‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 106 sur 233 · BICHLORURE D’ÉTAIN HYDRATÉ · texte numérisé non relu

BICHLORURE D’ÉTAIN HYDRATÉ

Le bichlorure d’étain répand à l’air humide d’épaisses fumées blanches, et se combine à l’eau en donnant un grand dégagement de chaleur ; on a :

SnCI 3 liquide + Eau en excès = SnCI 2 dissous + 14,1 calories.

11 se produit également quand on dissout du bioxyde d’étain hydraté dans de l’acide chlorhydrique :

SnO* gélatineux + 2HC1 dissous = SnCI* dissous + 2HO + 1,5 calories.

Hydrate* de bichlorure d’étain. — Il existe plusieurs hydrates: 1» Quand on ajoute du bichlorure d’étain goutte à goutte à de l’eau, il se transforme, Avant de se dii^ïidre, en une masse cristalline qui renferme SnCI 3 ,3 HO. Cet hydrate se forme lentement dans les flacons mal bouchés contenant du bichlorure; il s’attache sous la forme d’une croûte blanche au-dessous du bouchon, mais souvent aussi il se dépose en magnifiques cristaux rhomboédriques. transparents et très brillants, contre les parois supérieures des flacons.

Quand on verse de l’eau peu à peu dans du bichlorure d’étain, le liquide se sépare en deux couches, et il arrive un moment où la partie aqueuse est plus dense que le chlorure non attaqué, ce qui prouve que la combinaison est accompagnée d’une contraction considérable; en effet, une solution qui renferme 10 centièmes de bichlorure, n’occupe que les 82 centièmes de la somme des volumes de l’eau et du bichlorure qui ont servi à la former; sa densité est "1,973. L’hydrate SnCI 3 ,3 HO est plus dense que le bichlorure d’étain lui-même.

Les cristaux de SnCI 3 ,3 HO perdent un équivalent d’eau dans le vide.

2° Une liqueur faite avec un équivalent de bichlorure d’étain et A d’eau

dépose, quand on l’évapore au-dessous de 30 degrés, des cristaux dont la formule est SnCP, 4 HO.

3° L’hydrate le plus facile à obtenir renferme SnCP, 5 HO, et se dépose d’une solution aqueuse quelconque que l’on concentre, en cristaux opalins, déliquescents, qui fondent sous l’action dé la chaleur; exposés dans le vide, ils perdent 3 équivalents d’eau et se changent en SnCP, 2 fIO.

Ce bichlorure d’étain hydraté se prépare pour l’industrie, qui l’utilise sous le nom A'oxymuriate d'étain; on se sert à cet effet des eaux mères de la préparation du protochlorure (§ 101). On verse ces eaux mères marquant 60 degrés B. dans des vases de grès, on chauffe à 40 degrés, et on ajoute par petites portions de l’acide azotique; chaque addition détermine une vive etfervescence de vapeurs nitreuses ; bientôt une réaction plus violente se manifeste, un dégagement tumultueux de gaz a lieu, et la liqueur, jusque-là grisâtre, devient tout à coup limpide et jaune d’or. C’est l’indication que l’opération est terminée, que tout le protochlorure d’étain est devenu bichlorure ; la liqueur marquant 70 degrés B. se prend par refroidissement en une masse homogène de cristaux, renfermant SnCP,5H0.

4° Si l’on évapore une solution aqueuse dans le vide, et à très basse température, on obtient des cristaux volumineux incolores qui renferment SnCP, 8 HO. Une partie de cette eau se dégage dans le vide.

Propriétés. — Le bichlorure d’étain hydraté est soluble dans l’eau, et donne des liqueurs plus ou moins denses selon leur degré de concentration. On trouve:

SnCl*,5HO

pour 100. Densité.

Une solution aqueuse de bichlorure d’étain se décompose par l’évaporation ; elle dégage de l’acide chlorhydrique et laisse un résidu de bioxyde d’étain. L’étain s’y dissout en la transformant en protochlorure. On a, en effet :

SnCP dissous + Sn =2 SnCl dissous + 2,5 calories.

Une solution de bichlorure d’étain, bouillie avec du cuivre métallique, se transforme aussi en protochlorure.

L’hydrate de protoxyde d’étain se dissout très facilement dans une solution de bichlorure ; en prenant les deux corps à équivalents égaux, il se forme du protochlorure d’étain, et du bioxyde qui reste dissous dans l’excès de bichlorure :

SnCl* dissous + 2SnO hydraté — 2 SnCl dissous + SnO* hydraté + 0,6 calories. *

On obtient dans cette opération un liquide épais, qui dépose, quand on le refroidit à zéro, des aiguilles très déliquescentes d’un hydrate de protochlorure d’étain, SnCl, 4 HO (§ 401), qui fondent à 50 degrés.

En ajoutant à la liqueur un excès de protoxyde d’étain, il arrive un moment où tout se prend en masse ; la liqueur filtrée ne contient plus alors de bichlorure d’étain, elle abandonne par cristallisation du SnCl, 2 HO, et ce qui reste sur le filtre est un mélange de bioxyde d’étain avec l’excès de protoxyde employé.

L’acide métastannique gélatineux se dissout dans une solution chaude et acide de bichlorure d’étain; il donne une liqueur brune qui, par refroidissement, se prend en une masse de petits cristaux nacrés, auxquels Tschermak attribue la formule Sn«0“Cl“, 10 HO ; la composition très voisine, 8 (SnO 2 , SnCl 2 ), 10 HO paraît plus vraisemblable. Ces cristaux sont solubles dans l’eau et l’alcool; leur solution se décompose par la chaleur en déposant de l’acide stannique.

Usages. — Le bichlorure d’étain hydraté est employé dans l’industrie sous le nom A’oxymuriate d’étain, de composition ou de mordant d’étain. Il sert comme mordantdans la teinture des laines en rouge écarlate, et dans celle du coton en rouge du Brésil, de Sainte-Marthe, de Nicaragua, ou en jaune de quercitron ; on l’emploie encore pour préparer les toiles qui doivent recevoir les couleurs-vapeur, et aussi pour faire des couleurs d’application. Dans ces derniers cas, on lui substitue souvent une matière connue dans l’industrie sous le nom de pink sait ou sel d’étain pour rose; c’est un chlorostannate obtenu en dissolvant dans l’eau équivalents égaux de bichlorure d’étain et de chlorure de potassium ou de sodium, et plus généralement de chlorhydrate d’ammoniaque (§ 121 à 123).

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