‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 10e cahierChapitre 69 sur 86 · MÉTHODE ELECTROLYTIQUE DE M. RICHE · texte numérisé non relu

MÉTHODE ELECTROLYTIQUE DE M. RICHE

Les nombreuses analyses que j’ai exécutées dans les recherches que je poursuis depuis plusieurs années sur les alliages, m’ont conduit à modifier et à simplifier le mode de dosage de plusieurs métaux, et c’est l’ensemble de ces perfectionnements qui fait l’objet du présent mémoire.

La métliode dont je fais usage repose sur l’emploi du courant électrique. Elle est simple, rapide et très pratique, car les opérations s’exécutent en quelques heures sans qu’on ait pour ainsi dire besoin de s’en occuper, si ce n’est pour les mettre en marche et pour les arrêter. Elle est économique, parce quelle n'exige qu’un ou deux éléments de pile de petites dimensions. Elle est d’une grande exactitude, souvent d’une rigueur absolue, comme l’établissent les nombreuses synthèses détaillées dans ce mémoire.

Cette méthode s’applique au manganèse, au plomb, au cuivre, au nickel et au zinc. Le cuivre et le nickel se dosent déjà par la pile dans quelques laboratoires, mais j’ai modifié la manière d’opérer.

Les piles dont je fais ordinairement usage sont la pile Bunsen et la pile Leclanché. On peut remplacer avec avantage la première par la pile Mariè- Davy dont l’emploi est plus pratique : à deux éléments Bunsen on substitue trois éléments Marié-Davy.

L’appareil où se passe l’action décomposante sur la solution saline, se compose d’un creuset de platine ; de la dimension usuelletnent employée dans les laboratoires et d’une lame de platine dans le cas du plomb, du cuivre, du zinc et du nickel. Cette lame est taillée en tronc de cône ouvert aux deux extrémités, reproduisant sensiblement la forme du creuset dans lequel elle doit être suspendue sans le loucher ; elle constitue le pôle négatif et le creuset le pôle positif. Ce cône porte deux ou trois ouvertures longitudinales de petites dimensions; par ce moyen, le liquide reste homogène et le courant passe régulièrement. L’écartement entre le cône et le creuset est de 2 à 4 millimètres.

Dans le cas du manganèse le cône est remplacé par un fil de platine contourné en spirale.

Le cône ou fil de platine est suspendu, sans le toucher, dans le creuset, au moyen d’un support qui se compose d’une tige de verre plein, verticale, assujettie dans un trépied en fonte de fer B. Sur ce montant isolant s’adaptent par le moyen de vis : 1“ un anneau en laiton, dans lequel se place le creuset qui s’y trouve légèrement pressé au moyen d’une vis. Une petite ouverture, pratiquée- à l’extrémité droite de la tige horizontale qui supporte le creuset, reçoit le fil de cuivre qui est lié au pôle charbon, et que l’on fixe au moyen d’une vis ; 2» une tige en laiton, portant deux ouvertures dans lesquelles pénètre

198 E>XYCLOPÉDIE CHIMIQl’E.

une vis : l’une permet de suspendre le cône de platine dans le creuset, l’autre reçoit le fil de cuivre qui communique au pôle zinc. Afin de maintenir toujours les contacts aussi parfaits que possible, le laiton est platiné ou doré. Pour empêcher les projections de liquide, on recouvre le creuset de deux demidisques provenant d’un verre de montre coupé en deux parties. Quand on opère à chaud, le creuset est placé dans une capsule pleine d’eau disposée sur un fourneau ou sur un bec de gaz.

Tout autre appareil en verre ou en porcelaine dans lequel seraient les deux lames de platine communiquant avec les pôles de la pile, pourrait remplacer celui-là.

Dans certains cas où j’avais besoin d’une action rapide, le pôle positif se composait, outre ce treillage en platine qui est à l’extérieur du pôle négatif, d’une spirale de platine intérieure au pôle négatif.

Si l’on expose à l’action de un ou de deux éléments Bunsen une solution de sulfate, de nitrate ou de chlorure de manganèse, il se forme au pôle positif du bioxyde de ce métal, qui se détache et flotte ou qui se dépose. De temps à autre on soulève les verres pendant les premiers temps de passage du courant, et l’on injecte de l’eau avec une pissette pour détacher les gouttelettes liquides entraînées sur le verre par les bulles de gaz. Si l’on avait un appareil un peu profond ou qu’on voulût préparer du bioxyde de manganèse, on emploierait trois éléments pour avoir une séparation rapide.

Lorsque ta liqueur ne renferme qu’une petite quantité de manganèse, on ne fera usage que d’un seul élément.

Quand on a constaté par l’essai de quelques gouttes de liqueur, au moyen du sulfhydrale d’ammoniaque, qu’elle ne contient plus de manganèse on laisse passer le courant pendant une demi-heure encore pour être bien certain que tout l’oxyde est précipité, on décante la liqueur sur un filtre sans chercher à y faire tomber l’oxyde et on lave avec soin le creuset, la spirale et le filtre.

On place le filtre et la spirale dans le creuset, que l’on sèche et que l’on porte ensuite au rouge vif pour changer le bioxyde en oxyde salin. 11 est nécessaire de recommencer l’opération jusqu’à ce que deux pesées consécutives accusent le même poids. Si l’on a pris la tare du creuset et de la spirale ensemble, et qu’on y ajoute le poids de la cendre du filtre, on a les éléments pour calculer le poids du manganèse.

Lorsqu’on opère en liqueur sulfurique, la spirale négative reste intacte, et l’on n’a pas à calciner dans le creuset. C’est seulement dans une solution nitrique que du bioxyde se fixe sur la spirale. Ce fait est lié à la décomposition de l’acide nitrique ; sous l’influence du courant l’acide azotique est attaqué par l’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau, et se décompose en oxydes inférieurs, puis en ammoniaque. Cette action est rapide, car, après huit heures, une solution d’azotate de manganèse, additionnée de 7 centimètres cubes d’acide azotique, est devenue alcaline. Le dépôt adliérent sur le fil négatif se produit lorsque la liqueur s’affaiblit en acide et devient ammoniacale.

Cette précipitation sur le pôle négatif n’a pas d’inconvénient lorsqu’il s’agit de doser ce métal dans un de ses sels ou dans tout autre produit qui ne contient plus que du manganèse comme dans un bronze au manganèse où l’on

a déterminé le cuivre ; il n’en est plus de même si l’on dose le manganèse en présence d’un sel de magnésie ou d’alumine, parce qu’il arriverait un instant où il n’existerait plus assez d’acide pour tenir ces bases en dissolution, et alors on aurait une surcharge de manganèse.

Dans ces cas il convient donc d’agir en liqueur sulfurique pour des recherches rigoureuses.

Voici quelques résultats obtenus avec une solution sulfurique de manganèse, dont 10 centimètres cubes représentaient 0*%a96 Mn=0*.

Page 1