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STANNISOBUTYLE ET SES COMPOSES

§ 198. — STANNISOBUTYLE [Sn(C 8 H 9 ) 3 ], OU STANDIISOBUTYLE [Sn s (C 8 H 9 ) s ] Il n’a pas été isolé.

§ 199. — OXYDE DE STANNISOBUTYLE [Sn(C 8 H 9 )0]

On l’obtient sous la forme d’une substance blanche, floconneuse, amorphe, tout à fait analogue aux oxydes de stanpropyle, et de stannisopropyle, en précipitant l’iodure de stannisobutyle par une solution aqueuse de potasse ou d’ammoniaque.

§ 200 — CHLORURE DE STANNISOBUTYLE [Sn(C 8 H 9 )ClJ

L’acide chlorhydrique transforme l’oxyde de stannisobutyle en une huile pesante, incolore et très mobile, qui vers -j-5 degrés se solidifie en une masse cristallisée formée d’aiguilles soyeuses. Ce chlorure bout entre 2G0 et 262 degrés.

§ 201. — BROMURE DE STANNISOBUTYLE [Sn(C 8 H 9 )Bl']

Produit huileux qui se forme avec l’acide bromhydrique, dans les mêmes circonstances que le précédent.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQDE.

§ 202. — IODURE DE STANNISOBUTYLE [Sn(G 8 H 9 )I]

Quand on chauffe au bain-marie, dans des tubes scellés, un mélange d’iodure d’isobutyle et de feuilles d’étain, l’attaque a lieu lentement. Au bout de douze jours de chauffe à raison de huit heures par jour, un tiers à peine de l’iodure a réagi ; au bout de vingt-cinq jours la moitié de l’iodure d’isobutyle est entrée en combinaison ; mais la réaction est plus rapide quand on maintient les tubes au bain d’huile entre 120 et 125 degrés.

En soumettant à la distillation le contenu des tubes, on recueille d’abord de l’iodure d’isobutyle inaltéré qui distille entre 120 et 125 degrés, puis la température s’élève rapidement, et vers 240 à 250 degrés, le liquide de la cornue se trouble; il dépose une quantité notable d’iodure d’étain, et dégage en même temps un gaz en grande partie formé de butylène; si l’on continue la distillation, presque tout le liquide passe entre 280 et 300 degrés. Cette dernière portion, soumise à une rectification nouvelle, passe entre 290 et 295 degrés, mais en se décomposant en partie ; elle constitue l’iodure de stannisobulyle.

C’est un liquide incolore, ne présentant qu’à un très faible degré l’odeur piquante des iodures stannopropyliques.

§ 203. — SELS D’OXYDE DE STANNISOBUTYLE Sulfate. — Prismes courts et brillants.

Azotate. — Il cristallise avec netteté.

Acétate. — L’acide acétique donne avec l’oxyde de stannisobulyle un sel cristallisé, tantôt sous la forme d’aiguilles minces, tantôt sous l’aspect de prismes courts et très brillants; l’acide formique donne des résultats analogues; les tartrates sont cristallisés ; 1 ’oxalate est un précipité blanc.

§ 204. — STANNAMYLE [Sn(C 10 H“)], OU STANDIAMYLE [Sn*(C i0 H“)'] Il n’a pas été obtenu à l’état de liberté.

§ 205. — OXYDE DE STANNAMYLE [Sn(C 10 H“)0]

Quand on verse une solution aqueuse d’ammoniaque sur le mélange d’iodures produits dans l’action de l’iodure d’amyle sur l’étain, on obtient un précipité

blanc, floconneux, qui s’agglomère par l’agitation en une masse butyreuse ; celle-ci traitée par l’éther s’y dissout en partie, et laisse une poudre blanche insoluble, analogue à la magnésie, qui est l’oxyde de stannamyle.

§ 206. — CHLORURE DE STANNAMYLE [Sn(C*°H 11 )Gl]

Cet oxyde, traité à chaud par de l’acide chlorhydrique étendu, donne une huile incolore qui, décantée et lavée à l’eau distillée, se solidifie au bout de quelque temps en un amas de petits prismes très courts.

La solution éthérée dépose, quand on l’évapore, une huile épaisse qui, traitée par l’acide chlorhydrique étendu et chaud, donne une belle matière cristallisée en longs prismes doués de beaucoup d’éclat, et qui fondent vers 80 degrés.

§ 207. — IODÜRE DE STANNAMYLE [Sn(C 10 H“)I]

L’iodure d’amyle n’attaque l’étain qu’avec lenteur; le mélange étant chauffé au bain marie pendant vingt-cinq jours, la moitié environ de l’iodure entre en combinaison.

Le liquide distillé laisse tout d’abord dégager, entre 142 et 152 degrés, de l’iodure d’amyle non attaqué, puis la température s’élève jusqu’à 240 degrés, et en même temps il se sépare de l’iodure rouge d’étain, et des produits très volatils se dégagent; la température monte rapidement à 300 degrés et se maintient presque jusqu’à la fin entre 305 et 315 degrés.

Le produit volatil est de l’amylène, qui se forme en même temps que l’iodure d’étain, et qui provient d’une décomposition partielle de l’iodure de stannamyle.

Le liquide bouillant entre 305 et 315 degrés est un mélange d’iodures de stannamyle et de sesquistannamyle ; il n’est pas possible de les séparer l’un de l’autre par voie de distillation fractionnée, on n’arrive ainsi qu’à en décomposer la majeure partie.

COMBINAISONS DE LA FORME Sn 2 (C î '‘H s "+ 1 ) 3

Ces combinaisons jouent, comme les précédentes, le rôle d’un métal composé, et sont susceptibles comme elles de se combiner à l’oxygène, au chlore, au brome, à l’iode, etc.

Les oxydes sont des corps solubles dans l’eau, et qui cristallisent facilement en donnant des hydrates; privés de leur eau de cristallisation, ils affectent la forme d’huiles limpides, plus ou moins épaisses. Ces oxydes se dissolvent bien dans divers liquides, tels que l’alcool, l’éther, etc., en donnant des solu-

lions très alcalines. Ils ont une odeur très forte et très piquante, caractéristique, qui appartient également à tous leurs composés.

SESQUISTANNËTHYLE ET SES COMPOSES

§ 208. — SESQUISTANNËTHYLE OU STANTRIÈTHYLE [Sn s (C*II 5 ) 3 ]

Préparation. — Nous avons vu que parmi les produits de l’attaque de l’iodure d’éthyle par un alliage d’étain et de sodium renfermant environ 20 centièmes de sodium, on obtient un liquide visqueux, duquel nous avons extrait le stannéthyle, et une huile jaunâtre plus lourde que la première.

Cette huile jaune est à peine soluble dans l’alcool ordinaire ; épuisée par ce liquide, puis maintenue quelque temps au bain d’huile entre 175 et 180 degrés jusqu’à ce qu’il ne distille plus rien, elle constitue lesesquistannéthyleSii 2 (C 4 H 5 ) 3 .

11 se produit plus facilement quand on traite par le sodium l’iodure de sesquistannéthyle. On chauffe le mélange à 200 degrés, on reprend par l’éther et l’on évapore la solution éthérée, puis on purifie le produit en le distillant dans le vide et recueillant ce qui passe en dernier lieu.

Propriétés. — Le sesquistannéthyle est un liquide incolore, huileux, pesant, doué d’une faible odeur; il est insoluble dans l’eau et l’alcool faible, et se dissout bien dans l’alcool absolu et dans l'éther. Il bout entre 268 et 272 degrés en se décomposant en partie, et laisse un résidu d’étain ; mais dans le vide il distille sans altération. Sa densité à 6 degrés est 1,4115; sa deusité de vapeur, déterminée par la méthode de Hoffmann dans la vapeur d’essence de girolle, a été trouvée par M. Ladenburg, dans deux expériences, égale à 14,7 et 14,93.

Il agit comme un réducteur énergique, et réduit le nitrate d’argent dissous dans l'alcool; avec une solution alcoolique de bichlorure de mercure, il donne du calomel, qui lui-mème passe bientôt à l’état de mercure.

Le sesquistannéthyle se combine directement avec l’iode pour donner l’iodure de sesquistannéthyle Sn 2 (C 4 H 6 ) 8 I. Il se forme en même temps du sesquistannoiodoîliéthyle Sn 2 (C 4 H r, ) s I (§ 250).

Le chlore agissant sur une solution de sesquistannéthyle dans le chloroforme, donne du chlorure de stannéthyle et du chlorure d’éthyle :

Sn , (C 4 ll 5 ) :i 4- 3 Cl == 2 [Sn(C*H5)Cl] + C 4 11 6 C1.

L’acide chlorhydrique décompose le sesquistannéthyle en formant du chlorure de stannéthyle, et un gaz combustible renfermant de l’hydrogène et de l’hydrure d’éthylène :

Sn s (C 4 H 6 ) 3 + 2 HCl = 2 [Sn(G*H*)Cl] +C 4 H 8 + H.

Avec le bichlorure d’étain on a :

2 [Sn s (C*H 6 ) 3 ] + SnCl s 2 [Sn*(C 4 H 6 ) 3 Cl] + Sn.

Avec l’acide monochloracétique, la réaction est très vive ; elle donne du chlorure de stannéthyle, du diéthyle, de l’hydrure d’éthylène et de l’acide carbonique.

2[Sn*(C 4 H 5 ) 3 ] + 4[C‘H 3 CI0‘] = 4 [Sn(C*H 5 )Cl] +8 CO* + 2C*H 6 + C 8 H 10 .

L’iodure d’éthvle n’agit pas à froid, mais à 220 degrés il le décompose avec formation d’iodure de stannéthyle, et de diéthyle :

2 [Sn s (C 4 H 5 ) 3 ] + 4 (C*H 5 1) = 4 [Sn(C 4 ll 5 )I] + 3 G 8 I1*°.

§209. — OXYDE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn*(C 4 H S ) 3 0,H0l

Oxyde hydraté. —L’iodure de sesquistannéthyle est décomposé par une solution aqueuse de potasse caustique, et le mélange distillé laisse passer de l’oxyde de sesquistannéthyle et de l’eau ; la masse qui se solidifie par le refroidissement se purifie en la comprimant dans du papier, et la soumettant à de nouvelles distillations.

On peut aussi dissoudre dans l’alcool le sulfate de sesquistannéthyle et décomposer la liqueur par l’eau de baryte, puis évaporer à sec au bain-marie à 80 degrés. Le résidu sec est traité par de l’alcool, et la liqueur évaporée dans le vide au-dessus d’acide sulfurique ; il se dépose bientôt des cristaux.

L’hydrate d’oxyde de sesquistannéthyle est en beaux prismes transparents, incolores et brillants, qui fondent à 44 degrés et se volatilisent à 272 ; ses vapeurs donnent des fumées blanches au contact d’une baguette imprégnée d’acide chlorhydrique. Il est peu solubledansl’eau, maisbien davantage dans l’alcool, l’esprit de bois, l’éther, l’acétone. Sa solution aqueuse est très alcaline, elle précipite tous les oxydes de leurs dissolutions, bleuit le tournesol rouge, et sature tous les acides ; elle possède une saveur caustique très persistante, et attire vivement l’acide carbonique de l’air ; tous ses sels sont solubles dans l’alcool et l’éther, tous ont une odeur forte et piquante.

Oxyde anhydre. — On obtient 1 oxyde anhydre sous la forme d’une huile limpide, en maintenant l’hydrate pendant quelque temps à la température de son ébullition. L’eau se dégage peu à peu.

§ 210. — SULFURE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn*(C‘H 5 ) 3 S]

Siiiihydrnfe de sulfure. — Une solution d’oxyde de sesquistannéthyle dans l’alcool absolu, absorbe rapidement le gaz acide sulfhydrique, et si on l’en sursature, on obtient par évaporation de la liqueur une masse incolore formée

d’aiguilles; c’est un sulfliydrate, Sn s (C*H 5 )S,HS, tout à fait analogue à l’hydrate d’oxyde de sesquistannéthyle, dans lequel le soufre aurait remplacé l’oxygène.

Sulfure neutre. —Si l’on mélange une solution alcoolique de cette substance avec une quantité équivalente d’oxyde, dissoute dans de l’alçool, on obtient par évaporation de la liqueur, une huile pesante dont la composition Sfl*(C*H 5 ) 3 S correspond à celle de l’oxyde anhydre.

§211. — CHLORUnE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn*(C 4 H 5 )Gl]

On l’obtient sous la forme d’une huile très limpide, à odeur vive et pénétrante, en saturant l’oxyde par de l’acide chlorhydrique. Sa densité est 1,428 à 8 degrés; il bout entre 208 et 210 degrés, et se solidifie vers zéro en prismes transparents. Sa densité de vapeur est 8,430. Il est peu soluble dans l’eau, et bien plus dans l’alcool, l’esprit de bois et l’éther.

chlorures doubles. — Il se combine avec le bichlorure de platine pour donner d’abord des cristaux rouge foncé qui renferment Sn , (G*II 5 ) 3 Cl,2PtGl s . Les eaux mères de ces cristaux, soumises à l’évaporation, en donnent d’autres, qui sont des octaèdres jaunes, nettement terminés, d’odeur désagréable, et dont la composition est Sn 2 (C*II 5 ) 3 Cl, PtCI 2 .

On obtient des combinaisons analogues avec le sesquichlorure d’or, et le protochlorure de mercure.

§ 212. — BROMURE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn 2 (C*II 5 ) 3 Br]

Il se prépare comme le précédent avec l’oxyde et l’acide bromhydrique; c’est un liquide huileux, d’une odeur très forte de moutarde, qui bout entre 222 et 224 degrés. Sa densité est 1,630; il est peu soluble dans l’eau, mais il se dissout aisément dans l’alcool et dans l’éther.

On l’obtient encore en traitant le sesquistannéthyle par un excès de brome, et distillant le produit de la réaction.

§213. — IODURE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn s (G‘H 5 ) 3 I]

Préparation. — Cet iodure prend naissance dans l’action de l’iodure d’éthyle sur les alliages de sodium et d’étain. Nous avons dit que l’alliage à 2 pour 100 de métal alcalin donne de l’iodure de stannéthyle, avec une petite quantité d’une huile irritante à forte odeur de moutarde (§ 165), et que la proportion de cette huile va en décroissant avec la quantité de sodium que l’alliage renferme, tant que celui-ci n’en contient pas plus de 20 pour 100 [on sait qu’un tel alliage ne donne plus d’iodures, mais bien les radicaux eux-mêmes (§159)]. Le produit de la réaction, traité, comme on l’a dit (§ 165), par l’éther et l’alcool.

donne une huile à peine colorée, surnagée par une matière visqueuse de laquelle nous avons extrait l’iodure de stannéthyle.

L’huile à peine colorée a une odeur piquante, insupportable, rappelant celle du raifort et de la moutarde : c’est de l’iodure de sesquistannéthyle.

Propriétés. —Cet iodure se solidifie dans un bain d’acide carbonique solide etd’éther, en une multitude d’aiguilles entre-croisées qui forment une masse incolore ; il bout sans se décomposer entre 228 et 230 degrés. Sa densité à 18 degrés est 1,833 ; il est soluble dans l’alcool et l’éther, mais l’eau, qui le dissout très peu, le précipite de ces dissolutions.

Il dissout l’iode à froid, mais à chaud il y a une réaction: la liqueur se décolore, il se forme de l’éther iodhydrique, et de l’iodure de stannéthyle qui cristallise par le refroidissement :

Sn*(C<H 5 ) 3 I +21 = 2 [Sn(C*H 5 )l] + C*H 6 I.

Action <ie l'ammoniaque. — Le gaz ammoniac sec est absorbé avec élévation de température par l’iodure de sesquistannéthyle pur, il se forme une masse blanche, amorphe, friable, que l’on peut obtenir sous la forme de cristaux en opérant comme il suit : on dissout de l’iodure de sesquistannéthyle dans une solution saturée de gaz ammoniac dans l’alcool absolu, il se sépare bientôt de fines aiguilles; on enferme le tout dans des tubes scellés que l’on chauffe pendant plusieurs heures au bain-marie, et le liquide se prend par refroidissement en une masse de prismes déliés qui remplissent le tube. Cette substance desséchée fond à une douce chaleur, puis se sublime en beaux cristaux qui renferment Sn s (C*H 5 ) 3 I,2 AzH 3 .

Cet iodure ammoniacal est soluble dans l’eau, qui à l’ébullition le décompose; dans l’alcopl, surtout à chaud; mais fort peu dans l’éther. Chauffé avec de la potasse, il dégage d’abord de l’ammoniaque, puis de l’oxyde de sesquistannéthyle.

Action d« l’étiiyinmine. — L’éthylamine et ses homologues se combinent immédiatement à l’iodure, en donnant des produits cristallisés parfaitement définis. Avec l’amylamine en particulier, le mélange s’échauffe et se prend en masse; celle-ci reprise par l’alcool bouillant s’y dissout, et l’on obtient par le refroidissement de la liqueur des écailles cristallines d’un très beau blanc, qui renferment Sn s (C*H 6 ) 3 I,2 [AzH 3 (C ,0 H ,0 )l.

Ce composé, soumis à l’action de la chaleur, fond en un liquide incolore qui se prend en masse par le refroidissement ; en chauffant davantage, il se sublime.

Action de î aniiine. — Le mélange de celte base avec l’iodure de sesquistannéthyle se prend en une masse formée de prismes entre-croisés; le produit, comprimé dans du papier et repris par l’alcool concentré, s’en sépare par évaporation, sons la forme de belles tables jaunâtres, contenant Sn*(C*H 5 ) 3 I,2 fC i3 H 7 Az). Cette combinaison se volatilise sans se décomposer, elle est soluble dans l’alcool, surtout à chaud, et moins dans l’éther. L’eau froide la dissout peu, à l’ébullition elle en retient une quantité plus grande, qui se dépose sous la forme

de tables incolores par le refroidissement lent de la liqueur ; mais elle ne la décompose pas, tandis qu’elle détruit la combinaison ammoniacale.

§ 214. — CYANURE DE SESQUISTANNÉTIIYLE [Sn a (C 4 H 6 ) 3 C 3 Az]

Si l’on introduit dans une petite cornue un mélange de cyanure d’argent bien sec et d’iodurede sesquistannélhyle anhydre et en excès, la masse s’échauffe et se colore en jaune; en chauffant doucement, une vive action se manifeste et il se dégage des vapeurs blanches, qui, reçues dans un récipient refroidi, s’y condensent en cristaux d’un blanc de neige, souvent souillés par une substance grisâtre, quand on chauffe un peu trop à la fin.

On purifie cette matière en la traitant par l’alcool, puis évaporant lentement la solution filtrée et incolore; elle dépose des primes déliés d’un beau blanc, satinés, et très flexibles, qui s’aplatissent sous le pilon comme du camphre.

Ces cristaux, soumis à l’action de la chaleur, fondent en un liquide incoloreet limpide qui se prend par refroidissement en une masse d’aiguilles enchevêtrées; chauffé plus fort, le liquide se transforme en une vapeur qui se condense en aiguilles sur les parois froides du vase. Brusquement chauffé, le cyanure se décompose partiellement, avec formation d’une vapeur gris noirâtre très dense, qui souille la portion non décomposée.

§215. — SULFATE DE SESQUISTANNÉTIIYLE [Sn a (C 4 iI 6 ) 3 0,S0 s ]

On l’obtient en saturant de l’acide sulfurique étendu par l’oxyde de sesquistannéthyle, ou en traitant par le sulfate d’argent une solution alcoolique d’iodure ; la liqueur évaporée donne de beaux prismes incolores, très brillants, d’une odeur assez forte rappelant celle de l’oxyde ; l’eau le dissout peu, l’alcool en prend une plus forte proportion.

Il dissout l’oxyde de stannéthyleet donne des cristaux peu solubles dans l’eau, qui renferment:

Sn 3 (C 4 H 6 ) 3 0,S0 3 + Sn(C 4 H 6 )0.

§ 216. —AZOTATE DE SESQUISTANNÉTIIYLE

L’acide azolique étendu dissout facilement l’oxyde de sesquistannéthyle, mais la liqueur évaporée donne un sirop, dans lequel on n’aperçoit que de rares cristaux mal définis.

§ 217. —CARBONATE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn a (C 4 H 5 ) 3 0,C0‘]

Il se dépose sous la forme de petits cristaux brillants, quand on évapore lente-

ment à l’air une solution alcoolique d’hydrate d’oxyde de sesquistannéthyle. On l’obtient sous l’aspect d’une poudre blanche, en traitant le sulfate par une solution de carbonate d’ammoniaque. Il se dissout dans l’éther, et par l’évaporation se dépose en prismes obliques.

§ 218. — PHOSPHATE DE SESQUISTANNÉTHYLE [2 H0,Sn s (C 4 H 5 ) 3 0,Pll0 5 ]

Poudre cristalline soluble dans l’alcool étendu, et que l’on obtient en traitant le carbonate par une dissolution d’acide phosphorique.

§ 219. — ARSÉNIATE DE SESQUISTANNÉTHYLE [2 II0,Sn s (G*H 5 ) 3 0, AsO 6 ]

Il se produit dans les mêmes circonstances que le phosphate, et présente la même composition.

§ 220. — IODATE ET BROMATE DE SESQUISTANNÉTHYLE

Petits cristaux qui se déposent quand on prépare l’iodure, ou le bromure, par l’action du brome ou de l’iode sur une solution d’hydrate d’oxyde de sesquistannéthyle.

§ 221. — CYANATE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sll , (C*H B ) 3 0,C , AzO]

Quand on fait agir dans des tubes scellés à la lampe, et chauffés au bainmarie, un mélange de cyanale d’argent et d’iodurede sesquistannéthyle additionné du double de son volume d’alcool absolu ou d’éther anhydre, le cyanate d’argent, d’abord blanc, devient peu à peu jaune, en se transformant en iodure ; au bout de quelques heures la réaction est terminée, alors on ouvre les tubes, on jette le contenu sur un filtre et on évapore lentement la liqueur claire qui se sépare ; il se dépose des prismes minces groupés en faisceaux soyeux, qui sont le cyanate.

Urée. — Ce sel se détruit quand on l’expose au contact de l’air en donnant du carbonate. La solution alcoolique de cyanale, traitée par l’ammoniaque, s’y combine, et donne des cristaux d’une urée composée dans laquelle un équivalent d’hydrogène serait remplacé par du sesquistannéthyle ; elle a pour formule :

C , H 3 [Sn‘ 2 (C*H 6 ) 3 ]Az 2 0' 2 = Az* Sn s (C 4 H 5 ) 3 | C s O' 2

Cette urée forme, comme l’urée normale, des combinaisons parfaitement définies avec les acides. Celle que produit l’acide oxalique cristallise en beaux

prismes incolores et souvent assez volumineux, quand le composé se sépare lentement de sa solution alcoolique.

L’aniline donne des résultats analogues à ceux que l’ammoniaque fournit.

§ 222. — SULFOCYANATE DE SESQUISTANNÉTHYLE [Sn*(C*H 5 ) 3 S,C*AzS]

Quand on chauffe au bain-marie une dissolution d’iodure de sesquistannéthyle dans l’alcool absolu, avec un excès de sulfocyanate d’argent, la réaction est complète au bout de quelque temps ; la liqueur alcoolique, filtrée et évaporée, donne une matière visqueuse, qui, abandonnée à elle-même, se transforme en une multitude de prismes incolores et transparents. Ils fondent, quand on les chauffe légèrement, en un liquide incolore, qui se prend par refroidissement en une masse d’aiguilles enchevêtrées. Ce sulfocyanate se dissout dans l’alcool et l’éther, et les liqueurs donnent avec les persels de fer la coloration rouge sang caractéristique des sulfocyanates métalliques.

§ 223. — FORMIATE DE SESQUISTANNÉTHYLE (Sn s (C‘H 5 ) 3 0,C 2 II0 3 =

= C s H[Sn*(C*H 5 ) 3 ]0 4 )

De l’acide formique, versé goutte à goutte dans de l’eau saturée d’oxyde de sesquistannéthyle, y détermine la formation de flocons blancs, qui se dissolvent quand on élève la température, ou lorsqu'on ajoute de l’alcool. La liqueur évaporée laisse des prismes déliés, soyeux, solubles dans l’alcool, et présentant les propriétés réductrices des formiates. Soumis à l’action de la chaleur, ils fondent, puis se subliment sans se décomposer.

§ 221. — ACÉTATE DE SESQUISTANNÉTHYLE Sn 2 (C*H 5 ) 3 0,C 4 H 3 0 3 = C*H 3 [Sn s (C*H 5 ) 3 ]0*

En opérant avec l’acide acétique, comme il vient d’être dit pour l’acide formique, on obtient de longues aiguilles ayant l’apparence de l’asbeste ; elles sont peu solubles dans l’eau froide, mais bien plus dans l’eau bouillante, et plus encore dans l’alcool. L’acide sulfurique les décompose; en chauffant doucement, l’acide acétique se dégage, et la liqueur évaporée donne de beaux prismes de sulfate de sesquistannéthyle.

L’acétate fond à une basse température, puis il bout régulièrement à 230 degrés, et distille sans éprouver aucune altération. Ses vapeurs se condensent en petites aiguilles blanches.

§ 225. — RUTYRATE DE SESQUISTANNÉTHYLE

Sn*(C*H 5 ) 3 0,C 8 H 7 0 3 = C 8 H 7 [Sn s (C 4 H 5 ) 3 ]0*

Il se produit comme l’acétate auquel il ressemble beaucoup, et se dépose de

solution alcoolique eu longues aiguilles déliées et brillantes, moins solubles dans l’eau que l’acétate ; il se dissout assez bien dans l’alcool chaud.

Il se volatilise sous l’influence de la chaleur, et se sublime en aiguilles très fines sans se décomposer aucunement.

Les acides valèrique , caproïque et caprylique donnent avec l’oxyde de sesquistannéthyle des sels tout à fait analogues à ceux qui viennent d’être décrits.

§ 226. — OXALATE DE SESQUISTANNÉTHYLE

2 [Sn s (C 4 H 5 ) 3 0]C 4 0 6 =C 4 [Sn s (C 4 H 6 ) 3 ] a 0 8

Une solution d’acide oxalique dans l’alcool faible et chaud, dissout facilement l’oxyde de sesquistannéthyle, et la liqueur évaporée dépose de beaux prismes incolores, transparents, doués d’un grand éclat, solubles surtout à chaud dans l’eau, l’alcool et l’éther. La chaleur les décompose.

§227. — TARTRATE DE SESQUISTANNÉTHYLE

2 [Sn , (C‘H 5 ) 3 O],G s H 4 O‘ 0 ,2 H0=:C 8 H 4 [Sn a (C 4 H 6 ) 3 ] 2 0‘»,2 HO

On l’obtient sous la forme de cristaux cubiques, en traitant le carbonate de sesquistannéthyle par de l’acide tartrique, puis évaporant la liqueur. Les eaux mères abandonnent des cristaux rhombiques de tartrate acide :

H0[Sn 8 (G 4 H 5 ) 3 0]C 8 H 4 0 10 ,2 HO = C 8 H b [Sn 8 (C‘H 5 ) 3 ]0' 8 ,2 HO, assez solubles dans l’eau et très solubles dans l’alcool étendu.

§ 228. — BENZOATE DE SESQUISTANNÉTHYLE

Sn 8 (C 4 H 5 ) 3 0,C 14 H 5 0 3 = C 14 H 5 [Sn*(C 4 H 5 ) 3 ]0 4

Il se dépose sous la forme de prismes limpides, peu solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool étendu, et fondant à 80 degrés.

§ 229. — ÉTHYLATE DE SESQUISTANNÉTHYLE (C 4 H 5 [Sn 2 (C 4 H 5 ) 3 ]0*)

On obtient ce composé en laissant tomber goutte à goutte de l’iodure de sesquistannéthyle sur de l’éthyiate de soude bien sec. La masse s’échauffe, on termine la réaction en chauffant plus fort, et on distille ; l’éthylate de sesqui- 8tannélhyle, qui constitue la majeure partie du produit, passe entre 190 et 192 degrés. •

Sn 8 (C 4 H 6 ) 3 l + C 4 H 6 NaO*=Nal + C*H 6 |Sn*(C 4 H 5 ) 3 ]0*.

L’éthylate de sesquistannéthyle est un liquide incolore, doué d’une odeur désagréable ; il brûle à l’air avec une flamme claire; sa densilé est 1,263.

2515 ENCYCLOPÉDIE CIIIMIQDE.

Au contact de l’eau il se décompose en produisant l’hydrate Sn 2 (C 4 H 3 ) 3 0,H0 ; il réduit l’azotate d’argent en dissolution dans l’alcool.

SESQUISTANMÉTHYLE ET SES COMPOSES

§ 230. — SESQUISTANMÉTHYLE OU STANTRIMÉTHYLE [Sll 2 (C 2 H 3 ) 3 ] Il n’a pas été obtenu à l’état de liberté.

§231. — OXYDE DE SESQUISTANMÉTHYLE [Sn 2 (C 2 H 3 ) 3 0]

Oxyde hydraté. — Quand on traite l’iodure de sesquistanméthyle par la potasse, il se dépose de l’iodure de potassium et l’oxyde reste dissous dans Fexcès d’alcali. Pour l’en séparer, on distille le mélange, l'oxyde passe avec de la vapeur d’eau, et vient se condenser dans un récipient refroidi, sous la forme d’une huile qui se dépose au fond de la couche aqueuse et qui se prend en masse cristallisée par refroidissement. Celle-ci, comprimée dans du papier, puis distillée, donne l’oxyde tout à fait pur.

On l’obtient également en décomposant par la potasse l’oxyde de stanméthyle

Les cristaux qui se déposent ainsi, en prismes incolores et transparents, sont un hydrate d'oxyde de sesquistanméthyle Sn 2 (C 2 II 3 ) 3 0,H0 ; ils se volatilisent sans se décomposer, et se dissolvent assez peu dans l’eau, mais beaucoup plus dans l’alcool ; cette dernière dissolution donne, quand on l’évapore, des cristaux volumineux.

Ces dissolutions ont une forte réaction alcaline, et saturent tous les acides en donnant des sels qui sont presque tous solubles, cristallisent facilement, se volatilisent sans décomposition, et sont doués d’une odeur piquante analogue à celle de l’iodure ; ils sont isomorphes avec les sels d’oxyde de sesquistannéthyle.

Oxyde anhydre. — Les cristaux d’hydrate, maintenus pendant quelque temps à une température voisine de celle de leur point d’ébullition, se décomposent en oxyde anhydre et en eau.

§ 232. — CHLORURE DE SESQUISTANMÉTHYLE [Sn'(C*H 3 ) 3 Cl]

Il se prépare, ainsi que le bromure, comme les composés correspondants de sesquistannéthyle, avec lesquels ils ont la plus grande ressemblance.

§ 233. — IODURE DE SESQUISTANMÉTHYLE [Sll 2 (C 2 H 3 ) 3 I]

Il se trouve dans le liquide bouillant entre ISO et 200 degrés que nous avons

rencontré (§ 181) en traitant l’iodure de méthyle par l’étain. Ce produit, rectifié à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il cesse de se troubler et de déposer des cristaux rouges d’iodure d’étain, constitue l’iodure de sesquistanméthyle.

C’est un liquide incolore, très limpide et très mobile, doué d’une odeur piquante qui rappelle celle de la moutarde, mais moins pénétrante que celle de l’iodure de sesquistannéthyle; il reste liquide dans un mélange de glace et de sel, mais il se solidifie dans le mélange d’acide carbonique solide et d’éther. Sa densité à zéro est 2,1432, à 18 degrés 2,1096 (Ladenburg), 2,155 (Cahours); il bout à 170 degrés (Ladenburg), entre 188 et 190 degrés (Cahours) ; l’eau le dissout peu, mais l’alcool et l’éther le dissolvent en toutes proportions. La potasse le décompose en iodure de potassium et oxyde de sesquistanméthyle. Sa densité de vapeur à 260 degrés est 10,325, correspondant à Sn*(C*H 3 ) 3 I = 4 vol.de vapeur, la densité théorique étant 10,017.

Action .le rammoniaque. — Si l’on fait arriver du gaz ammoniac sec sur de l’iodure de sesquistanméthyle, on obtient une masse blanche amorphe ; mais en traitant l’iodure par une solution alcoolique d’ammoniaque, il se produit un précipité cristallin, qui se dissout quand on chauffe tout le mélange au bain-marie en vase clos. On obtient par refroidissement de beaux prismes d’un volume souvent considérable, dont la composition est la même que celle de la matière blanche amorphe, et qui renferment : Sn*(C s H 3 ) 3 I,2 AzH 3 .

Il se combine de la même manière aux ammoniaques composées.

Action de l'aniline. — Quand on mélange de l’aniline avec de l’iodure de sesquistanméthyle, il se forme une belle matière cristallisée en prismes, peu soluble dans l’eau froide, très soluble dans l’alcool, surtout à la température de l’ébullition ; cette liqueur alcoolique, évaporée, dépose de belles tables, qui renferment :

Sn*(C*H 3 ) 3 I,2 [AzH 3 (C* a H*)],

et qui, soumises à l’action de la chaleur, distillent sans éprouver d’altération.

§ 234. — SULFATE DE SESQUISTANMÉTHYLE [Sn*(C'H 3 ) 3 0,S0 3 ]

On l’obtient par double décomposition, à l’aide du sulfate d’argent et de l’iodure de sesquistanméthyle, ou bien en saturant de l’acide sulfurique avec de l’oxyde de sesquistanméthyle. La liqueur évaporée donne des petits prismes, très brillants, d’une odeur assez forte, surtout quand on les chauffe, et qui rappelle celle de l’iodure; ils sont solubles dans l’alcool et dans l’eau.

§ 235. — FORMIATE DE SESQUISTANMÉTHYLE

Sn s (C s H 3 ) 3 0, C“0 3 H= C l H[Sn s (C a H 3 ) 3 ]0*

Une solution un peu concentrée d’acide formique donne, dans une solution

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saturée d’oxyde de sesquistanmétliyle, un précipité floconneux, qui se redissout lorsqu’on chauffe la liqueur ou qu’on lui ajoute de l’alcool. L’évaporation du liquide donne de beaux prismes, isomorphes avec le formiate de sesquistan néthyle.

Ce sel est soluble dans l’alcool et l’éther; soumis à l’action delà chaleur, il fond, puis se sublime totalement sous la forme de prismes déliés, si l’on vient à chauffer un peu davantage.

§ 236. — ACÉTATE DE SESQUISTANMÉTHYLE

Sn 8 (C 3 H 3 ) 3 0,C*H 3 0 3 = C*H 3 [Sn 3 (C s II 3 ) 3 ]0‘

Il se prépare comme le précédent et offre les mêmes caractères extérieurs ; il est très soluble dans l’alcool et l’éther, moins soluble dans l’eau. Il distille tout entier quand ou le chauffe, sans éprouver la moindre altération, et se condense en aiguilles fines et très brillantes sur les parois froides de la cornue.

Les acides butyrique, valérique, caproïque et caprylique se comportent exactement de la même manière à l’égard de l’oxyde de sesquislanméthyle ; les sels qui se forment cristallisent sans difficulté, et présentent avec ceux qui viennent d’être décrits, la ressemblance la plus complète.

§ 237. —ÉTHYLATE DE SESQUISTANMÉTHYLE (C*ff 5 [Sn*(C*IÏ 3 ( 3 ]0*)

Il se produit en petite quantité quand on verse goutte à goutte de l’iodure de sesquistanmélhyle sur de l’éthylate de soude sec. On a:

Sn 3 (C»H 3 ) 3 I -f C*H B NaO* = Nal + C*H 3 [Sn*(C*H 3 ) 3 ]0*.

Mais le produit principal de la réaction est du distanméthyle (§ 253).

SESQUISTANPROPYLE OU STANTRIPROPYLE [Sn*(C 6 H 7 ) 3 ] ET SES COMPOSÉS

§ 238. — OXYDE DE SESQUISTANPROPYLE [Sn s (G B H , ) 3 0]

Oxyde hydraté. — On l’obtient en distillant l’iodure avec une solution saturée de potasse caustique mélangée de potasse en morceaux. On recueille dans le récipient un liquide formé de deux couches ; la supérieure est aqueuse, la seconde est une huile pesante qui par le refroidissement se solidifie en une masse de très beaux prismes entre-croisés qui sont l’hydrate d’oxyde de sesquistanpropyle Sn*(C # H 7 ) 3 0,H0. Ces cristaux sont à peine solubles dans l’eau en donnant une liqueur fortement alcaline, ils se liquéfient à 30 degrés au contact des acides.

Cet oxyde donne des sels qui cristallisent très nettement et qui présentent la ressemblance la plus parfaite avec les composés correspondants de l’oxyde de sesquistannéthyle.

Oxyde anhydre. — Ces cristaux, distillés avec des fragments de baryte caustique, se déshydratent et donnent un liquide huileux, qui est l’oxyde anhydre de sesquistanpropyle. Ce dernier s’échauffe au contact de l’eau et reproduit l’hydrate cristallisé.

§ 439. — CHLORURE DE SESQUISTANPROPYLE [Su^CPH^’CT]

Il se produit en faisant agir l’oxyde sur de l’acide chlorhydrique. C’est un liquide incolore, très mobile, d’une odeur excessivement forte et pénétrante. L’acide bromhydrique engendre un produit analogue.

§ 240. — IODURE DE SESQUISTANPROPYLE [Sll s (C 6 H 7 ) 3 I]

Il prend naissance quand on fait réagir sur l’iodure de propyle un alliage d’étain et de sodium contenant au moins 10 pour 100 de ce dernier. Lorsqu’on mélange cet alliage, grossièrement pulvérisé, avec l’iodure propylique, il se produit une réaction énergique, accompagnée d’un dégagement de chaleur assez vif pour qu’on soit obligé de le modérer par des affusions d’eau froide; on chauffe ensuite pendant quelques heures dans un appareil muni d’un réfrigérant ascendant, et l’on obtient une masse solide, brune, imprégnée d’un liquide de même couleur. On traite par l’éther anhydre ; la solution filtrée est évaporée au bain-marie pour chasser l’éther, pujs on distille le résidu, dont la majeure partie passe entre 202 et 264 degrés. Cette portiou, rectifiée par une distillation nouvelle, donne un liquide qui se volatilise entre 260 et 262 degrés, et qui constitue l’iodure de sesquistanpropyle.

Quand ou emploie des alliages rnoius riches en sodium, n’en renfermant que 5 à 6 centièmes par exemple, on obtient un mélange d’iodure de slanpropyle et d’iodure de sesquistanpropyle. Ces deux liquides sont très difficiles à séparer l’un de l’autre, en raison de la faible différence que présentent leurs températures d’ébullition.

L’iodure de sesquistanpropyle est un liquide incolore, très mobile, doué d’une odeur des plus pénétrantes ; les sels d’argent le décomposent, en donnant de l’iodure d’argent et le sel correspondant de sesquistanpropyle.

§241. — CYANURE DE SESQUISTANPROPYLE [Sll*(C 6 H 7 ) 3 ,C*Az]

Un mélange de cyanure d’argent et d’iodure de sesquistanpropyle, introduit dans une cornue, donne lieu à une vive réaction ; en chauffant doucement, il se

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