ÉTAIN ET MÉTAUX DU PLATINE
MM. H. Sainle-Glaire Deville et Debray, qui ont étudié le précédent alliage, en ont préparé d’analogues avec les divers métaux que l’on rencontre dans la mine de platine.
1° Étain et iridium. — Quand on fond l’osmiure d’iridium avec 5 ou 6 fois son poids d’étain, qu’on maintient l’alliage au rouge vif dans un creuset de charbon, et qu'après l’avoir laissé lentement refroidir, on le traite par l’acide chlorhydrique, celui-ci dissout de l’élain et des traces d’iridium. La matière insoluble est formée d’osmium cristallisé, sous la forme d’une poudre très fine qu’on sépare à l’aide d’un tamis, et d’un alliage d’une grande dureté dout la formule est Sn 2 Ir. Il se présente en gros cristaux brillants, dont toutes les faces ont entre elles une inclinaison de 90 degrés ; ce sont des cubes qui souvent se disposent en trémies analogues à celles du sel marin. Ces cristaux, qui ont parfois plusieurs millimètres de long, sont inattaquables par l’eau régale; au rouge vif l’acide sulfhydrique les décompose en donnant du bisulfure d’étain qui se volatilise, et un résidu d’iridium pur.
2° Étain et palladium. — Ce dernier, chauffé au rouge avec 5 ou 6 fois son poids d’étain, donne une masse qui, traitée après refroidissement par l’acide chlorhydrique, laisse des lamelles fines et brillantes de l’alliage Pd 3 Sn 2 . Elles sont analogues par leur forme et par leur composition à des alliages tout semblables que donnent par le même procédé l’argent et le cuivre, qui ont avec le palladium une grande analogie; ces alliages répondent aux formules Cu 3 Sn s et Ag^Sn*.
3° Étain et rhodium. — En fondant ces deux métaux ensemble, puis traitant par l’acide chlorhydrique pour enlever l’excès d’étain, on obtient une substance cristalline noire et brillante, dont la composition est RhSn, et qui fond à haute température; le chlore la transforme en bichlorure d’étain, et laisse un dépôt rouge rosé fixe, de protochlorure de rhodium insoluble daus l’eau régale.
4“ Étain et ruthénium. — L’alliage Sn 2 Ru est le plus beau que l’on puisse produire, il cristallise en cubes comparables par l’éclat et la dimension des cristaux, aux plus beaux échantillons de bismuth cristallisé. Pour le préparer, il suffit de chauffer au rouge, dcpis un creuset de charbon, du ruthénium avec 10 à 15 fois son poids d’étain. La matière refroidie, traitée par l’acide chlorhydrique, laisse une géode de magnifiques cristaux.