‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 200 sur 233 · DOSAGE DE L’ANTIMOINE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L’ANTIMOINE

L’antimoine se pèse, soit à l’état de sulfure, soit à l’état d’antimoniate d’oxyde d’antimoine : parfois, dans les séparations, on le pèse à l’état métallique. On peut aussi faire usage de liqueurs titrées.

PRÉCIPITATION A l’ÉTAT DE SULFURE D’ANTIMOINE

A la dissolution d’antimoine, on ajoute un peu d’acide chlorhydrique, si elle n’en contient pas déjà, puis de l’acide tartrique, et l’on étend d’eau si cela est nécessaire. On verse la dissolution dans un ballon fermé avec un bouchon percé de deux trous. Dans l’un, on fait passer un tube de verre qui plonge presque jusqu’au fond du ballon, et se recourbe au dehors en angle droit; dans le second, on fixe un tube recourbé deux fois à angle droit, dont l’une des branches, plus courte, ne fait que dépasser un peu le bouchon dans le col du ballon, et l’autre plonge un peu dans de l’eau contenue dans un verre. Si la quantité d’acide chlorhydrique libre n’est pas trop grande, et surtout s’il n’y a pas d’acide azotique, ce qui est le cas général, on fait passer de l’hydrogène sulfuré jusqu’à refus, puis on chauffe jusqu’à l’ébullition, que l’on maintient pendant quelque temps sans cesser de faire passer le courant d’hydrogène sulfuré. Le précipité, dans ces conditions, est plus dense : on le recueille sans interruption sur un filtre taré; on lave complètement et très rapidement avec de l’eau chaude additionnée d’hydrogène sulfuré; on sèche à 100 degrés et l’on pèse. Ce précipité pesé renferme toujours un peu d'eau; il peut contenir un peu de soufre, ce qui arrive, lorsque avec le prolochlorure d’antimoine il y a déjà du perchlorure, car, dans ce cas, la précipitation est toujours précédée par la réduction de ce composé par l’hydrogène sulfuré, réduction qui produit un dépôt de soufre. On pèse la plus grande partie du précipité dans une petite nacelle en porcelaine, qu’on introduit ensuite dans un tube de verre suffisamment large de 2 décimètres de long environ ; on fait passer lentement un courant d’acide carbonique sec, et l’on chauffe le précipité jusqu’à ce que sa couleur soit devenue noire. On laisse refroidir dans un courant d’acide carbonique; on pèse. On obtient ainsi la quantité de sulfure anhydre renfermé dans cette portion du précipité, et l’on calcule pour le tout.

ANTIMOINE

toi

Dosage a l’état d’antimoniate d’oxyde d’antimoine

Si l’on a de l’oxyde d’anlimoine ou l’un de ses sels, dont l’acide est volatil ou facilement décomposable, on le chauffe avec de l’acide azotique; on évapore à sec; on calcine ensuite longtemps au rouge jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de perte de poids. On peut sans crainte faire l’opération dans un creuset de platine. Dans le cas contraire, on précipite l’antimoine à l’état de sulfure, qu’on transforme ensuite en antimoniate d’oxyde, en suivant l’une ou l’autre de ces deux manières indiquées par Bunsen.

1° On traite le sulfure desséché préalablement, humecté avec de l’acide azotique de densité 1,42 par huit à dix fois son poids d’acide azotique fumant dans un creuset de porcelaine muni d’un couvercle concave, et on laisse l’acide se vaporiser lentement au bain-marie. Le soufre se sépare d’abord à l’état de poudre fine, mais il s’oxyde lentement et complètement pendant l’évaporation. La masse blanche qui reste dans le creuset est un mélange d’acide antimonique et d’acide sulfurique, qui se transforme sans perte en antimoniate d’oxyde parla calcination au rouge. Si le précipité à oxyder est mêlé à un grand excès de soufre, on enlève d’abord celui-ci en lavant avec du sulfure de carbone.

2° On mélange le sulfure d’antimoine avec de trente à cinquante fois son poids de bioxyde de mercure, et l’on chauffe graduellement le mélange dans un creuset de porcelaine ouvert. Aussitôt que l’oxydation commence, ce qu’on reconnaît au dégagement subit des vapeurs grisâtres de mercure, on modère la température; quand le dégagement de vapeurs se ralentit, on chauffe un peu plus en évitant que la flamme réductrice ne vienne en contact avec le contenu du creuset. On chasse les dernières traces d’oxyde avec le chalumeau à gaz, et l’on pèse l’anlimoniate qui reste sous forme d’une poudre blanche et dure.

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