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G0 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

dégage des vapeurs, qui, reçues dans un récipient refroidi, s’y condensent en belles aiguilles de cyanure de sesquistanpropyle.

Si l'on chauffe en tubes scellés le cyanure d’argent mélangé avec une solution alcoolique d’iodure de sesquistanpropyle, on obtient de petits cristaux doués d’un très grand éclat; ils sont formés par une combinaison de cyanure d’argent avec le cyanure de sesquistanpropyle.

§ 242. — sels d’oxyde de sesquistanpropyle

L’oxyde se dissout dans tous les acides, et donne avec eux des sels nettement cristallisés.

Acétate. — Il cristallise en belles aiguilles peu solubles dans l’eau, mais que l’alcool dissout très bien. Le formiale et le butyrate sont peu solubles comme l’acétate; ils présentent un aspect et une composition analogues. L’oasaiate est très bien cristallisé.

SESQUISTANNISOPROPYLE ET SES COMPOSÉS

§ 243. — OXYDE DE SESQUISTANNISOPROPYLE [Sn*(G 8 H 7 ) 3 0]

On l’obtient en distillant l’iodure sur de la potasse caustique ; il se dégage des vapeurs épaisses, qui se condensent en un liquide huileux. Celui-ci ne se solidifie pas à la température ordinaire; sa composition est celle de l’hydrate d’oxyde de sesquislaunisopropyle, Sn(C 6 H 7 ) 3 0,H0 ; il se dissout un peu dans l’eau en donnant une solution douée d’une réaction alcaline ; il s’unit aux acides minéraux et organiques pour produire des sels bien cristallisés.

§ 244. — IODURE DE SESQUISTANNISOPROPYLE [Sn*(C 6 H 7 ) 3 I]

Quand on traite l’iodure d’isopropyle par un alliage d’étain et de sodium renfermant 10 pour 100 de ce métal, on n’observe aucune élévation de température; il faut maintenir la masse au bain-marie pendant plusieurs heures pour que la réaction soit complète. Celle-ci terminée, on traite par l’éther, la liqueur filtrée est chauffée au bain-marie pour chasser le dissolvant, et le résidu distillé laisse passer un liquide à peine coloré en jaune, très mobile, et qui bout entre 256 et 258 degrés ; c’est l’iodure de sesquistannisopropyle.

§ 245. — SELS DE SESQUISTANNISOPROPYLE Les acides sulfurique et oxalique donnent avec l’oxyde de sesquistanniso-

propyle des sels bien cristallisés. L’acide acétique forme de belles aiguilles tout à fait semblables à celles de l’acétate de sesquistanpropyle ; les acides formique et butyrique se comportent d’une manière analogue, et donnent des sels qui présentent avec l’acétate la plus grande ressemblance.

Il faut remarquer, d’une manière générale, que les combinaisons stannisopropvliques sont plus fusibles et plus volatiles que les composés correspondants stannopropyliques ; ce résultat est conforme à celui que présente d’ordinaire l’examen comparatif des composés propyliques et isopropyliques.

SESQUISTANNISOBUTYLE OU STANTRIISOBUTYLE [Sn*(C 8 H*) 3 ] ET SES COMPOSÉS

§ 246. — OXYDE DE SESQUISTANNISOBUTYLE [Sn î (C 8 II n ) r! 0]

Lorsqu’on chauffe dans une cornue un mélange d’iodure de sesquistannisobutyle, avec une solution concentrée de potasse caustique et des morceaux de cet alcali, il se dégage des vapeurs très denses qui se condensent en un liquide alcalin, incolore et pesant. Ce corps, qui reste liquide à la température ordinaire, bout entre 311 et 314 degrés; c’est l’hydrate d’oxyde de sesquistannisobutyle, Sn s (C 8 H 9 ) 3 0,H0. Il donne avec les acides des sels bien cristallisés, parmi lesquels les acétate et formiate présentent la plus grande analogie avec les composés correspondants de sesquistannéthyle et de sesquistanpropyle.

§217. — IODUnE DE SESQUISTANNISOBUTYLE [Sn 2 (C 8 H 9 ) 3 I]

Lorsqu’on mélange avec un excès d’iodure d’isobutyle, un alliage d’étain et de 8 à 10 pour 100 de sodium, préalablement réduit en poudre, il n’y a aucune action à la température ordinaire ; mais, si l’on introduit la matière dans un matras chauffé muni d’un réfrigérant ascendant, l’attaque est complète au bout de douze à quinze heures; il arrive quelquefois qu’après une demi-heure ou une heure de chauffe il se produit un mouvement tumultueux, l'action est alors en grande partie accomplie. On obtient de la sorte une poudre humide, d’un brun verdâtre, qu’on épuise par l’éther; le liquide filtré, évaporé au bain-marie, donne, quand l’éther est entièrement chassé, un résidu qui, soumis à la distillation, laisse dégager entre 280 et 285 degrés un liquide qui est l’iodure de sesquistannisobulyle. Il possède une odeur irritante, et bout entre 284 et 286 degrés.

Quand on emploie l’alliage de sodium et d’étain en excès, on obtient, en traitant par l’éther, une liqueur qui, outre l’iodure précédent, renferme les radicaux à l’état de liberté.

SESQUISTANNAMYLE OU STANTRIAMYLE [Sn‘(C«>H“) 3 ] ET SES COMPOSÉS

§ 248. — OXYDE DE SESQUISTANNAMYLE [Sü*(C 10 H 11 ) 3 0]

L’iodure de sesquistannamyle, chauffé dans une cornue avec une solution très concentrée de potasse mélangée de potasse en morceaux, laisse dégager des vapeurs blanches épaisses, qui, reçues dans un récipient tubulé, s’y condensent en un liquide pesant, incolore, très limpide et très alcalin. C’est de l’oxyde hydraté de sesquistannamyle, Sn 3 (C 10 H u ) 3 O,HO.

Il demeure liquide à zéro, et bout entre 335 et 338 degrés en éprouvant une décomposition partielle. L’acide acétique s’y combine en donnant un sel cristallisé, tantôt en longues aiguilles présentant avec les acétates de sesquistannéthyle et de sesquistanpropyle la plus parfaite ressemblance, tantôt se séparant en larges écailles nacrées très brillantes. L’acide formique se comporte d’une manière analogue.

§ 249. — IODUIIE DE SESQUISTANNAMYLE [Sn*(C 10 H H ) 3 I]

Quand on fait un mélange d’iodure d’amyle en excès, avec de l’alliage d’étain à 10 pour 100 de sodium, la température s’élève très légèrement, mais il suffit de chauffer au bain-marie, pendant huit ou dix heures, la matière placée dans un inatras muni d’un réfrigérant ascendant, pour compléter la réaction. On obtient ainsi un liquide doué d’une odeur légèrement irritante, rappelant surtout celle des composés amyliques. Quand on le distille, il passe quelques gouttes entre 140 et 150 degrés, puis la température monte rapidement à 295 degrés, et la presque totalité du produit se volatilise entre 295 et 305 degrés, tout en éprouvant une altération très appréciable. Le liquide ainsi condensé est l’iodnre de sesquistannamyle.

Cet iodureest presque incolore et très limpide; il bout entre 302 et 305 degrés; son odeur irritante, très faible, est bien différente de celle des iodures de sesquistannéthyle et de sesquistanpropyle. Les sels d'argent le décomposent en donnant de l’iodure d’argent et les sels correspondants de sesquistannamyle.

Quand l’iodure d’amyle est chauffé en présence d’un excès de l’alliage d’étain et de sodium, on obtient, en même temps que de l’iodure de sesquistannamyle, un radical stanné à l’état de liberté.

SESQUISTANNOIODODIÉTHYLE

§ 250. — SESQUISTANNOIODODIÉTHYLE [Sn*(C 4 H 5 ) s I]

On peut le regarder comme se rattachant au sesquistannéthyle, dont il dériverait par substiiulion d’un équivalent d’iode à un du groupement C*H 5 .

M. Cahours l’a vu se former quand on Iraite le sesquistannétbyle par l’iode ; il se produit de l’iodure de sesquistannéthyle, et en outre un liquide d’une odeur excessivement forte, qu’on rencontre également dans les produits de l’action des alliages de sodium et d’élain sur l’éther iodhydrique.

Le stannoiododiéthyle est un liquide incolore, très mobile, bouillant entre 240 et 250 degrés; sa densité est 1,8. L’ammoniaque le décompose en précipitant un oxyde blanc floconneux.

Chauffé avec un excès d’iode, il se transforme en iodure de stannéthyle.

SESQUISTANDIÉTHYLPHÉNYLE

§ 251. — SESQUISTANDIÉTHYLPHÉNYLE [Sn s (C‘H 5 ) , (C 1, II 5 )]

Ce composé se rattache au sesquistannélhyle par substitution d’un groupement C 1! H 6 à C 4 H 5 . On ne connaît que son chlorure, qui se produit dans l’action du bichlorure d’étaiu surle stannotriéthylphényle, Sn(C*H 5 ) î ,Sn(C*H 6 )(C l2 H 6 ) (§ 258).

Les deux liquides mélangés sont introduits dans un appareil à reflux, et on fait bouillir ; après refroidissement on obtient une masse cristalline, mélange de chlorure de stannéthyle et de chlorure de sesquistandiéthylphényle :

Sn(C < H 5 )*,Sn(C*H 3 )(C 1, H 5 ) + SnCl* = Sn(C‘H 5 )CI + Sn*(Ç 4 H , ) , (C ,! H s )Cl.

Le mélange des deux chlorures est traité par une quantité d’acide chlorhydrique étendu, insuffisante pour tout dissoudre; le chlorure de sesquistandiéthylphényle reste sous la forme d’une huile qui ne se solidifie que par le froid. On la reprend par l’éther, on évapore à cristallisation, et on sèche les cristaux dans le vide.

Le chlorure de sesquistandiéthylphényle cristallise en lames rhomboïdales, peu solubles dans l’eau et l’acide chlorhydrique étendu, mais se dissolvant bien dans l’alcool et l'éther. II fond à 44 degrés ; l’ammoniaque en précipite un oxyde insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, mais se dissolvant dans les acides qu’il sature, en donnant des sels.

COMBINAISONS DE LA FORME Sn(C , ’‘H , "+*)*.

Ces composés diffèrent essentiellement de ceux qui précèdent, ils ne se comportent plus comme des métaux, mais bien comme des corps saturés, incapables de se combiner à d’autres corps par voie d’addition. Ils ne s’unissent pas à l’oxygène, ni au chlore, au brome ou à l’iode, mais ils peuvent, sous leur influence

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, et dans certaines conditions, reproduire les combinaisons de formule Sn(CMI 2n +*) ou Sn (C J »H 2 »+ 1 ) 3 .

Ce sont en général des huiles à odeur éthérée, insolubles dans l’eau, solubles dans l'acool et l’éther.

DISTANNÉTHYLE |Sa(C 4 H 5 ) 2 J OU STANNOTËTRÉTHYLE [S«’*(C‘H 5 )‘] § 252. — DISTANNÉTHYLE

Préparation. — 1* Le stannéthyle soumis â l’action de la chaleur distille à 150 degrés, mais en se décomposant; de l’étain se sépare, et l’on recueille dans le récipient une huile incolore très mobile, que l’on purifie par une nouvelle rectification, et qui présente la composition Sn(C 4 IF’) 2 .

2" Quand on ajoute peu à peu de l’iodure de stannéthyle cristallisé à une solution éthérée de zinc éthyle, en ayant soin de maintenir ce dernier en excès, on obtient un liquide sirupeux qui commence à bouillir à 70 degrés, puis le point d’ébullition s’élève rapidement à 180 degrés; la majeure partie de la matière passe entre 180 et 200 degrés, et il reste finalement un résidu d’iodure de zinc solide, retenant un peu de zinc éthyle. Le liquide distillé, lavé avec de l’acide acétique étendu, séché sur du chlorure de calcium et distillé de nouveau, passe en presque totalité à 181 degrés et constitue le distaunéthyle. On a :

Sn(C*H 5 )I+Zh(C*Hs)=ZnI + Sn(C 4 ll ')*.

3" On introduit du zinc éthyle dans un ballon que l’on î efroidit, puis on ajoute par petites portions du protochlorure d’étain, fondu et anhydre, jusqu’à ce qu’une goutte du liquide, prise au bout d’une baguette, ne fume plus à l’air, puis on distille. Le produit, condensé, est traité par l’eau , qui détruit le zinc éthyle en excès, puis par l’acide sulfurique étendu, qui dissout l’oxyde de zinc ; le distannéthyle se dépose sous la forme d’une huile dense :

2 [Zn(C 4 ll 6 )] + 2 SnCI = Sn(C*H 6 )* + 2 ZnCI + Sn.

Propriétés. — Le distannéthyle esl une huile incolore, limpide, d’une saveur métallique, d’une odeur éthérée bien différente de celle des autres composés de l’éthyle et de l’étain, et se rapprochant de l’odeur de l’oxyde de stannéthyle ; il bout à 181 degrés et distille sans altération, bien différent en cela du stannéthyle qui, à 150 degrés, se dédouble en distannéthyle et étain. Il ne se solidifie pas à — 13 degrés. Sa densité à 23 degrés est 1,187; sa densité de vapeur 8,021 correspond à Sn(C 4 H 5 ) 2 = 2 vol.

Il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther, très inflammable, et brûle avec une flamme fuligineuse bordée de blanc, en donnant des fumées blanches

de bioxyde d’étain. L’ammoniaque, l’oxygène, l’acide carbonique, l’acide suifhydrique, ne l’attaquent pas à la température ordinaire ; au contact de l’air il absorbe l’acide sulfureux en donnant des cristaux de sulfate de sesquistannéthyle; le sodium, le magnésium, l’aluminium n’agissent pas sur lui, même à 180 degrés ; il en est de même de l’acétone et de l’éther éthyloxalique.

Enfin le distannéthyle est un composé saluré incapable de se combiner par voie d’addition avec l’oxygène, le chlore, le brome, etc... mais, soumis à l’action de l’un de ces corps, il perd de l’éthyle, qui se dégage sous forme d’oxyde ou de chlorure, et en même temps il repasse à l’état de monostannéthyle ou de sesquistannéthyle, qui eux sont aptes à contracter des combinaisons par voie d’addition et à reproduire les produits que nous avons étudiés plus haut.

Réactions qui permettent de passer du dlstannétlijle aux composés du scsqulstaunétiiyle ou du stnnnélhyle. — l°Le distaillietliyle dissout I iode en prenant une couleur brun foncé qui disparaît peu à peu ; si l'on en ajoute assez pour que cette teinte demeure persistante, le distannéthyle demeurant en excès, puis qu’on distille, tout en prenant la précaution de refroidir de temps à autre la cornue par des affusions d’eau froide pour empêcher la température de trop s’élever, il se forme de l’iodure de sesquistannéthyle :

2 [Sn(C*H 5 )*] + 1* = C 4 H 5 I + Sn*(C«H*)*I.

Si l’on double la quantité d’iode, et qu’au lieu de refroidir on favorise la réaction en chauffant doucement, il y a séparation d’une nouvelle quantité d’iodure d’éthyle, et l’on obtient de beaux prismes incolores d’iodure de stannélhyle :

Sn(C 4 H 5 )* +1* = C 4 H 5 1 + Sn(C‘H 5 )I.

Enfin, avec un excès d’iode on n’obtient que de l’iodure d’étain :

Sn(C 4 H 5 ;* + 41 = 2 (C‘H5)I + Snl»,

résultat obtenu en chauffant en vase clos le distannéthyle et l’iode en excès ; on passe ainsi du distannéthyle au sesquistannéthyle et au stannéthyle.

On peut du reste repasser du sesquistannéthyle au stannéthyle par un procède analogue. Si on laisse tomber des cristaux d’iode dans del’iodure de sesquistannéthyle pur, ils se dissolvent et la température s’élève ; si l’on chauffe légèrement alors, eu ajoutant de l’iode jusqu’à coloration permanente, on obtient deux produits faciles à séparer : l’un est l’iodure d’éthyle, bouillant entre 70 et 75 degrés ; l’autre, qui cristallise en beaux prismes, est l’iodure de stannéthyle :

Sn*(G*H s ) 3 l + 21 = 2 [Su(C 4 H 5 )l] 4 . (C‘H 6 )1.

Le brome donne lieu à une réaction toute semblable.

2° Le distannéthyle traité par le bichlorure d’étain permet encore de revenir au sesquistannéthyle et au stannéthyle ; on a en effet :

Sn(C‘H 6 )‘ + SnCI* = 2 [Sn(C*H*)Cl],

3° Enfin les acides concentrés permettent d'arriver à un résultat du même ordre. Le distannéthyle, chauffé avec de l’acide chlorhydrique concentré, se décompose en donnant de l’hydrure d’éthyle, et une huile volatile à odeur irritante, le chlorure de sesquistannéthyle :

2 [Sn(C 4 H 5 ) 8 ] + HCl = Sn î (C*H 6 ) 3 CI + C*H 8 .

Le sesquistannéthyle peut être décomposé à son tour et donner du chlorure de stannéthyle '

Sn*(C*H 5 ) 3 Cl + HCl = 2 [Sn(C‘H 5 )CI] + C*H«.

4° Le sesquistannéthyle lui-même, chauffé avec de l’acide chlorhydrique concentré, donne un gaz brûlant avec une flamme éclairante, et une huile qui se solidifie en refroidissant; on purifie ce dernier produit en le faisant recristalliser dans l’eau bouillante additionnée d’acide chlorhydrique, et on obtient alors des cristaux de chlorure de stannéthyle mêlés avec un peu de chlorure de sesquistannéthyle ; on élimine ce dernier eu traitant par l’ammoniaque, filtrant, lavant le précipité et le redissolvant dans l’acide chlorhydrique étendu, puis faisant cristalliser, ce qui donne du chlorure de stannéthyle fondant à 85 degrés :

Sn*(C 4 H 5 ) 3 + 2 HCl = "2 [Sn(C 4 H E )CI] + C*H 6 + H.

DISTANMÈTHYLE [Sn(C a H 3 )*] OU STANTÈTRAMÈTHYLE [Sn\C 8 H 3 )‘]

§ 253. — WSTANMÉTHYt.E

Préparation. — 1° Le liquide que l’on obtient en faisant agir l’iodure de méthyle sur un alliage de 100 d’étain pour 20 de sodium, donne, outre le stanméthyle qui bout vers 190 degrés, une première partie qui passe entre 140 et 145 degrés et qui est du standiméthyle impur.

2° On l’obtient aussi lorsqu’on fait réagir le zinc méthyle sur l’iodure de

sesquistanméthyle:

Sn 8 (C 8 H 3 ) 3 I + Zn(C s H 3 ) =î Sn 8 (C»H 3 ) 4 + Znl.

3° Il se produit encore quand on traite ce même iodure par du sodium :

4 [Sn 2 (C 2 H 3 ) 3 l] + 4 Na = 3[Sn2(C 2 H 3 )«] + 4 Nal + Su*.

Il est à remarquer que dans les mêmes conditions, l’iodure de sesquistannéthyle donne du sesquistannéthyle, Sn 2 (C 4 H 5 ) 3 . Ou bien ici le sesquistanméthyle ne se forme pas, ou bien il est immédiatement décomposé.

4° Enfin l’éthylate de soude sec décompose l’iodure de sesquistanméthyle, en donnant une petite quantité d’éthylale de stanméthyle :

Sn(C 2 H 3 ) 3 I + CTHNaO* = G*H 5 [Sn i (C 2 H : ') 3 ]0 3 + Nal,

mais le produit principal de la réaction est du distanméthyle.

Propriété*. — Le distanméthyle est un liquide doué d’une odeur éthérée, bien différente de celle du sesquistanméthyle et de ses composés ; il est insoluble dans l’eau et bout entre 140 et 145 degrés (Cahonrs), à 78 degrés d’après Ladenburg. Sa densité est 1,3138; sa densité de vapeur prise par la méthode de Hoffmann dans la vapeur d’eau est 6,0, la densité théorique étant 6,15. Traité par l’iode, il donne un mélange d’iodures de méthyle et de sesquistanméthyle.

Action |>li>siolo"i(|ne exercée par les composés des stannélhjies et

■tanniéthyic* . — MM. Jolyet et André Cahours ont essayé les iodure, chloi-ure et sulfate de stannéthyle et de sesquistannéthyle, ainsi que le distannéthyle.

Ces composés administrés à l'intérieur, ou en injections hypodermiques, portent tous leur action sur les centres nerveux dont ils engourdissent les propriétés en produisant un état de stupeur tout particulier, mais à des degrés divers. A dose égale, l’ordre de stupéfaction est. le suivant : sels de sesquistannéthyle, distannéthyle, sels de stannéthyle; ces derniers ont surtout des propriétés purgatives énergiques. Tous altèrent, plus ou moins la constitution du sang qui devient moins coagulable. Dans quelques cas (sulfate de sesquistanméthyle) le sang ne se coagule plus, et au sortir de la veine il se sépare en sérum et en globules cohérents entre eux.

□ISTANPROPVLE [Sn(G«H 7 )*] OU STANTÉTRAPROPYLE ISn^CMl 3 )*]

§ 254. — DISTANPROPYLE

Préparation. —Il se produit quand on fait agir le zinc-propyle sur l’iodure de sesquistanpropyle. Les deux corps mélangés à froid réagissent très lentement l’un sur l’autre ; mais, si l’on chauffe pendant quelques heures au

bain-marie le mélange enfermé dans un tube scellé, la réaction se complète, il se forme du distanpropyle et de l’iodure de zinc :

Sn 2 (C 6 H 7 /’I + Zn(C 6 H’) = 2 [Sn(C 6 H 7 )*] + Znl.

Le produit de la réaction étant traité par une solution aqueuse de potasse en excès, le distanpropyle se sépare.

Propriétés. — C’est un liquide incolore et mobile, doué d’une odeur à la fois éthérée et piquante; sa densité à 14 degrés est 1,179; il bout entre 222 et 225 degrés. Les acides sulfurique et azotique l’attaquent très vivement sous l’influence d’une douce chaleur, et il se forme des combinaisons cristallisées, sulfate et azotate de sesquislanpropyle.

COMBINAISONS OE LA FORME Sn^Oi^+V RENFERMANT PLUSIEURS RADICAUX DIFFÉRENTS

§ 255. — STANNO-ÉTIIYL-TRIMÉTHYLE Sn*(C‘H B )(C*iI 3 ) 3 = Sn(C 3 ll 3 )*,Sn(C‘H 5 )(C 4 H 3 ).

Préparation. — Il se forme par l’action du zinc-éthyle sur l’iodure de sesquistanméthyle. On introduit le zinc-éthyle dans un tube fermé par un bout, et l’on fait arriver goutte à goutte de l’iodure de sesquistanméthyle ; le mélange s’échauffe tellement qu’il faut refroidir le tube avec de l’eau froide ; on arrête l’addition d’iodure lorsqu’il reste encore un peu de zinc-éthyle non décomposé, puis on ajoute de l’eau aiguisée d’acide acétique qui détruira le zincéthyle en excès, et dissoudra l’oxyde de zinc provenant de son action sur l’eau. Il se sépare alors une huile pesante qu’on lave à l’eau, qu’on dessèche sur du chlorure de calcium fondu, et qu’il ne reste plus qu’à distiller.

Propriétés. — C’est un liquide incolore, d’une odeur éthérée et légèrement piquante. Sa densité est 1,243 ; il bout entre 125 et 128 degrés ; sa densité de vapeur est 6,715 et correspond à Sn*(C 4 H 3 ) 3 (C*H 6 ) =4 volumes, la densité théorique étant 6,683.

L’iode le décompose en donnant de l’éther iodhydrique et de l’iodure de sesquistanméthyle:

Sn*(C*H 3 )*(C*H*) + I* = (C*H 5 )I + Sn*(C*H«)*I.

§ 256. — STANNG-^IÉTHYL-DIMÉTHYLE

Sn 4 (C 4 H 5 ) 4 (C 4 H 3 ) 4 -= Sn(C*H B )*Sii(C a II 3 )*

Préparoilon. — On peut l’obtenir en faisant réagir le zinc-méthyle sur

l’iodure de stannélhyle, ou le zinc-éthyle sur l’iodure de stanraéthyle ; on obtient ainsi deux produits identiques.

1° L’iodure de sfannétbyle est dissous dans l’alcool absolu, et l’on ajoute du zinc-méthyle goutte à goutte; il se forme une huile qui bout à 175 degrés d’une manière à peu près constante (Morgunoff), à 145 degrés d’après Frankland. En la dissolvant dans l’éther, puis évaporant la solution dans le vide aude:sus d’acide sulfurique, il reste un liquide incolore oléagineux, on a:

Sn(C 4 H 5 )I + Zn(C 2 H 3 ) = Snl + Sn(C l H 5 )(C s H 3 ).

2° On dissout dans l’alcool absolu, de l’iodure de stanméthyle, et on le traite par du zinc-éthyle ajouté peu à peu ; il se sépare une huile ayant toutes les propriétés de la précédente.

Propriétés. — Le stanno-diélhyl-diméthyle est un liquide incolore, éthéré, ayant une odeur qui rappelle celle de l’essence de térébenthine; il ne se solidifie pas à — 13 degrés, sa densité à 19 degrés est 1,2603, et 1,2319 d’après Frankland ; sa densité de vapeur est 6,838 ; l’iode lui enlève du méthyle, et, s’il est en excès, donne de l’iodure de stannélhyle bouillant à 245 degrés :

Sn»(C>H 5 ) s (C 2 H 3 ) 5 +41 = 2 (C*H 3 ) I + 2 [Sn(C*H 5 ) IJ.

§ 257. — STANNO-MÉT1IYL-TRIÉTHYLE Sn*(C 4 H B ) 3 (C s H 3 =Sn(C 4 H s )*,Sn(C 4 H 6 )(C s H 3 )

L’iodure de sesquistannéthyle mélangé avec du zinc-méthyle, donne lieu à une élévation de température assez considérable, aussi l’on doit faire le mélange avec précaution en maintenant le zinc-méthyle en excès. Une fois la réaction achevée, on traite le liquide par de l’eau acidulée avec de l’acide acétique qui détruit le zinc-méthyle non attaqué, et on achève la purification comme aux cas précédents.

On obtient de la sorte un liquide incolore, d’une odeur faiblement éthérée et bouillant entre 162 et 163 degrés; l’iode le décompose en donnant de l’éther méthyliodhydrique et de l’iodure de sesquistannéthyle.

§ 258. — STANNO-TRIÉTHYL-PHÉNYLE Sn 3 (C 4 H 5 ) 3 (C 18 H 5 = Sn(C 4 H 6 )*,Sn(C 4 H 5 )(C <8 II 5 )

Préparation. — Quand on traite par le sodium un mélange de bromo-benzine et d’iodure de sesquistannéthyle dissous dans son volume d’éther, en empêchant la température de s’élever, il se sépare au bout de quelques jours des quantités considérables de bromure et d’iodure de sodium, et la solution abandonne par l’évaporation un liquide qui est le stannotriéthylphényle à peu près pur ; on le rectifie en le distillant dans un courant d’hydrogène.

Propriétés.—• C’est un liquide incolore, assez réfringent, et dont l’odeur n’est pas désagréable ; il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool absolu e dans l’éther. Sa densité est 1,2639; il bout a 254 degrés sans s’altérer. Ses vapeurs s’oxydent à l'air, et il brûle avec une flamme fuligineuse ; l’acide azotique fumant l’attaque vivement à chaud en se colorant tout d’abord en rouge.

Il réduit le nitrate d’argent, dissous dans l’alcool ; il se forme de l’azotate de sesquistannéthyle, et du diphényle :

Sn*(C 4 H s ) 3 (C‘*H 5 ) + Ag0,Az0 5 = Sn*(C‘H 5 ) 8 O.AzO 5 + C 24 I1‘° + Ag.

L’acide chlorhydrique le décompose en benzine et chlorure de sesquistaunéthyle :

Sn*(C 4 H 6 ) 3 (C 12 H 5 ) + HCl = Sn*(C 4 Il 5 ) 3 CI + C 12 H«.

L’iode l’attaque avec élévation de température, et donne un mélange, difficile à séparer, d’iodure de sesquistannéthyle, et de benzine iodée, mais pas d’io-

re d’éthyle.

Il s’échauffe très notablement quand on le met en contact avec du bichlorure d’étain, et l’on ne doit faire le mélange que goutte à goutte ; après refroidissement, la matière se solidifie, elle contient un mélange de chlorure de slaunéthyle et de chlorure de sesquistandiéthylphényle :

Sn 2 (C 4 H 5 ) 3 (C 12 H 6 ) + SnCl* = Sn(C‘H 3 )Cl + Sn*(C 4 H s )*(C«H»)a

Nous avons dit plus haut (§ 252) comment on isole ce dernier

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