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COMBINAISONS ORGANIQUES UE L’ÉTAIN

L’étain est susceptible de s’associer au carbone et à l’hydrogène pour former des radicaux organo-métalliques, capables de jouer dans leurs réactions un rôle

A. DITTE. — L’ÉTAIN ET SES COMPOSÉS, tout à fait analogue à celui de l’étain lui-même; toutefois, tandis que les uns sont susceptibles de s’unir directement à un grand nombre de corps lois que le chlore, le brome, etc..., l’oxygène, etc..., d'autres ne peuvent plus être modifiés par voie d’addition, mais seulement par voie de substitution. Les premiers se comportent comme de véritables métaux composés, toutes les fois que l’on ne fait pas agir sur eux des influences, telles que la chaleur rouge ou les oxydants très énergiques, capables de détruire le système et d’en séparer les éléments ; le rôle des seconds est différent.

L’étain donne en général, avec un groupement déterminé, trois combinaisons

différentes :

Sn(C“H ! “+ i )

Sn s (C ,n H* D+| )3

Sn(C în H 2l,+ V»

Ainsi, par exemple, on peut obtenir avec le groupement C 4 II 5 :

Le stannéthyle Sn(C 4 H 6 ), ou slandiéthyle Sn*(G 4 H*)*;

Le sesquisiannéthyle S» S (C 4 H 5 ) 3 , ou slantriéthyle;

Le distannétkyle Sn(C 4 tl 5 ) 8 , ou stantétréthyle Sn 8 (OIi 6 )*.

COMBINAISONS DE LA FORME Sn(C 4n H 4 n+‘)

Elles possèdent quelques caractères généraux : toutes se comportent comme des métaux véritables, susceptibles de s’unir à l’oxygène, au chlore, au brome, etc. Leurs oxydes sont insolubles dans l’eau, et affectent l’apparence de poudre blanche, amorphe, soluble dans les acides en donnant des sels cristallisés, et inodores. On connaît un certain nombre de ces composés.

STANNÉTHVLE ET SES COMPOSES

§ 159. — STANNÉTHYLE [Sn(C 4 H 3 )], Oü STANDIÉTHYLE [Sn 4 (C‘H 6 )*]

Préparation. — Le stannéthyle peut être obtenu à l’aide de plusieurs procédés : 1° En faisant agir sur l’iodure d’éthyle un alliage de 1 partie de sodium pour 4 à 6 d’étain : on introduit celui-ci finement pulvérisé dans une cornue de verre dont le col s’engage dans un récipient tubulé qu’on peut refroidir avec de l’eau, puis on verse sur l’alliage assez d’iodure d’éthyle pour former une bouillie claire; une vive réaction s’établit aussitôt, l’excès d’iodure d’éthyle se dégage et se condense dans le récipient, tandis qu’il reste dans

la cornue une poudre sèche possédant une forte odeur. On met cette dernière avec un peu d’iodure d’éthyle dans des tubes épais qu’on scelle à la lampe, puis qu’on chauffe douze heures à 120 degrés.

Quand on ouvre les tubes, ils laissent échapper des gaz carburés, et retiennent une matière noire, légèrement verdâtre, qu’on fait tomber aussitôt dans des flacons pleins d’éther rectifié ; on laisse digérer vingt-quatre heures, et on filtre dans un flacon rempli d’acide carbonique; on obtient de la sorte un liquide jaunâtre qui, abandonné dans un flacon bouché, dépose des flocons blanc jaune qu’on sépare par le filtre; la liqueur évaporée au huitième, est alors additionnée de la moitié de son volume d’alcool, puis on continue l’évaporation et on voit bientôt se séparer une huile jaunâtre très limpide, que surnage une autre huile incolore, légèrement visqueuse ; laissons de côté pour l’instant la première (sesquistannéthyle).

Le liquide incolore et visqueux qui surnage, est concentré au bain-marie jusqu’à réduire son volume de moitié environ, puis on lui ajoute le double de son volume d’eau. On détermine ainsi la séparation d’un liquide faiblement coloré, peu fluide, et présentant l’aspect d’une huile grasse ; il devient absolument transparent, quand après l’avoir chaude quelques heures au bainmarie, on le maintient dans le vide sec; c’est le stannéthyle, Sn(C*H 5 ).

2° On traite par du zinc le chlorure de stannéthyle. Si l’on plonge une lame de zinc dans une solution de ce sel, on la voit se couvrir rapidement, surtout quand on opère à chaud, de grosses gouttes huileuses, qui se rassemblent bientôt au fond du vase et qu’il suffit de laver à l’eau puis de sécher sur du chlorure de calcium. La réaction est très simple:

Sn(C*ll 6 )Cl + Zn = ZnCl + Sn(C' 1 H 5 ).

3° On obtient facilement le stannéthyle en faisant agir ie zinc éthyle sur du protochlorure d’étain coulé en plaques et concassé. On refroidit la cornue dans laquelle se fait l’opération pour éviter une action trop vive, et on arrête celleci quand une goutte du mélange prise au bout d’une baguette de verre ne fume plus à l’air. On distille alors et on verse dans l’eau le produit condensé, il se sépare une huile dense qu’il n’y a plus qu’à laver à l’eau et à sécher sur du chlorure de calcium:

(C*H 6 )Zn + SnCl = ZnCl + Sn(C‘H6).

Propriétés. — Le stannéthyle est une huile transparente, douée d’une odeur irritante qui rappelle le moisi; il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther. Il bout à 150 degrés, mais en même temps il se décompose en étain métallique et en un liquide incolore, qui est du distannéthyle; il ne se solidifie pas à — 12 degrés ; sa densité à 15 degrés est 1,558. Il se combine directement avec le chlore, le brome, l’iode ou avec leurs hydracides, pour former des composés analogues aux protochlorure, protobromure, protoiodure d’étain. L’aluminium, le sodium, le magnésium sont sans action sur lui, même à 180 degrés ; l’ammoniaque, l’oxyde de carbone, l’acide carbonique, le cyano-

A. DITTE. — L’ÉTAIN ET SES COMPOSÉS, gène, le protoxyde d’azote, l’acide sulfhydrique ne l’attaquent pas à la température ordinaire ; enfin il attire rapidement l’oxygène de l’air en donnant une poudre blanche : l’oxyde de stannéthyle.

§ 160. — OXYDE DE STANNÉTHYLE [Sn(C 4 H 5 )0J

Il se sépare, sous la forme d’une poudre blanche, quand on évapore à l’air une solution éthérée de stannéthyle.

Pour l’avoir parfaitement pur, on verse une solution alcoolique d’iodure de stannéthyle dans une solution aqueuse d’ammoniaque mélangée de son volume d’alcool ; il se forme un précipité gélatineux qu’on lave successivement à l’eau chaude, puis à l’alcool bouillant, et qu’on dessèche ensuite au bain-marie, et enfin dans le vide sec.

L’oxyde de stannéthyle est une poudre blanche, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther ; il se dissout facilement dans les acides en donnant des sels, le plus souvent bien cristallisés. Chauffé à l’air, il s’enflamme et brûle avec une flamme claire, en répandant d’épaisses fumées de bioxyde d’étain.

Les solutions alcalines étendues ne le dissolvent pas, et sont sans action sur lui, mais quand on le distille avec un excès de potasse caustique, il se dédouble en stannate de potasse et en un produit très volatil qu’on peut condenser dans un récipient refroidi où il se dépose en beaux prismes incolores; c’est de l’oxyde de sesquistannéthyle :

3 Sn(C*H 5 )0 + KO = SnO*,KO + Sn J (C*H 5 ) 3 0.

§ 161. — SULFURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C*H 5 )S]

Il se précipite quand on traite par un courant d’hydrogène sulfuré un sel d’oxyde de stannéthyle, en solution acide. Il se produit encore par l’action d’un courant de ce gaz sur une solution alcoolique d’iodure de stannéthyle, et dans ce cas il se dépose en gouttelettes huileuses qui se solidifient lentement. C’est une poudre blanche, amorphe, d’une odeur âcre et repoussante de raifort pourri ; elle est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther et les acides étendus, ainsi que dans l’ammoniaque ; les alcalis et les sulfures alcalins le dissolvent, mais les acides étendus que l’on ajoute à ces liqueurs le précipitent inaltéré.

§ 162. — CHLORURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C‘Il 5 )Cl]

On peut l’obtenir en abandonnant à l’évaporation spontanée une solution d’oxyde de stannéthyle dans de l’acide chlorhydrique additionné d’alcool. On peut aussi traiter cet oxyde par du perchlorure de phosphore, en chauffant doucement; il passe dans le récipient un mélange de cristaux et d’oxychlorure de phosphore que l’on traite par l’eau ; celle-ci n’attaque pas les cristaux qu’il

23i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

suffit de laver à l’eau froide, de sécher dans du papier et de faire recristalliser dans l’alcool :

2 [Sn(C 4 H 5 )0] + PhCl 5 = PhCFO* + 2[Sn(C 4 H 5 )Cl].

Le chlorure de stannéthyle se présente tantôt sous la forme de longues aiguilles satinées, tantôt sous celle de prismes ou de tables incolores. Il fonda '30 degrés (Cahours), ou à 85 degrés (Ladenburg), puis bout à 220 degrés sans s’altérer, les vapeurs se subliment en aiguilles déliées d’une blancheur éclatante ; il est peu soluble dans l’eau froide, davantage dans l’eau bouillante, et bien plus dans l’alcool et l’éther. Sa densité de vapeur, qui est 8,018, correspond à deux volumes pour la formule Sn(C*H 6 )Cl.

§ 163. — OXYCHLORURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C*H 6 )Cl, Sn(C*H 6 )0]

Il s’obtient en additionnant d’ammoniaque jusqu’à l’apparition d’un trouble persistant, une solution alcoolique de chlorure de stannéthyle. On peut le préparer encore en sursaturant d’ammoniaque les trois quarts d’une solution alcoolique de chlorure, filtrant, lavant le précipité et le remettant en digestion avec le dernier quart de la liqueur qui fournit alors par évaporation des cristaux aciculaires ; ils sont peu solubles dans l’eau, se dissolvent mieux dans l’alcool ou l’éther; l’acide chlorhydrique les transforme en chlorure de stannéthyle.

§ 164. — BROMURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C*H 5 )Br]

On l’obtient: 1° en dissolvant l’oxyde de stannéthyle dans de l’acide bromhydrique et évaporant;

2" En traitant le sesquistannéthyle par un excès de brome, et distillant le produit de la réaction ; il se volatilise d’abord du bromure de sesquistannéthyle (§ 212), et les dernières portions qui passent se solidifient par refroidissement en aiguilles déliées; on purifie celles-ci par expression entre des feuilles de papier, et on les fait recristalliser dans l’alcool;

3“ En attaquant l’éther broinhydrique, ea vase clos et à 150 degrés, par l’étain; au bout de trente heures de chauffe les tubes contiennent un liquide verdâtre, au milieu duquel se trouvent des cristaux de bromure de stannéthyle.

Ce bromure est en belles aiguilles blanches, facilement fusibles, inodores ou ne présentant qu’une odeur faiblement camphrée; il distille entre 232 et 233 degrés, et se dissout dans l’eau, l’alcool et l’éther. Sa densité de vapeur, 11,640, correspond à 2 volumes.

§ 165. — IODURE DE STANNÉTHYLE [Sü(C*H 6 )I] Préparation. — U se forme dans un certain nombre de circonstances s

1° Quand on attaque par l’iodure d’éthyle un alliage de sodium et d’étain contenant de 2 à 18 centièmes de sodium, en opérant comme il a été dit à propos de la préparation du stannélhyle (| 159). L’action est plus ou moins rapide suivant que l’alliage est plus ou moins riche en métal alcalin, et l’on obtient un mélange de cristaux d’iodure de slannéthyle avec une huile volatile à odeur âcre de moutarde, que nous retrouverons plus loin (iodure de sesqnistannéthyle, § 213), et dont la proportion augmente en même temps que celle de sodium dans l’alliage. Quel que soit l’alliage employé, on traite par l’éther rectifié la masse que renferment les tubes, 011 filtre, et on évapore au bainmarie, après avoir ajouté préalablement au liquide élhéré 1/6 à 1/8 de son volume d’alcool ; il se sépare, quand tout l’éther est évaporé, une huile à peine colorée douée d’uue odeur insupportable de raifort (iodure de sesquistannéthyle impur, § 213), et elle est surnagée par une matière visqueuse, jaune orangé, dans laquelle on distingue quelques aiguilles; cette matière reprise par l’alcool bouillant dépose par évaporation des prismes d’iodure de stannéthyle. Il y a tout intérêt, pour obtenir cette substance, à opérer avec l’alliage à 2 centièmes de sodium, qui ne donne que des traces de l’huile à odeur piquante.

2° Quand on chauffe au bain d’huile et en tubes scellés vers 160 à 180 degrés un mélange de limaille d’étain et d’éther iodhydrique, on voit le liquide diminuer peu à peu, et, au bout de vingt-quatre heures, toute la masse se solidifie par refroidissement eh une matière formée de grands cristaux. En reprenant par l’alcool concentré, ceux-ci se dissolvent et laissent un mélange d’étain en excès et d’iodure d’étain; la liqueur filtrée, évaporée lentement, abandonne de belles aiguilles brillantes, possédant une forte odeur de rave, pI colorées faiblement en jaune par suite d’une faible décomposition partielle effectuée sous l’influence de la lumière. Ces cristaux exprimés dans du papier, donnent, par une nouvelle cristallisation dans l’alcool, des aiguilles incolores et à peu près inodores d’iodure de slannéthyle.

On a :

3(C*H 5 J) + 3 Su = Sn(C*H 5 )I + OH 6 + C‘H< +2SnI.

La même réaction a lieu sous l’influence de la lumière, le mélange d’étain et d’éther iodhydrique s’altère peu à peu, et bientôt la liqueur élhérée finit par se prendre en une masse cristalline presque incolore ; il suffit de la traiter par l’alcool bouillant qui laisse un faible résidu d’iodure d’étain, et l’évaporation de la liqueur filtrée donne de beaux cristaux d’iodure. On doit prendre la précaution de plonger les tubes dans un bain d’eau, ou dans une solution de sulfate de cuivre, pour évitpr une trop forte élévation de température, et alors la réaction csl terminée en quelques jours ; il faut plusieurs semaines et même plusieurs, fiois quand on opère à la lumière diffuse.

3° En ajoutant de l’iode à une solution éthérée de stannélhyle, les cristaux d’iodure se séparent par l'évaporation de la liqueur.

Propriétés. — L’iodure de slannéthyle se dépose de ses solutions alcooliques

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, ou éthérées en beaux prismes droits à base rectangle, qui atteignent jusqu’à 6 à 8 centimètres de longueur ; ces cristaux souvent incolores, quelquefois colorés en jaune paille, fondent à 42 degrés; ils se volatilisent à 245 degrés en éprouvant une décomposition partielle, il se dégage un gaz et il se forme du biiodure d’élain ; toutefois la quantité d’iodure ainsi décomposée est faible, sauf quand on surchauffe la vapeur; le gaz qui se produit est un mélange à parties égales d’étbylène et d’hydrure d’éthylène, dont la moitié environ est absorbable par le brome avec formation de bibromure d’éthylène.

L’iodure de stannéthyle se dissout peu dans l’eau froide, il est plus soluble à l’ébullition, mais la liqueur bouillante se décompose, en donnant de l’oxyde de stannéthyle et de l’acide iodhydrique qui se dégage; il se dissout bien dans l’alcool et dans l’éther ; ses solutions alcooliques sont décomposées par les sels d’argent avec dépôt d’iodure d’argent et formation d’un sel de stannéthyle. Ses dissolutions se comportent vis-à-vis les sels de plomb, d’argent, de mercure, etc., tout à fait comme l’iodure de potassium ; l’ammoniaque en précipite de l’oxyde de stannéthyle.

Chauffé avec son poids d’iode en tube scellé, l’iodure est complètement décomposé en iodure d’étain et iodure d’éthyle :

Sn(C 4 H 6 )I -f 21 = SnP + C*H'I.

§ 166. — OXYIODURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C l H 6 )I,Sn(C 4 H 5 )0]

Il se produit exactement dans les mêmes circonstances que l’oxychlorure (§ 163) et forme de longs cristaux aciculaires peu solubles dans l’eau.

§ 167. — IODOCYANURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C 4 H 5 )I,Sn(C 4 H 5 )C î Az]

Quand on chauffe en vase clos, dans un bain d’eau salée, un mélange à équivalents égaux d’iodure de stannéthyle et de cyanure d’argent délayés dans l’alcool absolu de manière à en faire une bouillie claire, la moitié des matières mises en présence réagit seule, et la solution alcoolique filtrée donne, par l’évaporation, une poudre cristalline d’iodocyanure.

§ 168. — FLUORURE DE STANNÉTHYLE [Sn(C 4 H 6 )Fl]

Il se dépose sous la forme de beaux prismes, quand on évapore une solution d’oxyde de stannéthyle dans l’acide fluorhydrique.

§ 169. — SULFATE DE STANNÉTHYLE [Sll(C 4 H 5 )0,S0 3 ]

L’oxyde se dissout facilement dans l’acide sulfurique étendu et chaud ; la dissolution évaporée abandonne de belles paillettes cristallines, qu’on peut

A. DITTE. — L’ÉTAIN ET SES COMPOSÉS, obtenir encore en décomposant une solution d’iodure de slannéthyle par du sulfate d’argent.

Sel soluble dans l’eau et dans l’alcool, et décomposable par la chaleur.

§ 170. — NITRATES DE STANNÉTHÏLE

Nitrate neutre [Sn(C 4 H 5 )0,Az0 5 ]. — On l’obtient comme le précédent en décomposant l’iodure de slannéthyle par le nitrate d’argent, ou en saturant de l’acide azotique étendu avec de l’oxyde de stannélhyle. La solution évaporée donne des prismes parfois volumineux, solubles dans l’alcool et dans l’eau. Sous l’influence de la chaleur le sel fond, puis décrépite et brûle avec une légère explosion.

$ous-nitrntc «1e stannéthyie [Sn(C 4 H 5 )0,Az0’,Sn(C 4 H o )0,H0]. — Il se produit sous la forme de cristaux presque insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, quand on ajoute du nitrate d’argent à une solution alcoolique d’oxychlorure de slannéthyle, de manière à précipiter le chlore entièrement ", la liqueur évaporée dépose des cristaux de sous-nitrate.

§ 171. — CYANATE DE STANNÉTHYLE [S^C'H^O.tfAzQ]

On l’obtient sous la forme de cristaux, eu décomposant par le cyanate d’argent une dissolution alcoolique d’iodure de slannéthyle, puis évaporant la liqueur séparée du dépôt d’iodure d’argent.

§ 172. — SULFOCYANATE DE STANNÉTHYLE [Sn(C*H 5 )S,C*AzS]

Il se produit quand on chauffe pendant quelque temps en tubes scellés du sulfocyanate d’argent avec une solution alcoolique d’iodure de stannéthyle ; la liqueur alcoolique évaporée abandonne de beaux prismes incolores, doués d’une odeur alliacée qui s’exhale quand on les chauffe légèrement ; l’alcool et l’éther les dissolvent, et ces solutions produisent dans les persels de fer la coloration rouge de sang, caractéristique, que donnent avec eux les sulfocyanates alcalins. Sous l’influence de la chaleur il noircit et se décompose entièrement.

$ 173. — FORMIATE DE STANNÉTHYLE [Sn(C 4 H 5 )0,C*0 3 H]

Quand on dissout l’oxyde de stannéthyle dans une solution chaude d’acide formique, on voit se déposer au fond du vase une huile incolore, épaisse, qui se prend par le refroidissement en une masse de cristaux ; ceux-ci, exprimés dans du papier et dissous dans l’alcool, se séparent par l’évaporation de ce

liquide sous la forme de prismes iueolores, transparents, peu solubles dans l’eau froide, très solubles dans l’alcool. Sous l’influence de la chaleur, la majeure partie du sel se sublime, l’autre est décomposée.

§ 174. — ACÉTATE DE STANNÉTHYLE [Sn(C*H 5 )0,C*H 3 0 3 ]

Quand on projette par petites portions de l’oxyde de stannéthyle dans de l’acide acétique étendu et bouillant, il se sépare une huile épaisse qui se solidifie en une masse cristalline par le refroidissement, tandis que des cristaux se forment également dans la liqueur qui surnage. En décantant le liquide et redissolvant la matière solide dans l’alcool, on obtient par évaporation des prismes ou des tables transparentes.

Peu soluble dans l’eau froide, se dissolvant beaucoup mieux dans l’alcool, l’alcool méthylique et l’éther; par l’action de la chaleur il se sublime sous la forme de cristaux, pendant qu’une très faible quantité se décompose.

Les acides butyrique et valérianique dissolvent l’oxyde de stannéthyle comme le font ceux qui précèdent, et donnent des sels cristallisés, isomorphes avec le l'ormiale et l’acétate.

§ 175. — OXALATE DE STANNÉTHYLE (2 [Sn(C*fi 5 )0]C‘0 6 )

On le prépare en saturant l’acide oxalique par l’oxyde de stannéthyle, ou en décomposant l’iodore par une solution d’oxalate d’ammoniaque. C’est une poudre amorphe, d’un blanc éclatant, insoluble dans l’eau.

Les acides tartrique et citrique en solution bouillante, dissolvent l’oxyde de stannéthyle, et déposent par refroidissement le tartrate et le citrate eu petits prismes durs, biens définis.

STANMÉTHYLE ET SES COMPOSES

§ 176. — STANMÉTHYLE [Sn (C*!! 3 )], OU STAND1MÉTHÏLE LSt»*(C !, II 3 ) 1 j

M. Cahours l’a obtenu en traitant un alliage de sodium et d’étain par de l’iodure de méthyle. Un alliage renfermant environ 20 centièmes de sodium, pulvérisé, et mouillé avec de l’iodure de méthyle de manière à en faire une bouillie claire, ne s’échauffe qu’à peine, mais la réaction est complète si l’on porte vers 130 degrés le mélange, enfermé dans des tubes scellés. On traite ensuite le produit par l’éther anhydre, et l’on évapore au bain-marie dans une atmosphère d’acide carbonique. On sépare, par distillation, les produits qui bouillent au-dessous de 150 degrés (distanméthyle impur), et il reste une huile qui est le stanméthyle, Sn(C’H 3 ).

A. DITTE. — L’ÉTAIN ET SES COMPOSÉS. 23 y.

C’est un liquide huileux, pesant, dont l’odeur rappelle celle du moisi • il est insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther, et se décompose pary tiellement sous l’influence de la chaleur; il a les propriétés d’un réducteur éner- . gique, c’est ainsi qu’il donne immédiatement dans les sels d’argent une poudre noire de métal très divisé.

§ 177. — OXYDE DE STANMÉTHYLE [Sn(C s lP)0]

Il se prépare en décomposant par un excès d’ammoniaque une dissolution d’iodure de stanméthyle. Le précipité est filtré, lavé à l’eau faiblement alcoolisée, puis à l’eau pure; enfin on le sèche dans le vide ou à l'étuve.

C’est une poudre blanche, amorphe, insipide, insoluble dans l’eau, l’alcool et les solutions alcalines; mais les acides le dissolvent eu s’y combinant, et donnent avec lui des sels bien définis et très nettement cristallisés. La chaleur le décompose en donnant de l’oxyde de sesquistanmélhyle, que l’on reconnaît à son odeur vive et pénétrante.

La potasse caustique le décompose. Quand on le distille avec un excès de cet alcali, on obtient du stannate île potasse, et de l’oxyde de sesquistanméthyle qui passe avec la vapeur d’eau, et que l’on peut condenser dans un récipient refroidi :

3 [Sn(C s H s )0] + KO = Sn0 2 ,K0 + Sn 2 (C 3 H 3 ) 3 0.

I 178. — SULFURE DE STANMÉTHYLE [Sll(C f H 3 )S]

Il se dépose sous la forme de gouttelettes limpides, insolubles dans l’eau, quand on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une solution aqueuse d’iodure de stanméthyle. Ces gouttelettes se solidifient lentement en un produit cristallin, insoluble dans l’eau et soluble dans l’alcool.

§ 179. — CHLORURE DE STANMÉTHYLE [Sn(C*H 3 )CI]

Il suffit de dissoudre l’oxyde dans de l’acide chlorhydrique et d’évaporer la liqueur; le chlorure se dépose en beaux prismes qui fondent à 90 degrés, puis le liquide bout entre 188 et 190 degrés. Ce chlorure est soluble dans l’eau, et plus encore dans l’alcool et l’éther. Sa densité de vapeur prise à 265 degrés est 7,731 correspondant à2 volumes, la densité théorique étant 7,572.

Oh obtient encore le chlorure de stanméthyle en faisant agir le perchlorure de phosphore sur l’oxyde de stanméthyle.

§ 180. — BROMURE DE STANMÉTHYLE [Sn(C*H 3 )Br]

On sature de l’acide brombydrique d’oxyde de stanméthyle, et on fait évaporer

la liqueur concentrée ; les cristaux qui se déposent, repris par l’alcool, donnent une solution qui fournit par l’évaporation des cristaux parfaitement purs.

Ce sont des prismes incolores, isomorphes avec ceux de chlorure. Ce composé bout entre 208 et 210 degrés et distille sans altération; il est soluble dans l’eau et davantage dans l’alcool.

§ 181. — IODURE DE STANMÉTHYLE [Sn(C s H 3 )I]

Préparation. — Quand on chauffe au bain d’huile, entre 150 et 160 degrés, des tubes scellés contenant un mélange de feuilles d’étain et d’iodure de méthyle, dans la proportion de 1 partie d’étain pour 3 d’iodure, le métal disparaît totalement au bout de douze à quinze heures, et l’on obtient par refroidissement un liquide brun, au milieu duquel se déposent parfois de magnifiques cristaux jaune de soufre.

Le liquide, séparé des cristaux et distillé, laisse d’abord dégager un peu d’iodure de méthyle, puis la température s’élève, et la majeure partie de la liqueur passe entre 180 et 230 degrés, laissant comme résidu un dépôt rouge d’iodure d’étain. Le produit distillé abandonné au repos dépose une grande quantité de cristaux jaune de soufre que l’on réunit aux premiers, et la liqueur décantée, distillée de nouveau, passe encore entre 180 et 230 degrés. Au milieu de l’opération, le liquide se trouble et dépose de l’iodure rouge d’étain, qui demeure comme résidu.

Le nouveau produit liquide condensé donne encore des cristaux au bout de quelques heures, et, si Ton distille l’eau mère qui les baigne, en ne recueillant que ce qui se volatilise entre 180 et 230 degrés, les portions qui passent au-dessus de 200 degrés se solidifient presque totalement en refroidissant. Le produit définitif de l’opération consiste donc en un liquide bouillant entre 180 et 200 degrés (iodure de sesquistanméthyle impur), et en des cristaux provenant des divers dépôts successifs.

Ces cristaux exprimés dans des feuilleg de papier, de manière à les sécher complètement, sont ensuite dissous dans un mélange d’alcool et d’éther ; la liqueur filtrée, placée dans le vide au-dessus d’acide sulfurique concentré, dépose des cristaux très nets. On doit opérer à l’abri de la lumière qui les colorerait en brun.

Propriétés. — Ces cristaux sont l’iodure de stanméthyle. Leur forme est celle de prismes rhomboïdaux obliques d’un volume considérable, transparents, mais qui à l’air deviennent opalins; ils fondent à 30 degrés en un liquide tout semblable au soufre fondu, et qui, refroidi très lentement, se prend en une masse de beaux prismes rhomboïdaux qu’on peut obtenir très nets en opérant par décantation; on obtient ainsi une cristallisation magnifique comparable à celle du bismuth. La densité des cristaux à 22 degrés, est 2,872.

L’iodure de stanméthyle est soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, l’esprit de bois, l’acétone, surtout à chaud ; ces dissolutions sont décomposées par les sels d’argent avec production d’iodure, et du sel correspondant de stanméthyle. L’am-

moniaque y donne un précipité blanc d’oxyde de stanméthyle, amorphe, et insoluble dans un excès de réactif.

§ 182. — SDLFATE DE STANMÉTHYLE [Sn(C 2 H 3 )0,S0 3 ]

On le prépare: 1" en décomposant par le sulfate d’argent une dissolution alcoolique d’iodure de slanméthyle ; 2° en dissolvant l’oxyde de stanméthyle dans un faible excès d’acide sulfurique dilué. Les liqueurs abandonnées dans le vide, en présence de chaux ou d’acide sulfurique concentré, ne tardent pas à déposer des cristaux.

Le sulfate est en magnifiques prismes, volumineux, transparents, qui deviennent opalins au contact de l’air; il est très soluble dans l’eau et à peu près insoluble dans l’alcool, même bouillant ; la chaleur le décompose.

§ 183. — FORMIATE DE STANMÉTHYLE [Sn(C 2 II 3 )0,C 2 0 3 H]

L’acide formique dissout l’oxyde de stanméthyle, et forme une liqueur qui abandonne des cristaux par l’évaporation. On les comprime dans du papier, puis on reprend par l’alcool, et la solution alcoolique évaporée fournit des prismes très nets et transparents, que le contact de l’air rend opalins comme ceux de sulfate. Ce sel soumis à l’action de la chaleur éprouve une décomposition partielle, mais il se sublime en majeure partie, et vient se condenser en prismes déliés contre les parois froides de l’appareil.

§ 184. — ACÉTATE DE STANMÉTHYLE [Sn(C , H 3 )0,C < H 3 0 3 ]

Il se prépare exactement comme le formiate, et présente avec lui les ressemblances les plus frappantes, au point de vue de la solubilité et de la forme cristalline. Il se comporte comme lui sous l’influence de la chaleur, une partie se sublimant sous la forme de prismes déliés, tandis qu’une petite portion se décompose.

§ 185. — BUTYRATE DE STANMÉTHYLE [Sn(C'H 3 )0,C 8 H 7 0*]

11 se prépare comme les précédents, avec lesquels il offre les analogies les plus complètes.

On obtient de la même manière les valèrate et caprylate de stanméthyle, sel? solubles dans l’alcool, et donnant des cristaux dont les formes sont les mêmes que celles des composés homologues.

ENlIYCLOP. CHIM.

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