COMBINAISONS DU SULFURE D’URANYLE
§ 74. — SULFO-URANATE DE POTASSE
Lorsqu’on ajoute du sulfure de potassium à une solution alcoolique de nitrate d’uranyle, on obtient un volumineux précipité jaune orangé qu’on lave à l’alcool et qu’on sèche dans le vide. En cet état il se dissout dans les acides étendus en dégageant un peu d’hydrogène sulfuré, et donnant un dépôt de soufre et une liqueur jaune; c’est probablement un sulfo-uranate de potasse (U 2 0‘ 2 )S,KS, mais les lavages le décomposent, et il n’a pas été obtenu à l’état de pureté.
Le sulfo-uranate de soude se produit dans des conditions analogues; l’élude de ces corps est à faire entièrement.
§ 75. — SULFO-URANATE DE BARYTE
Quand on verse un excès de sulfure de baryum dans une solution alcoolique de nitrate d’uranyle, on obtient un précipité brun rouge volumineux, de composition constante, mais il est instable et ne se conserve que dans l’alcool ; exposé à l’air, ou lavé avec de l’eau, il se décompose et laisse de l’uranate de baryte hydraté.
— On le voit, l’étude des combinaisons sulfurées de l’uranium est à peine ébauchée; de nouvelles recherches sont indispensables pour apporter quelques données certaines sur la composition et sur les propriétés de ces composés.
COMBINAISONS CHLORÉES DE L’URANIUM § 76. — sous-chlorure d’uranium (U*G1 3 )
Ce composé prend naissance, d’après M. Péligot, quand on dirige un courant d’hydrogène sec sur du protochlorure d’uranium, en chauffant assez peu pour ne pas volatiliser ce chlorure. Il se dégage de l’acide chlorhydrique, et il reste un résidu brun foncé, peu volatil à la température à laquelle il se forme, et qui se présente sous l’aspect de filaments très déliés. Ce composé est extrêmement soluble dans l’eau, qu’il colore en rouge pourpre; au bout de quelques instants il se dégage de l'hydrogène, et la liqueur devient verte en déposant une poudre violacée que M. Péligot regarde comme de l’hydrate de protoxyde d’uranium.
La composition du sous-chlorure d’uranium correspond à la formule U 4 C1 3 .
PROTOCHLORURE D’URANIUM
§ 77. — PROTOCHLORURB ANHYDRE
répnrntion. — On le prépare : 1° en faisant passer un courant de chlore sur de l’uranium métallique ; la combinaison des deux corps s’effectue avec dégagement de lumière ;
2“ En dirigeant un courant d’acide chlorhydrique sec sur du protoxyde d’uranium chauffé ;
3° On attaque par un courant de chlore sec un mélange intime et bien desséché d’un oxyde quelconque d’uranium et de charbon. Le mélange introduit dans un tube de verre est placé sur une grille à analyse ; on commence par le chauffer doucement en faisant passer un courant d’air ou de chlore sec, puis quand les dernières traces d’eau ont été chassées, on porte la matière au rouge et on accélère le dégagement de chlore. Le protochlorure d’uranium apparaît aussitôt sous la forme de vapeurs rouges, qui viennent se condenser dans le tube à une petite distance de la partie chauffée ; en même temps il se forme de l’acide carbonique. On opère dans un tube de diamètre assez large pour éviter les obstructions, et on prolonge quelque temps le courant de chlore afin d’éviter la production de traces de sous-chlorure.
Propriétés. — Le protochlorure d’uranium se présente sous la forme de beaux octaèdres réguliers noirs ou verts, selon qu’ils sont plus ou moins volumineux, et présentant des reflets métalliques ; il est volatil et peut être facilement déplacé dans le tube sous l’action de la chaleur II donne une vapeur rouge dont la densité, étudiée dans une atmosphère d’azote d’après la méthode V. Meyer, a été trouvée égale à 13,33.
Le protochlorure d’uranium est excessivement avide d’eau ; au bout de quelques instants d’exposition à l’air humide, il tombe en déliquescence, aussi ne peuton le conserver que dans des tubes scellés à la lampe ; il se dissout dans l’eau, en dégageant de la chaleur et produisant un sifflement; la dissolution est vert foncé. Chauffé dans l’hydrogène, il se transforme en sous-chlorure.
§ 78. — PROTOC II LORURE HYDRATÉ
Une solution de protochlorure évaporée dans le vide laisse une masse amorphe déliquescente et verte; évaporée à chaud, elle se décompose partiellement en dégageant de l’acide chlorhydrique et il reste un résidu soluble non cristallisé, mélangé avec de l’hydrate de protoxyde d’uranium.
On peut obtenir directement une dissolution de protochlorure en opérant de la manière suivante : on dissout dans une quantité d’acide chlorhydrique double de celle qui est nécessaire, du carbonate double d’uranyle et d’ammoniaque, on ajoute quelques gouttes de chlorure de platine et du cuivre en excès, puis on fait bouillir le mélange jusqu’à ce qu’une goutte de la liqueur donne par l’eau
un précipité de sous-chlorure de cuivre. On étend alors d’eau, on fait passer dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré pour se débarrasser du cuivre qui reste en dissolution, enfin on filtre et on évapore rapidement ; on a ainsi une solution de protochlorure d’uranium.
Cette solution est un réducteur énergique ; elle ramène le perchlorure de fer à l’état de protochlorure, et décompose les solutions d’or et d’argent en précipitant le métal.
§ 79. — PROTOCHLORUUE D’üRANIUM AMMONIACAL
Il se produit, d’après Rammelsberg, quand on dirige à froid un courant de gaz ammoniac sec sur du protochlorure d’uranium anhydre; le composé qui prend naissance contient 3 UC1,2 AzH 3 . Soumis à l’action de la chaleur, il se décompose avec élévation de température, en laissant un résidu de sous-chlorure d’uranium.