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COMBINAISONS SÉLÉNIÉES DE L’ÉTAIN

PROTOSÉLÉNIURE D’ÉTAIN (SnSe)

§ 87. — PROTOSÉLÉNIURE D’ÉTAIN HYDRATÉ

Le protoséléniure d’étain hydraté et amorphe se produit quand on fait passer un courant d’acide sélenhydrique dans une dissolution deprolochlorure d’étain

SNCYCLOP. CHIM. 13

lot ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

c’est alors une poudre brune, noire quand elle est sèche, facilement soluble dans les alcalis caustiques et dans les sulfures alcalins ; elle n’est ni fusible, ni décoinposable quand on la chauffe dans une atmosphère d’hydrogène.

§ 88. — PROTOSÉLÉNIURE D’ÉTAIN ANHYDRE

Préparation. — Quand on chauffe un mélange à équivalents égaux de limaille d’étain et de sélénium pulvérisé, le sélénium ne tarde pas à fondre, bientôt la combinaison commence en un point de la masse, elle s’effectue avec incandescence et s’étend en quelques instants à tout le mélange. L’élévation de température est telle, qu’une petite quantité de sélénium se volatilise sous la forme de fumées rouges, qui se déposent contre les parois de la cornue dans laquelle on opère ; le résultat de l’opération est une masse friable d’un gris métallique, analogue par son aspect au protosulfure d’étain.

Si après avoir introduit cette matière dans un tube de porcelaine, on la chauffe dans un courant d’hydrogène pur et sec, elle laisse dégager vers le rouge sombre une très petite quantité de sélénium, puis elle fond au rouge clair en donnant une vapeur verdâtre d’une teinte très peu intense ; bientôt on voit se former quelques cristaux dans le tube en avant et en arrière de la nacelle, et leur pro duclion, fort lente à cette température, devient très rapide au rouge blanc. Les choses se passent comme avec le protosulfure d’étain, mais à température plus élevée. Ici encore le point de fusion du séléniure est voisin de la température à laquelle les cristaux se déposent, aussi ces derniers ne tardent pas à fondre et le liquide se rassemble à la partie inférieure du tube.

Propriété*. — Le protoséléniure d’étain distillé se présente sous la forme d’une matière brillante, douée d’un éclat métallique bleuâtre, et qui ressemble tout à fait au protosulfure d’étain ; comme lui, il est friable, à cassure très brillante et lamelleuse, et tache les doigts. Les cristaux produits par voie de sublimation présentent la même forme et le même aspect que ceux de protosulfure.

Le séléniure cristallisé peut s’obtenir aussi par voie de dissolution ; on commence par fondre ensemble trois parties d’étain avec deux de sélénium (Schneider) et l’on dissout le produit ainsi obtenu dans du protochlorure d’étain en fusion ; ce dernier en refroidissant abandonne du séléniure cristallisé, qu’on isole au moyen d’acide chlorhydrique étendu, qui dissout le protochlorure d’étain. On peut encore projeter le sélénium dans du chlorure d’étain en fusion, il se volatilise du bichlorure d’étain, et la matière fondue retient du séléniure, que l’on sépare comme il vient d’être dit.

On obtient ainsi des lamelles prismatiques brillantes, gris d’acier; la densité du séléniure distillé est 6,179.

Le protoséléniure d’étain pur, chauffé dans un courant d’hydrogène, fond puis se volatilise ; quand la température atteint le blanc, l’hydrogène entraîne avec lui une très faible quantité de gaz, qui précipite en noir les sels de cuivre, et il reste dans la nacelle un petit globule d’étain pur. On peut donc admettre qu’à très haute température la vapeur de séléniure d’étain éprouve un commencement de dissociation.

Le séléniure d’dtain est insoluble dans l’eau, il se dissout dans les sulfures et dans les séléniures alcalins en fusion. L’iode et le brome dissous dans le sulfure de carbone le décomposent, et donnent un mélange de biséléniure d’étain, avec de l’iodure ou du bromure de ce métal.

Action <ics acides. — Acide azotique. — L’acide azotique oxyde lentement et difficilement le protoséléniure d’étain en donnant un résidu de bioxyde d’étain; l’eau régale agit de môme.

Acide chlorhydrique. — Il n’y a aucune réaction quand on soumet le séléniure d’étain à l’action d’un courant d’acide chlorhydrique pur et sec à la température ordinaire; l’attaque commence au rouge sombre, et elle est très lente, en voit le séléniure diminuer peu à peu de volume sans fondre, en même temps du protochlorure d’étain se volatilise, et le courant gazeux entraîne avec lui des fumées rouge foncé de sélénium qui se déposent sur les parois du tube, a iusi qu’une très petite quantité d’acide sélenhydrique. On sait en effet que ce dernier est endothermique (Se métallique -f-H = HSe gaz —2,7), et que sa formation à partir de ses éléments est fort lente, même aux températures voisines de 300 degrés.

En laissant de ( ôté la petite quantité d’hydrogène sélénié formé, la réaction est la suivante :

HCl gaz +SuSe = SnCl solide +Se + H + (40,2—22—Q).

On voit qu’elle est possible, si la chaleur de formation Q du protoséléniure d’étain, à partir de ses éléments, est inférieure à 18 cal ,2.

Une dissolution d’acide chlorhydrique n’attaque pas le séléniure d’étain cristallisé à la température ordinaire; la réaction est encore lente quand on opère à la température d’ébullition de cet acide, néanmoins elle a lieu, et l’on obtient, comme avec le sulfure, une liqueur en équilibre dans laquelle l’addition d’eau détermine la formation d’un précipité de séléniure d’étain.

BISÉLÉNIURE D'ÉTAIN (SnSe*)

g 89 , biséléniure d’étain hydraté

On le prépare en décomposant une dissolution de bichlorure d’étain par de l’acide sélenhydrique, ou bien un sulloséléniostannate ou un sélénioslannate alcalin, par un acide étendu (§ 91 à 94). Il se présente sous la forme d’une poudre rouge, facilement soluble dans les sulfures et les séléniures alcalins ; c’est une substance floconneuse, absolument analogue par son aspect, sauf la couleur, au bisulfure d’étain hydraté. Elle est soluble dans les alcalis caustiques et dans les séléniures alcalins en donnant desséléniostannates. Chauffée dans un

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courant d’hydrogène, elle perd la moitié de son sélénium et laisse du protoséléniure d’étain.

§ 90. — BISÉLÉNIURE D’ÉTAIN ANHYDRE

Il se produit sous la forme d’une poudre cristalline brun rouge, quand on mélange intimement ensemble 5 parties d’iode, 8 à 10 de biiodure d’étain et 5 de protoséléniure; en épuisant la masse par du sulfure de carbone, il ne reste que du biséléniure d’étain.

Sa densité est 4,85. Les acides étendus et froids ne l’altèrent pas, l’acide nitrique le transforme à l’ébullition en acide sélénieux et bioxyde d’étain ; traité à chaud par l’acide sulfurique concentré, il donne une dissolution verte, qui dépose du sélénium quand on l’étend d’eau et qui contient de l’acide stannique.

Il se dissout dans les liqueurs alcalines avec une coloration rouge, et les acides étendus le reprécipitent sous la forme de biséléniure hydraté; il se combine sans difficulté avec les sulfures et avec les séléniures alcalins.

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