COMBINAISONS FORMÉES PAR LE BICHLORURE D'ÉTAIN ANHYDRE
§ 108. — BICHLORURE d’ÉTAIN ET ACIDE SULFHYDRIQUE
Le bichlorure d’étain absorbe l’hydrogène sulfuré sans perdre son état liquide ; il se forme de l’acide chlorhydrique, et un liquide qui a pour formule, d’après M. Dumas, SnS 2 ,2 SnCl*. Sous l’influence de la chaleur, il se décompose en donnant des vapeurs de bichlorure d’étain, et un résidu de bisulfure; versé goutte à goutte dans l’eau, il donne un précipité de bisulfure, et une dissolution de bichlorure d’étain.
§109. — CHLOROSULFURE d’étain [SnCl 8 , 2 (SGI)]
II se produit dans l’action du chlore sur le bisulfure d’étain ; pour cela, on fait passer un courant de chlore bien sec sur du bisulfure d’étain contenu dans un tube de verre à la température ordinaire ; le sulfure fond en un liquide brun qui, chauffé doucement dans le courant de chlore, distille sous la forme d’une huile jaune qui cristallise par refroidissement ; on chasse le chlore par un courant d’air sec et on ferme le tube à la lampe.
On obtient le même composé en mélangeant directement dubichlorure d’étain avec du chlorure de soufre S 2 C1 ; il se forme du SCI qui s’unit au chlorure d’étain, et du soufre que l’on sépare par distillation.
Propriétés. — Le chlorosulfure d’étain se présente en beaux cristaux brillants, jaune d’or, qui fondent vers 40 degrés ; la chaleur les décompose rapidement avec un vif dégagement de chlore, il distille en même temps du chlorure de soufre et du bichlorure d’étain, et il reste dans le vase un mélange de souschlorure de soufre et de bichlorure d’étain qui ne se volatilise qu’entre 110 et 120 degrés.
A l’air, il donne d’épaisses fumées blanches, attire l’humidité et se liquéfie; l’eau donne une solution laiteuse avec dépôt de soufre, et bientôt elle dégage l’odeur d’acide sulfureux. Si on laisse la décomposition se faire lentement par l’humidité de l’air, en prenant garde que la température ne s’élève pas audessus de zéro, on n’obtient que du bichlorure d’étain, de l’acide chlorhydrique et de l’acide sulfureux.
L’acide azotique étendu dissout complètement les cristaux avec dégagement de vapeurs rutilantes ; tout le soufre devient acide sulfurique, et il ne se dépose pas de bioxyde d’étain. L’acide fumant donne une masse blanche épaisse, entièrement soluble dans l’eau.
§110.— CHLOROBROMURE d’ÉTAIN
Quand on fait agir du brome sur du protochlorure d’étain anhydre et refroidi, on obtient un produit liquide qui commence à bouillir à 130 degrés, et qui distille tout entier entre 130 et 190 degrés. Les parties les plus volatiles correspondent à la formule Sn 2 Cl 3 Br, les portions les plus fixes présentent la composition SnCIBr 3 . M. Ladenburg les regarde comme provenant du dédoublement par la chaleur d’un chlorobromure SnCIBr; on aurait :
4 (SnCIBr) = Su 8 Cl 3 Br + Sn 8 ClBr 3
ou
4 (SnCIBr) = SnCl 8 , SnCIBr + SnBr 8 , SnCIBr.
Ces produits sont des liquides fumant à l’air et que l’eau décompose.
§111. — BICHLORURE ü’ÉTAIN ET ACIDE SULFURIQUE
L’acide sulfurique anhydre absorbe les vapeurs de bichlorure d’étain et se change en une matière liquide, incolore. Soumise à la distillation, celle-ci donne un produit liquide qui se prend par le refroidissement en une masse transparente ; il reste dans la cornue une combinaison d’acide sulfurique et d’acide slannique.