CHLORURE DOUBLE DE PLATINE ET D’ÉTAIN
Ce sel double est en cristaux jaune clair, brillants, ayant la forme d’un prisme droit à base carrée ; sa composition répond à la formule SnCl 8 , PtCl 8 ,12HO.
COMBINAISONS BROMÉES DE L’ÉTAIN PROTOBROMURE D'ÉTAIN (SnBr)
§ 130. — PROTOBROMURE D’ÉTAIN ANHYDRE
On l’obtient quand on distille un mélange d’étain en limaille et de bromure de mercure :
H g Br solide + Sn = SnBr solide +5,1 calories.
Le protobromure anhydre se volatilise entre 617 et 634 degrés; l’oxygène le décompose, on a en effet :
Sn+Br liquide = SnBr solide + 31,5 calories.
Sn + Br gaz = SnBr solide + 35,5 calories.
SnBr + O 3 = SnO 3 + Br + 36 calories environ.
Aussi prend-il feu dans l’oxygène sec, au rouge sombre.
§131.— PROTOBROMURE D’ÉTAIN HYDRATÉ
Le protobromure anhydre se dissout dans l’eau en absorbant de la chaleur ; vers 15degrés, on a:
SnBr solide + Eau en excès = SnBr dissous — 0,8 calories.
Le protobromure hydraté se produit avec dégagement d’hydrogène quand on traite de l’acide bromhydrique concentré par de l’étain. Il prend aussi naissance dans l’action de l’hydrate de protoxyde d’élain sur l’acide bromhydrique étendu, ou quand on fait agir un réducteur sur une dissolution de bibromure. Il cristallise en prismes hexagonaux, et ses propriétés générales sont les mêmes que celles du protochlorure d’étain hydraté.
BIBROMURE D'ÉTAIN (SnBr»)
§ 132. — BIBROMURE D’ÉTAIN ANHYDRE
Le brome atlaque l’étain avec un vif dégagement de lumière et donne du bibromure SnBr 3 .
On l’obtient aussi en traitant par l’étain une dissolution de brome dans le sulfure de carbone. Cette réaction peut môme servir à déceler la présence de petites quantités d’iode dans le brome, car celui-ci entrant le premier en combinaison disparaît complètement en laissant l’iode, dont la présence est manifestée par la couleur violette qu’il donne au sulfure de carbone.
Le bibromure d’étain est un corps solide, incolore, qui fond à 29 degrés et se volatilise facilement. Sa densité est 3,322 ; sa chaleur latente de fusion, rapportée au gramme, est : — 0,007169.
Ce composé est exothermique, comme le montrent les relations ci-dessous :
( Sn + 2Br gaz = SnBr 3 solide + 57,7 calories.
( Sn + 2 Br 0a2 = SnBr 2 liquide + 58,2 calories.
( Sn + 2 Br liquide — SnBr 3 solide + 50,7 calories.
j Sn + 2 Br liquide = SnBr 3 liquide + 49,2 calories.
Le bibromure d’étain ne donne à l’air humide que des traces de fumées blanches ; il se dissout dans l’eau sans élévation notable de température en formant une liqueur acide aux réactifs colorés. On a :
Sn + 2 Br gaz — SnBr 3 dissous -j- 67 calories.
Sn -j-2Br liquide = SnBr 3 dissous -f- 59 calories.
Donc, en se dissolvant dans l’eau, SnBr 3 dégage -|- 8,3 calories.
Le bibromure d’étain fond dans l’acide sulfurique chaud, et reste au fond de ce liquide en gouttes huileuses, sans éprouver d’altération sensible ; au contraire, l’acide azotique l’attaque violemment avec un vif dégagement de brome.
L’oxygène le décompose et met le brome en liberté ; on a en effet :
SnBr 3 solide -f- O 3 = SnO* solide + Br* + 9 calories environ.
Mais il n’y a pas dégagement de lumière comme avec le protobromure d’étain.
Le bromure d’étain peut se combiner comme le bichlorure aux bromures métalliques; on connaît le bromostannate dépotasse SnBr 3 ,2KBr, qui cristallise dans le système cubique et dont la densité est 3,783.
Le bibromure d’étain s’unit à Yéther en formant des prismes déliquescents dont la formule est SnBr , ,C 8 H*°0 3 , et qui se décomposent facilement en donnant des cristaux de protobromure d’étain.
COMBINAISONS IODÉES DE L’ÉTAIN protoiodure d'étain (Sni)
§ 133. — PnOTOIODÜRE d’étain hydraté Préparation. — Le protoiodure d’étain s’obtient par la combinaison directe
22i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
de l’iode avec l’étain; on met l’iode avec un excès de métal dans l’eau bouillante, et l’on obtient ainsi du protoiodure pur.
On peut aussi attaquer une dissolution concentrée d’acide iodhydrique par de l’étain métallique.
Si l’on verse dans du protochlorure d’étain une solution étendue d’iodure de potassium, la liqueur se remplit au bout de quelques instants de houppes cristallines rouge orangé, plus solubles à chaud qu’à froid, et donnant par le refroidissement de belles aiguilles rouges, à reflets jaunes, de protoiodure d’étain hydraté Snï,2H0. Ces cristaux ne perdent qu’une partie de leur eau après un mois d’exposition dans le vide en présence d’acide sulfurique.
Propriétés. — L’iodure d’étain bien desséché fond sous l’action de la chaleur, et distille à la température de fusion du verre vert, en donnant une masse cristalline rouge vif, qui se réduit en une poudre rouge vermillon. Il se dissout àchaud dans les solutions des chlorures et iodures alcalins en formant des sels doubles; il est un peu soluble dans le sulfure de carbone, la benzine et le chloroforme. Chauffé au contact de l’air, il donne du biiodure qui se volatilise, et un résidu de bioxyde d’étain.
L’eau décompose le protoiodure d’étain en acide iodhydrique et oxyde d’étain qui se sépare en flocons blancs; avec peu d’eau la réaction est incomplète, et l’on obtient tout d’abord un sel soyeux, orangé, qu’une plus grande quantité d’eau détruit à son tour. En décomposant par l’eau froide ou chaude le protoiodure d’étain, et surtout la combinaison qu’il donne avec l’iodure de potassium, on obtient des oxyiodures pulvérulents, orangé ou jaune clair, qu’une grande quantité d’eau décompose entièrement. Personne en admet quatre, auxquels il donne les formules :
3 SnI.SnO 3SnI,2SnO SnI,SnO SnI,2SnO.
COMBINAISONS FOBMËES PAR LE PROTOIODURE D ETAIN
Le protoiodure d’étain se combine avec le gaz ammoniac en donnant une poudre blanche dont la composition est Snl,4 Azll 3 .
Quand on traite le protochlorure d’étain anhydre par le chlorure d’iode, on obtient des prismes brillants, jaune orangé, auxquels Kane attribue la formule SnCl s ,SnI.
Le protoiodure d’étain se combine avec les iodures métalliques, pour donner un certain nombre de sels doubles.
§134. — IODURE DOUBLE D’ÉTAIN ET DE POTASSIUM [2 (SnI)Kl,3 HO]
Il se produit quand on verse une solution concentrée d’iodure de potassium dans du protochlorure d’étain ; la liqueur se prend immédiatement en masse.
grâce à la formation d’aiguilles soyeuses d’un beau jaune de soufre. Séchées sur du papier à la température ordinaire, elles renferment 9 équivalents d’eau, dont elles laissent dégager 6, quand on les expose dans le vide sur l’acide sulfurique, ou quand on les chauffe à HO degrés.
Ce composé se dissout dans l’alcool, plus à chaud qu’à froid, et par le refroidissement il se dépose en belles aiguilles, qui en séchant se colorent toujours un peu par de l’iode mis à nu ; on les obtient plus pures en les faisant cristalliser dans l’eau; chauffées entre 140 et 150 degrés elles se décomposent et perdent de l’acide iodhydrique.
§135. — iodüre double d’étain et de sodium [2 (SnI)NaI,3 HO]
Ce sel, très soluble, ne peut s’obtenir qu’én dissolvant des cristaux d’iodure de sodium dans une solution concentrée de protochlorure d’étain ; la combinaison s’opère après quelques instants d’agitation, et au bout de plusieurs heures de repos le protoiodure d’étain formé en excès, se précipite. Il se dépose alors dans la liqueur de beaux cristaux légèrement jaunes, d’iodure double, semblables au sel de potasse, et comme lui décomposables par l’eau.
§136. — IODURE DOUBLE d’étain et d’ammonium [2 (Stil),AzH 4 I,3 HO]
On obtient ce sel double en mélangeant des solutions concentrées de protochlorure d’étain et d’iodure d’ammonium. Il ressemble tout à fait au sel de potasse, et l’eau le décompose comme lui, avec dépôt rouge de protoiodure d’étain.
§ 137. —- IODURE DOUBLE D’ÉTAIN ET DE STRONTIUM [2(SnI)SrI]
Sel très soluble qu’on ne peut obtenir qu’avec une dissolution saturée d’iodure de strontium, dans laquelle on dissout du protoiodure d’étain.
Avec l’iodure de baryum, on obtient une combinaison analogue: 2(SnI)BaI.
BIIODURE D’ËTAIM (Snl 2 )
§ 138. — BIIODURE D’ÉTAIN ANHYDRE
Préparation. — Le biiodure d’étain peut être obtenu directement par l’action de l’étain sur l’iode : On met équivalents égaux des deux corps dans un tube scellé pour éviter la perte d’iode qu’occasionnerait la violence de la réaction. Celle-ci commence vers 50 degrés avec dégagement de lumière, tout fond, et après
refroidissement on trouve dans le tube un culot d’étain en excès, et un corps rouge très fusible et volatil, qui est le biiodure SnP.
En faisant agir de l’iode sur un excès d’étain au sein de sulfure de carbone, | et n’ajoutant l’iode que par très petites quantités, on modère à volonté l’élévation 'de température; on n’obtient jamais ainsi que du biiodure d’étain, qui se dissout dans le sulfure de carbone, et qui cristallise quand on évapore ce liquide.
Propriétés. — Le biiodure d’étain est un corps rouge orangé, que l’on peut obtenir cristallisé en octaèdres très nets, par voie de fusion. L’évaporation d’une solution de ce corps dans le sulfure de carbone le laisse en cristaux appartenant au même système, mais toujours modifiés par des facettes ; il se dépose en croûtes cristallines rouge orangé quand on évapore à l’air sa solution dans un excès d’acide iodhydrique. Enfin il se précipite sous la forme de très petits cristaux lorsqu’on mélange deux solutions concentrées, l’une de bichlorure d’étain, l’autre d’iodure de potassium.
Le biiodure fond à 146 degrés en émettant des vapeurs jaunes, et comme ces dernières sont trèsdenses, il faut, pour le faire distiller, une température supérieure à celle de l’ébullition du mercure ; mais le réservoir du thermomètre étant placé aussi près que possible de la surface en ébullition, on observe que la colonne de mercure se maintient à 295 degrés. La vapeur se condense sur les corps froids en belles aiguilles rouge orangé, ressemblant par leur forme à celles du chlorhydrate d’ammoniaque sublimé.
Il se dissout avec une grande facilité dans le sulfure de carbone, le chloroforme, la benzine, l’éther et l’alcool anhydres, et il paraît contracter avec ces trois derniers des combinaisons analogues à celles que donne le bichlorure d’étain. L’eau le décompose en bioxyde d’étain et acide iodhydrique.
On ne connaît pas de combinaisons du biiodure d’étain avec les iodures métalliques, comparables aux chlorostannates.