I0 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
chose dont l’invention ne lui appartient en rien. Il le préparait en distillant un mélange de 4 parties de sublimé corrosif avec I d’amalgame d’étain [Libavius, Alchymia pharmaceutica, XXVI (1597) ; — Syntagma arcanor. chymicor., lib. III, cap. xiv].
Préparation. — Le bichlorure d’étain se prépare ordinairement en faisant passer un courant de chlore en excès sur de l’étain maintenu en fusion; la combinaison s’effectue avec dégagement de chaleur et de lumière :
Sn + Cl 2 = SnCl 2 liquide + 64,6 calories.
En plaçant l’étain dans une petite cornue tubulée chauffée par un bain de sable, et faisant arriver le courant de chlore à 1 centimètre environ du métal fondu, celui-ci brûle avec flamme, et le chlorure passe dans un récipient adapté à la cornue. Ainsi obtenu, il est saturé de chlore; mais il suffit de le redistiller dans un vase bien sec, avec un excès d’étain qu’il n’attaque pas, pour l’obtenir entièrement pur.
On peut l’obtenir encore en dirigeant un courant d’acide chlorhydrique sur delà grenaille d’étain recouverte d’une couche d’acide sulfurique fumant; il se forme d’abord de l’acide chlorosulfurique, puis celui-ci attaque l’étain avec dégagement d’acide sulfureux ; le liquide recueilli dans le récipient se sépare en deux couches : l’inférieure est de l’acide chlorosulfurique, et la supérieure du bichlorure d’étain pur.
Propriétés. — Le bichlorure d’étain est un liquide incolore, plus lourd que l’eau; sa densité à 20 degrés est 2,2328. Sa densité de vapeur est 9,1997 à 124 degrés, de sorte qu’un litre de vapeur pèse 11 3 '', 9514. Son indice de réfraction est 1,5070 pour les rayons rouges; 1,5225 pour les rayons jaunes ; 1,5318 pour les violets.
Sa chaleur spécifique à l’état liquide entre zéro et 20 degrés est 0,1476; sa chaleur latente de volatilisation rapportée au gramme, est —0,02923; la chaleur spécifique de sa vapeur, mesurée sous pression constante entre 149 et 274 degrés, a été trouvée égale à 0,09539.
Il bout à 120 degrés sous la pression de 767 millimètres.
Le bichlorure d’étain agit comme un simple dissolvant sur un grand nombre de corps. Il se mêle en toutes proportions avec le brome et le sulfure de carbone, et dissout à peu près les mêmes corps que ce dernier liquide, mais en de plus faibles proportions :
100 gr. de bichlorure d’étain dissolvent à 90“,3.... 6,8 de soufre solide,
— 112.. 9,9 de soufre liquide.
L’iode s’y dissout notablement à chaud, et cristallise par refroidissement ; le phosphore fait de même, mais il se sépare à l’état liquide et se prend en une
A. DITTE. — L’ÉTAIN ET SES COMPOSÉS, masse solide sans cristalliser ; le soufre amorphe s’y dissout par une ébullition prolongée, et il se dépose des octaèdres par refroidissement. Le phosphore rouge y est insoluble ainsi que le tellure, l’arsenic, l'antimoine, le bismuth, les oxydes et les chlorures métalliques.
Il attaque le mercure, même lorsqu’il ne contient pas de chlore en excès; toutefois la réaction est limitée à de fort petites quantités de matière, et l’altération du métal n’est manifestée que par une légère pellicule qui recouvre sa surface. M. Dumas a constaté qu’il se forme du chlorure de mercure et du protochlorure d’étain :
SnCl s liquide -j- Hgr = SnCI solide + HgCl solide + 7 calories.
Action de l’eau. — Si l’on fait passer un mélange de vapeurs de bichlorure d’étain et d’eau dans un tube chauffé au rouge, on obtient de l’acide chlorhydrique et du bioxyde d’étain cristallisé.