DÉPLACEMENT DES BANDES D’ABSORPTION PAR LA CHALEUR
Sels dissous.
Bandes. 13 3 4 5 6 7
Carbonate d’uranyle et d'ammoniaque, dans l’eau.
Température.
Carbonate d'uranyle et de potasse, dans Veau.
Carbonate d’uranyle et de soude, dans Veau.
Oxalate d’uranyle, dans l’acide oxalique étendu.
Sulfate d’uranyle et de potassium, dans l’eau.
Sulfate d’uranyle et d’ammoniaque, dans l’eau.
Le sulfate d’uranyle ne donne aucun indice de déplacement.
Sels solides
Oxalate d'uranyle et de soude.
Température. Bandes. 3 4 5
La manière dont varie la position des bandes spectrales pour un même sel, suivànt que l’on considère celles de fluorescence ou celles d’absorption, est mise en évidence par le tableau ci-dessous :
Oxalate d’uranyle. — C*(U S 0*)*0 8 ,6I10.
Bandes. 1 S 3 4 5 8
De fluorescence. » 40 48,8 57,5 67 77
D'absorption (sel solide). 98 108 148,8 130 139,6 152
- (sel en solution froide). 97,5 107,8 118,4 127,4 137,2 150,6
— (sel en solution chaude). 97 107,4 117,3 125,5 136 148,2
§ 124. — APPLICATIONS A LA PHOTOOBAPHIE
Application!» de la fluorescence des sels d’urnnlnm. —- Les Sels d’ui’anyle présentent en général, comme nous venons de le voir, la propriété d’émettre des rayons fluorescents après avoir été exposés à la lumière solaire. Us sont capables en outre, longtemps après l’insolation, de rayonner autour d’eux des rayons plus réfrangibles et invisibles ; au moins le fait semble résulter de curieuses expériences dues à M. Niepce de Saint-Victor, et qui sont les suivantes :
1» Si l’on trace un dessin sur un carton avec une solution de nitrate d’uranyle, et si après avoir exposé le carton au soleil, on l’applique dans l’obscurité sur une feuille de papier imprégnée de chlorure d’argent, l’image du dessin s’imprime sur cette feuille, et bien plus intense que s’il avait été fait avec du sulfate de quinine. S’il a été tracé en gros traits, on peut le reproduire en laissant entre le dessin et le papier sensible un intervalle de 2 à 3 centimètres. L’opération réussit surtout bien quand la température est un peu élevée ; quand après avoir posé le carton sur la feuille sensible on recouvre le tout d’une plaque métallique chauffée à 50 degrés environ, l’image apparaît en quelques minutes. A zéro il aurait fallu deux ou trois heures pour avoir une impression légère, et vingtquatre pour obtenir le maximum d’action.
2“ Après avoirpassésur une feuillede carton deux ou trois couches successives d’une dissolution de nitrate d’uranyle, de manière à l’en imprégner fortement, on l’expose à la lumière, puis on en tapisse l’intérieur d’un tube de fer-blanc, long et étroit, qu’on ferme ensuite hermétiquement. On constate qu’après un
très long intervalle de temps ce carton est susceptible d’impressionner le papier sensible comme au premier jour. A la température ordinaire il faut environ vingt-quatre heures pour obtenir le maximum d’action ; mais, si l’on projette dans le tube quelaues gouttes d’eau afin d’humecter légèrement la feuille de carton, qu’on le referme et qu’on le porte vers 40 ou 50 degrés, puis, que le débouchant on applique à son ouverture une feuille de papier sensible, on obtient au bout de quelques minutes une image circulaire de l’ouverture, aussi vigoureuse que si le papier sensible avait été exposé au soleil. L’opération ne réussit d’ailleurs qu’une fois, et pour obtenir une deuxième image il faut recourir à une nouvelle insolation.
3° Un papier imbibé d’azotate d’uranyle se colore sous l’action de la lumière et devient insoluble; mais dans l’obscurité il se décolore et redevient soluble au bout de quelques jours, pour se colorer de nouveau si on l'expose à la lumière; tant qu’il est insoluble et coloré, il réduit les sels d’or et d’argent comme le fait le protoxyde d’uranium. La gélatine mélangée d’un sel d’uranyle, puis insolée, devient insoluble comme lorsqu’elle est mélangée à du bichromate de potasse. M. Niepce de Saint-Victor a observé aussi qu’une gravure imprégnée d’un sel d’uranyle et exposée au soleil, s’imprime très bien sur le papier sensible au chlorure d’argent, sans que les noirs laissent la plus légère trace de leur présence.
Application de l'action réductrice qu’exerce la lumière sur les sels d’uranium, A la formation d'épreuve» positive». — NOUS avons VU que
des solutions alcooliques ou même aqueuses (§ 24) de sels d’uranyle exposées à la lumière solaire deviennent vertes, et donnent souvent un dépôt d’hydrate de protoxyde d’uranium ; d’autre part les sels d’uranyle insolés retiennent, comme on vient de le voir, de l’énergie lumineuse ultra-violette capable d’agir sur les sels d’argent. M. Niepce de Saint-Victor a le premier utilisé ces propriétés pour obtenir des images positives.
1° On imprègne une feuille de papier d’une solution à 20 pour 100 d’azotate d’uranyle, de manière à ce qu’elle prenne une teinte jaune-paille; on la sèche dans l’obscurité et on la met à l’abri de la lumière ; elle peut dès lors servir à tirer des épreuves positives.
Pour cela faire, on la recouvre d’un cliché négatif et on l’expose de une à deux minutes au soleil, do quarante-cinq à soixante minutes à l’ombre. Il se fait alors une image très faible qu’on développe de la manière suivante : on plonge la feuille dans un bain à 6 centièmes de nitrate d’argent, en opérant bien entendu dans l’obscurité, et l’on voit instantanément apparaître une image très vigoureuse, de couleur marron; au bout de trente à quarante secondes on la retire du bain d’argent, et pour la fixer complètement il suffit de la laver à l’eau pure, qui enlève en même temps que le sel d’argent, le nitrate d’uranyle inaltéré.
On change la teinte de l’épreuve en la passant dans un bain à 20 pour 100 de chlorure d’or légèrement acide, et la lavant ensuite à plusieurs reprises; on la sèche au feu, ce qui lui donne plus de vigueur.
On peut enfin plonger l’épreuve, après exposition à la lumière, dans une solution de bichlorure de mercure saturée à 10 degrés; mais pour opérer avec ce
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, bain il faut tripler la durée de l’exposition à la lumière. On laisse l’épreuve dans le bain mercuriel jusqu’à ce que le papier se décolore; on la lave bien à l’eau pure, puis on la passe dans un bain de nitrate d’argent à 6 pour 100 jusqu’à ce que sa teinte soit d’un beau noir d’ébène. Il ne reste plus, pour la fixer, qu’à la laver à l’eau distillée.
2° On peut aussi sensibiliser le papier avec une solution à 10 pour 100 seulement de nitrate d’uranyle. La feuille sèche est insolée sous un négatif et passée dans un bain à 1 pour 100 de chlorure de mercure. Enfin on la lave bien, puis on l’immerge dans une solution à 3 pour 100 de nitrate d’argent : quand elle est suffisamment développée, on la lave, puis on la sèche.
3° Si après avoir exposé à la lumière, derrière un négatif, le papier imprégné de nitrate d’uranyle, on le traite de suite par une solution acide de chlorure d’or, l’image apparaît instantanément en bleu très intense et il n’y a qu’àlafixer à l’eau pure. Ces images, comme les précédentes, résistent au cyanure de potassium bouillant et ne sont attaquées que par l’eau régale.
4° Il est possible d’obtenir encore d’autres teintes : quand on prend par exemple une feuille de papier sensibilisée sur un bain de nitrate d’uranyle à 20 pour 100, et qu’après l’avoir exposée au soleil sous un négatif, on la lave bien, il suffit de la passer ensuite dans un bain à 2 pour 100 de prussiate rouge de potasse pour avoir une image d’une belle teinte rouge.
Cette image rouge plongée pendant une minute dans une solution de nitrate de cobalt, puis séchée au feu sans lavage, devient verte ; on la fixe par une solution de sulfate de fer additionnée d’acide sulfurique, on lave à l’eau et on sèche au feu.
5" On a essayé d’obtenir avec les sels d’urane des épreuves possédant le brillant des images obtenues sur le papier albuminé. Liesegang a proposé d’opérer de la manière suivante :
On commence par couvrir du papier Rives d’une colle d’amidon préparée avec 5 grammes de tapioca délayés dans 100 ou 120 grammes d’eau chaude; on satine ce papier quand il est sec, puis le fixant sur une planchette, on y verse un collodion composé comme il suit:
a. On prépare le collodion simple :
Alcool absolu.
Éther.
Coton-poudre préparé à haute
température..
Solution de baume de Canada dans l’éther (1 de baume, 1 d'éther).
45 grammes.
b. Dans un grand flacon on introduit :
Eau distillée.
Azotate d’argent.
Azotate d’uranyle.
Alcool..
20 grammes.
On filtre cette liqueur, et, au moment de s’en servir, on lui mélange un > volume égal au sien du collodion ; on agite quelques minutes, puis on verse ce collodion uraniquesur le papier, comme s’il s’agissait d’en recouvrir une glace. On laisse sécher dans l’obscurité, et on emploie le papier le jour de sa préparation.
Le tirage d’une épreuve se fait comme avec le papier albuminé, mais en tirant moins noir ; il suffit des trois quarts de la durée d’exposition exigée par un papier au chlorure d’argent. L’image doit être vigoureuse et brune ; si elle est jaune ou rousse, le papier est mal préparé et l’épreuve vient mal.
L’épreuve retirée du châssis est lavée à l’eau jusqu’à ce que le fond soit blanc ; on la vire alors dans un bain formé d’un mélange à parties égales de deux solutions, l’une de chlorure double d’or et de calcium au millième, l’autre de sulfocyanure d’ammonium à 214 millièmes. L’image prend dans ce bain un ton noir ou bleu qui se fonce encore en séchant ; on la vernit quand elle est sèche avec du vernis à l’alcool.
Si le papier n’est pas bien collé, le collodion le pénètre et donne des images sans éclat; le baume de Canada sert à donner ie l’adhérence au collodion qui, sans lui, s’enlèverait pendant les lavages.
6° On peut remplacer ce collodion par le suivant qui donne de très belles images, mais qui est moins sensible que le premier.
Alcool saturé d’azotate d’uranyle. 48 cc ,2
Éther. 48 co ,2
Chlorure d’or, ou azotate d’argent. 0 jr ,71i
Coton-poudre. l» r ,422
On étend ce collodion sur le papier, on sèche dans l’obscurité, et après exposition à la lumière on fixe l’épreuve en la lavant avec de l’eau faiblement aiguisée d’acide nitrique ou d’acide oxalique.
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