‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 108 sur 233 · BICHLORURE D’ÉTAIN ET ACIDE CYANHYDRIQUE · texte numérisé non relu

BICHLORURE D’ÉTAIN ET ACIDE CYANHYDRIQUE

Quand on fait arriver de l’acide cyanhydrique gazeux dans du bichlorure d’étain, on obtient un composé cristallin blanc, volatil et fumant à l’air ; sa formule paraît être SnCr 2 ,HCy.

§ 113. — CHLOROPHOSPHURE DÉTAIN (PllCl 5 , 2 SnCl s )

On obtient cette combinaison en chauffant doucement dans un courant d’acide chlorhydrique, un mélange de chlorosulfure d’étain et de protochlorure de phosphore:

2(SnCl s ,2SCl) + PhCl 3 = 2SnCP,PhCl 5 + 2S*C1.

Il distille dans le récipient une masse pâteuse, jaunâtre, mélange de chlorure de soufre, de perchlorure de phosphore et du composé 2 SnCl 2 , PhCl 5 , tandis qu’il reste dans la cornue un mélange des deux derniers ; on les sépare par distillation, le chlorure de soufre passe vers 139 degrés, celui de phosphore vers 160 degrés, et le sel double entre 200 et 220 degrés.

On peut l’obtenir aussi en faisant agir directement le perchlorure de phosphore sur le bichlorure d’étain.

Quand on chauffe de l’étain avec un excès de perchlorure de phosphore, la réaction s’opère très tranquillement ; il se forme du trichlorure de phosphore et un produit blanc qui se sublime après que tout le perchlorure de phosphore a été chassé, c’est le composé PhCl 6 , 2(SnCl 2 ) ; on a :

3 PhCl 5 -f- 2Sn = PhCl 5 , 2 (SnCl 8 ) +2 PhCl 3 .

Avec un excès d’étain, on n’aurait que du trichlorure de phosphore et du bichlorure d’étain.

Propriétés. — Le chlorophosphure d’étain est un corps solide, d’une odeur particulière et pénétrante ; il se sublime vers 200 degrés en cristaux incolores, très brillants, qui, même dans des vases fermés hermétiquement, se changent

rapidement en une poudre amorphe; il répand à l’air des fumées blanches et attire l’humidité en se transformant en cristaux incolores, transparents, que Casselmann regarde comme un hydrate de chlorophosphure d’étain.

L’eau le décompose avec dégagement de chaleur en donnant une dissolution qui renferme du bichlorure d’étain, de l’acide chlorhydrique et de l’acide phosphorique ; si l’on ajoute beaucoup d’eau et qu’on chauffe légèrement, on obtient un précipité gélatineux, contenant de l’acide phosphorique et du bioxyde d’étain.

§ H4. — BICHLORURE d’ÉTAIN ET BIOXYDE D’AZOTE

Le bichlorure d’étain absorbe le bioxyde d’azote en donnant un composé solide, jaune, qui se produit également avec l’acide hypoazotique, et qui contient: SnCl 2 ,AzO s . C’est une matière jaune, déliquescente, que l’eau détruit avec formation de bioxyde d’azote; la chaleur en dégage des composés oxydés et chlorés de l’azote et laisse un résidu de bioxyde d’étain.

Quand on fait passer des vapeurs d’eau régale desséchées à l’aide de chlorure de calcium, dans du bichlorure d’étain, on obtient des octaèdres brillants, jaune clair, volatils sans décomposition, fumant à l’air, et décomposés par l’eau avec dégagement de bioxyde d’azote. Ces cristaux renferment, d’après Weber, SnCl 2 ,2Az0 2 Cl; d’après Hampe, 3SnCl 2 ,4Az0 2 CI.

§ 115.— BICHLORURE D’ÉTAIN ET AMMONIAQUE (SnCl 2 ,2 AzH 3 )

En saturant le bichlorure d’étain avec du gaz ammoniac, on obtient une poudre incolore, que l’on débarrasse par sublimation d’un léger excès du gaz alcalin. Cette matière se volatilise sans altération, surtout dans une atmosphère d’hydrogène ; l’eau ne la décompose pas immédiatement, en apparence elle la dissout, mais au bout de quelques jours, ou tout de suite sous l’influence de la chaleur, la dissolution devient gélatineuse ; évaporée dans le vide en présence d’acide sulfurique, elle donne un produit sec et cristallisé, que l’on peut sublimer de nouveau sans altération.

Le phosphure d’hydrogène n’agit pas à froid sur ce composé ; mais, si l’on chauffe doucement, la matière devient rougeâtre à la surface, perd de l’ammoniaque et se transforme partiellement en une combinaison de phosphure d'hydrogène et de bichlorure d’étain.

§ 116. — BICHLORURE ü’ÉTAIN ET PHOSPHURE D’HYDROGÊNE (SnCl*, PhH 3 )

Ce composé se produit quand on traite le bichlorure d’étain par de l’hydrogène phosphore. C’est un corps solide, jaune, qui fume à l’air et en absorbe l’humidité ; il se décompose sous l’influence de la chaleur en acide chlorhydrique, phosphore et prolochlorure d’étain. L’eau le détruit immédiatement en donnant

du uhosphure d’hydrogène et un précipité jaune, que Rose regarde comme du phosphure d’étain (§ 96), tandis que la liqueur retient du chlorure d’étain. Une dissolution d'ammoniaque en dégage du phosphure d’hydrogène spontanément inflammable.

§ li7. — BICHLORURE d’ÉTAIN ET ALCOOL

Le bichlorure d’étain se combine avec l’alcool pour donner le composé C*H 6 0 8 , SnCl 8 , qui se détruit peu à peu en donnant de l’éther chlorhydrique. On le prépare facilement en mélangeant le chlorure et l’alcool anhydres, refroidis tous deux au-dessous de zéro; le liquide qu’on obtient ainsi, évaporé dans le vide en présence d’acide sulfurique et de potasse, donne au bout de quelques jours de petits cristaux prismatiques solubles dans l’alcool anhydre, sans décomposition, ce qui permet de les purifier par une seconde cristallisation dans ce liquide.

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