‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 11 sur 233 · CONSTITUTION DES SELS FORMÉS PAR LE SESQUIOXYDE D’URANIUM · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DES SELS FORMÉS PAR LE SESQUIOXYDE D’URANIUM

Le sesquioxyde d’uranium se dissout dans tous les acides et donne des liquides jaunes, qui par l’évaporation abandonnent des sels nettement cristallisés ; Mais ces combinaisons n’obéissent pas aux lois générales de la composition des sels. Aucune d’elles n’a la composition normale des sels de sesquioxyde, et cette circonstance a conduit M. Péligot à envisager ces composés d’une manière blute particulière.

Le protoxyde d’uranium se comporte en effet avec les acides comme un protoxyde ordinaire, il se combine avec eux à équivalents égaux pour donner des sels neutres ; mais, quand on le met en contact avec le chlore, il n’agit plus de même : il peut se combiner intégralement à ce gaz et donner naissance à un composé ternaire qui, lui, se comporte absolument comme un chlorure; c’est Ainsi que, par exemple, il s’unit avec les chlorures alcalins pour donner des chlorures doubles doués de tous les caractères que présentent les chlorures doubles ordinaires. Non seulement le chlore se combine au protoxyde d’ura- Dium pour donner le composé (U S 0 8 )C1, mais d’autre part, en agissant sur le sesquioxyde, l’acide chlorhydrique produit non pas un sesquichlorure, mais le même corps (IPCPlCl.

Considérons maintenant les sels formés par les acides oxygénés avec le sesquioxyde d’uranium, nous voyons que tous rentrent dans la formule (U s 0 s )0,A, tandis que si ce corps était comparable aux sesquioxydes de fer, de chrome ou

d’aluminium, 1 rs sels neutres devraient renfermer 3 équivalents d’acide; ajoutons enfin qu’il existe un émétique (tartrate d’antimoine et d’un protoxyde) dans lequel entre le sesquioxyde d’uranium, mais il y remplace les protoxydes de potassium ou de sodium, et non pas le sesquioxyde d’antimoine.

Ces considérations ontconduitM.Péligot à considérer le sesquioxyde d’uranium non pas comme un sesquioxyde U 2 0 3 , mais comme le protoxyde (U 2 0 2 )0 d’un radical oxygéné U 2 0 2 qui joue en effet partout le rôle d’un métal, et auquel il a donné le nom A'uranyle. Le protoxyde qui fait partie constituante des sels de protoxyde d’uranium est-il identique à celui qui forme l’uranyle, on bien y a-t-il là deux états différents de condensation du protoxyde, les deux hypothèses sont acceptables; cependant ce que l’on constate avec d’autres corps conduirait plutôt à admettre l’existence de deux états différents de condensation du protoxyde d’uranium.

Quoi qu’il en soit, nous envisagerons avec M. Péligot les sels de sesquioxyde d’uranium comme dérivant d’un protoxyde, en réservant le nom de protoxyde d’uranium à la base des sels verts, et en appelant oxyde d’uranyle le composé (U 2 0 2 )0 = U 8 0 3 dans lequel le groupement U 2 0 2 = 2U0 se conduit comme un métal ; cette hypothèse a l’avantage de donner aux sels jaunes d’uranium une composition analogue à celle des autres composés métalliques; leur étude va nous montrer du reste que, si nous ne pouvons démontrer que le radical aranyle a une existence réelle, tout se passe au moins comme s’il existait.

SELS D’URANYLE

Page 1