ÉTAIN ET PLOMB
Le plomb et l’étain fondus se dissolvent en toutes proportions, et le plomb jouit de la propriété singulière d’augmenter la dureté de l’étain. Ces alliages
sont plus blancs que l’étain ; le plus dur et le plus tenace de tous a pour formule PbSn 5 .
Quand on fond à l’air un alliage de plomb et d’étain, il s’oxyde, et, si l’on enlève successivement les couches d’oxydes qui se forment à la surface du bain, an voit que l’étain est constamment oxydé en proportion plus forte que le plomb ; îela est tout naturel, la chaleur de formation du bioxyde d’étain, étant de >7 calories environ, tandis qu’en se combinant à l’oxygène, le plomb ne dégage fue 25,5 unités de chaleur. Un alliage formé de 4 à 5 parties de plomb pour 1 d’étain brûle comme de l’amadou, en donnant un produit qui est peut-être une combinaison des deux oxydes, la potée d'étain . Cette substance est utilisée dans la fabrication des émaux, soit qu’on la fonde seule, soit qu’on lui ajoute avant la fusion un mélange de silice et d’un alcali.
La densité des alliages de plomb et d’étain est toujours différente de la densité théorique, tantôt il y a contraction et tantôt il y a dilatation; le point de fusion se trouve également beaucoup abaissé. Le tableau ci-dessous nous donne, d’après M. Riche, les densités de ces alliages, et leurs points de fusion déterminés par M. Kupffer :
Densité
théorique.
Densité
Différence.
Point de fusion.
spécifique
Sn 5 Pb.
Sn*Pb.
Sn’Pb.
Sn 2 Pb 1,a .
Sn«Pb.
0,0 iuU
SnPh 1 /*.
SnPb.
SnPb*.
SnPb 3 .
On allie le plomb à l’étain pour en diminuer le prix, et aussi pour le rende Plus facile à travailler. Les principaux alliages employés sont les suivants :
Étain. Plomb.
Vases et mesures de capacité. 82 18
Cuillers, flambeaux, etc. 80 20
Piats, vaisselle, fontaines. 92 8
Alliage pour feuilles à thé, chocolat, tabac, etc. 36 64
Tubes pour siphons d’eau de Sellz. 5fià74 44à2 Jouets d’enfants, soudure des ferblantiers.. 50 50
Soudure des plombiers. 33 66
Brillants de Fahlun. 60 40
La soudure des ferblantiers est remarquable par la facilité avec laquelle elle 8 ’enflamme au rouge, et continue à brûler sans l’application de chaleur extérieure ;
quelquefois même les oxydes formés s’échauffent au point de se volatiliser en partie.
Les brillants de Fahlun se fabriquent avec l’alliage très fusible formé de CO d’étain pour 40 de plomb. On réunit quelques tubes de verre qui, soudés chacun à l’une de leurs extrémités, ont été taillés en manière de brillants et Dieu polis, puis ou en forme la figure de brillants assemblés que l'on veut imiter, et on les plonge dans l’alliage liquide porté aune température assez peu élevée pour qu’il en reste une couche adhérente au verre. Celui-ci se recouvre ainsi d’une mince feuille d’alliage qui se détache facilement une fois refroidie, et qui figure alors un assemblage de pierres taillées en relief.
Aiiiagci* fusible». — Ce sont des alliages ternaires d’étain, de plomb et de bismuth, caractérisés par leur fusibilité extrême. Les principaux d’entre eux sont :
4° L'alliage de Newton (8 de bismuth, 5 de plomb, 3 d’étain) qui fond à 94",5. Si on le plonge rapidement dans l’eau froide, qu’on l’en retire de suite, et qu’on le prenne à la main, il redevient au bout de quelques instants assez chaud pour brûler la peau ; refroidi brusquement il présente une cassure lisse, brillante et presque vitreuse, tandis qu’elle est mate et grenue quand l’alliage s’est réchauffé comme il vient d’être dit. On en fait des cuillers qui se ramollissent et fondent dans une infusion bien chaude de thé.
2° L 'alliage de Darcet (1 de plomb; 1 d’étain; 2 de bismuth) fond à 90 degrés. Suivant Ermann, la dilatation de cet alliage est très singulière ; si l’on représente par 100 son volume à zéro, il augmente régulièrement jusqu’à 44 degrés, température à laquelle il est 100,83, puis si on le chauffe davantage il se contracte, de sorte qu’entre 57 et 58 degrés, il présente le même volume qu’à zéro ; il continue ensuite ^ se contracter jusqu’à ce que à 68",8 son volume devienne égal à 99,389, puis à partir de ce point il se dilate de telle sorte qu’à 87°,5 il atteint pour la troisième fois le même volume qu’à zéro.
3° L 'alliage de Rose Di 2 Sn 2 Pb (420 de bismuth ; 236 de plomb ; 207 d’étain) fond au-dessous de 100 degrés, et prend l’état pâteux longtemps avant cette température. Il se dilate régulièrement de zéro à 35 degrés, puis il se contracte jusqu’à 55 degrés, pour se dilater alors de nouveau brusquement jusqu’à 80 degrés; à partir de celle dernière température sa dilatation devient régulière.
La chaleur spécifique et la chaleur de fusion de ces derniers alliages, rapportées au gramme, sont :
Chaleur «pacifique Chaleur «pacifique Chaleur
Alliage de Darcet. BiWSn*. 0,0356 0,3895 — 0,004496
Alliage de Dose. . Bi 8 PbSn 9 . 0,0490 0,4219 — 0,004687
4° L’alliage de 4 de bismuth, 2 d’étain et 3 de plomb, qui fond à 91",6.
5“ Enfin les alliages quaternaires renfermant avec ces trois métaux une certaine quantité de cadmium, et dont nous avons parlé plus haut (§ 10).