‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 10 sur 233 · CARBONATE DE PROTOXYDE D’URANIUM · texte numérisé non relu

CARBONATE DE PROTOXYDE D’URANIUM

On n’a pas pu l’obtenir. — Lorsqu’on verse un carbonate alcalin dans une solution de protochlorure d’uranium, il se dégage de l’acide carbonique et il se dépose de l’hydrate de protoxyde; avec du sulfate, uraneux on obtient un dépôt de sous-sulfate. L’hydrate de protoxyde d’uranium se dissout en petite quantité oans les carbonates alcalins, mais sans donner de liqueur verte, et il se dépose dès que la solution cesse d’être saturée d’acide carbonique.

§ 17. — BORATE DE PROTOXYDE D’URANIUM

Précipité gris vert qui se forme par voie de double décomposition ; quand on le lave, il cède son acide à la liqueur et laisse de l’hydrate de protoxyde d’uranium.

§ 18. — FORMIATE DE PROTOXYDE D’URANIUM

Le formiate de soude ne donne aucun précipité dans le protochlorure d’uranium, mais il suffit de chauffer la liqueur pour que le formiate se dépose; il contient U0,C 2 H0 3 , et se dissout dans le formiate alcalin en excès.

§ 19. — ACÉTATE DE PROTOXYDE D’üRANIUM

On l’obtient quand on laisse évaporer lentement une solution d’hydrate de protoxyde d’uranium dans l’acide acétique. Il se dépose des aiguilles fines, vert foncé, souvent groupées en mamelons. Leur composition répond à la formule C 4 H 3 0 3 (U0),C 4 H‘0 4 . Au contact de l’air il s’altère, absorbe de l’oxygène et donne des cristaux mamelonnés formés de petites aiguilles vert foncé d’un acétate double de protoxyde et de sesquioxyde d’uranium.

§ 20. — OXALATES DE PROTOXYDE D’URANIUM

Ovula.,- neutre [C 4 U 2 0 8 ,6H0 = C 4 0 fl , (UO) 2 ,6HO]. — On l’obtient par l’action de l’acide oxalique sur une solution de protochlorure d’uranium, le précipité qui prend naissance est lavé plusieurs fois à l’eau bouillante, afin d’enlever l’oxalate de sesquioxyde qu’il peut contenir. Il se présente sous la forme d’une poudre blanche, légèrement verdâtre, très peu soluble dans l’eau froide ou chaude, et ne s’altère pas à l’air à la température ordinaire, mais dans le vide il perd 4 équivalents d’eau de cristallisation. Il se dissout très difficilement dans l’acide chlorhydrique; la potasse et l’ammoniaque le décomposent entièrement.

Oxaiate adde [C 4 U*0 8 ,2(C*HU0 8 )]. — On l’obtient en faisant bouillir longtemps le sel précédent avec de l’acide oxalique: c’est une matière insoluble dans la liqueur au milieu de laquelle elle se forme.

Une petite quantité d’hydrate de protoxyde d’uranium se dissout dans une solution d’acide oxalique en donnant une liqueur verte, ce qui semble, indiquer l’existence d’un oxaiate plus acide que le précédent. En ajoutant une plus grande quantité d’oxyde hydraté, la liqueur se décolore, et tout se précipite à l’état d’oxalate neutre.

Oxalate double de protoxyde d'uranium et de potassium. — En faisîUlt

bouillir de l’hydrate de protoxyde d’uranium récemment précipité avec une solution de bioxalate de potasse, la liqueur verdit légèrement et on obtient l’oxalate double sous la formed’une poudre gris vert contenant[C 4 K s 0 8 ,5C 4 U a 0 8 ,10HO].

Oxalate double de protoxyde d’uranium et d’ammonium. — Il s’obtient

comme celui de potasse, mais avec le bioxalate d’ammoniaque; le sel est soluble dans l’eau et donne une solution vert foncé, qui, par l’évaporation, laisse une masse cristalline verte qui renferme [C 4 (AzH 4 ) a 0 8 ,C 4 U a 0 8 ,2H0].

§ 21. — SUCCINATE DE PROTOXYDE D’üRANIUM Poudre vert foncé qui se produit par voie de double décomposition.

§ 22. — TARTRATES DE PROTOXYDE D’üRANIUM

Quand on verse goutte à goutte de l’acide tartrique dans une solution de protochlorure d’uranium, on obtient une liqueur verte et un précipité gris ver qui, après dessiccation à l’air, contient :

C 8 U î (H s 0‘ 2 ) ! (0‘) a ,C 8 UH(H 4 0 s ) , (0‘) î ,6 HO = C 8 H 4 O i0 2UO,C 8 H*O‘°,UOHO,6 HO.

Ce composé est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’acide chlorhydrique, et la liqueur évaporée constitue un sirop vert qui renferme du tartrate acide de protoxyde d’uranium et du protochlorure; une solution alcaline précipite de cette liqueur le sel primitif inaltéré. A 100 degrés il perd de l’eau et laisse un résidu qui renferme : 2 [C 8 H 4 O‘°2UO,C 8 H‘O 10 UOHO],3HO.

Tartrate double de potasse et de protoxyde d’uranium. — En faisant digérer le tartrate précédent avec une solution de tartrate neutre de potasse, ou en faisant bouillir de l’hydrate de protoxyde d’uranium avec du bitartrate de potasse, on obtient une liqueur verte qui se réduit par l’évaporation en une masse noire brillante; celle-ci, reprise par très peu d’eau, laisse du bitartrate de potasse, et donne une liqueur qui, évaporée de nouveau, abandonne un résidu qui renferme 2(C 8 H 4 O 10 2KO),(C 8 H 4 O“>2UO),4UO,2HO. La solution de ce sel est précipitée par la potasse caustique, mais elle ne l’est ni par l’ammoniaque ni par les carbonates alcalins.

Avec le bitartrate d’ammoniaque on obtient un sel double tout semblable à celui de potasse.

SESQUIOXYDE D'URANIUM

§ 23. — SESQUIOXYDE CRISTALLISÉ

Une solution d’acétate d’uranyle à 2 pour 100 chauffée une centaine d’heures à 175 degrés dans un tube scellé, donne de l’acide acétique et du sesquioxyde d’uranium cristallisé que l’on débarrasse par lévigation de la silice enlevée aux tubes. Cet oxyde est hydraté et présente la formule U’0 3 ,H0.

Les cristaux de sesquioxyde d’uranium hydraté sont des prismes à 6 pans, tellement surbaissés quelquefois, qu’ils présentent l’aspect de tables hexagonales. Us appartiennent au système hexagonal ; les angles sont de 120 degrés.

On rencontre aussi des cristaux groupés en sphérolites et qui présentent dans la lumière polarisée la croix noire que donnent également les sphérolites de calcédoine et de calcite, substances qui toutes deux cristallisent dans le système hexagonal (Riban).

§ 24. — SESQUIOXYDE HYDRATÉ AMORPHE

On peut l’obtenir de différentes façons :

1° On chauffe du nitrate d’urane au bain de sable jusqu’à ce qu’il ne dégage plus d’acide nitrique, puis on traite par l’eau bouillante la masse jaune poreuse que l’on obtient jusqu’à ce que cette eau ne lui enlève plus rien. Il reste une poudre jaune insoluble qui ne retient pas d’acide nitrique et qui est de l’hydrate de sesquioxyde d’uranium (Berzelius).

2° On fait bouillir une dissolution de carbonate double d’ammoniaque et de sesquioxyde d’uranium ; il se dépose du sesquioxyde hydraté renfermant environ 2 centièmes d’ammoniaque; le précipité, abandonné dans un flacon mal bouché, perd son ammoniaque, et il reste un hydrate U 4 0 3 ,2H0 (Ebelmen).

3° On expose à la lumière solaire une solution aqueuse d’oxalate de sesquioxyde d’uranium ; elle se trouble bientôt et dépose, au bout de quelque temps, des flocons brun violacé; il se dégage en môme temps un mélange à proportions variables d’acide carbonique et d’oxyde de carbone. Quand l’oxalate est entièrement décomposé, la liqueur se décolore, s’éclaircit, tout l’acide oxalique a disparu et le précipité violacé commence à jaunir ; on le met sur un filtre et on l’abandonne à l’air; il s’oxyde très rapidement et se change en une matière jauneserin qui est l’hydrate de sesquioxyde U 4 0 3 ,2H0 (Ebelmen).

4° On dissout de l’azotate d’urane dans de l’alcool absolu et on évapore doucement, sans aller jusqu’à l’ébullition. Lorsque la liqueur atteint un certain degré de concentration, un mouvement tumulteux se manifeste, il se dégage un mélange de vapeurs nitreuses, d’aldéhyde, d’acide formique, d’éther nitreux, et il reste une masse spongieuse, jaune orangé, qui, traitée par l’eau, lui abandonne de l’azotate non décomposé, et laisse une matière jaune-serin insoluble.

L’URANIüM ET SES COMPOSES. 15

Celle-ci, lavée à l’eau bouillante jusqu’à cessation de toute réaction acide, renferme U 2 0 3 ,H0 (Malaguti).

Propriétés. — L’hydrate U 2 0 3 ,2H0 est une poudre jaune clair très soluble dans les acides avec lesquels il forme des solutions jaunes. Chauffé à 100 degrés au contact de l’air, il devient d’un jaune plus intense et perd la moitié de son eau ; à la température ordinaire il ne s’altère pas à l’air et n’en attire pas l’acide carbonique.

L’hydrate U 2 0 3 ,H0 n’est pas décomposé dans le vide sec, ni dans l’air sec à 100.degrés. Sa densité est 5,926 à 15 degrés; quand on le chauffe, il perd de 1 eau et devient d’un brun plus ou moins foncé, suivant la température. D’après Ebelmen, la totalité de son eau s’échappe à 300 degrés, en laissant dusesquioxyde anhydre ; d’après Malaguti, il en renferme encore à 400 degrés, et il ne peut pas a perdre entièrement sans laisser dégager en même temps une partie de son

oxygène.

Le sesquioxyde d’uranium n’est pas magnétique (Faraday) ; chauffé, il se décompose et donne de l’oxyde vert U 3 0*.

L’hydrate de sesquioxyde se dissout dans les carbonates et dans les bicarbo-f oates alcalins, surtout dans le carbonate d’ammoniaque ; cette propriété tient à ^ formation de carbonates doubles solubles dans l’eau (§ 36).

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