MINERAIS
L’uranium est un métal peu répandu dans la nature, et son principal minerai est la pechblende , que l’on trouve en quantité assez notable à Joachimsthal et à Georgenstadt en Bohême, à Vale en Norwège, etc. ; viennent ensuite Yuranite ou autunite, trouvée près d’Autun, et un certain nombre de combinaisons qui, très peu abondantes, sont des minéraux uranifères plutôt que des minerais. Les substances naturelles renfermant de l’uranium comme partie constituante sont :
oxydes. La pechblende et ses variétés, gummite, uranite (§ 67).
Su,, "‘ c “. La johannite j gulfateg hydratés 20 ).
La zippéite )
L’uraconise }
La voglianite > sous-sulfates (§ 26).
L’uranochalcite )
La medjidite: sulfate double d’uranium et de chaux (§ 26).
L 'uranochalcolite .-sulfate double d’uranium et de cuivre (§26).
Phosphates.. La chalcolite, torbéritc ou uranophyllite : phosphate double d’uranium et de cuivre (§31).
L’uranite ou autunüe : phosphate double d’uranium et de chaux (§ 31).
Arséniates.... La traegérite : arséniate d’uranium (§ 32).
La zeunérite: arséniate double d’uranium et de cuivre (§ 32). L’uranospinite: arséniate doubled’uranium et de chaux (§32). La tvalpurgine : arséniate double d’uranium et de bismuth (§32).
La liebigite: carbonate d’uranium et de chaux (§ 36).
La voglile : carbonate triple d’uranium, de chaux et de cuivre
Carbonates...
7fi ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
silicate». L’uranophane ]
L’uranolithe j silicates complexes (§ 37).
L’uranothorite I
Vranatca. Uuranosphérite : uranate de bismuth (§ 64).
A ces minéraux il convient d’en ajouter quelques autres dont l’uranium n’est pas l’élément principal, mais qui en renferment une quantité plus ou moins notable ; ce sont :
La •amar»kite, matière très complexe, qu’on peut envisager comme un niobate multiple d’uranium, de fer, de cérium et d’yttria, avec de nombreuses substances étrangères; la samarskite contient jusqu’à 16 centièmes d’uranium; celle de Miask (Sibérie) en renferme 11,6 pour 100.
La samarskite se rencontre rarement en cristaux isolés, elle se trouve le plus souvent en grains cristallins d’un noir velouté dans les roches granitoïdes de Sibérie et de la Caroline du Nord. Les cristaux dérivent d’un prisme droit à base rhombe, dont l’angle est de 135 à 136 degrés; sa densité varie de 5,6 à 5,75, sa dureté de 5,5 à 6 ; cette substance se dissout, difficilement mais, totalement, dans l’acide chlorhydrique en donnant une liqueur verte ; au chalumeau elle fond difficilement sur les bords en un verre noir; ses solutions présentent les réactions caractéristiques du niobium.
L’euxéntte. — Niobo-titanate hydraté d’yttria et d’uranium contenant de nombreuses substances étrangères, telles que le fer, le cérium, la magnésie, l’alumine, la chaux, etc...; l’euxénite se présente quelquefois cristallisée en prismes droits à base rhombe, le plus souvent elle est en masses noires vitreuses à cassure conchoïde ; sa dureté est 6,5, sa densité varie entre 4,6 et 4,9. Cette substance inattaquable par l’acide chlorhydrique est infusible au chalumeau.
L’yttrotantaiite. — Tantalate d’yttria, de chaux , de fer et d’uranium. Ce minéral contient bien moins d’uranium que les précédents; sa densité varie de 5,4 à 5,9; sa dureté est 5,5 environ. Il se présente très rarement en cristaux tabulaires, dérivant d’un prisme droit rhomboidal de 123°10', aplati parallèlement à g 1 ; il affecte plus ordinairement l’apparence de masses plus ou moins foncées, d’un éclat vitreux. On le rencontre à Finbo et à Brodbo, près de Fahlun en Suède, avec des grenats et des micas ; à Ytterby dans un feldspath rouge.
Les acides ne l’attaquent pas ; il est infusible au chalumeau, mais à haute température il devient blanc en dégageant des traces de fluorures volatils. Fondu avec du bisulfate de potasse, il est attaqué, et le résidu, repris par l’eau, donne une solution qui présente les caractères de l’acide tantalique. Certaines variétés sont riches en uranium, d’autres n’en renferment que très peu.
( a poiycrn»c. — Niobo-titanate de fer, d’yttria, de protoxyde de cérium
et d'uranium contenant en outre de la zircone , de Yalumine et des traces de magnésie et de chaux. Ce minéral cristallise en prisme droit à base rhombe; il forme de longs cristaux d’un noir brun à cassure conchoïde, dont la densité varie de 5,09 à 5,12; sa dureté est 5,5, on peut le réduire en une poussière gris brun. Il décrépite quand on le chauffe en perdant une très petite quantité d’eau ; fortement chauffé, il devient incandescent et gris brunâtre, mais il ne fond pas. L’acide sulfurique concentré l’attaque à l’ébullition.
Cette matière a été rencontrée dans le granit des mines d’Hitteroë avec de la gadolinite et de l’orthite.
On trouve enfin de très petites quantités d’uranium dans un certain nombre de minéraux, pyrochlore, cérite, pyrrhite, etc...