COMBINAISONS FORMÉES PAR LE BICHLORURE D'ETAIN HYDRATE
Ce sont des chlorures doubles formés avec les chlorures métalliques, et généralement désignés sous le nom de chloroslannates ; tous contiennent équivalents égaux de chlorure d’étain et du chlorure métallique.
§ 121. — CHLOROSTANNATE DE SOUDE (SnCl 9 , NaCl, 5 HO)
Pour le préparer, on met dans une capsule de porcelaine trois parties et demie d’une solution de bichlorure d’étain à 70 degrés B., on chauffe au bain de sable, et, quand on arrive à la température d’ébullition, on ajoute deux parties de sel marin pur. Lorsqu'une goutte du liquide prise au bout d'une baguette se solidifie complètement, on décante dans des chaudières de fonte émaillée, tapissées intérieurement avec du papier parchemin; au bout d’une demi-heure tout se prend en une masse cristalline qu’on enlève avec le papier. On obtient ainsi un sel blanc, très soluble dans l’eau, à cassure cristalline, ou bien des petits prismes transparents, très déliquescents ; il attire l’humidité de l’air et se transforme lentement en un liquide sirupeux incolore.
On le prépare en grand pour l’industrie, où on l’emploie pour la teinture en rose (sel pink) (§ 107); il arrive même fréquemmeut que le sel d’étain du commerce n’est autre chose que ce composé.
§ 122. — CHLOROSTANNATE DE POTASSE (KC1, SnCl*)
Il se prépare comme le précédent, et cristallise anhydre en très beaux octaèdres réguliers, qui absorbent — 1,7 calories en se dissolvant dans l'eau.
Sa chaleur spécifique rapportée au gramme est 0,133.
§ 123. — CHLOROSTANNATE d’ammoniaque (AzH‘C 1, SnCl 9 )
Il cristallise en octaèdres réguliers, dont tous les angles sont modifiés par les faces du cube, et forme des cristaux volumineux ; c’est un sel inaltérable à l’air, qui se dissout à 18 degrés dans trois fois son poids d’eau. La solution concentrée ne se décompose pas quand on la fait bouillir; mais, si elle est étendue, il se dépose de l’hydrate de bioxyde d’étain.
On l’obtient sous la forme d’un précipité blanc cristallin, quand on mélange des solutions concentrées des deux chlorures, et on le fabrique en grand
pour les besoins de l’industrie, qui encore sous lenom de sel pink(pink, rouge, œillet) l’emploie comme mordant dans la teinture en rouge (§ 107).
§ 124. — CHLOROSTANNATE DE CÉSIUM (SnCl 8 , CsCl)
Quand on ajoute du bichlorure d’étain à une solution chlorhydrique de chlorure de césium, on obtient un précipité cristallin dont la composition correspond à celle du chloroplatinate PtCl 8 , CsCl ; le césium se sépare ainsi nettement des autres métaux alcalins. Le précipité ne se forme que lorsqu’on ajoute à la solution de césium son volume d’acide chlorhydrique ; il est un peu soluble, même dans cet acide très concentré, ce qui ne permet pas de l’employer au dosage du césium, mais il s’y dissout assez peu pour qu’on puisse le faire servir à retirer ce métal des différents lépidolithes.
§ 125. — CHLOROSTANNATE DE CALCIUM (SnCl 8 , CaCl, 5 HO)
Ce sont des cristaux très déliquescents ; au premier abord on les prendrait pour des cubes, mais ce sont plutôt des rhomboèdres, car la mesure de deux angles supplémentaires donne 84 à 86 degrés pour l’un, et pour l’autre 94 à 96 degrés.
§126. — CHLOROSTANNATE DE STRONTIUM (Sl'Cl, SnCl 8 , 5 HO) Prismes allongés, cannelés et sans sommets déterminables.
§127. — CHLOROSTANNATE DE BARÏUM(SnCl 8 , DaCl, 5HO) Petits prismes de forme indéterminable.
§128. — CHLOROSTANNATE DE MAGNÉSIUM (SnCl 8 , MgCI, 5 HO)
Cristaux très déliquescents, ce qui en rend la mesure fort difficile ; ce sont des rhomboèdres de 125 degrés, à 1 ou 2 degrés près.
Les chlorostannates de nickel, de cobalt, de manganèse, ont une composition analogue et cristallisent en rhomboèdres de 127 à 128 degrés; ils sont isomorphes avec les bromoplatinates correspondants.