuses mélangées, par des débris de plantes renfermant, entre eux et dans leurs interstices propres, une substance humique ou ulmique qui, après avoir été sans doute en dissolution à l’origine, est à peu près devenue insoluble et donne à toute la masse une apparence amorphe. On doit admettre, conformément aux vues de M. Frcmy, que certaines parties plus facilement décomposables des végétaux dont l’accumulation devait donner naissance à la couche de charbon, se sont complètement transformées en matière ulmique en perdant leur forme et leur texture ; ces matières ulmiques ont empâté et pénétré les parties plus solides qui n étaient pas encore décomposées ou dont le squelette plus fortement minéralisé offrait uije résistance plus grande, et elles se sont peu à peu solidifiées par suite de modifications chimiques encore peu étudiées, peut-être par suite d’une oxydation graduelle. La houille est ainsi formée de substances diverses, quoique .très analogues d’aspect, dont les unes correspondent aux débris des tissus végétaux et autres, qui jouent le rôle de ciment, aux produits de la décomposition du reste

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