M. Mathet, Études sur le grisou, p
9. Bulletin de la Société de l’industrie minérale, 2* série, t. IV, p. 207.
COMBUSTIBLES MISÉRAUX.
ment étaient calcinés à la partie inférieure, tandis que le haut ne portait pas de traces de combustion. Les montants des cadres avaient conservé l’empreinte des flammes, mais les chapeaux en avaient été préservés. Les ouvriers étaient brûlés principalement dans la partie inférieure du corps. Toutes ces circonstances s'expliquent par la situation des poussières, qui sont accumulées surtout sur la sole de la galerie, tandis que l’inverse aurait dû avoir lieu avec le grisou, qui se tient au faîte.
M. Galloway admet l’accroissement du danger avec la profondeur, toutes choses égales d'ailleurs*. En effet la chaleur propre du globe tend à augmenter la dessiccation, et l’éloignement de la surface diminue les infiltrations, ce qui rend les poussières plus mobiles et plus redoutables. 11 trouve un maximum de danger entre d20 et 215 mètres, au delà l’arrosage devient nécessaire, en dehors même de la question des explosions de poussière, pour l’hygiène de la population souterraine, si les circonstances locales ne donnent pas un excès d’eau.
Il faut signaler, comme une influence déplorable de ces pulvérulines, l’abondance de gaz irrespirables que dégage ordinairement leur combustion. Elle condamne à une asphyxie inévitable les hommes qui auraient pu échapper aux effets mécaniques et à Taetion de l’éther du grisou.
On a attribué l’inflammation des poussières à la flamme des lampes, ou surtout au tirage des coups de mine. Des ingénieurs éminents, tels que M. de Villaine, pensent que cette dernière cause notamment peut allumer directement les poussières sans la présence du grisou. M. Vital a formulé les mêmes conclusions à la suite d’une série d’expériences intéressantes®, instituées de manière à imiter les conditions d’un coup de mine. La présence d’un excès de carbone libre dans la poudre lui a paru faciliter l’inflammation du pulvérulin. L’effet est d’ailleurs nul dès que les dimensions des grains deviennent une fraction appréciable du millimètre. M. Plancbard, ingénieur du Grand-Treuil 5, en faisant réfléchir sur une planche inclinée le jet d’une boîte d’artillerie, a vu la flamme s’élever d’une manière assez grêle à 2 mètres environ ; tandis qu’en recouvrant le planchet de poussière de charbon il obtenait une colonne volumineuse de flamme de 5 mètres de hauteur.
Contrairement à l’opinion précédente, M. Yerpilleux juge que la présence d’une certaine quantité de grisou est indispensable pour produire l’inflammation. Il compare le gaz à la capsule et le poussier de charbon à la poudre dans les explosions. M. Galloway partageait d’abord cette manière de voir, mais dans ces derniers temps il a semblé admettre que les explosions de poussière peuvent avoir lieu sans la présence d’aucune trace de gaz. Des expériences directes de MM. Mallard et Lechatelier ont tranché la question en montrant qu’en effet les poussières peuvent s’enflammer en l’absence complète du grisou.
A Beaubrun, à deux reprises différentes*, des poussiers se sont enflammés au jour. Dans cette concession et à la fosse du chauffeur d’.Anzin, on a observé des flammes rougeâtres d’une dizaine de mètres, dues aux lampes ou aux coups de mine et qui ne peuvent être attribuées qu'aux poussières, car la flamme du grisou
Galloway, Bulletin de la Société de l'industrie minérale, 2” série, t. YII, p. 649.
Annales des mines 7» série, t. Vit, p. 493.
Bullelin de la Société de l'industrie minérale, 2« série, t. IV, p. 228.
Annales des mines, 7' série, t. Vit, p. 176. — Bulletin de la Société de l’industrie miné-
est bleue. Il en a été de même à Bessêges, en 1869; à Sainte-Marie duMontceau le 7 février 1871 ; au puits Sainte-Camille de la Péronière, le 6 juillet 1872; au puits Dyèvre de la Béraudière, le 12 décembre 1874, etc., etc.
Le 2 décembre 1875, une explosion eut lieu à Gampagnan, à la suite du tirage d’un coup de mine. Elle brûla, à une quarantaine de mètres, trois ouvriers qui succombèrent au bout de quelques jours. Nul indice de grisou n’avait jamais été signalé dans cette couche. Cette accident, minutieusement étudié par M. l’ingénieur des mines Vital \ a été rapporté à l’influence des poussières et a beaucoup contribué à rappeler l’attention sûr cette question.
M. Pinel a également signalé le coup de feu de la Béraudière du 31 mai 1877, qu’il a paru impossible d’attribuer au grisou. On n’en avait, en effet, jamais observé la moindre trace depuis vingt-deux ans dans la grande' couche, et on ne devait pas s’attendre à le voir apparaître en dernière tranche, après que toute la durée de l’exploitation avait contribué à fatiguer la bouille. Ün gouverneur fut cependant renversé à 200 mètres du lieu de l’explosion et les bois se trouvèrent tapissés de petits grains de coke, tous placés du côté du coup de mine.
Les poussières paraissent également avoir joué un rôle dans la catastrophe de Blantyre, en Écosse, le 22 octobre 1877. Les colonnes de fumée qui sont sorties de certains puits pendant plusieurs minutes, ne pouvaient, en effet, être dues qu’à la combustion des poussières. Le directeur a été brûlé à l’orifice du puits d’entrée d’air, ce qui suppose le refoulement d’un mélange capable de rester enflammé pendant quelque temps, et non, par suite, exclusivement gazeux®.
C’est ici le lieu de rappeler en passant l’accident des plus étranges, dans lequel, comme tout à l’heure, le grisou n’était pour rien, et qui eut lieu dans la mine de Rochebelle ainsi que nous l’avons expliqué en traitant de l’allm-e du terrain houiller du Gard (Voy. page 238).