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TRAITEMENT DD MINERAI

Revenons au minerai, .que nous avons laissé dans les boxes, au bord de la mine et voyons maintenant comment on le traite pour en extraire le diamant.

J’ai déjà dit qu’au début on se contentait de pulvériser le yellow avec des maillets en bois et d’y rechercher le diamant.

Bientôt, l’usage de l’eau commença à s’introduire, mais ce nest quen 1876 que le travail à la main fut remplacé par le travail à la machine, le seul en usage aujourd’hui : une machine à laver peut passer de 250 à 500 loads par jour suivant ses dimensions. Quelquefois lé travail se fait directement au sortir

Fig. 400.

Floor de la Bultfontein Ms C“.

OU d’environ 40 hectares.

E^'CYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

de la mine, soit lorsqu’on a affaire à un blue particulièrement friable, soit lorsque les propriétaires ont besoin d’argent et n’ont pas la patience ou les moyens d’attendre ; la planche XY, représentant un appareil actuellement en usage à Du Toit’s Pan, montre réunis ainsi le gear d’extraction et l’appareil de lavage ; mais, d’une façon générale, le blue est trop dur et trop cohérent, à sa sortie de la raine, pour se prêter à cet expédient, et il a fallu aviser à un autre procédé, du reste bien simple. Comme il jouit de la propriété de se déliter lorsqu’il est exposé à l’air libre à l’action des agents atmosphériques, on le porte sur de vastes aires appelées floors situées aux environs de chaque mine, on l’y étend en couche suffisamment mince, on attend qu’il soit réduit en poussière plus ou moins fine propre au traitement et finalement on le lave dans des appareils convenables.

La surface occupée par ces floors a augmenté d’année en année jusqu’à être extrêmement considérable (planches XV et XYl) ; et tel exploitant qui devait nécessairement s’agrandir soit à cause de nouveaux achats de daims, soit à cause du développement de son exploitation, était obligé, par suite de l’occupation de tous les terrains environnants, de se transporter à de grandes distances, ce qui rendait le transport du minerai fort onéreux. On en est donc venu assez vite à construire de petites voies ferrées sur lesquelles les trains de wagonnets sont remorqués par des locomotives, et ces voies servent même souvent, par suite d’accords intervenus, à plusieurs propriétaires à la fois ; on les utilise naturellement pour le reef.

Le transport des boxes aux floors se fait donc maintenant de cette façon, au moins pour toutes les grandes compagnies : arrivé à la limite des floors, le blue est déversé automatiquement dans les réservoirs à minerai, d’où il est repris à la partie inférieure par de petites voitures à deux roues {scolchcaris) qui le déposent sur les parties du floor non encore occupées : un pareil procédé offre l'inconvenient d’une rupture de charge et de manipulations coûteuses : il a été ingénieusement perfectionné par la Bultfontein Mining C“ dont la figure 100 représente l’installation. La surface du floor est de 105 acres Le minerai arrive sur la voie principale qui le borde

LE DLUIANT.

en trains de wagonnets refoulés par une petite locomotive, qui les arrête à la hauteur des espaces disponibles. Une voie volante qu’on ripe successivement au fur et à mesure des besoins, se détache de cette voie principale pour permettre de vider les wagonnets aux points précis où le minerai doit être étendu : le service du traînage y est fait par des attelages de quatre paires de bœufs. On comprend qu’un système tout à fait identique permette de recharger le minerai plus tard, après son exposition à l’air, et de l’amener par une seconde voie principale aux appareils de lavage.

Le minerai est donc étendu sur les floors, les plus gros morceaux placés debout afin de bien exposer leurs faces à l’air. Quand le temps favorise la désagrégation, c’est-à-dire lorsqu’il y a des alternatives fréquentes de soleil et de pluie, cette désagrégation se fait avec une très grande rapidité, souvent en moins de quinze jours, mais ce n’est pas le cas général ; il s’écoule quelquefois à Kimberley de longs mois sans une goutte de pluie, et dans ce cas le blue doit rester exposé trois à six mois.

On comprend qu’il y a là un gros capital immobilisé et que les compagnies pressées d’argent — ce qui est habituellement le cas — cherchent à rapprocher le plus possible le moment où elles pourront rentrer dans leurs débours en usant de certains artifices qui sont le piquage sur le floor, le cassage, l’arrosage, la reprise et la mise en tas du minerai, etc. ; mais ces manipulations ont le double inconvénient de coûter fort cher d’abord, et surtout de favoriser singulièrement la découverte de gros diamants qui peuvent être bien vile volés dans ces conditions, malgré la grande surveillance qu’on exerce.

Lorsque le blue est suffisamment désagrégé, on le recharge sur charrettes ou sur wagons et on le porte aux machines à laver, bien transformées depuis l’origine ; leur ensemble est tout à fait analogue aux débourbeurs ordinaires que l’on voit dans un atelier quelconque de préparation mécanique ; il y en a cependant, cela va sans dire, de plus ou moins perfectionnés : la planche XVll représentant un appareil de la Compagnie French et d’Esterre, donne l’idée de l’aspect qu’ils peuvent offrir; la figure 101 représente au contraire géométriquement l’appareil de la Compagnie française analogue au type courant des Diamond Fields. Le blue désagrégé, arrivant par une petite voie ferrée, est passé à travers une grille qui arrête tous les blocs de roche non décomposée (mélaphyre, diorite, etc.), ainsi que les morceaux de hlue qui ont résisté à la décomposition et sont triés à la main pour revenir aux floors : ce qui passe à travers les barreaux de la grille descend par une glissière en tôle fortement arrosée dans un trommel incliné qui sépare encore les morceaux trop gros pour aller au débourbage.

Ce débourbage est opéré dans de grands bassins circulaires en tôle, de 8 à 16 pieds de diamètre, dans lesquels tournent des bras armés de poignards pour défaire les pelotes argileuses qui pourraient subsister dans le minerai : le courant d’eau amène les matières, laisse déposer dans le bassin les pieiTes, graviers, etc., constitués par les minéraux ou petits fragments de roches contenus dans le blue, et emporte à l'autre extrémité les boues en suspension qui sont

Fig- 101. — Appareil de lavage.

Le dépôt concentré au fond du bassin pendant la journée est recueilli, classé et lave généralement au craddle, puis trié à la main sur une table en tôle : la

LE DIAMANT

Compagnie française, seule à Kimberley, a un appareil beaucoup plus perfectionné pour exécuter cette opération défmilivc sur le résultat du débourbage, qui est enfermé à la fm de la journée dans des wagonnets couverts, fermés à clef, et amenés le lendemain à l’appareil de lavage proprement dit.

Cet appareil se compose d’un petit trommel classeur, arrosé par de minces filets d’eau claire destinée à le tenir toujours bien propre; le refus du trommel tombe sur une plaque de tôle incessamment surveillée par deux blancs ; il en sort naturellement infiniment plus de pierres que de diamants, mais on n’en est que plus agréablement surpris lorsqu’on en voit sortir un beau et gros cristal qui se reconnaît sans peine ; ce qui passe à travers les trous de la tôle est classé en quatre grosseurs qui se rendent aux quatre compartiments d’un crible du Hartz ; là, les pierres un peu denses, minéraux divers, diamant, etc., traversent le tamis et tombent, parfaitement nettoyés et propres, -dans des caisses où on les prend pour les trier à la main sur des tables recouvertes de tôle comme ci-dessus. Ce procédé exige moins de main-d’œuvre que le craddle, évite mieux les vols et surtout nettoie bien plus complètement les graviers diamantifères, ce qui diminue les chances de pertes en facilitant le triage.

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