‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 115 sur 233 · COMBINAISONS FORMEES PAR LE BIFLUORURE D’ÉTAIN · texte numérisé non relu

COMBINAISONS FORMEES PAR LE BIFLUORURE D’ÉTAIN

§ 144. — FLUOSTANNATES D’AMMONIAQUE

Fiuoatannatc ncntre (AzH 4 Fl,SnFl s ). — Le meilleur moyen de l’obtenir consiste en la précipitation des fluostannales de plomb ou d’argent, par le sulfate ou par le chlorhydrate d’ammoniaque. Il cristallise en rhomboèdres de 107° 40'; les cristaux sont généralement peu nets, et les plus simples, ordinairement maclés suivant une face du rhomboèdre primitif, portent en outre les faces du prisme hexagonal. Le plus souvent les cristaux sont très minces, et deux de ces lames hémitropes sont réunies et entre croisées de telle sorte, que leurs surfaces se courbant un peu leur donnent une forme lenticulaire.

Ce sel ne se décompose pas quand on le chauffe à 100 degrés.

Fiuostannote acide (SnFl 2 ,2 AzH 4 FI). — On le prépare en ajoutant de l’ammoniaque et de l’acide fluorhydrique à une dissolution du sel précédent; il cristallise très nettement en prismes droits à base rhombe de 90° 6', et dont la densité est 2,887. Il laisse dégager, déjà avant 100 degrés, des vapeurs de fluorhydrate d’ammoniaque.

§ 145. — FLUOSTANNATES DE POTASSE

riuostnnnate neutre (KFl,SnFl 3 ,HO). — Ce sel peut se présenter sons deux formes très différentes : tantôt ia solution concentrée à chaud se prend par le refroidissement en une masse presque gélatineuse, formée de lamelles excessivement minces, entre lesquelles l’eau mère reste emprisonnée, et qui, après expression entre des feuilles de papier, laisse une masse nacrée, lamellaire, douce au toucher comme du talc; tantôt on obtient des octaèdres grenus, durs, très brillants. Ces deux formes présentent une notable différence de solubilité, les lamelles se dissolvent dans 23 fois leur poids d’eau bouillante et dans 15 à 16 fois leur poids d’eau à 18 degrés; les octaèdres au contraire se dissolvent dans 3 parties d’eau à 100 degrés et dans 27 à 18 degrés.

Les octaèdres sont parfaitement stables ; ils se reproduisent toujours, .lorsque le sel a été bouilli dans l’eau, évaporé à sec ou même calciné faiblement; mais si l’on ajoute à la dissolution une goutte de potasse caustique qui donne un faible précipité disparaissant par l’agitation, on n’obtient plus alors après concentration que le sel en lamelles.

Le sel lamellaire est moins stable; on peut le faire recristalliser dans l’eau bouillante sans qu’il change de forme, mais le plus souvent il suffit de le faire digérer à une douce chaleur avec une quantité d’eau insuffisante pour le dissoudre, pour le voir se transformer en octaèdres ; dans ce cas la cristallisation donne jusqu’à la dernière goutte des octaèdres très nets. La transformation des lamelles en octaèdres est toujours déterminée par l’addition d’une goutte d’acide fluorhydrique à la liqueur.

Les cristaux octaédriques sont des octaèdres rhomboïdaux droits, très nets, brillants et sans modification ; parfois cependant, la base est développée de manière à donner aux cristaux une apparence tabulaire, avec des troncatures sur les arêtes culminantes de l’octaèdre.

On prépare le fluostannate dépotasse en neutralisant une solution de stannate de potasse par de l’acide fluorhydrique ; le sel cristallise par évaporation, mais il ne se dépose jamais anhydre, même à température élevée. Il perd son eau à 100 degrés, et fond au rouge vif en laissant dégager de l’acide fluorhydrique.

Huosinnnate «eide (3 KF1,HF1,2 SnFl*). — Il s obtient comme le précédent, mais en présence d’un excès d’acide fluorhydrique ; ses cristaux prismatiques, très déliés, presque aciculaires, et très nets, dérivent d’un prisme rhomboïdal oblique, dans lequel m : m = 115“ 52', et p : m = 93°,6. — C’est le prisme primitif, tronqué latéralement par des facettes, et terminé par un biseau sur les arêtes inférieures.

Quand on le chauffe à 100 degrés, ce fluostannate dégage une odeur acide, tout en ne perdant qu’une fraction insignifiante de son poids; entre 250 et 30ü degrés il perd un équivalent d’acide lluorhydriaue.

§ 140. — FLUOSTANNATE DE SOUDE (NaFl,SnFl*)

Il cristallise lors du refroidissement lent, ou de l’évaporation spontanée des liqueurs neutres ou acides qu’on obtient en saturant le stannate de soude pai l’acide tluorhydrique, mais il n’est jamais déterminable. Il affecte la forme de croûtes grenues ou mamelonnées, hérissées de pointements cristallisés dont il n’est pas possible de discerner la forme. Ce composé, qui est anhydre, ne perd aucune fraction de son poids quand on le porte au rouge; il se dissout dans 18 à 19 parties d’eau à 20 degrés.

§ 147. — FLUOSTANNATE DE LITHINE (LiFl, SnFl‘,2 HO)

Il se dépose en croûtes cristallines ou en cristaux microscopiques indéterminables; quelquefois les cristaux sont mieux formés, assez éclatants, mais toujours très petits et maclés d’une façon compliquée. Ils dérivent probablement d’un prisme rhomboïdal oblique.

§ 148. — FLUOSTANNATE DE BARYTE (BaFI,SllFl 2 )

On peut l’obtenir comme les précédents en traitant le stannate de baryte par l’acide fluorhydrique, mais on n’a qu’un faible rendement, et il se produit surtout du fluorure de baryum insoluble ; aussi vaut-il mieux décomposer le lluostannate de zinc, qui est très soluble, par du chlorure de baryum. S’il cristallise lentement par évaporation spontanée, on l’obtient en lamelles renfermant de l’eau; quand il se dépose à une température voisine de 100 degrés, il est anhydre, mais en cristaux microscopiques indéterminables.

Le sel hydraté retient 3 équivalents d’eau. Ce sont des lamelles rectangulaires ou octogones, très minces et très éclatantes ; elles dérivent d’un prisme rhomboïdal oblique dont l’angle plan de la base est de 106° 26' et pour lequel on a :

Le prisme primitif est toujours modifié par des facettes sur les arêtes postérieures de la base, sur les angles antérieurs, postérieurs, et sur les angles latéraux.

Le sel hydraté perd son eau à 100 degrés, et une fois sec il ne se redissout que dans une très grande quantité d’eau, et à la suite d’une ébullition proongée ; la concentration de la liqueur ainsi obtenue reproduit les lamelles de nFl s ,BaCl,3HO qui se dissolvent dans 18 parties d’eau à 18 degrés.

§149. — FLUOSTANNATE DE STHONTIANE (SrFl,SnFl*,2 HO)

Très petits cristaux dérivant d’un prisme rhomboïdal oblique ; Us se dissolvent

dans 5 fois et demie leur poids d’eau à 18 degrés et ne perdent aucune partie de leur poids à 100 degrés; si on les chauffe davantage, l’eau s’échappe en entraînant de l’acide fluorhydrique avec elle, et finalement il reste un mélange de hioxyde d’étain et de fluorure de strontium.

§ 150. — fldostannate de chaüx (CaFl.SnFl*^ HO)

Cristaux très petits et peu nets, dérivant également d’un prisme rhomboïdal oblique ; ils se comportent comme les précédents sous l'influence de la chaleur.

§ 151. — FLDOSTANNATE DE MAGNÉSIE (MgFl,SnFP,6 HO)

Les cristaux sont inaltérables à l’air. Leur forme est celle de prismes hexagonaux raccourcis, terminés par un rhomboèdre de 127 degrés; ils ont l’aspect général de dodécaèdres rhomboïdaux à faces inégales et légèrement courbes.

§ 152. — FLUOSTANNATE DE PLOMB (PbFl,SnFl*,3 HO)

Il cristallise en lamelles très minces douées d’un éclat nacré, et très semblables à celles de fluostannate de baryte. Les cristaux dérivent d’un prisme rhomboïdal oblique dont l’angle plan de la base est égal à 106° 22', et pour lequel :

Ils sont striés surtout sur la base, et difficiles à obtenir nets à cause de la tendance que la dissolution présente à se sursaturer pour se prendre ensuite en une masse mamelonnée. Chaque fois qu’on essaye de redissoudre les cristaux, ils laissent un dépôt insoluble de fluorure de plomb, retenant un peu de fluorure d’étain; on ne peut d’ailleurs en empêcher la formation en ajoulan à la liqueur de l’acide fluorhydrique, car celui-ci décompose la solution de fluostannate en donnant un abondant précipité de fluorure de plomb.

§ 153. — FLDOSTANNATE DE MANGANÈSE (MnFl,SnFl*,6HO)

Prismes hexagonaux réguliers assez allongés, terminés par un rhomboèdre de 127° 22'. Les cristaux rose pâle, très nets et très éclatants, se ternissent par une longue exposition au contact de l’air.

§154. - fldostannate de zinc (ZnFl,SnFP,GHO)

Prismes hexagonaux réguliers, généralement allongés, et terminés par un

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, rhomboèdre non basé, mais présentant quelquefois des modifications dues à un rhomboèdre inverse. Sous l’influence de la chaleur ils perdent de l’eau et de l’acide fluorhydrique, et laissent un mélange d’oxyde de zinc et de bioxyde d’étain.

§ 155. — FLUOSTANNATE de cadmium (CdFl,SnFl 2 ,6 HO)

Prismes hexagonaux réguliers terminés par un rhomboèdre de 127 degrés environ; les cristaux sont ordinairement allongés, et trois faces alternatives du prisme sont toujours bien plus développées que les trois intermédiaires, ce qui donne au cristal l’apparence d’un prisme triangulaire.

§ 156. — FLUOSTANNATE DE NICKEL (NiFl,SnFI 2 ,6 HO)

Prismes hexagonaux réguliers, terminés par un rhomboèdre de 127° 30'. Trois faces du prisme dominent constamment, les trois autres manquent quelquefois tout à fait, d’où pour les cristaux l’apparence de prismes triangulaires.

§ 157. — FLUOSTANNATE de cuivre (CuFl,SnFl 3 ,4H0)

Cristaux prismatiques, allongés, dérivant d’un prisme rhomboïdal oblique; ils sont d’un beau bleu, assez éclatants, et inaltérables à l’air. On peut les chauffer à 100 degrés sans les décomposer, mais à une température plus élevée ils perdent de l’eau et de l’acide fluorhydrique.

§ 158. — fluostannate d’argent (AgFl,SnFl®,4H0)

Prismes quadrangulaires terminés par des pyramides à quatre pans. Sur les arêtes des bases, l’angle du prisme est droit ou très voisin de 90 degrés; les faces de la pyramide paraissent également inclinées les unes sur les autres d’un angle de 127 à 130 degrés; il se peut que la forme primitive soit un prisme rhomboïdal, droit ou oblique. Ces cristaux, très déliquescents, fondent bien audessous de 100 degrés, et en même temps ils perdent de l’eau et de l’acide fluorhydrique.

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