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BASSINS DE LA FRANCE

Le caractère circonscrit et multiple des bassins français est tel que leur surface totale, qui est de 5500 kilomètres carrés, se subdivise entre soixante bassins distincts.

La distribution géographique des bassins houillers figurés sur la carte géologique et leurs relations avec les voies navigables ou avec les chemins de fer qui en distribuent les produits permettent de les diviser en trois zones transversales formant trois groupes distincts :

Le groupe du Nord, limité par une ligne de démarcation passant par la latitude du Mans et d’Orléans. Il comprend principalement les houillères des départements du Nord et du Pas-de-Calais, qui appartiennent à un même bassin, découvert depuis Aix-la-Chapelle jusqu’à Charleroi, indiqué au couchant de Mons par l’affleurement de la partie méridionale et se prolongeant vers Valenciennes, Douai et Béthune en dessous des morts-terrains secondaires ou tertiaires. Ce bassin forme une zone étroite sur le littoral d’un massif de transition, il approvisionne, concurremment avec les charbons belges, toute la région du nord.

Quelques petits bassins, répartis sur la surface du massif de la Bretagne, aux environs de Quimper, ou sur son littoral, à Litry (Calvados), ne peuvent guère être comptés dans la production houillère; mais réunis aux anthracites dévoniens delà Sarthe et de la Mayenne, également compris dans ce groupe, ils indiquent l’existence et la position des terrains houillers sur les terrains de transition de l’ouest.

Le groupe du Centre se compose de la zone comprise entre la latitude du Mans et d’Orléans et celle qui passerait par Aurîllac et Valence ; il contient un gi-and nombre de bassins dispersés dans les vallées qui sillonnent le plateau central ou sur le littoral de ce plateau, vers le contact des terrains de transition et des terrains secondaires.

Les plus importants sont les bassins de Saône-et-Loire (Montceau-les-Mines, le Creuset, Épioac); ceux de l’Ailier (Commentry, Bezenet); les bassins de Decize dans la Nièvre ; de Saint-Éloi, de Brassac, dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, d’Ahun dans la Creuse; le bassin de la Loire (Saint-Étienne et Rive-de-Gier), le plus riche de la France sous le double rapport de la puissance et de la qualité des gîtes.

La région orientale de cette zone présente le bassin de Ronchamps, dans la Haute- Saône et les terrains à anthracites des Alpes, aujourd’hui reconnus comme apparie-

nant à l’époque houillère ; à Lamure, près Grenoble, ces terrains forment un bassin d’nne richesse remarquable; vers Saint-Jean de Maurienne et Aiguebelle, des gîtes intéressants d’anthracite sont reconnus jusque dans les contreforts des Alpes.

La région occidentale de cette zone n’est pas tout à fait dépourvue : on y voit fiirurés les bassins de Faymoreau, de Vouvant et de Chantonnay, et surtout celui de la Basse-Loire, longue zone houillère dont la partie la plus riche se trouve dans le val même de la Loire.

Le groupe du Midi renferme comme bassins principaux : le bassin de l’Aveyron (Decazeville, Aubin); celui du Gard (la Grand’Combe, Portes, Bessèges); le bassin de Carmaux, dans le Tarn, et celui de Graissessac, dans l’Hérault.

Quelques petits bassins sporadiques, situés dans la direction de Narbonne, vers Roujan, Segure et Durban, semblent indiquer une continuation des affleurements houillers; mais ces terrains sont de peu d’importance. Il en est de même de la zone du terrain houiller dont les affleurements ont été reconnus en plusieurs points sur les flancs du massif des Maures et de l’Esterel, depuis Toulon jusqu’à Fréjus.

La zone des houillères du Nord ne dépasse guère, du côté du sud, le marché dit de Paris. Les extractions alimentent tous les départements compris dans les limites indiquées, concurremment avec les charbons anglais, qui dominent les znarchés du littoral, soit avec les charbons belges, qui occupent la limite orientale et pénètrent même dans l’ouest, au delà de Paris.

La zone du Centre est alimentée par les bassins du plateau central, qui, vers l'est, luttent avec les importations de Sarrebruck, et vers l’ouest avec les charbons anglais.

La zone du Midi est alimentée par le bassin de l’Aveyron, qui déverse ses produits jusque sur le marché de Bordeaux, en concurrence avec les importations anglaises par les bassins du Gard et de Graissessac, qui rayonnent vers Avignon, Marseille et Toulon, où ils les rencontrent également.

Nous allons entrer dans quelques détails à l’égard dos principaux bassins.

Nord. — La zone septentrionale se compose du prolongement souterrain, en France, des terrains houillers qui traversent la Belgique. Cette zone, en grande partie découverte, de Liège à Mons, pénètre sous les morts-terrains de la France après avoir franchi une saillie souterraine de calcaire carbonifère qui s’avance jusqu’auprès de son axe.

Ces terrains forment une bande étroite, appuyée sur le bord septentrional du massif de transition du Rhin, suivant une direction presque est-ouest. Elle commence par le bassin de Liège, dont la largeur maximum de d2 000 mètres s’étrangle progressivement en suivant, à une faible distance, la rive gauche de la Meuse, et se trouve interrompue par la vallée transversale du Samson ; elle reprend à Gharleroi une largeur de 8000 mètres, traverse la région du centre belge et se poursuit au couchant de Mons avec une largeur de 11 000 mètres, en partie recouverte par des morts-terrains. A l’ouest de Dour et d’Élonges, vers la frontière française, la largeur de cette zone houillère est entièrement recouverte et disparaît au-dessous des terrains crétacés. A Anzin, où elle a été retrouvée, l’épaisseur moyenne des morts-terrains est de 80 mètres, épaisseur qui augmente vers Denain, Aniche,

Douai, Lens et Béthune, où l’on a dù traverser jusqu’à loO mètres de terrains crétacés avant d’atteindre le terrain houiller.

De Valenciennes à Douai, la zone houillère présente seulement trois étages successifs : les charbons maigres anthraciteux, exploités à Vieux-Condé, Ilergnies, Fresnes, Vicoigne; les charbons demi-gras, exploites à Anzin; les charbons gras, exploités à Denain, Lourches et au sud d’Aniche.

Les charbons maigres occupent une large zone sur toute la lisière septentrionale du bassin. Ainsi, depuis l’axe même de la zone, au sud de Vicoigne, jusqu’à la limite nord, toutes les couches reconnues sont maigres. La transition est progressive, depuis le véritable anthracite qui forme les premières veines inférieures, ju [i x n jres ou peu flambants. Tous ces charbons brillants, difficiles à allumer, ne brûlent qu’en masse et sous l’influence d’un fort tirage : ils sont plus ou moins décrépitants.

A mesure qu’on s’élève dans la série des couches, les charbons deviennent un peu plus flambants et passent aux demi-gras, la transition étant appréciable d’une couche à la couche supérieure; la stratification reste d’ailleurs concordante entre la zone des maigres et celle des demi-gras.

Les charbons gras se trouvent sur la lisière méridionale du bassin, où ils forment une troisième zone, sans que les couches maigres affleurent en dessous, ainsi que l’exigerait la symétrie géologique do la stratification.

Cette anomalie est accompagnée d’un accident considérable, parallèle à l’axe longitudinal du bassin, depuis Saint-Saulve et Anzin jusqu’à Denain et Abscon, accident indiqué sous la dénomination de Faille au pli ou Cran de retour. C’est une faille qui sépare nettement la zone houillère en deux parties, l’une au nord, comprenant les maigres et les demi-gras, l’autre au sud, comprenant les charbons gras.

La partie de la zone houillère comprise, d’une part, entre le promontoire du calcaire carbonifère de Quiévrain, et d’autre part, l’étranglement avec changement de direction qui se prononce à Douai, constitue en quelque sorte un bassin spécial qui est notre bassin du Nord. Dans ce bassin, la disposition et la nature des couches de houille présentent des caractères presque constants.

Sur la lisière septentrionale, les combles nord sont d’abord représentés par une large zone de grès stériles à laquelle succède la zone des houilles maigres anthraciteuses.

La zone des grès et des schistes contenant les houilles maigres anthraciteuses affleure sur plusieurs kilomètres de largeur. La sü'atification y est assez régulièrement inclinée de 30 degrés vers le sud et les diverses couches imbriquées se succèdent à la surface, à mesure qu’on s’avance de la lisière nord vers l’axe du bassin.

Le faisceau des houilles maigres suit le littoral du bassin jusqu’en Belgique, où il a été reconnu par les fosses de Beaudour, de Sirault et de Bernissart ; il est surtout développé dans une sorte de golfe où se trouvent les exploitations de Fresnes et de Vieux-Condé, puis reprend sa marche normale sur Vicoigne, où il est activement exploité. Plus à l’ouest, ce faisceau a été reconnu par quelques travaux ouverts sur les territoires d’Hasmon et de Marchiennes; il se prolonge probablement dans la partie septentrionale

Le faisceau des couches maigres, exploité à Vicoigne, comprend 15 veines principales, dont les épaisseurs réunies représentent 0“ 75, répartis dans une zone de

terrain de 1500 mètres de largeur à la surface. En réalité la ricltesse du terrain est plus considérable, puisqu’il n’est pas tenu compte des veiniats, dont quelquesuns sont exploitables, et que d’autre part certaines veines recoupées en cran pourront, par des travaux ultérieurs, être retrouvées en allures normales.

L’axe central du bassin du nord est marqué par le faisceau des houilles demigrasses.

Le faisceau de ces couches paraît le plus riche, car il 'comprend au moins 24 couches distinctes. Il est exploité par les fosses Thiers, Chauffour, Saint-Louis, Réussite, Casimir-Périer, Ilaveluy. En sortant des concessions d’Anzin et de Denain, il pénètre dans celle d’Aniche, où il présente une régularité remarquable et se prolonge sur le territoire de l’Escarpelle.

De la fosse Thiers jusqu’à la fosse Casimir-Périer, c’est-à-dire sur une longueur de 30 kilomètres, le faisceau des houilles demi-grasses est limité par la grande Faille au pli ou Cran de retour. Au sud de cette faille commence le faisceau des houilles grasses, de telle sorte que toutes les coupes transversales faites sur cette longueur présentent une disposition analogue à celle qui est indiquée par une coupe passant dans la région centrale d’Haveluy (fig. 57).

Pour placer les fosses d’Haveluy on fit exécuter trois sondages, dont les positions sont indiquées. La coupe des terrains fut ensuite établie d’après les travaux exécutés dans les mines situées à l’est et à l’ouest. Ainsi on mit en place la Faille au pli ou Cran de retour qui sépare le faisceau des houilles grasses du faisceau des houilles demi-grasses. Cette faille a déterminé un rejet considérable, qui amène les combles du nord formés par un pendage régulier des houilles demi-grasses et des houilles maigres vis-à-vis les allures repliées du faisceau des houilles grasses qui forment les combles du midi.

La faille au pli, qui jette cette incertitude sur l’allure générale des couches, se perd près de la concession d'Aniche, de telle sorte que les questions posées par la structure du bassin de Quiévrain à Somain peuvent trouver quelques éléments de solution dans les ti'avaux poursuivis entre Denain et Douai.

Les couches supérieures du bassin d’Aniche sont les plus grasses et forment, au sud, un faisceau ployé sous forme de V, qui a été exploité par les premiers puits de cette concession. Les couches reconnues au sud, vers le contact du calcaire carbonifère, dans la concession d’Azincourt, sont encore des houilles grasses à courte flamme.

Les couches de houille sèche et flambante, dans lesquelles les travaux actuels des fosses d’Aniche sont principalement développés, sur une longuenr de 5 kilomètres, paraissent devoir se raccorder en profondeur aux couches grasses à courte flamme, en décrivant une courbe qui semble rejoindre les allures du faisceau des houilles grasses de l’ancien faisceau du sud. Il y aurait donc une modification progressive de la qualité dans les mêmes couches, cette qualité comportant en moyenne 14 pour 100 de matières volatiles pour les couches du nord et 20 pour 1 00 pour celles du sud.

Quant aux houilles maigres, on admet qu’elles existent en profondeur au-dessous des houilles sèches, mais qu’elles viennent buter, sans affleurer, contre le calcaire carbonifère. En d’autres termes, les étages supérieurs des houilles grasses et demigrasses auraient été déposées plus vers le sud, par un de ces déplacements de Tare

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du bassin dont les dépôts houillcrs vous présentent tant d’exemples; leur stratification serait Iransgrcssoire.

Lorsipi’on voit la structure normale du bassin exprimée d’une manière si simple et si précise dans la concession d’Aniclie, on sc demande si l’on n’est pas en droit de conclure (pi’il en doit être de même à Anzin, à Mons, à Cliarlcioi, et si ce no sont pas les l'ailles qui ompècbent d’y reconnaître les memes traits.

La concession d’Anicbe, qui occupe, sur 14 kilomètres, la longnour du bassin, présente d’ailleurs un bel exemple des allures régulières des divers faisceaux houillers.

L’épaisseur des morts-terrains superposés au terrain boiiiller est de 125 mètres (minimum) à Traisnel ; 100 à 180 mètres aux autres puits foncés dans la concession; 251 mètres (maximum) au puits Sainte-Marie.

En 1852 i'urent ouverts à l’ouest de la concession d’Anicbe, et près de Douai, les travaux des fosses Gayant et Notre-Dame, qui exploitent actuellement un faisceau de 15 couebes de bouille grasse îi courte flamme, contenant 20 pour 100 de matières volatiles. Plus an sud, la fosse Dechy a trouve des bouilles encore plus grasses, contenant 22 pour 100 de matières volatiles. Ce faisceau de Douai, actuellement exploré sur 4000 mètres en direction, peut être considéré comme composé de vingt couclies représentant une puissance totale de 1 1 mètres, compris dans une zone borizontale de 1100 à 1200 mèires. C’est en moyenne une couche de 0"’,55 de puissance |)ar 00 mètres de terrain hoiiiller.

M. GosseletL en s’appuyant sur les travaux de MM. Fuebs et Obry relativement à la reprise des concessions de Marly et de Crespin, a pré.senlé quelques considérations sur l’allure des terrains houillers au sud du bassin de Valenciennes. L'auteur pense que le terrain houiller existe sou.s la ville de Valenciennes. Puis, interprétant divers sondages, il en déduit une coupe du bord méridional du bassin avant ses dislocations. D’après c-elle coupe, les assises carbonifères se seraient déposées presque à angle droit sur la tranche des couches siluriennes et dévoniennes. Depuis, il y a eu de nombreux renversements, par suite desquels la série dévonienne est venue, en divers points, rccouviir le terrain houiller suivant des plans de rupture très ]!eu inclines à riioi izen (lig. 58). En certains cas, comme à Quéwrechain, il en résulte une structure des plus compliquées.

M. Vuillemin, dirc teur des mines d’Anicbe, établit comme suit la production annuelle par ouvrier entre les houillères du Nord et celles dont les produits leur font concurrence.

Pioitiiclion .inniietlc

Houillères du Noril (France) . 14'J tonnes.

— de ,'<aint-Elieune . 22l) —

— de la Sarre (Prusse) . . . 170 —

— de Gharlerai (üelgiquc) . . 100 —

de la P.uhr (Prusse). . . . 210 —

— de l'.Viigteterre . 515

Le. classement du eliarbon se fiiit dans le nord sous les déuoinitialions suivantes : 1. Socidh; ijcolo^irve r!it Nord. I. Il, ]). 115.

ou appelle houille les gros blocs, gaillettes les gros morceaux, gailletteries les morceaux de la dimension du poing, gailletins ou têtes de moineaux ceux de la dimension d’une noix, menu le charbon en poussière, enfin tout-venant la houille mélangée.

Pas-de-Calais. — Le bassin du Pas-de-Calais, qui forme l’extre'mité occidentale de la zone houillère du Nord, n’a été reconnu que vers 1842. Un sondage entrepris à Oignies, à l’effet de rechercher des eaux artésiennes, rencontra, vers 140 mètres de profondeur, des schistes analogues aux schistes houillers. Ce fut un trait de lumière, et le sondage, changeant aussitôt de but, fut poussé jusqu’à la profondeur de 400 mètres, de manière à constater l’existence du terrain houiller contenant une série de couches de houille. Plusieurs autres sondages furent entrepris aux environs, notamment ceux de Rismes en 1845; ils se multiplièrent, amenèrent le fonçage des puits et la constitution successive des concessions. La concession des mines de houille de Bourges^ est située sur les communes d’Ostricourt (Nord), Leforest, Evin-Malmaison, Courcelles-lez-Lens, Noyelles-Godault, Hénin-Liétard, Bourges, Courrières, Oignies, Montigny-en-Gohelle, Billy-Montigny (Pas-de-Calais) .Elle est traversée par le canal de la Beûle, par la ligne des houillères qui la coupe suivant une diagonale, et par la route nationale 11“ 43, de Calais à Bouchain, parallèle à la limite sud de la concession.

Ses limites renferment une étendue superficielle de 37 kilomètres carrés, 87 hectares.

La surface forme un pays plat, dont le sol est très fertile, sauf dans quelques endroits qui avoisinent le canal. Sous la terre végétale, on trouve l’argile en deux couches, la première est rougeâtre, recherchée pour la confection des briques, et la seconde est jaunâtre et un peu sableuse.

Après les argiles viennent les marnes et les craies blanches et grises du terrain crétacé, qui sont très aquifères ; c’est dans ces couches que l’on rencontre les plus grandes difficultés pour le fonçage des fosses. L’épaisseur est d’environ 100 mètres.

On trouve ensuite les marnes argileuses diversement colorées, imperméables à l’eau dont l’épaisseur est de 40 mètres environ ; et enfin le tourtia, formé d’une roche verdâtre, contenant des galets de toute nature enlevés aux roches plus anciennes, et des grains noirs de silicate de fer. Cette dernière couche, qui fait partie du groupe moyen du terrain crétacé, appartient à la division cénomanienne. A Bourges, c’est elle qui s’est déposée la première immédiatement après les terrains anciens, dévoniens ou carbonifères. On la trouve partout avant de pénétrer dans le terrain houiller : son épaisseur est de 1 mètre à 4 mètres.

^ Cet ensemble de couches porte dans le Pas-de-Calais, comme dans le Nord, le nom de morts-terrains; le caractère le plus saillant est l’horizontalité ou la presque horizontalité des couches.

Le terrain houiller se distingue bien des morts-terrains et le caractère principal est 1 obliquité des couches. Après leur dépôt, qui s’est produit horizontalement, tout 1 ensemble a été déplacé au point que certaines couches occupent une position verticale, comme à la fosse de Fléchinelle, et même sont renversées, comme cela a

•1, Ludovic Ureton, Elude géoloÿigue du terrain houiller de Bourges, Lille, t875.

lieu à la lusse Mulot (compagnie de Dourges), aux fosses de Billy et de Méricourt (compagnie de Courrières), aux fosses de Liévin n” i et n“ 2.

Le terrain houiller est essentiellement et nettement stratifié; les couches qui le composent alternent entre elles de différentes manières et à différentes reprises, mais leur ordre de superposition n’est pas toujours le même.

Parmi les accidents remarquables qu'offre ce terrain, il faut citer les fentes plus ou moins inclinées, sinueuses et branchues, qui le traversent assez souvent, et à proximité desquelles les couches de houille présentent un affaissement de 1 mètre, 2 mètres, etc. Il y en a aux mines de Dourges qui ont plus de 100 mètres.

Les couches de houille présentent aussi quelquefois des renflements subits qui leur font acquérir une puissance beaucoup plus grande, ou bien, par un effet contraire et non moins prompt, résultant du rapprochement du toit ou du mur, elles diminuent d’épaisseur au point qu’il n’en reste plus qu’une faible trace, ou qu’elles disparaissent entièrement par suite d’un dérangement quelconque. Dans ce dernier cas on dit que la veine est en crain.

Les grandes veines existent généralement sur plusieurs concessions avec la même épaisseur ou une épaisseur différente ; mais les veinules 'ou passées disparaissent soux'cnt complètement dans l’intervalle d’une fosse à l’autre ; leur mur et leur toit peuvent se maintenir ou disparaître aussi.

La richesse plus ou moins grande de la houille en matières volatiles peut dépendre de la nature des végétaux constitutifs de cette houille, tout aussi bien que des effets produits par la chafeur propre du globe terrestre. Du reste si la loi est vraie pour des couches éloignées, elle n’est pas toujours exacte pour des couches rapprochées ; on reconnaît même de grandes variations dans une même couche, depuis qu’on a pu suivre une veine sur une grande longueur. Les couches grasses de Bascoup et de Sars-Lonchamps, en Belgique, sont maigres à Fresnes et à Bernissart. Les couches du Grand-Gondé, n“ 2, de la concession de Lens, exploitées aussi à la fosse Saint-Louis n° 4 de la même Compagnie, sont plus grasses à cette dernière fosse. Aux mines de Dourges, la classification ordinaire se vérifie dans les conditions les plus générales; mais si l’analyse des charbons de chaque veine était faite avec beaucoup de précautions, on rencontrerait sans doute quelques anomalies. ■ > ■

11 est donc possible d’admettre que les plantes de même nature n’entraient pas sur toute la surface de la formation houillère dans la même proportion.

Dans la couche de houille, les végétaux décomposés ont le plus ordinairement perdu leurs formes; mais dans le toit de la couche, c’est-à-dire dans la couche de schistes ou de grès qui recouvre immédiatement la veine quand celle-ci est en position naturelle, on trouve de magnifiques empreintes ayant conservé les formes des végétaux qui ont crû immédiatement après la formation de la couche de charbon et qui, s’ils ne sont pas ceux qui l’ont formée, ont du moins des rapports intimes avec eux et se développaient dans les mêmes conditions climatériques.

Les qualités des différentes espèces de houille du bassin du Pas-de-Calais, varient considérablement comme combustible ; on trouve des nuances depuis les houilles les plus grasses jusqu’aux houilles les plus sèches.

Quelquefois la houille présente dans son intérieur une matière (fusain) qui a presque tous les caractères du charbon de bois. Elle se trouve souvent en parties

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solides qui se lient iiiliraement avec la houille schistoïde qui les entoure et qui font entendre le même cri que le charbon de bois lorsqu’on veut les rayer dans uii sens contraire à la direction des fibres.

A l’approche du tourtia, où se fait l'aflleurement des veines, souvent le charbon perd de son éclat, il devient noir comme de la suie, s’écrase sous les doigts; il porte alors le nom de comaron. Cette altération provient de ce que, à une époque, le charbon était à la surface du sol et que, sous l’inQuence des agents atmosphériques, il a changé de nature.

Les couches de houille sont presipie toujours accompagnées au toit ou au mur, d’un schiste bitumineu.v qui s’appelle escaillage, et qui forme un ou plusieurs sillons parmi les sillons de charbon de la veine.

Dans les houilles grasses, ce schiste est combustible; aux mines de Bourges, il sert exclusivement au chauffage des générateurs, au chauffage des ouvriers et des pauvres, à qui ou en délivre gratuitement une certaine quantité.

Cet escaillage, plus tendre que le charbon et plus facile à travailler parce qu’il se détache mieux, étant formé de petits fragments écailleux, luisants, facilite beaucoup l’abattage de la houille. Certaines veines ne seraient pas exploitables avantageusement sans leur sillon d'escaillage.

Une veine exploitable est souvent accompagnée, à une faible distance, soit au toit, soit ou mur, d’une petite veinule mesurant de 0,01 jusqu’à 0,20 et que l’on nomme le voisin de h veine; le plus souvent ce voisin l'este à la même distance de la veine sur de grandes étendues ; quelquefois' aussi il se rapproche de la veine et aide à faire la voie; il peut aussi arriver qu’on l’exploite avec avantage eu même temps que la veine.

La concession des mines de houille d’Auchy-au-Bois‘ est située sur les communes de Liettres, Rely, Saint-Hilaire, Liérès, Lespesses, Ames, Auchy-au-Dois, Enquin, Estrée-Dlanche, arrondissements de liotbune et do Saiiit-Ümcr (Pas-de-Calais).

Ses limites renferment une étendue superficielle do 13 kilomètres carrés, 65 hectares.

Les houilles maigres et demi-grasses manquent sur la concession d’Auchy-au-Bois.

Les houilles d’Auchy-au-Bois, disent quelques géologues, sont contemporaines des houilles maigres, puisqu’elles reposent sur le même calcaire, mais elles sont de nature différente, parce que la végétation n'était pas la même sur toute la surfacc eu formation.

La végétation, suivant M. Ludovic Breton, est, eu elfet, fort différente, et l’on ne trouve à Auchy-au-Bois, (|ue fort rarement des lépidodendrons et des sigillaires, si abondants dans les charbons maigres et demi-gras; parmi les fougères, on n’a trouvé de commun avec Mcurchin que le Lonchopteris niyosa.

On remarque dans le l‘as-de Calais, là où on peut tracer un méridien à travers toutes les natures de charbon, d’Ilénin-Liétard à Carvin, par exemple, que la jiroportion de houille augmente en s’élevant dans la formation, qu’elle est de :

2,94 pour iOO mètres de terrain honiller dans le l'aisceau demi-gras;

5,0'7 -- gras;

"5', 06 — — — très gras.

1, Ludovic liicloa, Elude slraligraphitjuc du terrain houiller d'Auchy-au-Bois. Lille,

Et ce dernier chiffre est dépassé dans le faisceau des houilles sèches à longue flamme; tandis qu’il est à peine de 2 pour 100 dans le faisceau des houilles maigres, et dans le bassin du Nord les 500 mètres de la base sont même stériles.

Or, sur les concessions de Fléchinelle, d’Auchy-au-Bois, de Ferfay et de Mai’les, on constate la proportion la plus forte, et à Annezen, à Meurchin, à Carvin, à Ostricourt, la proportion la plus faible. II paraît donc bien légitime de relier les veines d’Auchy-au-Bois à la partie supérieure de la formation houillère, puisque la proportion de houille correspond à la proportion de houille reconnue dans le faisceau des houilles sèches à longue flamme. M. Breton a, en outre, montré que la végétation fossile est celle de la partie supérieure du bassin belge. Tout vient donc prouver que les veines de charbon maigre ne viennent pas à Auchy-au-Bois avec une nature différente. Le fond du bassin, suivant son axe, avait une pente à l’est, et les couches houillères, à mesure qu’elles se formaient, gagnaient le rivage à l’ouest. 11 y avait néanmoins des parties du fond du bassin sensiblement horizontales, par exemple pour la portion comprise entre les deux puits n" 1 et n" 2 d’Auchy-au-Bois.

Le bassin du Pas-de-Calais (lig. 59) est un des plus riches bassins de France. Aussi l’étudie-t-on dans ses moindres détails pour reconnaître ses limites réelles.

Ce qui frappe tout d’abord à l’aspect de la carte du bassin du Noi'd et du Pasde-Calais, ce sont les cinq bandes parallèles, le terrain dévonien formant les deux bandes extrêmes, le terrain carbonifère formant les deux autres bandes, comprenant entre elles la bande centrale, qui est le terrain houiller. En outre, au nord du bassin on trouve l’ordre naturel de formation, dévonien à la base, carbonifère dessus, puis houiller, ces trois terrains ayant pente au sud; au midi, avec ponte de même sens, on trouve houiller, carbonifère ensuite et dévonien. Il y a donc

renversement en masse dans cet ensemble qui a pris la forme d’U inclinés

s’emboîtant les uns dans les autres, l’ü central serait le terrain houiller, le second U serait le calcaire carbonifère, et le troisième U serait le terrain dévonien. La formation de cet 11 incliné au sud est un des principaux mouvements qu’a subis le bassin. Les couches carbonifères et dévoniennes si profondes se sont relevées au nord et au sud et sont revenues à la surface. Quant à l’existence de cet U incliné au sud, elle ne peut être mise en doute, puisqu’il suffit de lire la coupe passant par les fosses d’Aniche, ou celle de la fosse Mulot, Compagnie de Bourges, ou encore celle du n“ 4 de la Compagnie de Nœux ; si d'autres accidents ne s’étaient ensuite produits, cet U incliné au sud serait la forme toute simple qu'aflecterait le bassin ; dans l’une seraient les charbons formés les derniers, au nord de cet axe, la série grasse, demi-grasse qui existerait au sud dans le même ordre. Mais les choses ne se passent pas avec cette simplicité, et plusieurs anomalies s’observent immédiatement :

1“ L’absence d’affleurement des houilles demi-grasses au sud du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais ;

2“ La faible largeur de la bande carbonifère du sud, et même sa disparition complète en certains points de la carte du bassin ;

5° L’absence d’affleurement au sud du dévonien supéi'ieur, et même quelquefois du dévonien moyen; il y a alors contact du dévonien inférieur en place avec le calcaire carbonifère renversé, et même quelquefois avec le terrain houiller.

Ce sont ces questions, qui depuis longtemps préoccupent les géologues et les ingénieurs des mines, que M. Ludovic Breton a essayé d’expliquer.

La fosse de Couchie-à-la-Tour est la première qui ait démontré l’existence des couches houillères sous les terrains plus anciens de recouvrement. On comprend que ce fait important n’a pas manqué d’explication. La coupe par le travers des bancs a montré le calcaire de recouvrement restant sensible à la même distance des veines, et, devant cette apparence de concordance et de stratification, on a hasardé l’hypothèse que ce calcaire de recouvrement était d’une formation postérieure à celle de la houille; on se rappelait la théorie ancienne qui classait le calcaire de recouvrement du terrain houiller d’Hardinghen, dans une formation postérieure. Mais les travaux poussés dans la direction du levant, au niveau de 219 mètres dans la veine dite Midi, s’étant rapprochés du calcaire et l’ayant même rencontré, on ne pouvait plus admettre la concordance de stratification, et la théorie était ruinée. Ces terrains anciens ont été respectés sur tous les points où on les a touchés; on craignait de trouver de l’eau; aussi ne put-on déterminer ni leur nature ni leur allure.

Vers le même temps on creusait la fosse de Courcelles-lez-Lenz ; ce puits a rencontré, à 134 mèti’cs de profondeur, un calcaire en couches inclinées de 55“ au sud; on a pénétré dans ce terrain jusqu’à 205 mètres; à cette profondeur, la roche étant trop dure, les exploitants, ignorant quand on en sortirait, se dirigèrent en galerie horizontale, à travers bancs au nord, vers un sondage qui avait trouvé de la houille; à 55 mètres dans cette galerie, on atteignit le terrain houiller, dont les couches avaient 45“ d’inclinaison moyenne au sud ; elles étaient séparées du calcaire par une faille ayant aussi 45“ d’inclinaison au sud ; mais il a été démontré que cette surface de contact diminue d’inclinaison en profondeur, puisqu’à 228 mètres la faille a été traversée dans la fosse, ce qui donne une pente de 22“ 1/2 au sud. A 203 mètres du puits, dans le travers banc, une veine de 0'",8Û en un sillon, inclinée de 45“ au sud, fut rencontrée; elle est, dit-on, en position naturelle, soit au toit, soit au mur, mais d’après la direction de la faille qui, aux mines de Bourges, sépare les terrains en plan des terrains renversés, l’auteur dont nous analysons le mémoire est porté à croire qu’au niveau de 205 mètres, la veine de 0“,80 est renversée.

Ces intéressants travaux démontraient donc que la limite sud de la zone houillère, telle qu’elle est tracée au niveau du tourtia, n’est pas la vi’aie limite, mais bien l’affleurement d’une faille inclinée au sud, sous laquelle s’enfoncent les couches du grand bassin.

Les conditions étant exactement les mêmes à Caucliie-à-la-Tour qu’à Courcelles, les mêmes conclusions y sont applicables, et on peut alors généraliser et suivre la faille sur son parcours. Quittant Courcelles, elle pénètre plus ou moins dans le terrain houiller, laissant à la zone une grande largeur sur le méridien de Liévin à Meurchin, entrant très fort sur la concession de Bully-Grenay, s’écartant sur la concession de Nouy, puis rentrant de plus en plus sur les concessions de Bruay, de Maries, de Ferfay, d’Auchy-au-Bois, et, après Fléchinellc, pénétrant si avant qu’elle

entame le calcaire du nord, base du terrain houillor; elle continue ensuite, avec la même direction, jusque dans le bassin du Boulonnais, et limite au sud la bande houillère d’ilardinghem, ap[jelée Petit Bassin des Plaines.

Cette faille est évidemment postérieure au mouvement qui a produit le renversement des couches de transition houillères, carbonifères et dévoniennes, en nn

mot, à la formation de P incliné : tantôt, comme au sud d’Aniehe, elle

coupe la branche méridionale de 1’ . . de manière que les veines du nord

ne viennent pas affleurer au sud, mais s’arrêtent ù la faille ; tantôt, comme à

Courcclles, elle passe si près de l’axe de 1’ ^ qu’on ne trouve qu’une faible

épaisseur de terrain renversé avant de pénétrer dans les terrains en place. A Cliauchie-à-la-'rour, elle passe dans la branche nord de 1’ et ne rentre dans

la branche sud qu’à la fosse n" 4 d’Aueby-au-Bois.

Pour déterniiuer son effet, il est nécessaire d’étudier ce qui se passe plus au sud encore, 'fous les géologues sont d’accord, et il n’y a aucun doute à cet égard, que ce que l’on observe en Belgique, entre le plateau du Brabant et celui des Ardennes, c’est-à dire entre deux bassins carbonifères séparés par la crête du Gondros, existe aussi dans le Pas-de-Calais.

Ces deux bassins sont séparés par la ligne des sommets dévoniens de Saint- Nazaire, Bebreuve, Pernes, Bailleul-lez-Pernes, Febvin, Fléchin, etc.

Celui du nord, ou bassin de Namur, se continue chez nous et s’appelle bassin carbonifère de Valenciennes; celui du sud, ou bassin de Binant, vient passer à Avesnes, Cambrai, Saint-Pol, Ilesdiii, Montreuil.

Le bassin carbonifère do Valenciennes a, à sa partie supérieure, une très grande épaisseur de terrain houiller, contenant un très grand nombre de couches do bouille. Le deuxième, celui du sud, est, au contraire, très pauvre; il ne renferme que quelques taches de terrain houiller, telles que celles de Taixnières et d’.Aulnoyc.

Pourquoi l’un, quoique plus étroit, est-il si riche et l’autre, si large, est-il pauvre? On a jusqu’ici constaté le fait sans l’expliquer. Or, en supposant des falaises d’une certaine hauteur dans le calcaire carbonifère, on explique facilement 1 absence de terrain houiller dans le bassin de Cambrai, Saint-Pol, etc. 11 suffit pour cela que les houilles grasses aient eu pour limite sud de formation une falaise appelée aujourd’hui, en Belgique, Crête du Condros, et la végétation houillère n’aurait gagné le haut de cette falaise qu’en de très rares endroits, comme à Taisnières et à Aulnoye, et sans doute en quelques autres endroits qui nous sont cachés par les masses de terrains. Ces taches houillères feraient donc partie des dernières formations, quoique reposant sur le calcaire carbonifère.

C’est en effet ce qu’a reconnu M. Cornet dans les déblais d’un puits creusé à Aulnoye.

COMBUSTIBLES MINÉBAUX.

Lo sol carbonifère aurait eu la figure ci-contre (fig. 60) avant que coinmençàt la formation houillère.

Plus tard, la pression du sud contre le nord fit prendre à tout cet ensemble une

Fig. 60. — Schéma montraüt la disposition originelle du terrain liouiller du Pas-de-Calais. D’après M. Breton.

autre forme que la synthèse permet de déterminer approximativement et qui serait comme celle ci-dessous (fig. 61).

Fig. CI. — Schéma montrant les inllexions qui ont dû se produire dans le calcaire carlionifèrc du Pas-de-Calais. — D’après M. Breton.

Les mêmes lignes, qui avaient autrefois cédé après la formation du calcaire carbonifère et qui formaient les falaises, cédèrent de nouveau. Ce sont des lignes de moindre résistance et la falaise devient la grande faille A ou crête de Condroz.

Hans le bassin du Nord et du Pas-de-Calais il se produisit, en même temps, une autre faille A' presque parallèle à la faille A et les terrains compris entre les deux failles remontèrent, sons l’influence de la poussée, de .5 à 4000 mètres. C’est la partie de terrain houiller cachée sous les failles que M. Ludovic Breton appelle, dans le Pas-de-Calais : Prolongement au sud de la zone houillère.

11 a donne la figure d’une coupe en travers de cet ensemble (fig. 62).

On voit que, selon que A est plus ou moins rapproché de A', les couches renversées du dévonien supérieur ont do moins en moins de largeur à l’affleurement et le dévonien inferieur, en place du bassin de Binant, peut même être en contact avec le calcaire carbonifère renversé du bassin de Namur, qui est lui-même en conlact avec le terrain houiller. Un sondage pourrait traverser ces trois terrains.

C’est en partant de cette étude que les exploitants d’Audiy-au-Bois ont voulu reconnaîü-e si, réellement, sur leur concession, ce que jusqu’ici on a appelé la

Fig. 02. — Coupe théorique en travers du bassin du Pas-de-Calais. — D'après M. Breton.

limite sud de la zone houillère, reculait en profondem’; c’était pour eux d’une importance capitale, car la position la plus avantageuse pour le creusement d’une nouvelle fosse, n’était pas sur l'arc de cette zone houillère, comme on l’avait cru jusqu’ici, mais bien en un point le plus rapproché du bord méridional ; on ne rencontrait ainsi le calcaire inférieur aquifère qu’à la plus grande profondeur possible et on évitait de traverser les terrains de recouvrement qu’on ne connaît pas encore

Le H février 1873, un premier forage fut établi au sud, n" 15; il rencontra le terrain dit dévonien supérieur, à 151 mètres de profondeur, entra ensuite à 168™, 50, dans un terrain dolomitique appartenant à la partie inférieure du terrain carbonifère ; le renversement pouvait être supposé ; mais ne sachant quand on atteindrait le terrain houiller, le 5 septembre 1873, on lit un second sondage à 170 mètres au nord du premier, tout en continuant celui-ci. Ce deuxième sondage atteignit, à 148 mètres de profondeur, un schiste noir à phtanites, rempli de polypiers qui se relie au calcaire à polypiers du Boulonnais, base du calcaire du haut banc à Productus Cora, de la formation carbonifère, alternant, dans ce pays, avec des bancs de dolomies.

Au bout de quelques mètres, on put déterminer la pente des terrains traversés à chaque sondage ; elle était d’environ 30“ au sud.

Le premier sondage, à 215 mètres, allait seulement rencontrer les terrains du deuxième, et on ignorait la pente et l’affleurement de la faille limite sud ; on résolut de l’arrêter, et, le 2 février 1874, on reporta le matériel 70 mètres au nord du second, qui marchait activement et qui, après 22 mètres de schistes noirs à phtanites, traversa la faille, entra dans un mélange de schistes et de calcaire carbonifère et, à 185 mètres, recoupa une veine de charbon. 11 était à 191™,40, dans des schistes houillers, quand le troisième sondage atteignit le terrain houiller à 146 mètres de profondeur, immédiatement sous le tourtia ; ils furent alors arrêtés tous deux.

Le succès était donc complet.

11 y a, par conséquent, de grandes réserves de houille au midi de l’affleurement lie la grande faille (autrefois limite sud du bassin) ; ces réserves ne sont autres que la continuation du bassin actuel, accessible avec les moyens dont dispose l’art des mines, augmentant d’importance en profondeur, puisque, à 1000 mètres, la limite ancienne est reculée de plus de 2000 mètres sur les méridiens de Gaucby-àla-Tour et de Courcelles.

Le complément du bassin qui a remonté entre les deux failles, a formé pendant longtemps une véritable montagne, que les agents atmosphériques ont ensuite dénudée, tout le temps qu’ont duré les formations permienne, triasique et jurassique.

A la fin de la formation du terrain crétacé inférieur, le sol avait à peu près le relief que nous lui trouvons aujoui'd’hui sous le tourtia. Enfin, le tourtia s’est déposé, puis les différentes couches crayeuses qui ont caché à l’homme ces immenses richesses.

Une partie du massif houiller d’Auchy-au-Bois a été renfoncée assez fortement par la faille dite de retour, au midi de laquelle les couches se retournent sous forme d’un U ; puis le tout fut coupé en sifflet par la faille de la limite sud, et la partie séparée est remontée sur le plan de cette faille à une grande hauteur, elle s’y trouve retournée et recouverte par le terrain carbonifère, qui a suivi le même mouvement ascendant en s’appuyant sur la faille, et ce dernier recouvert lui-même par le terrain dévonien. Les érosions n’ont plus laissé (au méridien de fosse n“ 5) que la partie inférieure du calcaire carbonifère qui fait suite au dévonien supérieur. C’est ce que montre par exemple la figure 45.

Du massif houiller primitif d’Auchy-au-Bois, il n’est resté que 600 mètres, au nord du cran de retour, mais on ignore combien d’épaisseur de terrain houiller cotte faille a renfoncé. Néanmoins, par la nature des houilles et le grand nombre des veines, le gisement d’Auchy-au-Bois est assez important pour permettre d’espérer une production considérable pendant plusieurs siècles.

Le bassin d’Auchy se prolonge au sud de 4000 mètres au moins ; mais la profondeur pour atteindre le terrain houiller augmente en s’éloignant au sud.

Ces accidents, sur une grande échelle, se rencontrent aussi dans le terrain houiller de Valenciennes et y produisent des effets analogues ; tel est le cas du cran de retour d’Anzin.

Ce cran de retour est une faille sur la surface de laquelle la partie supérieure du terrain houiller est descendue d’une hauteur qui, en certains points, peut être estimée à 1500 mètres, à en juger par la différence de nature des houilles que l’on trouve des deux côtés au même niveau. Ainsi, à Anzin, tandis qu’au nord de la faille les houilles renferment 18 à 20 pour 100 de matières volatiles, au sud, au même niveau, elles renferment 22 à 25 pour 100. Mais, en allant à l’est, les veines exploitées aux fosses Saint-Louis, du Moulin et de la Bleuze-Barne, qui ne sont qu’à 300 mètres au nord du cran de retour, s’en écartent de plus en plus, et, au puits Thiers, elles sont à plus de 100 mètres.

Dans l’intervalle, il se place des couches supérieures renfermant 20 à 22 pour 100 de matières volatiles.

Les veines, au sud de la faille de retour, sont exploitées à la fosse du Chaufour

et en allant aussi à l’est, elles viennent buter à cette faille. Ce sont des couches inférieures qui vont de plus en plus loin vers l’est. De sorte que, vers Annaing, en entrant sur la concession de Grépin, il doit y avoir, dos deux côtés du cran de retour, des houilles de même composition, c’est-à-dire que l’effet de la faille n’a plus là qu’une faible importance.

En Belgique, le cran de retour ne passe pas, et les combles sud, quoique en zigza'>', sont la continuation des combles nord, sans solution de continuité.

Vers l’ouest, en venant vers Douai, le cran de retour diminue aussi d’importance et il est nul sur la concession d’Aiiiche, où les veines prennent en coupe la forme d’un U incliné au sud.

C’est dans la baie formée par les concessions de Denain et de Douchy que le cran de retour produit le plus d’effet.

Comme beaucoup d’ingénieurs, M. Ludovic Breton avait été frappé depuis longtemps de la position du bassin d’IIardinghen sur le prolongement rectiligne du bassin d’Auchy-au-Bois et de Elécliinelle, et il en concluait qu’il ne serait pas impossible qu’il se trouvât du terrain houiller dans l’espace compris entre Fléchinelle et Hardinghen; il constate que c’est dans le travail de M. Gosselet qu’il trouva les premiers matériaux pour essayer de relier le bassin du Boulonnais avec celui dit du Pas-de-Calais.

D’abord, il fut Irappé des caractères de la bande étroite dite des Plaines d’IIardinghen; c’était la représentation du sommet de l’angle de la base du terrain houiller, avec la faille de la limite sud, en faisant passer cette faille à une faible hauteur au-dessus de cette base. On trouve dans ce petit bassin des Plaines : d’abord comme à la fosse n° 5 d’Auchy-au-Bois, immédiatement sous la faille de la limite sud, des amas de charbon mélangés de schistes houillcis et de calcaire carbonifère, et, un peu plus bas, les couches houillères, avec leur inclinaison au sud, reposant aussi en stratification concordante sur le calcaire carbonifère et s’enfonçant sous la grande faille de la limite sud, au midi de laquelle viennent s’appuyer les terrains carbonifères, relevés à la surface et renversés lors du grand mouvement qui a produit l’Ü incliné.

En un mot, la coupe du bassin des Plaines est une réduction de celle d’Auchyau-Bois. La partie appelée bassin d’Hardinghen, qui est celle qui fournit une véritable exploitation, a été plus difficile à étudier.

Les couches houillères y ont une inclinaison de 20” au nord-ouest; elles viennent buter, au nord, contre une faille presque verticale (70” d’inclinaison au sud) ; mais le fait le plus extraordinaire, et qui a reçu tant d’explications, c’est que ce gisement houiller est coupé en sifflet, suivant un angle de 12“ au nord, par une faille sur laquelle reposent des xialcaires carbonifères augmentant d’épaisseur vers le nord, et que les trois fosses du Souich, Renaissance et Providence ont dû traverser avant de pénétrer dans le terrain houiller. 11 est reconnu aujourd’hui, sans contestation, que ce calcaire, appelé calcaire Napoléon, est d’une formation antérieure à celle du terrain houiller, et est du même âge que les couches du même nom reconnues sur d’autres points et dont le niveau géologique est compris entre le terrain dévonien et le terrain houiller.

En prolongeant la faille de séparation du calcaire avec le terrain houiller, elle vient rencontrer la faille sud, prolongée aussi, du bassin des Plaines; si, de ce point

ENCYCLOPÉDIE CIIIMIQVE.

de rencontre comme centre, nous faisons faire un mouvement de rotation, de manière à amener les deux failles dans le prolongement l’une de l’autre, nous remarquons que les différentes couches, qui encaissent le bassin d Hardinghen, viennent occuper des positions qui sont le prolongement des couches encaissantes du petit bassin des Plaines, et l’on obtient un ensemble qui représente le bassin d’Auchy-au- Bois, en supposant la faille de la limite sud entamant ce bassin à 200 mètres de hauteur, par rapport à la base.

Si le mouvement de bascule au nord-ouest, qui a brisé la faille de la limite sud, n’avait pas eu lieu, il ne serait resté du gisement d’Hardingben que le petit bassin des Plaines, car le niveau final des dénudations postérieures est plus bas que la base de la formation houillère avant le mouvement.

La faille, qui arrête au nord le pied des veines, se comporte exactement comme la faille de retour dans le gisement d’Auchy-au-Bois ; elle y joue le même rôle; cette faille, en allant à l’ouest, coupe en biais les couches inférieures, dévoniennes d’abord, puis carbonifères : sur Ferques, les directions des couches s’écartent assez au nord pour laisser une ligne de terrain houiller. Le long de cette ligne et dans la faille il s’y trouve même des amas de charbons qui ont été exploités autrefois aux puits de Fergues et de Leulinghen.

Les fosses d’IIardinghen, comme celles d’Auchy-au-Bois, exploitent les veines inférieures de leur gisement. Or, la cinquième couche en partant de la base fournit un charbon pour la forge, qui lui a fait donner le nom de Maréchale par les deux Compagnies. C’est le nom que cette veine porte à Hardinghen depuis plus de oO ans et à Auchy-au-Bois depuis 18 ans. Si l’on n’en conclut pas que ce soit la même veine, il fimt admettre du moins que les charbons sont de même nature. Enfin, sur une épaisseur de 160 mètres de terrain houiller, comme à la fosse Providence, on trouve 10 veines; même nombre à Auchy-au-Bois pour les 160 mètres de la base.

Le caractère principal est fourni par les empreintes. Chaque couche de houille a ses empreintes à elles propres, ou du moins certaines empreintes dominent dans chaque couche. Les empreintes d’Hardinghen sont identiques à celles d’Auchy-au- Bois.

Elles appartiennent toutes aux trois grandes familles des Calamites, des Astérophyllites et des Fougères. La houille d’Hardinghen fait donc partie des formations supérieures du terrain houiller.

Pendant que l’on opérait au delà de Bourges, la conséquence du premier sondage était interprétée et mise à profit en deçà, et ce fut à l’Escarpelle, près de Douai, que la première fosse fut établie sur le prolongement de la zone houillère. Les sondages, les puits se multiplièrent chaque année, les concessions de Bourges, de Noevy, de Courrières, de Lens, de Bully, etc., succédèrent à celle de l’Escarpelle, et en 10 années, c’est-à-dire vers 185,6, le bassin du Pas-de-Calais était entièrement délimité.

La puissance des couches exploitées varie de 0“,50 à 1“,20, la moyenne paraissant se rapprocher de 0“,80. Dans la fosse n» 2 de Lens, la veine Beaumont atteint une puissance de 2“,20.

Les houillères d Hardinghen, dans le Boulonnais, exploitées sur un soulèvement du terrain houiller et des calcaires carbonifères à travers les terrains juras-

COMBUSTIBLES MINÉBAÜX.

îiques t;t crétacés, n'ont point d'importance valab/e par leur production, mais les faits géologiques mis en évidence par leurs travaux en ont une fort grande.

M. Gosselet pense que le terrain houiller peut exister entre Fléchinelle et Hardinghen et passer ensuite sous le Pas-de-Calais pour se relier avec les couches houillères de Bristol et du pays de Galles. Contrairement à l’opinion de MM. Preslwich et Godwind-Austen, l’auteur croit que la partie souterraine du terrain houiller, en .4ngleterre, doit être recherchée, non pas au nord de Londres, mais au sud, dans le Kent, le Sussex et le Hampshire, Il rappelle que MM. Briart et Cornet ont signalé l’analogie des houilles de Bristol avec celles de la Belgique.

M. Potier* pense que le terrain houiller du Nord, au lieu d’être absolument concordant avec le calcaire carbonifère, est en stratification transgressive relativement à ce dernier. Remarquant que l’accumulation de plusieurs couches de houille sur un même espace suppose un affaissement correspondant du sol, il ne croit pas qu’un tel mouvement puisse s’accomplir avec une régularité absolue : de là ces phénomènes, tels que la réunion de deux couches de houille en une seule. Le calcaire a été rencontré tout près de la houille à Haisnes et à Meurchin ; mais, plus à l’est, il s’intercale entre ces deux l’ormations des grès stériles et, du côté de Mons, elles sont séparées par une épaisseur assez considérable de schistes à possidonies. 11 semble donc qu’il y ait eu un envahissement successif du bassin, vers l’ouest, par les eaux qui ont déposé les grès et les schistes houillers et, en même temps, une diminution dans le nombre dos couches de houille que l’on peut espérer rencontrer.

HatUe-Saùiic. — Le bassin de Ronchamps (lig. 64) est seulement indiqué à la surface par l’aflleurement d’un dépôt de grès et de schistes houillers, d’environ

Eig. (ii. — Coupe géologique du bassin houiller de Boncliainps, d'après M. Buial.

.‘)0 mètres d’épaisseur, formant de l’est à l’ouest une zone d’environ ô kilomètres de longueur. Les alternances de grès et de schistes houillers s’enfoncent sons le grès rouge pénéen, qui sur ce point se lie tellement au grès houiller, qu’on ne saurait préciser la ligne de séjiaration des deux terrains.

Deux couches de houille affleuraient dans ces alternances de grès et de schistes; on les exploita, et le réseau des travaux souterrains ne tarda pas à pénétra- sous les grès rouges superposés. Mais bientôt ces travaux vinrent se heurter contre une

I. Association française pour l'aranccinent ries sciences, 1x74, p. Ô7X.

saillie du terrain de transition qui parut limiter rmclinaibon du terrain houillei" les exploitations languirent, l’ingénieur, désespéré par l'insuccès, se suicida, et les mines furent vendues en 1842 à une société nouvelle qui reprit les travaux.

Le soulèvement du terrain houiller qui interrompait l’inclinaison des couclics par un barrage parallèle à la direction générale du terrain fut heureusement franchi, et l’exploitation trouva au delà un vaste champ qui lui permit de développer l’apidement ses produits, qui dépassent aujourd hui 500 000 tonnes.

Le bassin de Ronebamps est actuellement reconnu sur une étendue de 4 kilomètres en direction, et de 1800 mètres suivant l’inclinaison; c’est une siirlace utile d’environ 600 hectares. Toute cette surface ne présente pas, il est vrai, des conditions constantes sous le rapport de la richesse.

On connaît dans le bassin de Ronchanips trois accidents principaux.

Le premier, dirigé de l’est à l’ouest, c’est-à-dire parallèle à la direction des couches, a limité les exploitations antérieures à 1844, et n’a été franchi qu’en 1845 par une galerie de traverse. Cet accident présente l'aspect d’un soulèvement qui aurait relevé le terrain houiller en comprimant et supprimant les couches de houille sur une largeur de 200 mètres.

Le second soulèvement a été reconnu dans le nouveau champ d’exploitation ; il est oblique au précédent, passe à peu de distance à l’est du pont Sainte-Barbe, et se dirige sur le puits Notre-Dame d’Khoulet. Il a été reconnu sur une longueur de 2 kilomètres, avec une largeur moyenne de 250 mètres; il lind ainsi stérile une surface de 50 hectares.

Un troisième accident est un soulèvement parallèle au premier.

Les couches sont relevées et comprimées ; leur direction subit des inllexions et des contournements; la houille devient nerveuse au jmint de ne plus être qu’une roche charbonneuse et bitumineuse, chargée de pyrites. Longtemps avant cette transformation, elle est souvent pénétrée de gaz et surtout de grisou.

Ce sont également des compressions postérieures qui, sur beaucoup de points, ont réduit la puissance normale de la couche. A Ehoulet et au sondage du Pré, placé en avant, cette couche n’a que 2 mètres et '1"',80 de puissance.

Sur plusieurs points, la houille semble avoir éprouvé les altérations qui résulte raient d’actions métamorphiques ; au puits Sainte-Barbe., les roches dioritiques ont, en effet, pénétré dans les roches de transition, en les modidant profondément, et même elles arrivent à peu de distance des couches de houille.

Calva,dos. — Un doit à M. Vieillard* une étude descriptive du terrain lioudler de Basse-Normandie qui comprend les deux concesstions de Littry près de Caen et du Plessis, à 20 kilomètres de Littry vers l’ouest. L’auteur démontre par une série de coupes et de sondages que ces deux gisements font partie d’un seul et même bassin aligné est-ouest et déposé dans un pli des terrains anciens; ce bassin se referme à l’est, mais du côté opposé il reste ouvert et s’enfonce sous les terrains jurassique.du Cotentin.

Le bassin houiller de Basse-Normandie est recouvert en parfaite concordance par des grès rouges et des calcaires où Dalimier a signalé dos poissons permiens. U

t. Imrain homlUr de baise-^ormandu , 18ît.

ENCYüLOI'ÉDlË CHIMIQUE.

couche de houille do l'",o0 depaisseui’ et de hoiiiie qualité qui a donné lieu autrefois à des exploitations notables. Elle a été exploitée sur une longueur de plus de 1500 mètres et une largeur de plus de oOO.

iiaône-et-Loire. — La surface plane du bassin d’Autun contraste avec l’encaissement montagneux qui. le limite de tous côtés; la partie centrale est recouverte par les dépôts houillers.

Le terrain houiller affleure surtout vers le périmètre, où il se trouve relevé sur les roches schisteuses et graniticjues ; il est exploité à Épinac, au grand Moloy, à Sully, etc. On a également reconnu quelques couches de houille de peu d’importance sur les premières pentes du Morvan, vers Chambois et la Selle.

De tous ces points explorés, un seul a pris une grande importance dans la production houillère, c’est Épinac, dont les exploitations se sont développées dans une sorte d’anse ou de golfe qui pénètre l’encaissement primitif.

Le bassin du Creusot et de Blanzy est très étendu ; sa forme est assez nettement dessinée par les encaissements granitiques que donnent les affleurements latéraux. L’un de ces affleurements part du Creusot et se continue vers les Petits-Châteaux et Grandchamp, l’autre commence à Saint- Léger-sur-Dheune et suit une ligne à peu près parallèle à la précédente en passant par Montchanin, Blanzy et Montceau-les- Mines. Des affleurements, qui appartiennent en réalité au terrain pénéen, sont marquées entre ces deux lisières, semblant indiquer qu’elles se réunissent en dessous des terrains superposés ; et, en effet, les pendages des couches inclinées en sens inverse tendent l’un vers l’autre et le terrain superposé qui les sépare est le trias.

La couche houillère du Creusot, qid sendjlc suivre la configuration du sol, a été brusquement redressée ; au nord, elle s’appuie sur le granit soulevé, tandis qu’au sud, elle s'enfonce sous le grès rouge. Elle descend presque d’aplomb jusqu’à 240 mètres de profondeur pour s’étendre ensuite en une nappe ondulée dont l’épaisseur atteint lo et même 50 mètres. Partout où la houille repose sur le granit, le charbon est maigre et passe insensiblement à l’état d’anthracite; au contact du grès, au contraire, la houille, très riche en gaz, a conservé ses éléments hydrogénés. Maigre ou grasse, elle est d'une pureté extrêmement favorable à la métallurgie.

Divers indices permetlent de croire qu’une masse immense, mais profonde, de houille unit les exploitations du Creusot à celles de Montchanin (lig. 05) et à celles de Blanzy, situées à une distance de 20 kilomètres. De tous les sondages faits pour la rechercher, le plus important est celui de la Mouille-Longe, foré de 1855 à 1857, et poussé jusqu’à 9H'",6ü. Le foret d’acier s’étant brisé alors, sans que, malgré les efforts faits, il fût possible de le retirer, on dut ahandonnci' le terrain. Toutefois, le terrain houiller a été retrouvé au-dessous des grès bigarrés, à la profondeur de 57 1 mètres .

A l’origine, on a exploité la couche de houille dans les endroits où elle venait affleurer le sol ; mais, depuis longtemps, l’exploitation est entièrement souteri aine, hormis sur un point situé au fond de la vallée et appelé le découvert de la Crou- Au sommet de la colline, la houille, par une cause accidentelle, a pris feu et brfde lentement, en dégageant çà et là de légères fumées.

COMnUSTrBLES MINÉBAIIX. m/.T

L'extraction, au Creusot, se fait par sept puits creusés autour de la vallée. Les deux principaux, nommés Saint-Pierre et Saint-Paul, ouverts à grandes sections, fournissent à eux seuls 120000 tonnes sur les 190 000 que produit la houillère.

AUier. — Le bassin de Gommentry (lig. 67) est le premier des bassins de l’Ailier. On y exploite une belle couche de 10 ii 2o mètres, dont l’épaissenr moyenne peut être ovalue'e à 14 mètres,

pig. 68. — Coupe de la grande couche de Gommentry. 11 terrain lioniller; ////i l'ailles. . D’après M. Burat.

conserve sur une grande étendue. Le champ d'exploitation embrasse, en effet, une surface d’environ 1300 mètres en direction sur 1000 mètres, suivant l’inclinaison. L’allure, sur cette étendue, est celle d'un bassin demi-circulaire, dont le diamètre en avalpendage est précipité en profondeur par une série de frâlles.

Dans le bassin de Doyct, l’exploitation se développe d’une manière régulière dans les raines de Bezenet, dont les gîtes puis.sants donnent lieu à une production ([ui dépasse 500 000 tonnes.

La houillère de Bezenet a été ouverte sur une masse de houille exceptionnelle par sa puissance, et pendant une longue série d’années, jusque vers 1840, elle consistait principalement en une exploitation à ciel ouvert. Lorsque, en 1843, le développement des forges de Gommentry nécessita des extractions plus considérables que celles qui pouvaient être obtenues par cette méthode, les travaux de recherche en profondeur furent poussés avec activité, afin de définir le gîte et d’y établir une exploitation par travaux souterrains.

Le gîte de Bezenet peut être considéré comme une série de couches de houille, très rapprochées, séparées par des schistas et par des gores charbonneux passant à la houille. En certains points, les schistes venant à s'éliminer, les couches de houille se soudent et forment masse, tandis que, sur d'autres points très rapprochés, ce sont les schistes qui se développent et se sondent, en éliminant plus ou moins la houille.

La grande couche autrefois exploitée à ciel ouvert est d’une puissance de 4ü ù 30 mètres.

j.e bassin de la Guienne (Allier), p(us connp pqr les dénominations de mines do

548 ENCYCLOl-ÉniE CIIIMIOIIF..

Fins et Noyant, des Gabeliers et du Montet, est triangulaire, avec une base de 4 kilomètres vers Noyant.

Trois coucbes de bouille y ont été reconnues, parmi lesquelles une seule, de 1 à 3 mètres de puissance, a été exploitée à Fins et à Noyant, où elle présentait une allure en chapelet assez accidentée.

Puy-de-Dôme. — Le bassin de Saint-Éloi (Puy-de-Dôme) représente une Ibrmation houillère déposée dans un bassin elliptique qui a déterminé trois plis en selle et autant en fond de bateau, le pli saillant du milieu ayant amené à la surface les couches de houille droites et repliées sur elles-mêmes.

L’ensemble des couches dans la partie centrale du bassin représente une épaisseur totale de 14 à 13 mètres do charbon.

Ôn extrait environ 200 000 tonnes.

A Messein, dans la vallée de la Dordogne, on connaît deux couches anthraciteuses d’une puissance de 1 à 2 mètres.

Plusieurs couches de houille ont été reconnues et mises en exploitation dans la bande de terrain houiller, longue d’environ 60 kilomètres, où sont situés ces bassins.

A Bert (fig. ()9 et 70), le terrain houiller est réduit à une largeur de quelques centaines de mètres et accidenté par plusieurs trouées de terrains volcaniques, puis il s’élargit sur 2 et 3 kilomètres, et forme le bassin de Modic et Champagnac.

Le bassin de Langeac, dans la vallée supérieure de l’Ailier, est isolé au milieu des terrains schisteux et granitiques. Ce bassin elliptique, d’environ 8 kilomètres de longueur sur une largeur maximum de 2 kilomètres, contient, sur une échelle réduite, une reproduction des phénomènes de la formation houillère.

Il est rempli par des alternances de grès et de schistes dont les stratifications ont été fortement comprimées en fond de bateau. A sa partie inférieure, vers le contact des grès houillers avec le gneiss, on a suivi par quelques travaux souterrains de petites couches de houille; mais on n’a pas continué l’exploitation.

Ce bassin présente une particularité remarquable au point de vue des accidents qui ont affecté les dépôts houillers : au nord de Langeac, vers la limite du terrain houiller, un fragment des granits et gneiss encaissants, d’environ 500 mètres de côté, est tombé sur les dépôts houillers, qu’il a recouverts, de sorte que sous une surface de 7 à 8 hectares on a pu exploiter les couches de houille sous les granits super j)osés.

Le bassin de Brassac est l’un des plus anciennement exploités; les couches de houille y affleurent sur un grand nombre de points.

L’étage inférieur, exploité à la Gombelle, contient cinq couches de houille dont les épaisseurs réunies sont de 4 à 3 mètres. Les houilles sont maigres. Les travaux d'exploitation ont mis en évidence l’allure et la régularité des couches ; elles sont enclavées à 60 et 70 degrés, et descendent rapidement vers les plus grandes profondeurs du bassin.

Le système moyen, exploité à Grosménil, à Fondary et à la Taupe, occupe le milieu du terrain houiller ; il comprend cinq couches, dont les puissances réunies atteignent et dépassent souvent 6 mètres. A la Taupe et à Grosménil, certains renflements des couches principales atteignent et dépassent 6, 8 et 10 mètres.

m ENCYCrOPKDIE CHIMIQUE.

mais ces renflements ont lieu aux dépens de la régularité, les étreintes et les conflits occupant des espaces d'autant plus considérables. Les houilles de cet étage moyen sont assez grasses et très flambantes.

L’étage supérieur ne comprend pas moins de dix couches, dont les épaisseurs réunies atteignent 4 et 5 mètres. Les charbons en sont gras, ils sont exploités à flourbars, au Feu et à Mègo-Caste. Cet étage ne couvre que 4 kilomètres carrés, sur les .o5 qui sont à découvert.

Nièvre. — Dans le bassin de Decizo, les affleurements de terrain houiller forment un îlot découvert sur une direction d’environ 4 kilomèti’es et sur o kilomètres en traverse. Les couches n’étant inclinées que sous une moyenne de 20 degrés, ces ô kilomètres de parcours en traverse ne représentent que 600 à 700 mètres d’épaisseur de dépôts consistant en grès et schistes houillers bien caractérisés.

Ces dépôts contiennent une série de huit couches, dont les puissances varient de 1 mètre à 2"’, 50.

L’épaisseur explorée de 800 mètres ne renferme pas plus do 9 à 10 mètres de houille; mais cotte houille, régulièrement stratifiée, est dans les conditions les plus favorables à l’exploitation.

Le terrain houiller de Deeize s’étend sous do vastes surfaces au-dessous des terrains socondaires ; la composition des parties soulevées indique la marohe à suivra pour en découvrir les parties utiles.

Loire. — Voici comment Grüner' indique les limites et la configuration du bassin houiller do la Loire.

Le terrain houiller do la Loire repose directement sur les terrains cristallins piimaires, le gneiss, le micaschiste et le granit, et cela sans trace de terrains paléozo’iques entre deux; aussi la superposition est-elle partout complètement discordante. C’est ce que montre par exemple la coupe de la figure 71, qui est prise par le travers de Rive-de-Gier.

Le dépôt houiller de la Loire occupe une dépression à peu près triangulaire, limitée au S.-S.-E. par la chaîne du Pilât; au N.-N.-O. par la ehaîne parallèle de Riverie ; à l’ouest par les derniers contreforts de la chaîne du Forez,

.Vu pied du Pilât, le terrain primaire se compose surtout de micaschistes plus ou moins talqueux. La chaîne opposée est principalement formée de bancs de gneiss, et le bord ouest à pou près exclusivement de granit éruptif à miça brun, qui contient toujours des fragments empâtés de gneiss et de micaschiste.

Le bassin houiller s’étend depuis le Rhône à Givors, jusqu’à la Loire au delà de Firminy. 11 suit les deux vallées qui longent le pied de la chaîne du Pilât: d’une part, celle du Janon et du Gier, allant de Terrenoire (ligne do faîte entre les deux mers) au Rhône ; de l’autre, la vallée de l’Oudène qui va de la Croix de l’Orme à la Loire. La correspondance entre les deux vallées et le bord du bassin houiller n’est pourtant pas complète. Depuis Givors jusqu’à Rive-de-Gier, le dépôt houiller occupe le flanc gauche de la vallée et même plutôt le plateau que le thalweg proprement dit. A partir de Rjve-de-Gier, par contre, le bassin houiller coïncide Hen avec la

j. Éltide (les gŸe.^ iriiiie'r/iu.v de la France. Bassin lioniiler de la Loire. Paris, 1881

COMBI'STIDLES MINÉRAUX.

vallée actuelle, si ce n’est au sud; il s’arrête au pied même de la chaîne du Pilât, tandis qu’au nord il monte assez haut contre le flanc de la chaîne de Riverie. A Saint-Chamond il atteint même le sommet du premier chaînon, le mont Crépon (821 mètre.s).

Au delà de Saint-Chamond, le bassin houiller s’élargit notablement; il se sépare entre deux vallées parallèles, celle du Janon, prolongement direct de celle du Gier, au pied du Pilât, et celle du Langonan, qui monte le long de la chaîne de Rivei’ie, depuis Saint-Chamond, vers Sorbiers. Kntre les deux vallées s’élève d’ailleurs une assez

Midi Martoret Saint- Germain

haute ci’ête houillère (671 mètres), leCrêt du Rouzyou de Saint-Jean-de-Bonnefond.

la naissance de ces deux vallées on arrive aux cols de Terrenoire (557 mètres) et de Sorbiers (502 mètres), qui tous deux appartiennent à la ligne de partage des eaux de l’Océan et de la Méditerranée. Au delà vient le plateau de Saint-Étienne, le centre même du dépôt houiller. Jusque-là, les deux vallées houillères du Janon et du Langouan, avec te crêt du Rouvigny, situé entre deux, sont rigoureusement alignées comme les massifs anciens du Pilât et de Riverie, entre lesquels le dépôt houiller se trouve emprisonné. Au delà, on constate encore l’influenee prédominante de la chaîne du Pilât, dans la vallée de l’Oudène, allant de la Croix de l’Orme à Firminy; mais au nord, où le bassin s’élargit, règne la direction N. -N. -O,, S.-S.-E., sensiblement normale à la précédente. Elle se manifeste surtout par quatre vallées parallèles qui correspondent aux plus importantes failles transversales du bassin houiller. Ce sont, en allant de l’est à l’ouest, la partie inférieure de la vallée de l’Izirable, le long du pied oriental du coteau de Montheil ; celle du Fiirens, passant à Saint-Étienne, la plus large des quatre vallées; ensuite celle qui descend de Cluzel à Yillards et enfin, la vallée de la Roche-la-Molière, près de la lisière ouest du bassin.

La longueur du bassin est de 46 kilomètres, ou même de 50, si l'on y ajoute le lambeau de Ternay et Communay, sur la rive gauche du Rhône, qui senible bien être le prolongement oriental du bassin de la Loire. Il se pourrait même qu’il allât rejoindi-e, sous les dépôts secondaires et tertiaires du Dauphiné, le terrain anthracifère des Alpes.

La largeur du dépôt houiller est des plus variables; à Givors, où il surgit brusquement de dessous les alluvions du Pdiône, elle est de 1000 à 1500, mètyes. Plus

haut, en avançant vers Tartaras et Rive-cle-Gier, à Saint-Romain, par exemple, la zone houillère s’amincit parfois à moins de f 00 mètres, ou se trouve même complètement coupée en deux par les protubérances du terrain ancien, comme aux Perraux et à la Madeleine. A Tartaras, où la largeur est maximum entre Givors et Rive-de-Gier, elle atteint à peine 250 et oOO mètres.

A partir de Besançon le dé(J6t se renfle assez brusquement et conserve ensuite une largeur de 2000 à 2500 mètres sur une longueur de 6 kilomètres, c’est-à-dire jusqu’à la grande faille transversale du Darlay, près de la Gzand’Groix. Cette étendue do 6 kilomètres, sur 2000 à 2500 mètres de largeur, forme ce que l’on peut appeler le district ou territoire de Rive-de-Gier (fig. 72).

A partir de la vallée du Darloy, nouveau renflement qui se poursuit jusqu’auprès de Saint-Chamond; c’est le district de la Grand’Groix et du Plat-de-Gier.

Auprès de Saint-Chamond, la largeur atteint 6000 mètres. Au delà, où la vallée se divise en deux, comme nous venons de le dire, les deux lisières noi’d et sud' divergent plus encore. Enfin, à Saint-Étienne, la largeur atteint 8000 mètres. Au delà, à la Fouillouse, on arrive au maximum de 12 000 mètres, mesurés entre le sommet et la base du bassin triangulaire, au pied du Pilât.

Depuis ce point, la largeur décroît rapidement, .àu Charabon et à Firminy elle se ti’ouve déjà réduite à 5000 mètres ; et entre Fraisse et Caruillon le dépôt s’y divise en deux branches parallèles, séparées l’ime de l’autre par un promontoire du terrain ancien. La carte d’ensemble du bassin montre que la forme triangulaire, dont nous venons de parler, n’est régulière que le long de sa base ; les deux autres côtés sont plus ou moins dentelés, ou plutôt formés d’une série de lignes brisées. La différence entre les deux lisières provient surtout des failles du terrain houiller.

Sans doute à ces irrégularités d’extérieur sont liées les irrégularités des couches parfois sujettes à des renflements considérables. La figure 75 en montre un des exemples les plus nets.

Au pied du Pilât les assises houillères viennent buter contre une énorme faille de direction, qui a redressé les couches et souvent limité les failles transversales. .Lu nord et à l’ouest, où les bancs du terrain houiller reposent en pente faible sur les strates verticales, ou renversées, du gneiss, le relief, dû aux grandes failles transversales, s’est plus ou moins conservé malgré les dénudations postérieures dont on constate partout les traces évidentes.

Le triangle de 46 kilomètres de longueur sur 12 kilomètres de hauteur embrasse 27 600 hectares; mais, grâce aux dentelures de la lisière nord, la véritable superficie du dépôt houiller entre la Loire et le Rhône n’est que de 20 690 hectares.

Le bassin de la Loire constitue en réalité un bassin unique, malgré les locutions encore employées de bassin de Rive-de-Gier, bassin de Saint-Étienne, bassin de Firminy, etc.

Mais ce bassin unique comprend six étages. Plusieurs parties du bassin ne renferment qu’un certain nombre de ces étages, parfois une ou deux seulement.

La nature des charbons de la Loire varie d’un point à un autre du bassin sons l’influence de trois causes différentes ;

La situation spéciale du district, la profondeur relative des couches dans chaque district en particulier, et, dans une même couche, la distance plus nu moins grande en aval des affleurements,

25i ENCYaOI'ÉDIE CHIMKJUE.

Certains districts fournissent surtout des houilles à longue llamrae, tandis que d’autres sont caractérise's par les charbons de forge ou par les charbons gras à courte llamme, et cela, justpi’à un certain point, à tous les niveaux et dans toutes les couches d'un même district. Ainsi, prescpie toutes les couches, sauf les plus inférieures des districts de Firminy, de Montrambert et de la Béraudière, donnent des

Fig. 73. — Cou|)e transversale do la grande couche et des trois brûlantes à la Uicamarie (Loii'c).

D’après M. Durât.

charbons à gaz, ou du moins des houilles grasses à longue llamme, riches en bitume et pauvres en coke, comme le prouvent les 11“® 1 à et 15 à 25, des faisceaux moyen et inférieur de Saint-Ftienne, qui ne laissent :i la calcination que 0,59 à 0,64 de charbon fixe.

De même, au bois d’Aveize, toutes les couches du faisceau supérieur sont remarquables par leur éclat vif et la structure fibreuses de la houille. A ces caractères correspondent une forte proportion d’hydrogène et une faible dose d’oxygène de plus, la distillation produit un foisonnement extraordinaire d’essences légères fort abondantes. La proportion de coke varie dans ces houilles de 0,64 à 0,67.

Dans deux districts, assez éloignés l’un de l’autre, à l’extrémité orientale de liive-de-Gier, et dans la concession do Yillards au N.-O. de Saint-Étienne, ou rencontre des bouilles à longue flamme d’un caractère spécial ; elles sont dures, ternes, ricbcs on oxygène, non brillantes et tendres. Comme les houilles de Firminy et de la Béraudière, ou celles du bois d’Aveize, ce sont les charbons, dits Rafforts, à cause de leur dureté.

Les couches les plus importantes du district, proprement dit, de Saint-Étienne fournissent surtout des houilles grasses ordinaires, donnant à l’essai 0,67 à 0,74 de coke. Le sont les 3*’, 4'', 5'^, 6“ et 7'^ couches du faisceau moven, avec les veines voisines du faisceau supérieur et les couches les jilus élevées du faisceau inférieur, c’est-à-dire les 8'', 9% fO'’, If'- et 12“ couches.

Enfin, dans la partie centrale du district de Rive-de-Gier tous les charbons appartiennent également à cette même catégorie des houilles grasses ordinaires.

Le quatrième type, celui des charbons à coke, se rencontre surtout au nord-est de Saint-Étienne, dans les 15'', 14'' et 15“ couches des concessions de Méons, du Gros, de Kevens, de Chaney, de la Calaminière et du Montcel. A cette même catégorie appartiennent aussi les couches de la série 9 à 12 du faisceau inférieur de Rocbe-la-Molière, vers la lisière ouest du bassin de la Loire.

COMBUSTIBLES Ml^'ÉUAUX. iôS

Ix cinquième type, celui des houilles îwa/^res apparaît uniquement dans la partie la plus occidentale du district de la Grand’Croix et dans les couches les plus profondes du faisceau inférieur de Saint-Étienne, c’est-à-dire dans la concession du Plat-du-Gier et dans les concessions de la Gliazotte, de la Calaminière, de Méons et de Revens.

La nature des houilles dépend, en second lieu, de la profondeur relative des couches. Ainsi, à la Béraudière et à l'irmiiiy, où la plupart des veines donnent des charbons à gaz, on constate pourtant que les houilles des couclies inférieures renferment moins de matières volatiles que celles des veines les plus élevées. Dans le district de Firminy, par exemple, où la plupart des houilles ne donnent à la distillation que Ü,u9 à 0,64 de coke pur, on voit le charbon de la houille inférieure de Montessul en laisser passer jusqu’à 0,78; la ô*' couche des mines de Latour, la 15"^^ couche, au puits Chapelon, 0,706, et la grande couche de Latour, au puits Charles, 0,70.

Mais l’inOueuce du niveau l'elatif des couches se fait surtout sentir lorsqu’on compare entre elles les diverses houilles d’une même coupe verticale, se succédant du sud au nord dans les trois faisceaux supérieur, moyen et inférieur de Saint- Étienne.

Les couches les plus élevées du bois d’Aveize donnent 0,64 à 0,67 de coke pur. Les f0“ et df' couches du faisceau supérieur, au puits d’Aveize. Les 5“ et 4“ couches du faisceau moyen, à Gùte-Thiolière et au puits Kernel de Monthiers, 0,73 et 0,74. La 13“ couche du faisceau inférieur à Méons. Enfin, la 15“ couche, au puits Mars de Méons, 0,783; la même couche au puits Verpillers, à la profondeur de 377 mètres, 0,856 et la 16“ couche au puits Rosan, à Revens, à la profondeur de 345 mètres, 0,823. La loi de l’amaigrissement graduel des charbons, depuis le faisceau supérieur jusqu'au faisceau inférieur, est ici bien évidente. Cependant on constate aussi quelques exceptions, qui paraissent tenir surtout à la profondeur absolue des points où les charbons ont été pris. Ainsi, la 15“ couche laisse 0,75 et 0,70 de coke au puits du Gros, tandis que, la même couche en donne au puits Mars et au puits Verpillens jusqu’à 0,836; mais aussi au puits Gros, cette couche est à moins de 100 mètres, au puits Mars et au puits Verpillens à 377 mètres, ce qui prouve déjà qu’en général, dans une couche donnée, le charbon s’amaigrit à mesure qu’on avance des affleurements vers l’aval-pendagc.

Enfin, la composition des houilles varie aussi, le plus souvent, dans chaque mine et pour chaque couche en particulier, avec le niveau du chantier où l’échantillon a été recueilli. De 100 mètres en 100 mètres on constate un amaigrissement très sensible. Dans le bassin de la Loire, ce fait apparaît nettement lorsqu’on compare le cliarbon pris, à divers niveaux, dans les 8“ et 13“ couches de Saint-Étienne et dans la grande couche de Rive-de-Gier.

Près des affleurements et à moins de 100 mètres de profondeur, la 8“ couche laisse moins de 0,70 de charbon fini; ainsi à Villards, 0,65; dans la concession de Bérard, 0,67 à 0,68; à la mine du Bessard, concession de Méons, 0,685 à 0,70, et, d’après les essais de MM. Desliief et Ghanselle, au puits des Baraudes, concession de Montsalson, 0,075; au puits de Montaud, concession du quartier Gaillard, 0,686 et au puits de la Manufacturé, concession du Treuil, 0,697, tandis qu’aux profondeuis de 500 mèties, aux puits .labin et du Treuil, on trouve 0,738 et 0.737; au

puils Clialelus, concession de Montsalson, 0,77 à la pvolondeur de -i25 mètres, et même 0,776 à Villebœuf, à la profondeur de o2o mètres.

Les nombreux essais de MM. Desbief et Cbanaille confirment pleinement l’aceroissement régulier du carbone fixe, dans les mines du Treuil et de Terrenoireà mesure que l'on descend des niveaux supérieurs vers l’aval-pendage.

La proportion de carbone fixe croît également avec la profondeur à Rive-de- (îier; la loi se manifeste dans les petites couches comme dans la grande masse: seulement, il convient d’observer que pareille modification aussi assez souvent en poursuivant certaines couches de bouille au même niveau, dans le sens de la direction, ou, en d’autres termes, eu passant d’un district à un autre. C’est ainsi que dans le bassin d’Abun (Creuse) toutes les couches, sur moins de (i kilomètres en direction, donnent du charbon gras aux deux extrémités et du cliarbon maigre vers le milieu. De même dans la Loire, à la mine de la Roctie-la- ■Molière, les diverses couches du district s’amaigrissent notablement vers le nord et deviennent au même niveau, plus riches en matières volatiles vers le sud; et cette modification se manifeste surtout eu s’avançant plus encore vers le sud, dans les districts delà Malafolie et de Firminy.

Le terrain houiller de la vallée du Gier, qui s’avance jusqu’à Montrond, près Givors sur ce versant nord-ouest du Pilât, se retrouve de même dans le prolongement de l’axe du bassin stéphanois, sur la rive gauche du Rhône, au sud des villages de Treiioy et de Communay. Les couches de houille exploitées dans cette dernière localité doivent donc être considérées comme le prolongement d’une partie du moins des couches de l’autre rive du Rhône. Elles diffèrent, il est vrai, des houilles grasses de Rive-de-Gier par leur nature sèche et anthraciteuse; mais on connaît des exemples de changements de cai'aclères analogues dans le cond)ustible d’nne même couche, d’une partie à l’autre d’un même bassin, comme cela a été remarqué notamment pour la couche supérieure du Creuset (Saône-et-Loii'e).

Le bassin de la Loire, qui appartient tout entier au terrain houiller moyen, a été de la part de M. Grand’Eury l’objet d’une étude détaillée ; il se divise, au point de vue de la flore, en six étages correspondant à ceux que la stratigraphie avait permis de distinguer. Ce sont du haut en bas :

6“ L’étage stérile de Saint-Étienne, poudingue rougeâtre à galets de quartz, qu marque la transition du terrain houiller au permien, et que l’auteur appelle permocarbonilère; c’est à lui que se rapportent les schistes d’Âutun;

5“ L’étage des Calamodendrées ou système supérieur de Saint-Étienne, auquel se rapporte la partie supérieure du bassin de Decazeville;

•i“ L’étage des Fougères, ou système moyen de Saint-Étienne (bassin de Chantpagnac, dans le Cantal, Commeutry, Ahun);

5" L’étage de Corda'ites ou système inférieur de Saint-Etienne (Bessèges, Blanzy, la Grand’Combe, Langcac) ;

2" L étage dit des Cevennes, ou massif stérile compris entre Saint-Étienne et Rivcde-Gier, avec graines silicifiées (Ronchamp, Graissesac, anthracite de la Mure) ;

1“ L’étage de Rive-de-Gier, avec beaucoup de Sigillaria et de Stigmaria, comprenant aussi les anthracites du Briançonnais et des Alpes.

C/Y'M.sc. — Le bassin d’.Ahun (lig. 7u et 76), dans la Creuse, a une longueur

de 13 kilomètres, sur une largeur de 2 à 3; sa forme est elliptique, et l'on y a reconnu les affleurements concentriques de sept couches disposées en fond do bateau, dont la puissance varie de 0“,50 à 4 mètres.

Suivant sa direction, l’ensemble du bassin est coupé par une série de fliilles transversales qui ont divisé le faisceau des couches en huit fragments. Quelquesunes de ces failles n’ont qu’une faible amplitude, mais l’une d’elles a déterminé un rejet de 500 mètres, qui ramène à la surface les poudingues inférieurs, l’épaisseur des dépôts étant d’environ 600 mètres. Des affleurements de diorites mettent en évidence les roches soulevantes qui ont déterminé ces perturbations. L’exploitation obtient 500 000 tonnes par année.

Corrèze. — Le bassin de la Corrèze est fort étendu, très puissant, mais ne foui’nit qu’une production insignifiante.

Le petit lambeau de Lapleau, qui n’a que 900 mètres de côté sur 400 de longueur, est contenu entièrement dans une concession dont la surface est de 5500 hectares. Il repose immédiatement sur le granit porphyroïde Y (fig. 74) et il y est

Fig. 74. — Coupe S. O. — N. E. du terrain houiller de Lapleau. — Y, granit; il, terrain houiller. — D'après Élie de Beaumont.

même enclavé sous la forme d’un coin ; de sorte que celui-ci existe à la fois, audessus et au-dessous du terrain houiller. Cette disposition singulière est le résultat d’un pliement du terrain et d’une compression très énergique. Aussi les couches du terrain sont-elles très tourmentées. Les plus inférieures sont composées d’un poudingue à galets de granit rose porphyroïde, dont les angles sont simplement arrondis, mais qui n’ont pas la forme ellipsoïdal des cailloux longtemps roulés par les eaux. La forme de ces galets et la nature du granit qui les compose montrent que le terrain houiller de Lapeau a été presque fait sur place.

Le terrain houiller affleure au contact des terrains granitiques et schisteux du plateau central et des grès bigarrés, formant deux zones distinctes à Cublac et à Savignac, séparées par une zone de trias (fig. 75).

La direction du Bocage vendéen se continue d’une manière évidente sur la lisière occidentale du plateau central, et sur celte lisière se trouve encore un bassin de grès bigarré, dont la petite ville de Brives occupe à peu près le centre, et .autour duquel on reconnaît un grand nombre d’affleurements houillers. Juillac, Donzcnac, Alassac, Ceyral, Brives et Lanteuil sont des points qui paraissent marquer les limites d’un même bassin houiller, en grande partie recouvert par les grès bigarrés. Ce

bassin de la Corrèze, qui appartient au groupe du centre, semble venir, par sa position géographique, à l’appui de l’hypothèse d’une certaine continuité souterraine du terrain houîller qui se prolongerait sur les pentes occidentales du plateau central des bassins du centre.

Les couches puissantes des bassins du centre ne présentent pas toujours la continuité désirable. Lors même qu'elles sont continues, il peut arriver qu’elles appartiennent à un étage supérieur et que leur plan n’occupe dans le bassin houiller qu’un espace restreint.

260 EîîCYCLOrÉDIE CHIMIQUE.

Les grandes couches sont sujettes à des étranglements et à des renflements qui semblent résulter, dans beaucoup de cas, de ce que la houille encore, molle et malléable, soumise, par les soulèvements latéraux du sol à des compressions iné¬

gales, avait été ainsi réduite ou supprimée sur certains points, tandis que sur d’autres elle avait pu être refoulée et accumulée en amas d’une grande épaisseur.

Gard. — Le bassin de Yigan est un petit bassin enclavé dans les terrains granitiques et schisteux, sur le périmètre du plateau central.

Il se compose de quelques affleurements dont plusieurs sont des lambeaux isolsé, superposés au schistes talqueux et aux calcaires métamorphiques, mais à Soulanan le terrain bouillcr plonge à 45 degrés sous les terrains jurassiques de la montagne

COMBUSTiniES MISÉBAÜX. 201

de la Page, et on y a suivi, sur environ 60 mètres d’inclinaison, une couche de houille de 1 mètre de puissance et de bonne qualité. A Cavaillac, les surfaces liouillères prennent plus d’importance et forment un croissant à l’intérieur duquel se superposent d’abord les dépôts du trias, puis les protubérances basiques et jurassiques de Molières et d’Esparon (fig. 78).

La surface du terrain houiller dans le département du Gard peut être évaluée à 86 kilomètres carrés environ, en y comprenant la partie septentrionale du terrain houiller d’Alais qui s’étend dans le département de l’Ardèche.

On peut le distinguer en. terrain houiller d’Alais et terrain houiller du Yigan. Ces deux centres n’ont aucune liaison extérieure, et vers leurs affleurements ils sont séparés par des terrains plus anciens ou plus récents, sur une distance d’environ 55 kilomètres.

Les divers bassins qui les composent sont adossés sur le versant sud-est de la chaîne desCévennes, et reposent tous, sans exception, sur les calcaires ou sur les schistes siluriens.

L’absence complète de fragments granitiques dans le conglomérat qui forme la base de la formation houillère dont les bassins sont placés, pour ainsi dire, au pied même des grands massifs granitiques de l’Aigual et de la Lozère, indiquerait que l’éruption des granits des Cévennes est postérieure au dépôt houiller.

Les roches qui constituent le terrain houiller du département du Gard sont, comme partout, les grès, l’argile schisteuse et la houille, et sur quelques points la sidérose, ou fer carbonaté lithoïde; l’élément calcaire y manque complètement, comme, au reste, dans la plupart des dépôts houillers du plateau central de la France.

Entre la ville d’Alais et celle des Yons (Ardèche) l’existence du terrain houiller est constatée sur une longueur d’environ 28 à 50 kilomètres et sur une largeur moyenne de 15 kilomètres environ, cette largeur étant prise entre la commune de Sainte-Gécile-d’Andorge et la ville de Saint-Ambroix.

La grande surface de ce terrain peut être comprise dans un hexagone à côtés très irréguliers, formé par une suite de lignes droites tracées successivement d’Alais à Saint-Ambroix, aux Vous, à Chomborigand, à Saint-Paul Laroche, à Saint-Jean du Pin et de là à Alais, point de départ. Cette surface ainsi limitée est d’environ 540 kilomètres carrés.

Mais dans cette vaste surface, il s’en faut de beaucoup que le terrain houiller soit partout à découvert. Il ne se montre que sur quelques points formant autant d’îles, îlots ou boutons plus ou moins étendus. Une partie de cette surface est occupée par des schistes siluriens, une autre est recouverte par le trias, le lias, l’oolithe inférieure et l’oxfordien, enfin le néocomien et même le tertiaire en recouvrent également une grande partie.

En jetant les yeux sur la carte géologique de l’arrondissement d’Alais (fig. 79) ou sur les coupes générales qui l’accompagnent (fig. 80) , on voit que le terrain houiller consiste surtout en un grand affleurement principal allongé du nord au sud.

Cette grande surface se trouve parfaitement limitée vers le nord-ouest et le sud-est, par les schistes anciens sur lesquels viennent s’appliquer les couches houillères, tandis que ces mêmes couches disparaissent vers le nord-est et le sud-est sous un manteau de terrains triasique et jurassique qui laisse percer çà et là, dans ses déchirures, des îlots houillers plus ou moins importants.

COMBUSTIDIES MINÉRAUX.

Enfin, en dehors de lu limite occidentale de cette grande île houillère, on rencontre encore de petits boutons houillers isolés sur le terrain ancien.

II résulte de cette disposition que les divers affleurements houillers des environs d’Alais peuvent se diviser, au point de vue de leur gisement, en trois catégories distinctes.

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Le Serre

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Fij. 80. — Coupe géologique du bassin bouiller d’Alais. — D’après Émilien Dumas. (Les couches laissées en blanc appartiennent au terrain houiller.)

La première comprend les affleurements qui reposent d’un côté sur le terrain schisteux ancien, et qui, de l’autre, sont recouverts par le trias et le terrain jurassique.

La seconde catégorie se compose des îlots qui sortent au jour au milieu des terrains triasique et jurassique et quelquefois même au contact du néocomien et du tertiaire.

Enfin, la troisième catégorie comprend les lambeaux de terrain houiller isolés qui reposent sur le schiste talqueux qui les entoure de toute part.

Ces trois catégories comprennent 1 7 points houillers plus ou moins étendus ; leur surface totale, assez exactement calculée, est de 8525 hectares 87 centiares.

Les îlots latéraux qui se montrent à l’est et au sud du grand massif principal désigné plus spécialement sous le nom de bassin d' Alais sont des données positives sur l'extension souterraine de la formation houillère.

Celui de Saint-Jean-de-ValeriscIe, dans la vallée de l’Auzon, est surtout très intéressant sous ce rapport, parce qu’il indique le point le plus avancé vers l’est du terrain houiller.

Quant aux petits lambeaux ou boutons isolés sur les schistes anciens en dehors et à l’est de la limite houillère, ils sont insignifiants au point de vue économique; mais, se trouvant à des altitudes souvent très considérables (300 et 500 mètres), ils sont des témoins irrécusables de l’extension primitive du terrain houiller sur les schistes anciens et des dénudations profondes qui ont eu lieu à sa surface.

Le principal affleurement, celui qui est désigné vulgairement sous le nom de bassin houiller d' Alais proprement dit, constitue la presque totalité du bassin houiller; il présente une surface de 77 kil. 46, en y comprenant son extrémité septentrionale qui s’enfonce dans le département de l’Ardèche, tandis que, tous réunis, les 16 autres îlots ne représentent qu’une surface de 7 kil. 778 mètres.

Il est coupé en deux parties distinctes par une bande de schiste talqueux qui se détache du côté de Peyremale du massif ancien des Gévennes, et qui s’avance dans

la direction N.-N.-O. au S.-S.-E., sous formé de presqu’île ou de promontoire élevé. Cette bande de schiste talqueux est très remarquable; elle a dO kilomètres do longueur sur 2 de largeur moyenne et forme une saillie très élevée qui domine de tout côté la formation houillère. Le point le plus avancé au sud est désigné sous le nom de Rouverque; il s’élève à 500 mètres environ au-dessus du sol houiller qui l’environne et à 704 mètres au-dessus du niveau de la mer.

On peut désigner la partie du sud sous le nom de région méridionale ou du Gardon, et celle du nord sous celui de région septentrionale ou de la Cèze.

La région sud a 9 kilomètres environ de longueur sur 4 d/2 de largeur moyenne. Sa forme ovale rappelle assez bien celle d’un golfe s’enfonçant dans le terrain schisteux entouré de toute part, excepté vers le sud, par le terrain ancien dans lequel se seraient opérés les terrains houillers.

La région nous présente une forme beaucoup plus irrégulière : d’abord très étroite à l’extrémité de la chaîne du Rouergue, elle va en s’élargissant peu à peu et atteint 5 kilomètres de largeur. Sa longueur totale, à la hauteur de Bardezac est de d7 kil. 500. Elle comprend les exploitations de Trélys, de Bessèges, de Lalle, des Salles-de-Gagnières, dans le Gard, et celles de Pigère et du Mazel dans l’Ardèche.

Le terrain houiller d’Alais a une puissance très considérable, qui peut être évaluée de 1000 à 1200 mètres.

Son ensemble se divise en trois systèmes ou groupes (fig. 81), distincts par la nature des roches qui le constituent, par le nombre, la puissance et la qualité des couches de combustible, comme aussi par les diverses espèces de végétaux fossiles qu’on y rencontre.

Ces trois systèmes ou groupes se subdivisent eux-mêmes chacun en deux zones ou étages, remarquables en ce que l’un des deux est charbonneux et l’autre stérile. De sorte que la totalité du terrain houiller se trouve composée d’une succession d’étages stériles et d’étages charbonneux alternant de manière à ce que la série commence dans le bas étage par un étage stérile et se termine dans le haut par un étage charbonneux.

Il y a dans les trois systèmes 30 couches exploitables donnant une épaisseur de combustible de 46 mètres.

L’étage le plus inférieur qui constitue la base du terrain houiller est composé d’un poudingue ou conglomérat confusément stratifié, formé de fragments anguleux de schiste talqueux et de cailloux de quartz blanc liés par un ciment argileux d’un jaune rougeâtre. Dans les assises inférieures, ces fragments, et surtout ceux de schiste, sont souvent beaucoup plus gros que la tête ; mais on observe que leur dimension va généralement en diminuant à mesure qu’on s’élève vers les assises supérieures; ils n’ont jamais leurs angles très arrondis, ce qui dénote une origine peu éloignée : ils proviennent évidemment du terrain de transition qui les supporte, et l’on peut dire que l’étage inférieur du terrain houiller est en quelque sorte composé des débris du vase qui le contient.

En se rapprochant de la limite inférieure, les fragments de ce schiste deviennent si argileux et si serrés qu’ils finissent par passer à un conglomérat si peu remanié par les eaux qu’on a souvent peine à trouver la limite précise qui sépare le système inférieur houiller le terrain de transition sur lequel il repose.

La puissance de cet étage stérile, dans le bassin de la Cèze, peut sans exagération

être évaluée à 300 mètres ; dans le bassin du Gardon, au nord de Portes et à la Levade, cette épaisseur peut être fixée à 240 mètres environ.

L’étage supérieur du système inférieur est essentiellement charbonneux. Il renferme 6 couches de houille donnant une épaisseur moyenne de 15 mètres. C’est dans le bassin méridional que sont situées les couches exploitées à la Levade et sur la rive droite du Yallat de la Grand’Combe, dans la montagne de la forêt d’Abylon.

Au milieu des grandes variations, des çouehes de houille, de grès et de schistes

Fig. 81. — Coupe théorique du Bassin houiller du Gard. — D'.-.prcs M. Par

qui les séparent, on trouve des traits de ressemblance dans la qualité des charbons et même dans le détail de la structure des roches.

La zone charbonneuse, qui concerne le système inférieur, peut être suivie dans le bassin du Gardon, du côté de l’ouest, à partir de la Levade en remontant le Vallat des Luminières. L’affleurement de la couche de la Levade est reconnaissable sur plus de 1200 mètres de longueur par des traces d’anciennes attaques faites sur les affleurements. Ces indices d’affleurements se trouvent sur le chemin qui va des Luminières à Portes; on les retrouve beaucoup plus loin sur la route nationale de Nîmes à Moulins, et enfin dans le Vallat de l’Oguègne qui descend de Portes au Martinet-Neuf.

En revenant du nord au sud, au côté de la limite est du bassin, on en retrouve encore des affleurements à Carnas, dans la concession de Cessores et Trébian, et plus loin dans la concession de Comberedonde, à la mine Sainte-Barbe, ou on exploitait quatre petites couches de 0'",60, 1“,00, 1“,50 et O^jSO que l’on considère comme la parfie supérieure du faisceau charbonneux que nous décrivons.

Plus loin, les affleurements de la zone charbonneuse du système inférieur se montrent encore aux Planes, sur plusieurs autres points entre les Planes et le Pradel, et au Pradel même.

Dans le bassin de la Cèze, c’est à ce même étage charbonneux que se rapportent très probablement les six couches inférieures des mines de Bessèges et de balle jusqu’à la couche Saint-Émile (Saint-Christophe) inclusivement.

Ces couches ont une puissance de 9 mètres. Les roches intercalaires représentent 195 mètres. Total 202 mètres.

Placés immédiatement sur le conglomérat houiller, ces 6 couches sont recouvertes par un étage stérile de 118 mètres d’épaisseur au-dessus duquel se trouve une puissante couche de houille (la couche Sainte-lllide), qui doit correspondre à celle de Champclauson.

La même zone charbonneuse se trouve égaleiflent dans les exploitations du vallon de Combelongue et de Pigère, mais à celte extrémité du bassin, au lieu de 6 couches comme à Bessèges, on n’en compte que cinq. Cette suppression d’une couche qui rappelle un fait constaté à Brousson, dans le bassin méridional, n’infirme pas l’assimilation, dont le principal argument est dans l’existence, à la base de ces couches, de l’étage du conglomérat qui, à l’ouest de Garderigal, repose sur les terrains de transition.

L’étage charbonneux du système inférieur, contenant six couches de combustible dont l’épaisseur moyenne réunie est de 7“,60, est très riche en empreintes végétales. On y rencontre surtout en abondance les grandes tiges qui annoncent une végétation arborescente très puissante.

Au-dessus de la zone charbonneuse du système inférieur repose en stratification parfaitement concordante une zone stérile composée, dans sa presque totalité, de grès à grains fins et moyens, d’un blanc jaunâtre, très solides et donnant sur quelques points des pierres de taille assez estimées, et au milieu desquels on observe quelques rares bancs de schiste argileux.

Dans le bassin méridional, cet étage stérile se subdivise nettement en trois sousétages, terminés chacun, dans le haut, par une puissante assise de grès à gros grains quartzeux. Ces grès résistent à la décomposition et forment à fa surface du terrain autant de corniches ou crêtes saillantes qui accusent, au premier coup d’reil, l’allure générale de la stratification.

La puissance de cet étage stérile, inférieure sur certains points à 200 mètres, paraît atteindre son plus grand développement à la montagne de Champclauson, dans le \allat de la Tronche, où on peut l’évaluer à 260 mètres.

Cet étage n’est pas complètement dépourvu de couches de eombustible : à la montagne de Champclauson on connaît cinq petits filets de charbon schisteux inexploitables. On classe aussi dans l’étage stérile la petite couche de charbon très pur, de 1“,10 d’épaisseur, qui se trouve au-dessous de la gi-ande couche de Champclauson, et qui en est séparée par une épaisseur de 25 mètres de grès. Cette couche,

qui porte le nom de Minette inferieure de Champclauson, a été reconnue sur plusieurs points du bassin méridional.

C’est également au même étage stérile que se rapportent les quatre petites couches inférieures demi-collantes exploitées en descenderie aux mines de Sainte- Barbe et du Devoir par la Compagnie de Comberedonde.

Émilien Dumas, qui avait fait ce rapprochement, se basait :

1» Sur l’absence de tout conglomérat houiller au contact des schistes anciens de la presqu’île du Rouergue;

2° Sur le peu de distance horizontale existant entre l’affleurement de ces quatre couches et- le terrain ancien, circonstance qui prouve évidemment que les assises inléricurcs du terrain houiller doivent venir buter, sans affleurer, contre le massif du Rouergue.

ao Enfin sur le nombre des couches et sur leur peu d’épaisseur, puisqu’en effet la plus inférieure n’a que 0“,80, la seconde 1™,50, la troisième 0“,60 et la quatrième d“,2Ü. Il ne paraissait pas très naturel d’assimiler les quatre assises charbonneuses à une zone aussi bien réglée que la zone inférieure qui conserve toujours les mêmes caractères à une distance bien plus considérable de la Levade et de la forêt d’Abylon, que ne l’est Comberedonde de ces mêmes exploitations; mais les éludes faites par M. de Rcydellct à propos d’un rapport dressé pour la Compagnie de Comberedonde en 1854, ont démontré que la puissance de l’étage stérile approchait de 200 mètres, et que les couches dites de Sainte-Barbe n’arriveraient peutêtre au jour que sous l’action d’une faille.

A Bessèges, l’étage stérile du système moyen est moins développé et sa plus grande puissance n’est que d’environ 118 mètres, entre la couche Saint-Emile (autrefois Saint- Christophe) du système inférieur et de la couche Mathca du système moyen. Enfin, dans les concessions de l’Ardèche il n’apparaît pas au jour.

C’est à la partie supérieure de l’étage stérile du système moyen que se trouve le gîte important de fer carbonaté de Palmesalade associé à une couche irrégulière de houille dont la situation stratigraphique n’est pas nettement définie.

La zone charbonneuse du système moyen est très riche. On y compte dans le bassin méridional 14 couches de houille, dont les puissances réunies donnent moyennement une épaisseur de 21™, 95 de combustible. Elle commence dans le bas par une couche de houille très remarquable par sa puissance et par la régularité de sa composition. Cette couche est connue sous la dénomination de Grande- Couche de Champclauson, psivee qu’elle forme, sur la montagne de ce nom, le centre d’une e.xploitation importante.

Dans le bassin méridional la couche de Champclauson se montre partout formée exactement des mêmes successions de houille et de schiste, avec quelques légères variations d’épaisseur seulement. Comme l’affleurement de cette couche a été suivi sur une grande étendue, elle forme un excellent horizon pour l’étude géologique du terrain houiller.

Au-dessus de cette couche plusieurs autres de bien moindre puissance paraissent sur la montagne do Champclauson. Mais, pour observer le faisceau complet, le point le plus favorable est dans la montagne de Comberedonde qui fait face à celle de Champclauson, dont elle est séparée par le ravin profond qui descend de Portes.

La même zone charbonneuse se retrouve dans la montagne Sainte-Barbe à la

268 ENCYCLOPÉDIe'cIIIMIQUE.

Grand’Combe, mais, comme puissance et qualité des couches, ce gisement, en grande partie épuisé, était bien supérieur à celui de Comberedonde.

Le système moyen est le plus ricbe en empreintes végétales. Les espèces varient beaucoup d'une couche à l’autre.

Au-dessus du faisceau charbonneux du système moyen, on observe des scliisles d'un gris verdâtre pâle, micacés, se débitant facilement en feuillets excessivement minces. Ils ne contiennent aucune couche de combustible et sont aussi très pauvres en empreintes végétales. Les grès sont rares dans cet étage; ceux qui composent les quelques bancs subordonnés qu’on y rencontre sont fins, micacés, peu consistants et se décomposent à l’air en masses sphéroïdales, ainsi qu’on l’observe en montant des Sables-de-Gaynières à Pierremorte.

Cet étage schisteux stérile, où l’on ne rencontre aucune trace de combustible, est peu développé dans la région méridionale, c’est-à-dire dans les exploitations de la Grand’Combe et de Portes : on ne l’observe qu’à la partie supérieure de la montagne de la Serre, dans la concessien de Comberedonde, où, malgré les dénudations, il conserve encore une puissance de IM mètres; mais il est très développé dans la région septentrionale, où sa puissance est d’environ 200 mètres.

On commence à voir des lambeaux de cet étage au nord de Bessèges, vers le quartier de Malgra ; on le retrouve ensuite vers la lisière est de la même région, entre les Sables-de-Gaynières et le Mazel, où il disparaît sous le terrain triasique.

Cet étage stérile est surmonté comme les précédents, par un étage charbonneux. Mais les couches houillères manquent dans le bassin méridional et ne se montrent qu’à l’extrémité septentrionale du bassin, dans la concession de Baune (Ardèche), où elles sont exploitées au Mazel et dans le Vallat de Lacombe.

On doit aussi rapporter à cet étage les couches anciennement exploitées au contact du trias, au-dessus de Boniol, sur la rive droite de Gaynières, en face du village des Sables.

Les cinq couches de houille, dont l'étage charbonneux du système supérieur se compose, et dont la supérieure et l’inférieure sont inexploitables, ne donnent dans cet étage qu’une épaisseur de 4™, 25 de combustible. '

Cet étage charbonneux n’est point continu, comme les couches des systèmes précédents. Au Mazel les couches se relèvent de tous côtés et forment un petit fond de bateau isolé, de très peu d’étendue. Il y a eu, en ce point, une brisure qui s’est opérée dans les couches houillères qui doivent être recouvertes à l’est par le trias et le jurassique, du côté de Bonnes et des Avelas.

Le système supérieur renferme des espèces variées, mais se rapportant en grande partie à des plantes herbacées ou à des arbres voisins de nos conifères.

On observe, dans le terrain houiller d’AIais, des failles et des plissements nombreux qui viennent souvent interrompre l’apparente régularité qu’on avait cru pendant longtemps y observer.

Ainsi il existe, dans le Vallat de la Grand’Combe une immense dénivellation qui a maintenu vers l’est, à un niveau très inférieur, la couche Sans-Nom qui n est autre chose que la continuation de la couche Champclauson relevée.

La direction de cette faille est sensiblement N.-121° E. Sur le revers nord du col Malpertuis on en retrouve les couches affectées de la même manière.

y aurait ici plissement en forme de selle, aujourd’hui démantelé; il y a eu

COMBUSTIBLES MIMÉRANX. 209

encore rupture et dénivellation. C’est précisément dans le pli inférieur de la selle en forme de F couché qu’a été ouverte, par l’effet du hasard, la galerie Ricard, dont les travaux pénètrent à volonté dans la branche verticale de la Grand’Baume, c’est-à-dire dans celle qui affleure au jour sur la rive droite du vallat et qui se poursuit jusqu’au haut du col, ou dans la branche inférieure ou normale de la même couche qui se poursuit souterrainement vers l’ouest jusqu’à son affleurement dans le vallat des Luminières.

Le terrain houiller d’Alais, antérieurement au dépôt du trias, a éprouvé des dislocations par le fait de soulèvements qui sont venus émerger une grande partie de sa surface, refouler et replier les couches houillères de manière à les relever en selles ou à les abaisser en fonds de bateaux.

Ces dislocations ont aussi produit les nombreuses failles qu’on y i-emarque.

En outre, ce terrain, dans la période qui s’est écoulée entre son soulèvement et le dépôt du trias, a éprouvé à sa surface des dénudations profondes dont on voit des traces irrécusables en un grand nombre de points.

Les petits îlots d’Olympie, de Vérus, de Tarabisas, qu’on observe sur la lisière Ouest du bassin, ne sont que des lambeaux délaissés du conglomérat inférieur stérile qui les reliait, dans l’origine, à l’ensemble du terrain.

Il est vrai que, pour ces bassins, la dénudation a pu s’opérer pendant ou postérieurement à la période triasique. Mais il n’eu est pas de même sur d’autres points où l’on voit le trias recouvrir indistinctement les systèmes inférieur, moyen ou supérieur du terrain houiller presque toujours en stratification descendante.

C’est ainsi qu’on voit dans la concession de la Grand’Combe les grès formant la base du trias reposer à stratification discordante et sur les assises de l’étage stérile du système inférieur (coupe du Fraissenet, dans le Gardon et au-dessus de laLevade et sur celles de l’étage charbonneux du système supérieur (coupe passant par le château de Trouillas et les travaux de la mine sans nom).

Sur la rive droite du Gendon, à côté de la ville d’Alais et à l’extrémité du faubourg de Rochebelle, le terrain houiller affleure au jour et forme un îlot dont le relief allongé du nord au sud, ou d’une manière peut-être plus exacte du nord-25'’ est, à 3 kilomètres de longueur sur 650 mètres de largeur moyenne.

Il existe dans trois points, Rochebelle, Cendras et Saint-Martin, un ensemble particulier de couches de houille dont il est assez difficile, au premier abord, d’expliquer la véritable relation.

Les couches de ces trois centres charbonneux ne font pas suite les unes aux autres; elles constituent trois faisceaux charbonneux indépendants.

La disposition particulière des couches de Saint-Martin, leur plongement vers le sud, prouvent qu’elles sont inférieures à tout le système et qu’elles viennent s’enfoncer dans les couches de la montagne de Cendras ; le faisceau de Cendras plongerait lui-même sous celui de Rochebelle, qui se trouverait par conséquent occuper la partie supérieure de tout ce système houiller. Cette superposition est d’ailleurs parfaitement démontrée par les travaux d’exploitation passant par le puits montant et par le hameau de la Loubière.

La présence, dans la plus basse couche de Cendras, du Sphenophyllum quadrifidum, espèce exclusivement propre jusqu’ici au système moyen du bassin d’Alais, fait présumer que l’ensemble de l’îlot doit être rapporté à ce système, c’est-à-dire

aux couches exploitées dans le vallon de la Grand’Combe, à la montagne Sainte- Barbe, à Champclauson.

La compagnie propriétaire de la concession houillère d’Alais et de Rochebelle a fait exécuter un sondage dans la vallée du Gardon à côté du chemin de fer de la Grand’Combe, près du village de Malbos.

Ce sondage, commencé dans le trias, a atteint le terrain houiller à une profondeur de 22o“,98.

Il a été poussé dans ce terrain jusqu’à une profondeur de 372"', 18 et a traversé 146“,80 de terrain houiller, où il a rencontré six couches de combustible donnant une épaisseur totale de 16“,95 de combustible.

Le terrain houiller plonge dans le sens du cours du Gardon, c’est-à-dire vers le sud-est, et son inclinaison est de 25’, autant qu’on a pu en juger par les carottes retirées du sondage.

L’épaisseur du trias traversée serait donc de 225”, 98, mais il s’en faut de beaucoup que les affleurements de ce terrain donnent nulle part une aussi forte épaisseur. Ce résultat tient à la forte inclinaison des couches traversées.

Au-dessous de Saint-Jean de Yaleriscle, dans la vallée de l’Auzonet, entre Alais et Saint-Ambroise, à gauche et à un kilomètre et demi de la route nationale n“ 104, le terrain houiller affleure au jour sur une longueur de 2400 mètres et sur 1200 mètres de largeur moyenne.

Il est entouré de toute part par le trias qui le recouvre en stratification discordante et qui s’enfonce à son tour sous les calcaires du lias qui forment des sommités assez élevées sur les deux côtés de la vallée, entre autres le mont Dourquier au nord et le Farau du côté du sud.

Les couches houillères offrent une parfaite régularité et leur inclinaison, vers l’est, est de 7 à 12 degrés selon le point où elle est observée.

Dans la partie supérieure de ce bassin houiller, 14 couches de combustible ont été reconnues soit par les affleurements, soit par le creusement d’un puits dans la vallée, dont la profondeur approchait de 100 mètres.

Mais la couche supérieure vient promptement buter contre les assises du trias, ce qu’on a reconnu par des travaux souterrains. Ces couches donnent une puissance totale de 15 à 14 mètres de houille.

Rien n’indique que l’érosion n’a pas enlevé d’autres couches ; dans tous les cas, Émilien Dumas rapporte le faisceau connu à l’étage charbonneux du système moyen : il repose ici sur un étage stérile de 550 mètres d’épaisseur dans lequel on ne connaît, par les affleurements, que trois petites couches de combustible. Une seule, la plus basse, paraît avoir quelque importance (0”,50) ; les deux autres ne sont que des filets charbonneux de 0”,20 d’épaisseur.

Le terrain houiller de l’arrondissement du Vigan ne se présente que sur des points très circonscrits, mais formant deux groupes séparés dont le premier est situé près du chef-lieu de cet arrondissement et le second dans la commune de Sumène.

Ces deux portions de terrain houiller font l’objet de deux concessions appartenant à la même compagnie qui n’exploite que la concession do Cavaillac.

Auprès du Vigan, le point le plus important où existe le terrain houiller se trouve situé à une demi-lieue à l’ouest de cette ville, dans la commune de Molières,

OÙ il constitue le sol de la petite plaine de Cavaillae place'e au confluent des torrents d'Aulas et d’Esparon avec la rivière d’Arre.

Le terrain houiller de Cavaillae ne se montre que dans le lit des cours d’eau qui l’entourent, partout ailleurs il est recouvert par la terre végétale ou par un terrain de transport composé de gros blocs granitiques, des cendres des montagnes de l’Esparon par le vallon d’Aulas. Ce terrain détritique offre en certains points une épaisseur de 3 mètres. La superficie connue de ce bassin houiller peut être évaluée à peu près à 1000 mètres carrés.

Il e.\iste dans le bassin de Cavaillae trois couches de combustible qui ont fait, pendant quelques années, l’objet d’une exploitation importante, ont été abandonnées, puis livrées de nouveau à l’exploitation.

Elles plongent, comme tout l’ensemble du terrain houiller, du nord-nord-est ausudsud-ouest, sous une inclinaison moyenne et générale d’un décimètre par mètre. Elles ne sont pas très régulières et sont sujettes à des accidents et à de nombreux ressauts.

La première couche, ou la supérieure, a une épaisseur moyenne de 2 mètres, mais en allant du côté du sud, c’est-à-dire vers la Tessonne, elle se renfle graduellement et atteint jusqu’à 5 et même 6 mètres de puissance.

Cette couche fournit un charbon d’une qualité supérieure à celui des deux autres, et qui est assez bon pour la forge.

Cette houille contient quelquefois des rognons de gypse blanc, fibreux, mais en moins grande quantité que la couche suivante.

La seconde couche, d’une puissance moyenne de 1 mètre, est parallèle à la première et en partage tous les accidents.

Des doutes subsistent sur l’existence de la troisième couche qui pourrait n’être qu’une des deux couches amenée par un rejet. Elle a une puissance de l'",80.

Les trois couches de combustible de Cavaillae sont séparées par des grès et des schistes d’une nature et d’une épaisseur variables.

Le bassin de Cavaillae étant placé sur les bords de la rivière d’Arre et au confluent des deux rivières d’Aulas et d’Esparon, avec des couches très rapprochées de la surface, dans une plaine d’alluvion, ayant au-dessus d’elle des assises d’un grès caverneux et perméable, il n’est pas étonnant que les eaux soient venues incommoder les travaux.

Les schistes houillers du Vigan offrent beaucoup moins d’empreintes végétales que ceux du bassin d’Alais.

11 n’existe aucune liaison entre le terrain houiller de Sumène et celui de Cavaillac. Ces deux bassins sont séparés par les schistes talqueux.

Le dépôt houiller de Sumène est bien moins considérable que celui de Cavaillae : il consiste en deux petits lambeaux de grès houillers, situés à l’extrémité orientale du territoire de cette commune et à une demi-lieue environ de la ville.

Le plus important est situé sur la montagne où est bâti le hameau de Sannalou, annexe de la commune de Sumène. Cette montagne, élevée de 260 mètres au-dessus du vallon de Sumène, sert de contrefort à celle de la Faye dont la hauteur est de 947 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La montagne de Sonnalou, prise dans son ensemble, se trouve entre deux vallons : celui du Récardier, au nord, et celui du Picard, au sud, qui descend du col de Cézas, dit col du Lac.

Le revers septentrional est formé par les schistes micacés au milieu desquels existe une masse assez puissante de calcaire métamorphique subordonnée dont les couches, comme celles des micaschistes, plongent de 60 à 70" vers le sud. Le hameau de Sonnalou-Bas est bâti sur le calcaire. Le terrain houillcr repose sur cette formation en couches presque concordantes (45") ; il constitue le revers méridional et s’étend depuis l’endroit dit Sonnalou-Haut jusques un peu au-dessous de la maison dite du Picard, pas tout à fait au fond du vallon de ce nom.

Là, on voit les couches houillères s’enfoncer sous le calcaire à gryphées qui les recouvre en couches discordantes ; celles-ci n’inclinent que de 25 degi-és au sud.

Le terrain houiller de Sonnalou ne paraît présenter qu’une seule couche de combustible. Cette couche est très irrégulière et offre beaucoup de variations dans son épaisseur. Elle est divisée en deux par une assise de 0“,30 d’épaisseur de marne bitumineuse renfermant des rognons aplatis de fer carhonaté lithoïde; ces rognons contiennent quelquefois du fer sulfuré. Le banc de houille supérieure a une épaisseur ordinaire de 1 mètre, et l’inférieure, très variable, présente une épaisseur moyenne de 0“,60 au plus.

Le grès houiller qu’on observe au-dessus de cette couche est en général compact et à petits grains, tandis que celui qui se trouve au-dessous présente des éléments beaucoup plus grossiers : il est formé de cailloux de quartz blanc, dont les plus gros ne dépassent pas cependant la grosseur d’un œuf. Quelques-unes de ces couches renferment aussi, avec plus ou moins d’abondance, des fragments de schiste talqueux.

D’après la prédominance ou la présence unique des diverses familles végétales dans les trois systèmes houillers du département dn Gard, on pourrait désigner ces systèmes sous les noms suivants, au point de vue paléophytographique.

L’inférieur, sous celui de système des Calamites.

Le moyen, sous celui de système des Aster ophyllites.

Le supérieur, sous celui de système des Lepidodendrons.

C’est dans la région qui nous occupe qu’on a observé une très remarquable explosion d’acide carbonique dont on doit la description à Delesse

Si des dégagements d’acide carbonique ont souvent été signalés dans les mines, des explosions de ce gaz doivent être considérées comme tout à fait anormales et exceptionnelles; elles peuvent cependant se produire, comme l’a montré un terrible accident arrivé à la mine de houille de Rochebelle (Gard).

Le 28 juillet dernier, deux ouvriers qui travaillaient dans le fond du puits Fontanes, à 345“ de profondeur, entendirent une détonation semblable à celle d’un coup de mine, mais plus brève; moins d’une minute après, ils entendirent une seconde détonation, plus forte que la première, qui toutefois ne fut pas perçue par le mécanicien se tenant à l’orifice du puits.

A ce moment leurs lampes s’éteignirent ; en même temps, ils éprouvèrent des défaillances et ils eurent à peine le temps de se jeter tous deux dans la benne, qui fut aussitôt remontée par le mécanicien, en sorte qu’ils échappèrent miraculeusement à la mort. Malheureusement trois ouvriers mineurs se trouvaient dans des

1. Comptes rendus de V Académie des sciences, t. LXXXIX, 17 novembre 1879.

COMBUSTIBLES MISÉKAUX. 275

galeries débouchant dans le même puits, à 246“ de profondeur, et ils y périrent

asphyxiés.

Les ingénieurs des mines, MM. Julien et de Castelnau, se sont immédiatement rendus au puits Fontanes, afin de procéder au sauvetage, qui a été long et périlleux, et ils se sont livrés à une étude très complète de ce déplorable accident.

Les détonations entendues pouvaient faire croire d’abord à une explosion de grisou; mais cette hypothèse, soutenue avec vivacité par certaines personnes, fut bientôt reconnue inexacte : en effet, les détonations n’avaient pas été accompagnées de flammes; des cloisons légères existant dans le puits et dans la galerie débouchant au niveau de 246“ n’avaient pas été brisées; les cadavres et les vêtements des malheureuses victimes ne portaient aucune trace de brûlure; enfin, de la poudre se trouvant dans la galerie et des cartouches préparées pour tirer des coups de mine n’avaient même pas pris feu.

Du reste, jusqu’à grésent, le grisou n’a jamais été observé dans la mine de houille de Rochebelle, et, par suite, on n’y fait pas usage de lampes de sûreté; les dégagements d’acide carbonique y ont au contraire été constatés depuis longtemps, et, pour les combattre, on avait recours à une bonne ventilation. On perçait aussi, au front de taille, des trous de sonde horizontaux d’une profondeur de 2“, de manière à faciliter le départ de ce gaz. A différentes reprises cependant, les ouvriers mineurs ont été obligés de quitter le travail, incommodés qu’ils étaient par l’acide carbonique. A la suite de l’accident du 28 juillet, cet acide s'est répandu dans les galeries de la mine et a remonté jusqu’à 50“ de l’orifice du puits Fontanes ; il était d’ailleurs facile de constater sa présence par l’eau de chaux et avec les lampes qui s’éteignaient lorsqu’on descendait à cette profondeur.

Pour renouveler l’atmosphère de la mine et pour se débarrasser de l’acide carbonique, les ingénieurs ont eu recours successivement à de l’eau qu’on faisait tomber dans le puits, soit en ouvrant les robinets de réservoirs placés dans le haut, soit en enlevant l’eau même de la mine à l’aide de bennes à fond mobile et en la laissant retomber à l’orifice, d’où elle se répandait en pluie. La vapeur d’eau fournie par une machine a également été injectée dans le puits. En outre, on a eu recours à l’eau de chaux et à l’eau ammoniacale. Mais, en définitive, il n’a été possible de rentrer dans la mine qu’après avoir aspiré l’air, en établissant sur le puits un puissant ventilateur de secours qui avait été envoyé en toute hâte par M. Graffin, l'ingénieur des mines de la Grand’Combe.

Alors on a reconnu que l’explosion d’acide carbonique s’était produite au front détaillé de la houille, à l’extrémité d’une galerie ascendante, inclinée à 13'’,5 et communiquant avec le niveau de 246“. Sur une distance de 9“, cette galerie avait été presque entièrement obstruée par la houille menue lancée au moment de l’explosion de l’acide carbonique, et des poussières de houilles imprégnaient les objets à une distance beaucoup plus grande. Le mineur qui travaillait au front de taille avait été projeté par l’explosion et même enseveli sous la houille menue. M. de Castelnau a reconnu dans la bouille du front de taille l’existence d’un vide qui n’avait pas moins de 6 mètres de profondeur, et il évalue au chiffre très considérable de 76 tonnes le poids de la houille menue entraînée par les deux explosions.

Il est difficile de connaître exactement la quantité d’acide carbonique qui a été

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, dégagée subitement par ces explosions ; mais, en cubant les parties du puits et des galeries qui ont été envahies par l’air irrespirable, on trouve 4596™, volume représentant un maximum.

L’acide carbonique a continué à se dégager de la houille après l’accidentet, pendant la période de sauvetage, les ingénieurs ont dû plusieurs fois donner l’ordre d’abandonner la mine. Ils ont même observé que la houille menue, projetée par l'explosion, dégageait encore de l’acide carbonique, lorsqu’on la remuait et lorsqu’on en opérait le déblai afin de pouvoir rentrer dans le fond de la galerie.

On avait bien reconnu, depuis longtemps, que de l’acide carbonique se dégageait lentement ou même avec un léger bruissement de diverses couches de houille de la mine de Rochebelle ; mais c’est la première fois que l’on constate que cet acide peut être assez comprimé et assez condensé dans la houille pour la rendre explosive et pour la projeter avec détonation.

Il reste maintenant à rechercher l’origine de cet acide carbonique dont l’explosion a produit la catastrophe de la mine de Rochebelle. Or, on ne saurait l’attribuer à des dégagements comme ceux qui ont lieu si fréquemment dans les régions volcaniques, particulièrement dans la mine de houille de Rrassac et dans la mine de plomb de Pontgibeaud, en Auvergne; en effet, il n’existe pas d’anciens volcans dans le voisinage de Rochebelle.

D’un autre côté, il semble bien peu probable que l’acide carbonique se soit formé dans la houille même de Rochebelle et par une oxydation de son carbone déterminée par l’oxygène atmosphérique.

On est alors conduit à se demander si l’acide carbonique de Rochebelle ne proviendrait pas d’une action exercée par la pyrite de fer, du gîte voisin du Soulier (fig. 82); car cette pyrite, présentant un amas stratifié dans la partie supérieure du trias, est très' fortement oxydée et en voie complète de décomposition; elle donne sans cesse lieu à la formation d’acide sulfurique, qui, se dissolvant peu à peu dans les eaux souterraines, rencontre du calcaire triasique dans la profondeur et par suite en dégage de l’acide carbonique; ce dernier doit se diffuser ainsi dans les roches voisines, en pénétrant de préférence dans celles qui, comme la houille, sont friables, fissurées et susceptibles de l’absorber; il peut même finir par s’y accumuler à haute pression. Les couches de houille de Rochebelle, ayant été brisées et très disloquées, et venant quelquefois buter contre le trias pyriteux, semblent d’ailleurs offrir des conduits naturels et être particulièrement favorables à une accumulation de l’acide carbonique dégagé par l’oxydation de la pyrite.

Isère. — Le bassin de la Mure ou du Drac, en Dauphiné, est la partie la plus riche du terrain houiller des Alpes. La surface connue de ce bassin a été évaluée à 2000 hectares, une partie étant simplement probable, et cachée sous les couches puissantes du lieu superposé.

Le bassin de la Mure est à la fois remarquable sous le rapport de l’étendue, de la continuité et de la puissance des couches de combustible.

Les couches exploitées à la Mure sont au nombre de trois à cinq. La grande couche a une puissance de 6 à 12 mètres, et les autres de 0“,60 à 2 mètres.

COMBUSTIBLI

11 y a tout près de Ghamagnieu un petit reste de grès houiller reposant sur le gneiss, et on a trouvé dans ce grès une petite couche de houille collante.

Hérault. — De nombreu.ses couches de houille affleurent dans le bassin de

Graissessac (Hérault) (fig. 85). Presque entièrement de'couvert et isolé dans les errains de transition, il forme une zone d’environ 18 kilomètres, depuis le pont de rOrb, sur la route de Bédarrieux à Lodève, jusque vers le moulin, sur la route il’Agde à Castres. Sa largeur moyenne est d’environ 2 kilomètres.

COMBUSTIBLES MINÉBAUX.

On exploite la houille depuis fort longtemps à Graissessac; mais c’est seulement depuis rétablissement du chemin de fer de Graissessac à Béziers que les houillères ont pris un développement sérieux. La production atteint le chiffre de 300,000 tonnes.

Le bassin de Graissessac, dirigé de l’est à l’ouest, est limité et encaissé, sur la plus grande partie de son périmètre, par les terrains schisteux et de transition. L’enc.aissement est formé par des schistes cristallins continus au nord et à l’ouest ; au sud, ce sont des schistes et des calcaires dévoniens qui limitent le terrain houil- 1er; à l’est ce terrain houiller plonge et disparaît sous les grès bigarrés.

Dans les concessions de Castanet et de Saint-Geniès, à l’extrémité occidentale du bassin de Graissessac, les étages supérieurs, caractérisés par les charbons gras, sont exploités dans les concessions de Saint-Gervais, du Devoir, de Boussognes et du Bousquet.

Au Bousquet, on connaît onze couches de houille, dont six ont été ou sont en exploitation; la somme de leurs puissances réunies est d’environ 10 mètres; la plus puissante ayant 3 mètres d’épaisseur normale, et la plus petite 0'“,60.

Sur le versant de la montagne de la Padène, on a constaté l’existence de vingtcinq affleurements. Sept couches principales sont en exploitation, la plus puissante ayant 5 mètres et la moindre l^jbO d’épaisseur. Les épaisseurs réunies des sept couches donnent une moyenne de 16 à 17 mètres. Ces couches de la Padène, les plus puissantes du bassin, sont en même temps les plus grasses.

A Garella, on connaît neuf affleurements, dont cinq couches exploitées forment une puissance totale de 10 mètres. La couche la plus puissante a 4 mètres, et la moins puissante a 1 mètre d’épaisseur. Sur ce point, la stratification présente une régularité remarquable.

Le bassin deRoujeau, situé au sud-est, du bassin de Graissessac se révèle par une série d’affleurements qui semblent indiquer une certaine étendue.

L’exploitation a porté principalement sur la légion du Caylus et a produit de 20 à 30,000 tonnes par an, et sur la zone de Sauveplaine et surl’îlot protubérant du Mounio.

Aveyron et Lot. — « Le département de l’Aveyron, suivant la remarque de M. Boisse*, est un de ceux dans lesquels le tei’rain houiller se montre avec le plus d’abondance : on le voit à découvert sur une étendue de 1 1 000 hectares environ, soit plus de 1,20 pour 100 de la surface totale du département, et s’il nous était donné de le suivre au-dessous des grès bigarrés et des terrains jurassiques, sous lesquels on le voit plonger dans un grand nombre de points, nulle doute que nous ne trouvassions pour son étendue réelle un chiffre bien plus élevé encore. »

^lÿ.jÇette formation constitue, outre le vaste et riche bassin houiller d’Aubin, une sëtie de petits bassins distribués assez régulièrement sur deux zones, à la limite qui sépare les terrains secondaires des terrains primitifs, dans les vallées de l’Aveyron et du Lot ; on voit enfin ses affleurements surgir en divers points, soit sur le pourtour des bassins secondaires, soit au centre même de ces bassins (aux environs de

1. Ad. Boisse. Esquisse géologique du département de l’Aveyron, Paris, 1870.

278 ENCYCLOPÉDIE CHIJnQBE.

Palmas, Aujols), comme pour témoigner de sa continuité au-dessous des terrains plus modernes qui le recouvrent.

Ce bassin, situé dans la partie nord-ouest du département, présente la forme d’un triangle presque rectangulaire, d’environ 20 kilomètres de hauteur sur 10 kilomètres de base, dont les trois sommets d’angle seraient la Tapie, Valzergues et Auzits. C’est le plus important, par son étendue, par la richesse des mines qu’il recèle, par le développement de l’industrie minérale et métallurgique dont il est le siège.

Toute la partie du bassin comprise au nord d’une ligne allant de Firmy à Valzergues est enclavée dans le terrain primitif, qui forme dans cette étendue sa limite naturelle.

Au sud de cette même ligne, la limite est formée par le terrain jurassique entre Valzergues et Ruhle ; par le trias, accompagné de quelques lambeaux permiens entre Auzits et Firmy. La limite connue du bassin vers le sud et le sud-ouest est donc plutôt une limite apparente qu’une limite réelle, puisque, dans cette partie, le terrain houiller disparaît sous les formations stratifiées d’une époque plus récente.

Dans divers points situés soit sur les bords, soit dans l’intérieur du bassin, se montrent un assez grand nombre de roches éruptives porphyriques et serpentineuses.

L’ensemble du bassin occupe un niveau assez bas, dont la hauteur moyenne peut être approximativement évaluée de 250 à 300 mètres au-dessus de la mer, les roches qui le composent présentent partout des traces d’une dislocation, d’un bouleversement violent, qui paraît avoir suivi de près leur formation.

Les roches qui constituent le sol sont le grès, les schistes argileux et micacés, les pséphites, le poudingue, la houille; disposés en couches alternantes, dont le nombre et l’ordre de superposition sont encore peu connus, et paraissent même difficiles à déterminer.

Un grand nombre d’exploitations sont ouvertes sur les couches houillères du bassin d’Aubin.

La plupart de ces exploitations, celles dans lesquelles le développement des travaux permet de mieux apprécier l’allure générale des cavités, appartiennent à la Compagnie des mines et fonderies de l’Aveyron ou à la Compagnie d’Orléans (régie d’Aubin), et sont concentrées dans les collines qui séparent la vallée de l’Elvine de la vallée de Rieumort (fig. 84).

D’après une opinion partagée par plusieurs des ingénieurs qui ont pris une part active à l’exploitation du bassin d’Aubin, toutes les couches de houille reconnues se rattacheraient à deux systèmes ou étages distincts, et chacun de ces systèmes se composerait d’une ou plusieurs assises, qui, tantôt se réuniraient en une seule couche, tantôt, au contraire, se dédoublant, se subdivisant et présentant dans leur allure, dans leur puissance, dans la distance qui les sépare les unes des autres, les variations les plus multipliées se plieraient à l’explication de toutes les anomalies.

L ensemble de ces deux systèmes occuperait la partie moyenne de la formation houillère, la seule productive. Au-dessous, une série stérile de grès et de poudingues à gros galets de granit, de diorite, de schiste et de quartz; au-dessus,

une série également stérile de grès et de schistes argilo-micacés, compléteraient la formation.

Rieuvieux Erine Coijnbes Rieiunort

Fig. 84. — Coupe N.-S. du bassin de l’Aveyron. — D’après M. Boissc.

La houille du bassin d’Aubin ne présente pas, dans ses caractères et sa qualité, moins de variations que dans sa puissance ; quelques mines donnent des produits comparables aux charbons les plus estimés de l’Angleterre et de la Belgique; mais le combustible de ce bassin est trop souvent chargé de cendres, de matières volatiles et de soufre ; de là des difficultés et des pertes dans son exploitation, dans sa transformation en coke, dans son emploi métallurgique.

La proportion considérable des cendres qu’il faut nécessairement faire passer dans les laitiers, nuit au travail des hauts fourneaux et augmente le déchet.

L’abondance des matières volatiles diminue le rendement de la houille en coke.

Enfin l’abondance des matières pyriteuses donne à la houille des propriétés pyrophoriques qui multiplient les dépenses et les difficultés de l’exploitation et entraînent souvent l’abandon forcé de chantiers considérables préparés à grands frais.

Les exemples d’incendies souterrains dus à l’inflammation spontanée de la houille, ne sont point rares dans le bassin houiller d’Aubin. Aujourd’hui, grâce aux sages dispositions et aux mesures de prévoyance adoptées dans presque toutes les mines, on parvient, sinon à empêcher les incendies, du moins à arrêter leurs progrès, à les resserrer dans des limites étroites ; mais à une époque où les modes d’exploitation étaient moins perfectionnés, les incendies des mines, abandonnés à eux-mêmes, faisaient souvent de rapides progrès et finissaient par envahir des collines entières.

Dans quelques mines, et notamment à Monteils, à Foulognes, à la Buègre et à Lassalle, l’incendie date déjà d’une époque fort reculée, et il est encore aujourd’hui en pleine activité; dans d’autres, comme aux environs de Cransac sur lesquels nous reviendrons plus loin, il paraît presque éteint et ne se manifeste plus que par l’aspect brûlé du sol, et par une émission plus ou moins abondante de vapeurs chaudes sur lesquelles on a parfois établi des étuves.

La surface des collines incendiées est généralement affaissée et déchirée dans tous les sens, et les fissures, souvent larges et profondes, laissent échapper des vapeurs acides brûlantes, quelquefois enflammées, dont l’action sur les roches voisines donne naissance à des produits variés. Ces vapeurs se dégagent ordinairement sous forme de fumée très délétère, répandant une forte odeur d’acide sulfureux; leur composition doit être très compliquée, à en juger par la multiplicité des agents chimicpies qui se trouvent en présence, et par les variations du degré de

2S0 ENXYCLOPÉDIB CHIMIQUE.

température auquel ces agents sont soumis, selon la distance plus ou moins grande qui les sépare du fojer de l’incendie. Les éléments dominants paraissent être les vapeurs aqueuses, bitumineuses et sulfureuses ; mais on doit s’attendre à j trouver tous les produits volatils que fournit la distillation de la houille, sèche ou humide, avec ou sans le contact de l’air, comme l’azote, l’hydrogène carboné, le gaz oléfiant, l’hydrogène sulfuré, l'oxyde de carbone, l’acide carbonique, l’aeide sulfureux, le sulfure de carbone, les vapeurs huileuses, l’ammoniaque, etc. Quant aux produits solides de ces incendies souterrains, ils sont également fort nombreux et consistent principalement en coke, dont on trouve de très beaux échantillons extrêmement poreux et légers, en oxydule et peroxyde de fer, en fer phosphaté, en fer métallique, en grès et schistes torréfiés, en scories, porcelauites, émaux, en efflorescences mousseuses et aciculaires de soufre, de sulfates d’alumine, de magnésie, de fer, etc., et en masses terreuses boursouflées, blanches, jaunes ou rougeâtres des mêmes matières.

Dans le bassin houiller d’Aubin se trouve du minerai de fer carbonaté, en rognons et en couches.

Ce fer carbonate est imprégné d’une assez forte proportion de houille pour qu’on puisse en opérer le grillage sans addition de combustible. Son rendement est de 25 à 30 pour 100.

Les dépôts d’un âge plus moderne qui recouvrent le terrain houiller, dans le bassin des bords de l’Aveyron et du Lot, ne permettent pas de déterminer rigoureusement les limites topographiques du terrain, mais la disposition des affleurements connus est telle, que l’on se trouve conduit à considérer comme appartenant à ce bassin tout l’espace compris entre les vallées du Lot et de l’Aveyron, depuis Espalion et Rodez jusqu’aux environs de Sainte-Eulalie d’Olt et de Séverac.

Il semble donc que cette vaste dépression, dans laquelle sont venus successivement s’accumuler les dépôts du grès bigarré, du lias et de l’oolithe, existait déjà à l’époque où le terrain houiller s’est déposé dans celte région, et constituait le bassin sur le fond duquel le terrain s’est moulé.

La formation houillère se montre au jour dans un assez grand nombre de points situés pour la plupart, sur le bord des deux rivières (l’Aveyron et le Lot), qui limitent au sud et au nord, le bassin secondaire central.

Dans la vallée de l’Aveyron (rive gauche) on trouve ce terrain un peu en amont de Rodez, près de Sousac, et l’on peut en suivre les affleurements de proche en proche, jusqu’à une petite distance de Séverac-le-Ghâteau.

On le voit, dans toute celte étendue, relever ses couches vers les bords du bassin, et s’appuyer sur les flancs schisteux des Palanges, formant une zone presque continue, dans laquelle ont été ouvertes plusieurs exploitations de houille situées à Sousac, Gages, Bennac, Trébosc, Galsiès, Bortholène, Laissac, leMéjanel, laDevèze, Recoules et Lavernhe.

A la limite opposée du bassin, vers son extrémité nord-est, le terrain houiller se présente encore sur le versant gauche de la vallée du sol, formant, entre Sainte- Eulalie et Espalion, une seconde zone, qui a donné lieu aux exploitations de la Draye, d’Etavagnes, de Pruneyrous, de Lassouts, de la Roque.

Dans ces deux zones, le terrain présente des conditions d’allure et de gisements analogues ; dans l’une comme dans l’autre, les couches se relèvent habituellement

vers les bords du bassin et plongent vers le centre, mais avec une inclinaison qui semble décroître à mesure qu’on s’éloigne des bords, affectant ainsi une tendance à former le fond de bateau, indice probable de la continuité souterraine du bassin houiller.

Cette continuité n’a cependant pas lieu d’une manière absolue, et si tout porte à croire qu’il existe avec communication une liaison souterraine entre les affleurements bouillers de la vallée de l’Aveyron et ceux de la vallée du Lot, il suffît néanmoins de jeter les yeux sur la carte géologique pour reconnaître que le terrain carbonifère ne forme pas, dans l’étendue comprise entre les deux zones d’affleurements, un tout continu.

La formation houillère du centre de l’Aveyron, semble s’être déposée dans une mer ou une anse peu profonde, parsemée de petits îlots, formant plutôt une série de bassins en communication les uns avec les autres qu’un bassin unique.

Dans toute la zone correspondant à la vallée de l’Aveyron, le terrain repose sur les schistes micacés et les gneiss des Palanges (fîg. 85). Dans la vallée du Lot, il

s’appuie sur des scbistes talqueux satinés, qui présentent parfois une assez grandt analogie avec les scbisles de transition des environs de Brusque et de Comarès.

Le nombre des couches de bouilles reconnues dans les diverses mines varie gêné râlement de deux à cinq.

Dans la plupart des gîtes situés sur la lisière méridionale au pied des Palanges les couches sont au nombre de trois ; l’exploitation est principalement concentréi sur la couche moyenne, dite grande veine, qui est la plus puissante (fîg. 86).

Le bassin de l’Aveyron et du Lot est loin de présenter, sous le double rapport de la puissance des couches reconnues et de la qualité du combustible, la prodigieuse richesse du bassin d’Aubin.

Au lieu des couches de 10 mètres, 20 mètres, 30 mètres et jusqu’à 50 ou 60 mètres qu’offrent les mines Firmy, Campagnac, Serons, Palayret, la Fraysse, la Vaysse, et surtout les exploitations de Bourron et de Lagrange, on ne trouve généralement dans les houillères de l’Aveyron et du Lot, que des couches de 50 centimètres à 1 mètre d’épaisseur, atteignant, dans des cas fort rares, 1“>,50 à 2 mètres, comme à Bcnnac, à Gages, à Bertholène, au Méjanel.

A Bertholène, l’épaisseur s’élève exceptionnellement, dans quelques points, jusqu’à 4 ou 5 mètres.

On trouve du bon charbon de forge et même de la houille métallurgique à Bennac, à Bertholène, à Gages, mais la plupart des gîtes ne fournissent qu’un charbon maigre, schisteux, trop chargé de cendres, d’une épuration difficile, presque exclusivement consacré au chauffage domestique, à la fabrication de la chaux, etc.

Le département de l’Aveyron occupe, parmi les départements français, le sixième rang au point de vue de la production de la houille.

On n’y compte pas moins de trente concessions, à savoir :

Dans le bassin d’Aubin . 16

— — de Bodez ou de l’Aveyron . 9

— — du Lot ou de Lassouts . 4

A Brousse . 1

Le seul bassin d’Aubin a produit, en 1865, près de 5 millions de quintaux de houille.

Tarn. — Les limites du bassin de Carmaux ne sont pas nettement définies. Il est remarquable par la richesse et la régularité des couches de houille. Dans une faible épaisseur des dépôts, il contient cinq couches de 1 à 3 mètres de puissance. Les épaisseurs réunies donnent une moyenne de 10 mètres. La production annuelle dépasse 120 000 tonnes.

Du côté de l’ouest le bassin de Carmaux disparaît sous les grès bigarrés ; du côté du sud, sous les terrains tertiaires.

Aude. — Le bassin de Durham, sur la Berre (Aude), fort restreint, contient de petites couches de houille grasse. Comme dans le bassin de Ségure, le terrain houiller s’appuie d’un côté sur le terrain de transition relevé, et de l’autre plonge sous les calcaires crétacés.

Classification des bassins houillers français. — On a vu que M. Geinitz a, le premier, basé la classification des dépôts houillers sur l’étude de leurs flores. Cette méthode a reçu une application remarquable dans un important travail de

COMBUSTIBLES mUÉRABX. 285

M. Grand’Eury L’auteur a été amené à diviser l’époque carbonifère en trois périodes qui sont de haut en bas :

1» Le terrain houiller supérieur, représenté en France par les bassins de la Loire, de Saône-et-Loire, de l’Ailier, du Gard, de l’Aveyron et en général par tous les dépôts isolés du plateau central ;

2» Le terrain houiller moyen (bassins du Pas-de-Calais et du Nord; bassin de Vouvant en Vendée) :

5° Le terrain houiller inférieur, se divisant lui-même en trois assises :

I. La Grauwacke récente (houilles et anthracites de la Sarthe, de la Mayenne, de la Basse-Loire et de Saint-Laurs, en Vendée).

II. Leculm (anthracites du Roannais et du Beaujolais, grauwacke de Thann) .

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