DIVERS
Les autres gisements ou prétendus gisements de diamants valent à peine une mention.
Le plus connu, ou, pour parier plus exactement, celui qui a fait le plus de bruit, est celui de l’Oural, à la frontière de l'Europe et de l’Asie.
Le premier échantillon fut trouvé, dit-on, en 1829, à un kilomètre de Kreslovosdvijenskl, au moment où MM. de llumboldt, Ehrenberg et G. Rose venaient précisément de visiter le domaine, appartenant au comte Polier, en exprimant l’avis qu’il y avait entre les terrains du Brésil et de l’Oural de grandes analogies géognostiques et qu’on avait de très grandes probabilités de rencontrer le diamant dans les terrains de transport aurifères et platinifères du pays.
La découverte du premier diamant fut bientôt suivie de celle de plusieurs autres. 11 paraît qu’on aurait extrait, entre 1829 et 1847, en quatre divers endroits, soixante-quatre cristaux. D’après M. Chaper, le nombre total qu’on
dit en avoir trouvé s’élèverait à 186, et depuis plusieurs années on n’en aurait plus rencontré.
Du reste, dès avant le retour de Humboldt, le bruit courait en Europe que ces prétendus diamants de l’Oural n’étaient que des diamants du Brésil, taillés, qu’on avait achetés à Moscou pour les mêler au sable. Quoi qu’il en soit de cette dernière assertion, il n’en est pas moins vrai que les gisements de l’Oural ne peuvent en aucune façon passer pour des gisements authentiques et qu’on doit attendre, pour croire à leur existence réelle, de nouvelles confirmations.
Un gisement plus authentique et fort singulier est celui de la Bohême, qui en a produit un, et un seul.
D’après une communication faite à l’Institut, il aurait ètè trouvé en 1870 à Dlaskowitz, à 60 kilomètres au nord-ouest de Prague, dans les sables de l’exploitation des mines de pyrope (grenat rouge) appartenant au comte Schœnborn.
Ces mines consistent en trois larges bassins plats, formant cuvette sous le calcaire crétacé et contenant, sous une faible couche de sol arable et d’argile, un lit épais de 2 à 4 mètres de gravier, composé de débris fortement altérés de basalte, de gneiss, de psammite et de calcaire; ce gravier contient en même temps une forte proportion de sable quartzeux riche en grains et cristaux roulés de diverses pierres précieuses, parmi lesquelles dominent le pyrope èt le zircon ; on y trouve aussi du spinelle rose et noir, du corindon hyalin bleuâtre, de la chrysolite, de la tourmaline, du pyroxène, de l’amphibole, etc.
Le diamant trouvé était de forme irrégulière et paraissait avoir les faces du cube tronquées par le dodécaèdre rhomboïdal ; son poids était de 57 milligrammes.
En ce qui concerne les gisements à.'Asie et d'Oce'anie, on n’a que des renseignements contradictoires ; leur existence est niée par les uns, affirmée par les autres, dans le Pegu, à Siam, Ceylan, Sumatra, Java, Célèbes, et même en Chine, dans la province de Shantang. On peut dans tous les cas affirmer qu’ils n’ont aucune espèce d’importance.
En Afrique, il a été annoncé en 1835 qu’on avait découvert trois diamants près de Gonstantine, mais cette première découverte n’a pas été confirmée par d’autres; c’est M. Héricart de Thury qui communiqua la nouvelle à l’Académie des sciences; l’un de ces diamants est à l’Ecole des mines, le second au Muséum ; le troisième fut acheté par le marquis de Drée.
Enfin, en Amérique, on a rapporté qu’on avait trouvé des diamants dans les comtés de Rail, en Géorgie, de Rutherford et de Franklin, dans la Caroline du Nord, près de Richmond en Virginie, ainsi que sur plusieurs points de la Californie ; le professeur Silliman a cru notamment en reconnaître de microscopiques dans les sables aurifères de Spring Valley; on en a signalé également, dans la Sierra Madré, au Mexique, et dans les mines d’or d’Antioquia, en Colombie; la découverte de tous ces gisements mériterait sérieuse confirmation.