‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 2ème partieChapitre 100 sur 114 · LE GRAND-DUC DE TOSCANE · texte numérisé non relu

LE GRAND-DUC DE TOSCANE

Le Grand-Duc de Toscane (fig. 128), appelé aussi quelquefois le Florentin on

Fig. 128,

['Autrichien, pèse 133'= a de Vienne ou 139'^ \ de Florence, c’est-à dire 27s',457 (Schrauf). Il est un peu jaune, d’une belle forme, taillé en double rose et couvert de facettes qui forment une étoile à neuf rayons.

On a dit de ce diamant ce qu’on a dit également du Sancy, savoir qu’il a été la propriété de Charles le Téméraire, lequel l’aurait perdu à la bataille de Morat, et qu’il fut trouvé par un paysan, qui le prit pour un morceau de verre et le vendit un florin, etc.

Ce ne peut être exact, car Berquen dit que : « Charles portait toujours son diamant au doigt, en sorte qu'il l’avait encore quand il fut tué devant Nancj, un an après qu’il l’eut fait tailler ». Comment porter au doigt un diamant de

LE DIAMANT

133 carats? Il résulte de ce passage que si le Florentin a appartenu à Charles le Téméraire, ce n’est sûrement pas un des trois dont parle Berquen dans un passage que j’ai cité au chapitre précédent. ‘On peut également se convaincre que c’est là une erreur, en observant que J.-J. Fugger a dit du dernier que son oncle, Jacob Fugger, l’acheta aux Bernois, espérant le vendre à Charles- Quint ; mais celui-ci n’en voulut pas, et il le vendit alors à Henri VIII. On ne sait ce qu’il est devenu depuis.

Le catalogue officiel des objets contenus dans le trésor impérial et royal de Vienne est cependant partisan de cette version peu probable.

L’histoire authentique du Florentin commence en réalité avec Tavernier, qui écrit en 1663 « que le grand-duc de Toscane a bien voulu le lui montrer plus d’une fois; il pèse, dit-il, 159'^ |, et c’est dommage que l’eau tire un peu sur la couleur de citron. »

Il appartenait en effet, à cette époque, à François-Étienne de Lorraine, grand-duc de Toscane, et quand ce prince devint l’époux de Marie-Thérèse, il entra dans le Trésor de la maison impériale d’Autriche, qu’il n’a pas quitté depuis lors.

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