PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DU MANGANÈSE
Le manganèse est un métal pouvant présenter le brillant du fer et du chrome; lorsqu’il contient une petite quantité de fer et de carbone, il possède une couleur grise et son aspect rappelle alors celui de la fonte de fer. 11 est un peu moins dur que cette substance ; une lime d’acier trempée l’attaque. 11 est cassant et peut être facilement réduit en poudre au mortier d’Albicb. U fond à une température comprise entre le point de fusion du fer et celui du platine. Très fortement chauffé le manganèse est volatil.
Sa densité varie entre 6,85 et 8,015 d’après le mode de préparation. Sa chaleur spécifique est de 0,1217. Il n’est pas magnétique lorsqu’il ne contient pas de fer.
La solution de chlorure donne au spectroscope, avec dos étincelles courtes.
4 ENCYCLOPÉDIE CllIMIQüE.
les raies suivante.s : 601,8; 558,7; 535,9; 482,5; 478,3; 475,5; 446,2 et 405. Avec de longues étincelles, on obtient en plus des bandes dégradées à gauche dont les plus visibles sont : 558,7 et 556.
En pi’ésence de l’humidité de l'air, le manganèse s’altère et ne tarde pas à se transformer en oxyde ; au contact de l’eau froide il dégage de l’hydrogène et se délite rapidement en laissant un résidu d’oxyde. Ce métal doit donc être conservé dans l’huile de naphte ou dans des tubes scellés à la lampe. Le manganèse carburé est moins facilement oxydable.
Lorsque le manganèse a été obtenu par distillation de son amalgame à une température peu supérieure à 550“, il peut s’oxyder en présence de l’air avec incandescence; il est alors pyrophorique.
Si l’on projette des fragments de manganèse sur du chlorate de potasse en fusion, le métal s’oxyde et produit du permanganate. En répétant la même expérience avec de l’azotate de potasse fondu dont la température est plus élevée que celle du chlorate, il se produit du manganate vert qui se décompose à son tour, si l’on chauffe davantage, en fournissant du bioxyde de manganèse.
Les acides attaquent facilement le manganèse; en présence de l’acide sulfurique et de l’eau, il dégage de l’hydrogène, en contact a?vec l’acide azotique quadrihydraté, il produit du bioxyde d’azote. Dans les deux cas, la solution renferme un sel de protoxyde de manganèse. L’acide chlorhydrique très étendu et même l’acide acétique attaquent le manganèse avec dégagement d’hydrogène.
Maintenu au rouge sombre dans un courant de gaz acide chlorhydrique, le manganèse se transforme en protochlorure.
PRÉPARATION DU MANGANESE
1° Gahn a préparé le premier le manganèse métallique par la réduction d’un oxyde de manganèse par le charbon à haute température. Cette expérience se faisait dans un creuset brasqué et luté, chauffé pendant deux heures à une température aussi élevée que possible. Dans les expériences de Gahn, il avait été impossible de réunir les globules métalliques en un culoL bien fondu.
2“ John conseilla alors d’opèrer de la façon suivante : On commence par chauffer fortement du carbonate de manganèse dans un creuset bien fermé, afin d’obtenir du protoxyde de manganèse. Ce dernier composé est additionné d’huile, puis calciné, de façon à obtenir un mélange intime de charbon divisé et de protoxyde. La masse est triturée une seconde fois avec de l’huile et forme ainsi une pâte qui est divisée en boulettes. Ces dernières sont placées dans un creuset brasqué qui est rempli de charbon en poudre, puis chauffé pendant deux heures au feu de forge. Lorsque le creuset est refroidi, on y trouve un boulon de manganèse qui relient toujours une petite quantité de carbone et de silicium. John recommande de le refondre dans un creuset de charbon avec du borax, opération pendant laquelle le métal est très peu oxydé.
MOISSAX. — LE MANGAXÈSE ET SES COMPOSÉS. 5
11 devient ainsi plus fusible, acquiert plus de brillant et se trouve tellement dépouillé de charbon qu’il ne laisse pas de poudre noire quand on le dissout dans les acides. Il est probable que le métal ainsi préparé renferme une certaine quantité de borure de manganèse.
3“ Henri Sainte-Claire Deville a modifié ce procédé en employant le dispositif que nous avons décrit à propos de la préparation, du chrome et que nous allons rappeler en quelqnes lignes. Pour cette préparation on place sur une forge portative, munie d'un bon soufflet, un cylindre en terre réfractaire de
12 centimètres de diamètre intérieur. Dans le fond du cylindre est encastrée une grille percée de petites ouvertures qui ferme la cavité hémisphérique de la forge. Au milieu de cette grille on place un creuset en chaux non hydraulique, à parois épaisses, et dans l’intérieur de ce creuset, un autre contenant la matière à fondre. Le creuset extérieur est destiné à protéger le petit creuset contre l’action de la scorie formée dans la combustion du charbon (fig. 1).
Le double creuset est d’abord chauffé avec du charbon de bois, ü’ès lentement, pour ne pas fendiller la chaux. Lorsqu’il a été amené au rouge, on remplit le manchon d’escarbilles bien dépouillées de mâchefer, et l’on active la combustion au moyen du soufflet de la forge.
L’échauffement maximum se produit à 2 ou 5 centimètres de la grille et se maintient jusqu’à une hauteur de 7 à 8 centimètres ; c’est par conséquent dans cette zone que doit se tronver la matière à fondre. Une heure de chauffe suffit pour amener à l’état liquide toutes les matières qui ne sont pas plus réfractaires que le platine ou le quartz. Si l’on remplace les escarbilles par du charbon de cornue, on obtient une température plus élevée, mais il est prudent, dans ce cas, de recouvrir la grille de morceaux de chaux grossièrement concassés si l’on veut éviter sa fusion.
Voici maintenant les précautions à prendre pour obtenir du manganèse pur. On prend du bioxyde de manganèse ordinaire, on le mélange avec la moitié de son poids de sel ammoniac et l’on chauffe au rouge. On dissout dans l’eau