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RENSEIGNEMENTS ST.ATISTIQUES

Tel est l’ensemble des procédés par lesquels on arrive à extraire le diamant du sein de la masse où il a été enfoui par la nature ; la faible proportion dans laquelle il s’y trouve contenu et la grandeur des efforts nécessaires pour l’en retirer forment un contraste remarquable : on s’en rendra mieux compte avec les quelques données statistiques que je vais joindre ici à titre de renseignement, et que j’emprunte en partie au mémoire si souvent cité de M. Moulle, en partie à mes notes personnelles de voyage.

Transports. — Tout étant importé aux Diamond Fields, c’est par là que je commencerai pour donner une idée soit des difficultés vaincues, soit de l’énormifé du travail accompli.

Jusqu’à ces derniers temps et malgré l’établissement du chemin de fer depuis la ville du Cap jusqu’à Victoria West, le désert qui s’étend entre Victoria et Kimberley ne pouvait être traversé par les attelages de bœufs en usage dans le pays par suite de l’absence d’eau et de pacages pour les bestiaux. On a donc continué longtemps à faire passer les marchandises destinées à Kimberley par Port-Elisabeth, et à leur faire parcourir par voitures ou chariots la longue distance de 1400 kilomètres environ qui sépare ces deux villes.

A l’origine et pendant les premières années, les prix ont varié naturellement dans d’énormes proportions suivant les lois de l’offre et de la demande, puis ils ont fini par se régulariser à peu près : en 1883, ils pouvaient s’établir comme suit, de Londres aux mines, par tonne de marchandises :

1“ Pour les marchandises pressées :

40 shillings et 10 % la tonne de Londres à Port-Elisabeth;

30 shillings les cent livres de Port-Elisabeth aux mines par voitures traînées par des mules ;

soit 800 francs par tonne.

2“ Pour les marchandises lentes (on a mis jusqu’à trois mois pour franchir la distance) :

40 shillings et 10 “/o la tonne de Londres à Port-Elisabeth;

10 shillings les cent livres de Port-Elisabeth aux mines par chariots à bœufs ;

soit un total de 285 francs par tonne.

Si l’on réfléchit que les machines, le charbon (car on n’a pas eu toujours du bois à sa disposition dans ce pays dénudé qui n’en contient guère que sur les bords du Vaal et de l’Orange), tout enfin, pendant plus de dix ans, est venu par cette voie, on verra par les chiffres qui vont suivre quels capitaux considérables ont été engloutis dans ces excavations du Griqualand.

Depuis quelques mois, l’ouverture du chemin de fer de Victoria à la rivière d’Orange, à une centaine de kilomètres de Kimberley, a déjà changé considérablement les conditions des transports qui se font maintenant par chemin de fer : mais la tonne de marchandise coûte encore une centaine de francs du point terminus actuel à Kimberley ; son achèvement va certainement apporter dans les conditions de l’industrie minière là-bas une véritable révolution.

Main-d œuvre. — Tous les autres prix, et en particulier celui de la maind’œuvre, se ressentent naturellement de cette situation.

Les blancs employés comme ouvriers d’Étatou comme surveillants sont payés à la semaine et gagnent de 100 à 200 fr., soit 400 à 800 fr. par mois : ils sont assez stables.

Les Gafres au contraire sont très variables dans leurs habitudes : bien qu’on leur fasse souscrire des engagements pour un, deux, trois mois, devant un magistrat chargé d en surveiller l’exécution et de rechercher et saisir les fugitifs s’ils viennent à partir avant le terme de leur contrat, ils ne tardent pas, dès qu’ils ont amassé quelques économies soit par leur travail, soit par le vol, à revenir dans leurs tribus, situées souvent à 40 ou 60 journées de marche, pour y acheter quelques bœufs et une femme, ce qui est le terme de leur ambition. Ils viennent en plus grand nombre pendant l’été à cause de la température. Leur salaire varie de 22 à 30 shillings par semaine, soit 31 à 37 francs environ, et à ce prix-là ils sont logés dans des hangars où ils font eux-mêmes à leurs frais leur cuisine sommaire.

En 4882 et 1883, les quatre mines occupaient ensemble plus de 1500 ouvriers blancs et plus de 11 000 nègres se répartissant comme suit :

APPAF\EIL D'EXTI^ACTION

LE DIAMANT

Noms des mines. Nombre d’ouvriers.

Kimberley (1882). .

de Beer’s (1882) . .

du Toit’s Pau (1885)

Bultfonlein (1883) .

Combustible et eau. — Le seul combustible en usage pendant longtemps sur les mines a été le bois, dont la rareté était cependant extrême, et il est arrivé qu’à certains moments on ne pouvait s’en procurer ni pour or ni pour argent. Aujourd’hui que le charbon y a été introduit, on le paye 250 à 275 francs la tonne : mais ce prix subira une forte réduction lorsqu e le chemin de fer sera terminé.

L’eau, qui manquait complètement au début, était transportée par charrette des bords du Vaal, situé, comme je l’ai dit, à une quarantaine de kilomètres : elle était alors tellement chère qu’elle ne servait qu’aux besoins les plus indispensables. Plus tard, on s’est mis à foncer des puits sur les floors que chaque compagnie possédait, et l’eau qu’on en a retirée a pu servir au lavage du minerai. Quand on se trouvait dans la nécessité d’en acheter, on la payait généralement 7 francs le mètre cube : elle est même montée à 14 francs. Mais en 1862 une compagnie s’est formée, qui amène l’eau du Vaal par une canalisation souterraine, et la fait payer 3 fr. 70 le mètre cube. Beaucoup d’exploitants sont encore forcés de recourir à elle par les temps de sécheresse.

Machines. — L’introduction de la première machine à vapeur à Kimberley date de 1873, mais l’usage général ne s’en est répandu qu’en 1878. En 1880, on en comptait déjà 150; en 1882, d’après le rapport officiel de l’ingénieur de la couronne, 386 ainsi réparties :

Noms des Machines Machines à Pompes et

mines. d’extraction. laver. divers. Total.

Ces 586 machines représentaient environ 4.000 chevaux et ont consommé en 1882 environ pour 15 millions de francs de charbon : elles n en dépensent guère plus de la moitié aujourd’hui.

On estime en outre à 1.500 le nombre des bêtes de trait employées sur les quatre mines pendant la même année.

Kimberley . . de Beer’s. . .

du Toit’s Pan.

Bultfontein . .

Blancs. Noirs.

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Dépenses et prix de revient. — J’emprunte enfin à M. Moulle l’estimation suivante des dépenses annuelles et du prix de revient.

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