ACTION DES ACIDES
L’acide chlorhydrique concentré dissout le sulfure d’antimoiue avec dégagement d’hydrogène sulfuré et formation de chlorure d’antimoine. Inversement, l’acide sulfhydrique, mêlé avec les solutions de chlorure d’antimoine, y produit un précipité de sulfure, en mettant en liberté l’acide chlorhydrique. Il se développe donc deux réactions contraires, dépendant de la concentration de l’acide chlorhydrique. Ces deux réactions inverses peuvent être mises en évidence de la façon suivante :
Traitons le sulfure par de l’acide chlorhydrique concentré. On obtient une liqueur qui renferme à la fois le chlorure dissous, un excès d’acide chlorhydrique et de l’hydrogène sulfuré demeuré dissous en petite quantité. Si l’on étend peu à peu la liqueur avec de l’eau, sans attendre que le dernier gaz se soit dissipé dans l’atmosphère, la dilution ne tarde pas à atteindre le terme où la réaction se renverse, et l’on voit reparaître un précipité coloré, formé par le sulfure d’antimoine précédemment dissous. La composition limite de l’acide chlorhydrique, pour laquelle se produit le changement de signe du phénomène, correspond sensiblement à la formule HCl-f-bH^O®.
Avec une liqueur limite de ce genre, il est facile d’observer simultanément les deux phénomènes inverses; l’attaque du sulfure étant légèrement commencée dans le fond d’un verre à pied par l’acide chlorhydrique de composition limite, le sulfure se trouve reprécipité très sensiblement à la partie supérieure par l’acide sulfhydrique dissous, cette précipitation inverse étant causée par une petite dilution de la liqueur supérieure. Ces résultats ont été vérifiés par Berthelot, par la mesure des quantités de chaleur mise en jeu. L’action de l’hy— dracide concentré, sur le sulfure d’antimoine naturel, est accompagnée par un refroidissement notable ; mais ce phénomène est dû à la production d’un corps gazeux, l’hydrogène sulfuré, et le phénomène rapporté aux corps dissous est, en réalité, exothermique. Il l’est également, si on le rapporte aux deux acides sulfhydrique et chlorhydrique, pris tous deux dans l’état gazeux.
La chaleur dégagée pendant l’attaque du sulfure d’antimoine par l’acide chlorhydrique concentré, avec formation d’hydrogène sulfuré dissous, est moindre que la chaleur dégagée dans la formation des hydrates stables du même hydracide, au moyen de l’eau et de l’hydracide anhydre.
Il en résulte que le moment où la réaction cesse et même se renverse, est celui où il n’existe plus d’acide chlorhydrique anhydre dans les liqueurs, conclusion couforme à celle à laquelle on était arrivé par l’étude de la limite de concentration.
L’acide azotique concentré oxyde le sulfure d’antimoine, en le transformant en un mélange de nitrate et de sulfate, auquel du soufre reste mélangé. Si l’on prend de l’acide très concentré, qu’on évapore à sec, puisque l’on calcine le
résidu, le sulfure est transformé totalement en antimoniale d’oxyde d’antimoine, d’après Bunsen.
L’eau régale dissout facilement le sulfure d’antimoine, avec formation de chlorure et précipitation de soufre. L’acide sulfurique étendu n'agit pas sur le sulfure cristallisé, concentré et à l’ébullition, il le décompose; il y a formation de sulfate d’antimoine avec séparation de soufre et formation d’acide sulfureux qui se dégage.
action des corps composés (corps oxydants)
Lorsqu’on fond du sulfure d’antimoine avec du nilre, il y a formation d’antimoniate et de sulfate de potasse, tant que pour 40 parties de sulfure il y a au moins 17 parties d’azotate de potasse. Lorsque la proportion de salpêtre est moins grande, la masse renferme de l’oxyde d’antimoine, une partie même du sulfure reste inoxydée, et le résidu peut être considéré comme formé par un mélange d’oxyde d’antimoine et d’un sulfosel.
Fondu avec la litharge, le sulfure d’antimoine brûle en donnant de l’acide sulfureux et de l’oxyde; le plomb se sépare à l’état métallique.
Les autres oxydes métalliques se comportent de la même manière.