III. COHÉSION
La cohésion est la force qui réunit les unes aux autres les molécules d’un corps.
Elle est, dans les cristaux clivables, soumise aux lois suivantes :
1“ La cohésion est uniforme suivant certaines faces planes pour lesquelles
elle est maximum tandis qu’elle est minimum normalement à ces plans qu’on appelle plans de clivage ;
2° Les plans de clivage sont toujours des faces cristallines, subordonnées à la symétrie propre à chaque espèce.
Il en résulte que sous le choc, ou quelquefois même par l’action d’un simple canif ou de l’ongle, certains cristaux peuvent se cliver suivant différentes directions qui permettent d’obtenir soit des polyèdres parfaits bien limités de tous côtés, soit des lamelles très minces comme le gypse et le mica en offrent des types si remarquables.
Dans le système cubique, le clivage p est le plus fréquent ; vient ensuite Z)‘; a*, c’est-à-dire celui qui est parallèle aux faces de l’octaèdre, est beaucoup plus rare; c’est cependant celui que présente le diamant, et le seul dont il soit doué, mais il le présente très nettement : aussi est-il utilisé, comme on le verra plus loin, dans l’opération de la taille, pour dégrossir les cristaux de forme plus ou moins régulière.
Cette cohésion n’est pas extrêmement grande, et il s’en faut de beaucoup qu’elle vérifie l'assertion de Pline, prétendant que si l’on veut éprouver les diamants sur l’enclume, le fer rebondit de part et d’autre et l’enclume se fend ! La fragilité du diamant est au contraire assez prononcée, et il se réduit facilement en fragments et même en poussière sous le choc. Cette propriété qui permet de préparer Végrüée et par suite de tailler le diamant, est au contraire fort nuisible dans toutes les circonstances où l’on a essayé d'utiliser la dureté de cette substance pour les usages industriels ; il ne s’use pas, mais il casse.
Celte cassure est généralement plus ou moins lamelleuse par suite de la facilité et de la netteté du clivage ; mais elle peut être aussi conchoïdale si elle se fait transversalement.