Newkerque, R. G
Ils sont presque tous abandonnés depuis la découverte des dry diggings, et l’on ne trouve plus aujourd’hui qu’un nombre relativement assez faible de mineurs travaillant isolément ou associés à deux ou trois, à New-Gong-Gong, Newkerke et Waldeck's Plant.
C’est dans le lit même du Vaal que les fouilles ont commencé : elles étaient rendues très pénibles par les crues du fleuve ainsi que par la basse température à laquelle on est exposé là-bas en hiver, pendant les premières heures de la matinée. Mais on s’aperçut assez vite que le terrain environnant, et notamment les terrasses formées par lui sur les bords, étaient tout aussi riches, sinon davantage, que le lit môme du fleuve, et l’activité s'y porta aussitôt.
Les gisements se trouvent principalement à quelques mètres au-dessus du niveau actuel’ de la rivière, au milieu de hlocs de mélaphyre atteignant parfois d’assez fortes dimensions, et descendus du flanc des
collines environnantes; leurs interstices sont remplis par un magma de gravier, de sahle et d’argile dans lequel on rencontre le diamant ; l’ensemhle repose sur le mélaphyre en place. La figure 96 en donne la coupe théorique.
Le gravier diamantifère a été examiné par M. Roorda- Smith, qui a remarqué que tous les minéraux qui accompagnent régulièrement le diamant dans les mines sèches manquent absolument dans celle-ci. 11 n’y a trouvé en effet que des quartz amorphes, de l’agate, du jaspe et de petits fragments de hois fossile silicifié ; tous les débris quartzeux sont arrondis et d’assez faibles dimensions, et ressemblent complètement aux minéraux de la même espèce qui se trouvent en grande quantité soit dans la chaîne du Drakensherg, où le Vaal prend sa source, soit dans les rivières qui en descendent. M. Chaper y signale cependant dans le sable, c’est-à-dire en fragments très petits, du grenat, du fer tilané, de la vaalite, etc.: la richesse en diamants est très irrégulière : les mineurs prétendent que le précieux minéral se trouve principalement dans
des poches au contact des blocs de mélaphyre et du remplissage.
EN'CÏCLOPEDIB CHIMIQUE.
Quoi qu’il en soit, il ne paraît pas douteux que l’origine de ces gisements est due au remaniement par les eaux d’une ou plusieurs cheminées diamantifères tout à fait semblables à celles des Dry diggings, que je viens de décrire. Leur position est naturellement impossible à déterminer, mais il faut croire qu’elles ne remontent pas au-dessus de Bloemhof, dans le Transvaal, puisqu’on n'a jamais trouvé de diamant sur les bords de la rivière au-dessus de cette localité. La disparition ou la diminution très notable de grosseur des minéraux qui accompagnent le diamant dans la brèche magnésienne originaire s’expliquerait par des actions de frottement qui n’auraient laissé intact que le minéral le plus dur.
A prendre l’ensemble de la production, les diamants de rivière sont souvent cristallisés en octaèdres et plus souvent encore affectent la forme des de^lx pointes; leur qualité est bonne ; ils sont blancs ou jaunes, généralement assez purs, et quelquefois entourés d’une coloration rougeâtre superficielle : c’est dans ces mines qu’on a trouvé l’Étoile de l'Afrique du sud, le Stewart, etc.; et comme il est peu probable que ce soit leur séjour dans les terrains alluvionnaires qui aient amélioré leur qualité, il faut en conclure que la cheminée ou les cheminées qui les ont fournis renferment des diamants supérieurs en moyenne à ceux des Dry diggings actuellement connus : l’intérêt qu’il y aurait à les découvrir n’en serait que plus grand, et il est étonnant que celte découverte n’ait pas encore eu lieu.
Je dirai immédiatement en quelques mots, pour n’y plus revenir, comment se fait l’exploitation de ces mines ; le mineur qui veut exploiter une concession (qu’il délimite d’ailleurs lui-même, s’il est premier occupant, par un carré de 31 pieds sur 31, orienté comme il l’entend), commence soit par faire une excavation, soit par creuser un puits, suivant le niveau où il se trouve, pour arriver à la couche où il doit trouver le diamant; ces puits sont allés jusqu’à 20 et même 30 mètres de profondeur : il retire et met de côté, en les empilant souvent autour de sa concession, les blocs de mélaphyre stériles, et il recueille le gravier, qu’il lave et classe à l’aide d’un cradle ou berceau tout à fait semblable au cradle des mineurs d’or de Californie. Il finit par un triage à la main qui lui sert à recueillir le diamant parmi les résidus du lavage. Les deux photographies que je joins ici rendent assez bien compte de ces opérations et montrent les appareils qui servent à les exécuter (planches VI et Vil).
M. Moulle estime que l’exploitation des mines de rivière n’occupe guère plus aujourd hui que 200 à 300 mineurs, noirs et blancs, et que la production annuelle s’élève à lo ou 20 000 carats, ce qui, au prix de 70 francs le carat, le diamant étant de très belle qualité, donne une valeur de 1 030 000 à 1400 000 francs.
LE DIAMANT