COMBINAISONS SULFURÉES DE L’URANIUM
PROTOSULFURE D’URANIUM
§ 70. — PROTOSULFURE ANHYDRE (US)
L’uranium métallique chauffé dans la vapeur de soufre brûle avec un vif dégagement de lumière en donnant du protosulfure; il suffit d’ailleurs de chauffer le mélange de métal et de fleur de soufre un peu au-dessus du point de fusion de ce dernier, pour que la combinaison s’effectue avec incandescence.
On peut obtenir aussi le protosulfure en dirigeant un courant d’hydrogène sulfuré sur du prolocblorure d’uranium.
Il se produit encore, d’après H. Rose, quand on fait passer du sulfure de carbone sur du protoxyde d’uranium chauffé fortement ; c’est alors une poudre gris plombé, presque noir, laissant par le frottement une trace métallique grise, et brûlant quand on la chauffe au contact de l’air en donnant du protoxyde d’uranium. D’après Hermann, au contraire, les oxydes d’uranium chauffés dans un mélange d’acide carbonique et de vapeur de sulfure de carbone se transforment simplement en protoxyde. C’est encore le protoxyde qui se produit, quand on réduit le sulfate uraneux par l’hydrogène, ou quand on le fond avec du sulfure de potassium.
Le protosulfure d’uranium est une poudre amorphe gris noir, devenant cristalline quand on la calcine fortement à l’abri du contact de l’air; il est insoluble dans l’acide chlorhydrique étendu, mais soluble dans cet acide concentré; il est également dissous par l’acide nitrique qui l’oxyde. Exposé à l’air humide, il dégage de l’hydrogène sulfuré et se transforme en sulfure d’uranyle (U*0 2 )S.
§ 7t. — PROTOSULFURE HYDRATÉ
On l’obtient sous la forme d’un précipité noir quand on verse un sulfure alcalin dans une dissolution de protoxyde d’uranium ; il est très faiblement soluble dans un excès du sulfure alcalin.
Le protosulfure hydraté, filtré et lavé, passe en partie à travers le filtré; si on opère à l’air il s’oxyde peu à peu, devient jaunâtre, et au bout d’un certain temps il est tout entier transformé en sulfure d’uranyle.
§ 72. — oxysulfure d’uranium (UO,2 US)
Il se produit, d’après Hermann,quand on faitagir la vapeur desulfure de carbone au rouge blanc sur un oxyde d’uranium ; c’est une matière presque noire, que le chlore attaque avec incandescence.
SULFURE D’URANYLE
§ 73. — SULFURE D’URANYLE HYDRATÉ
Quand on ajoute du sulfhydrate d’ammoniaque à une solution de sulfate d’uranyle mélangée d’ammoniaque, on obtient un volumineux précipité brunchocolat et dense, qui se dissout dans un excès de sulfhydrate d’ammoniaque lorsque celui-ci est bien exempt de sulfhydrate de sulfure ; dans le cas contraire il ne se dissout pas. Le précipité recueilli sur un filtre et lavé à l’air se décompose rapidement, surtout si le lavage se fait à l’eau chaude, la masse jaunit et il ne reste bientôt que de l’hydrate de sesquioxyde d’uranium.
Quand on verse du sulfhydrate d’ammoniaque dans une solution alcoolique de nitrate d’uranyle, il se forme un précipité brun, et la liqueur ne relient que des traces d’uranium ; le précipité lavé à l’alcool faible, puis séché dans le vide au-dessus de fragments de potasse, présente la composition du sulfure d’uranyle (U s 0 2 )S retenant une certaine quantité d’eau. Il est très difficile de lui enlever les dernières traces de sulfhydrate d’ammoniaque.
Le sulfure d’uranyle est très faiblement soluble dans l’eau et donne une solution brune qui se décompose à l’air en déposant de l’hydrate de sesquioxyde; il est insoluble dans l’alcool. Les acides minéraux, même très étendus, le décomposent rapidement, il se forme un sel d’uranyle, un dépôt de soufre, et il se dégage des traces d’hydrogène sulfuré. Les alcalis caustiques le transforment rapidement en uranates; le carbonate d’ammoniaque le dissout aveeune grande facilité ; le sulfure de carbone ne l’attaque pas.
Le sulfure d’uranyle chauffé vers 50 degrés au moment desa précipitation, avec un excès de sulfhydrate d’ammoniaque, se décompose au bout de quelques minutes, et devient d’un noir mat; en même temps la liqueur qui était foncée devient jaune et transparente; le précipité noir lavé et séché est inattaquable à froid par l’acide chorhydrique concentré ; l’acide azotique le dissout en séparant du soufre. Le sulfure d’uranyle chauffé à 180 degrés dégage de l’eau, du soufre et des traces de sulfhydrate d’ammoniaque, en même temps il commence à se changer en oxyde vert, et la transformation est complète à 240 degrés.
Le sulfure d’uranyle récemment précipité dans une solution aqueuse, et mis pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures en digestion avec un excès de sulfhydrate d’ammoniaque, se transforme en une substance cristalline rouge de sang qu’on désigne sous le nom de rouge d’uraue; l’oxyde d’uranium mis au contact du sulfhydrate d’ammoniaque, n’éprouve, même au bout de plusieurs mois, aucune transformation analogue.
Le rouge d’urane est très difficilement soluble dans le carbonate d’ammoniaque; sa formule est inconnue et sa composition complexe : c’est une substance hydratée qui ne relient que 4,5 environ pour 100 de soufre, et 81 g 82 centièmes d’oxydes d’uranium.