‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 198 sur 233 · SÉPARATION DE L’ARSENIC D’AVEC L’ANTIMOINE ET L’ÉTAIN · texte numérisé non relu

SÉPARATION DE L’ARSENIC D’AVEC L’ANTIMOINE ET L’ÉTAIN

D’après Bunsen, lorsqu’on fait digérer le sulfure d’arsenic récemment précipité avec de l’acide sulfureux et du sulfite de potasse, le précipité se dissout. Si l’on fait bouillir, le liquide se trouble par suite d’un dépôt de soufre qui disparaît en grande partie par une ébullition prolongée. Après avoir chassé l’acide sulfureux, le liquide contient de l’arsénite et de l’hyposulfite de potasse :

2 AsS 3 + 8K0,2S0 2 = 2KO,AsO :l + 6KO,S 2 O s + 3 S + 7S0 2 .

Les sulfures d’antimoine et d’étain ne produisent pas cette réaction. On peut donc facilement les séparer du sulfure d’arsenic. La dissolution des trois sulfures dans le sulfite de potasse est étendue de façon à occuper environ 300 centimètres. On y ajoute un grand excès, environ 1 litre d’une solution aqueuse saturée d’acide sulfureux; on fait digérer quelque temps au bain-marie le liquide avec le précipité, puis on fait bouillir jusqu’à ce qu’on ait chassé tout l’acide sulfureux, environ les 2/3 de l’eau, et que le soufre mis en liberté ait disparu, ce qui arrive au bout d’environ une heure et demie d’ébullition; les sulfures d’antimoine et d’étain qui restent, ne contiennent plus d’arsenic, qui se trouve tout entier dans le liquide filtré, d’où l’on peut le précipiter par l’hydrogène sulfuré.

SÉPARATION DE l’ÉTAIN d’AVEC L’ARSENIC ET L’ANTIMOINE

La méthode repose sur les faits suivants :

Le bisulfure d’étain récemment précipité, encore humide, se dissout complètement, quand on le fait bouillir assez longtemps avec de l’eau et un excès d’acide oxalique ; dans ces conditions, l’étain |n’est pas précipité par l’hydrogène sulfuré dans une solution chaude contenant un excès d’acide oxalique.

Le sulfure d’arsenic est à peine attaqué par une solution bouillante d’acide oxalique; le sulfure d’antimoine [précipité s’y dissout, au contraire, abondam = ment, mais l’hydrogène sulfuré précipite de cette dissolution tout l’arsenic et tout l’antimoine.

D’après cela, Clarke recommande d’ajouter à la dissolution des trois métaux, dans laquelle l’étain doit être peroxydé, assez d’acide oxalique pour qu’il y en ait environ 20 grammes pour 1 gramme d’étain ; la liqueur doit être assez con-

ANTIMOINE

centrée pour que l’acide oxalique cristallise par refroidissement. Alors, faisant bouillir la solution, on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré pendant vingt minutes, et on abandonne encore, pendant une demi-heure, dans un lieu chaud, puis on filtre.

Tout l’arsenic et tout l’antimoine, complètement ou presque complètement débarrassés de sulfure d’étain, sont précipités, et tout le sulfure d’étain est dans la liqueur. Pour enlever au mélange de ces deux sulfures les traces de sulfure d’étain qu’ils pourraient contenir, on redissout le précipité dans un sulfure alcalin ; on ajoute un excès d’acide oxalique, et on fait bouillir de nouveau en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré.

SÉPARATION DE L’ARSENIC d’AVEC L’ANTIMOINE

On oxyde les métaux ou leurs sulfures avec de l’eau régale ou avec l’acide chlorhydrique et le chlorate de potasse. On ajoute de l’acide tartrique, beaucoup de chlorhydrate d’ammoniaque, puis un excès d’ammoniaque (II ne doit pas par là se produire de précipité; s’il y en avait un, c’est que la quantité de sel ammoniac ou d’acide tartrique ne serait pas suffisante). On précipite l’acide arsénique par une solution ammoniaco-magnésienne. On filtre et l’on dose l’antimoine dans la liqueur.

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