‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 55 sur 184 · Comptes rendus, t. XCIX, 4 août 1884, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. XCIX, 4 août 1884, p

11 résulte de ce tableau que la composition élémentaire des différents végétaux est à très peu près uniforme ; elle diffère d’ailleurs assez peu de celle de la houille massive de la grande couche de Commentry, telle qu’elle a été déterminée par V. Régnault dans son mémorable travail sur les combustibles minéraux (A) et telle qu’elle a été récemment obtenue par M. Carnot (B) :

Carbone. Hydrogène. Oxygène

On remarquera cependant que cette houille renferme une proportion plus grande d'Iiydrogène, ce que l’on peut attribuer à la présence de feuilles et de débris de végétaux de toutes sortes dans la masse de la houille, tandis que les échantillons analysés plus haut se composaient uniquement de fragments de hois, d’écorces ou de racines.

Mais si l’analyse élémentaire ne signale presque aucune différence entre les diverses plantes houillères, il n’en est pas de même des essais de distillation. En opérant dans des conditions toutes semblables sur chacun des 18 échantillons, puis faisant déduction de l’humidité et des cendres, j’ai trouvé pour chaque espèce la

moyenne suivante :

Matières

volatiles.

Résidu

fixe.

Aspect du coke.

Calamodendron .

Bien aggloméré.

Cordaïtes .

Assez boursouflé.

Lépidodendron .

Bien aggloméré.

Psaronius .

Un peu boursouflé.

Ptychoptéris .

Id.

Mégaphyton .

Bien aggloméré.

Une opération toute semblable a donné : Houille de la grande couche. , 40,6

Peu boursouflé.

Ainsi, bien que les proportions des éléments soient à peu près les mêmes, on observe d’assez grands écarts dans les quantités relatives de substances volatiles et de résidu fixe. 11 convient, sans doute, d’attribuer cette différence au mode de combinaison varié des éléments, qui ne se révèle pas dans l’analyse élémentaire, mais qui peut se manifester, au contraire, par les procédés d’analyse immédiate ou même par le seul effet de la chaleur.

Au reste, une observation analogue peut être faite sur les bois 'de l’époque actuelle, auxquels on a toujours trouvé une composition élémentaire presque identique, malgré leurs qualités si diverses.

On peut se borner à citer, comme exemple, les nombres donnés par M. Gottlieb (de Copenhague) pour deux variétés de bois en quelque sorte opposées, le chêne et le pin.

Carbone. Hydrogène. Oxygène Azote. Cendi-es.

Chêne. . , 50,16 6,02 43,36 0,09 0,37

Pin. , . . .50,31 6,20 43,08 0,04 0,37

Les plantes conservées à l’état de houille semblent avoir de même des propriétés différentes, avec une composition chimique élémentaire à peu près uniforme.

« En résumé, dit l’auteur, les expériences précédentes montrent que l’âge de la houille et les circonstances diverses qui ont présidé à sa formation n’ont pas seuls influé sur ses propriétés; lorsque toutes ces circonstances ont été absolument identiques, les différentes espèces forestières ont donné naissance à des houilles de qualités sensiblement différentes. »

Classification des houilles. — M. Grüner a fait observer que la classification des houilles, basée sur l’analyse élémentaire, n’indique pas d’une manière précise le pouvoir calorifique ou la valeur réelle de la houille. Remarquant .de plus que les chaleurs de combustion d’un même corps varient avec sa densité et aussi avec le degré de condensation des combustibles compai'és, M. Grüner a entrepris des expériences dont les résultats sont indiqués dans le tableau suivant, et il en a déduit une nouvelle classification des houilles.

rAVT.A

ITION ÉLÉUE

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