‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 10e cahierChapitre 4 sur 86 · G ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

G ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

et la solution souvent incolore qu’on obtient ainsi est mélangée avec un excès d acide nitrique, puis amenée à sec dans une capsule de porcelaine; le résidu est chauffé à 200“ environ dans un creuset de platine, jusqu’à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs nitreuses. Le peroxyde de manganèse ainsi reproduit est pulvérisé, mis en digestion prolongée et à chaud avec de l’acide nitrique, enfin lavé; il est alors parfaitement pur. On le réduit par la chaleur à l’état d’oxyde rouge bien calciné qu’on mêle avec du charbon de sucre, en quantité un peu moindre que ce qui est nécessaire à la réduction du métal. Le tout est introduit dans le petit creuset de chaux dont nous avons parlé plus haut et l’on chauffe avec les précautions indiquées. On trouve le métal réuni en un seul culot et entouré d’une matière rouge violacé cristalline qui est peut-être un spinelle de manganèse à base de chaux Mn*0',Ca0.

Le manganèse ainsi obtenu est pi»’. Le plus souvent il ne contient pas de charbon, puisqu’il a été fondu en présence d’un excès d’oxyde, ou il n’en renferme que des traces. Il a un reflet rose comme le bismuth et il se casse aussi facilement que ce métal, quoique étant fort dur ; sa poussière décompose l’eau à une température à peine supérieure à la température ordinaire. (II. Saintc- Claire-Deville. Mémoire sur la production des températures très élevées. Annales de chimie ei de physique [3= série], t. XLVI, p. 182. 1856).

A" Brunner a obtenu le manganèse en réduisant le fluorure de manganèse par le sodium. Deux parties de fluorure de manganèse bien sec et une partie de sodium en fragments aplatis sont introduites, en couches minces alternatives, dans un creuset de Hesse. Le mélange bien comprimé est recouvert de chlorure de sodium, puis d’une couche de spath fluor pour empêcher les projections. Le creuset muni de son couvercle est ensuite chauffé dans un fourneau à vent, d’abord légèrement, puis jusqu’au rouge clair, lorsque le sifflement qui se produit permet de reconnaître que la réaction a commencé à s’opérer : après une calcination d’un quart d’heure, on laisse refroidir en ayant soin de fermer toutes les ouvertures du fourneau. On trouve le plus souvent, au fond du creuset, un culot métallique dont le poids correspond environ à la moitié du rendement théorique. Si le manganèse n’est pas bien rassemblé, on le réduit en fragments dans un morlier d'acier et on le fait fondre à nouveau sous une couche de chlorure de potassium ou de sodium mélangé d'un dixième de nitrate de potasse {Poç/gendorff's Annalen, t. CI, p. 264).

Dans le procédé de Brunner, on remplace parfois le fluorure de manganèse par un mélange formé de parties égales de chlorure de manganèse et de spath fluor. Ces matières sont d'abord fondues, puis pulvérisées et traitées par le sodium comme précédemment.

Le métal de Brunner est très dur, ne se ternit pas à l’air et peut prendre un poli aussi beau que celui de l’acier. Il n’est presque pas attaqué par l’eau froide, très peu altérable par les acides, enfin il fond aussi facilement que la fonte de fer. Ces propriétés différentes de celles du manganèse de Deville tiennent à ce que le métal préparé par Brunner contient des quantités variables de silicium. Wœhler a démontré qu'il pouvait en renfermer de 0.6 à 6.4 “/„.

5“ En faisant réagir la vapeur de sodium sur la vapeur de chlorure de manganèse, M. Fremy a pu préparer des échantillons de manganèse cristallisé (Fremy, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XLIV, p. 652, 1857).

Cette décomposition se fait dans un tube de porcelaine traversé par un courant de gaz hydrogène et renfermant deux nacelles, l’une qui contient du sodium et l'autre du chlorure de manganèse. L’appareil est chauffé au rouge ; sous l’influence du chlorure alcalin qui prend naissance dans la réaction, ou grâce à Faction des vapeurs de sodium sur le chlorure de manganèse, le métal se dépose à l’état cristallisé.

6“ Le manganèse a été obtenu par Bunsen en décomposant par la pile une solution de chlorure de manganèse. Voici comment l’expérience doit être disposée: Un creuset de charbon rempli d’acide chlorhydrique forme le pôle positif de la pile ; il est placé dans un creuset de porcelaine que l’on chauffe au hain-marie. Au centre du creuset de charbon on place un petit vase poreux destiné à recevoir le chlorure à décomposer ; on y plonge une lame de platine étroite qui forme le pôle négatif. Grâce à cette disposition, on voit que le courant électrique rayonne de toute la surface intérieure du creuset de charbon vers la surface très peu étendue de la lame ou du fil de platine. En se concentrant ainsi vers cette dernière surface, il y acquiert une grande densité. Dans ces conditions le manganèse et beaucoup d’autres métaux se déposent avec la plus grande facilité des solutions aqueuses de leurs chlorures. On peut obtenir ainsi du manganèse métallique en plaques de plus de 100 millimètres carrés, friables et brillantes d’un côté. Ce métal s'oxyde à l’air humide presque aussi facilement que le potassium. En diminuant l’intensité du courant on obtient de l’oxyde manganoso-manganique noir, qui se dissout dans l’acide chlorhydrique en fournissant une liqueur d’un hrun noir. (Sur la préparation du chrome et de quelques autres métaux parM. Bunsen. Poggendorffs Annalen, t. XCI, p. CIO.)

7“ On peut encore obtenir le manganèse métallique par la distillation de son amalgame dans un courant d’hydrogène. Giles (Philos. Magaz. (4), t. XXIV, p. 528) et Roussin (Bull. Soc. chim. de Paris, t. VI, p. 95, 1866) ont employé l’un et l’autre l’amalgame de manganèse préparé par le procédé indiqué par Schœnbein, en faisant réagir l’amalgame de sodium sur une solution de chlorure de manganèse. On peut toujours craindre, dans cette préparation, qu’un léger excès de sodium ne reste mélangé à l’amalgame de manganèse et ne vienne ensuite, après la dissolution, modifier quelques-unes des propriétés du métal obtenu.

M. Moissan est parti de l’amalgame de manganèse obtenu par voie èlectrolytique en décomposant par la pile une solution concentrée de protochlorure de manganèse en présence d’une électrode négative en mercure. En employant un courant produit par vingt éléments Bunsen, on obtient des aiguilles d’un amalgame de manganèse cristallisé, qui, séparées du mercure qui les mouille, renferment environ 4 p. “/o de manganèse.

En distillant cet amalgame dans un courant d’hydrogène bien pur, à 1 >

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température d’ébullition du soufre (440“), il reste dans la nacelle une masse légère, très poreuse, se réduisant en poudre sous le doigt, d’une couleur gris noirâtre ; c’est du manganèse pulvérulent. La propriété caractéristique de ce corps est d’être très facilement oxydable.

Si l’on place au fond d’un tube à essai une petite quantité du métal ainsi obtenu, et que l'on fasse couler sur la paroi quelques gouttes d’acide azotique monohydraté, la chaleur développée par la réaction est très vive ; le manganèse devient incandescent. Quelques parcelles de ce manganèse projetées dans une flamme brûlent en donnant comme le fer de brillantes étincelles. 11 en est de même si on laisse tomber une pincée de cette poudre sur du chlorate de potasse en fusion. On voit les petits morceaux de métal courir à la surface du liquide et brûler avec beaucoup d'éclat.

Ce métal, chauffé très légèrement dans un courant de chlore ou de perchlorure de phosphore, devient incandescent et se transforme en protochlorure MnCl. Le manganèse provenant de la distillation de son amalgame décompose lentement l’eau à la température ordinaire, un peu plus rapidement à t00“. A cause de cette propriété, il est même difficile de le conserver à l’air. La moindre humidité l’oxyde et l’on ne retrouve souvent dans les flacons qui le contiennent que de l’oxyde rouge Mn^OL

En distillant cet amalgame dans un tube de verre traversé par un courant d’hydrogène et en ayant soin de ne dépasser que très peu la température d’ébullition du mercure, on obtient une poudre d’un gris noir qui devient incandescente au contact de l’air. C’est du manganèse pyrophorique. (Sur les oxydes métalliques de la famille du fer, par M. H. Moissan. Annales de physique et de chimie (o® série, t. XXI, p. 251.)

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