‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 95 sur 233 · COMBINAISONS DU BISULFURE D’ÉTAIN · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DU BISULFURE D’ÉTAIN

§ 77. — SULFOSTANNATE DE POTASSE (SnS*, KS, 3IIO)

On peut l’obtenir: l°en dissolvant du bisulfure d’étain en excès dans du monosulfure de potassium, et faisant cristalliser la dissolution.

2° Le soufre se dissout à chaud dans le monosulfure de potassium, en donnant une liqueur rouge contenant des polysulfures alcalins. Celle-ci dissout abondamment le protosulfure d’étain, qui, se combinant au soufre, se transforme en bisulfure, et ce dernier s’unit au monosulfure de potassium pour constituer du sulfostannate.

3° Il est plus simple d’ajouter à une quantité déterminée de monosulfure d. potassium en solution, les poids de soufre et d’étain capables de constituer avec lui le sulfostannate. On dissout le soufre d’abord, puis on ajoute l’étain en lames minces à la liqueur bouillante, en le maintenant en léger excès; le métal se dissout peu à peu, la liqueur rouge se décolore, et, au bout d’un certain temps, l’étain qui reste se recouvre d’une couche noire de protosulfure, la réaction est terminée ; le liquide filtré est une solution de sulfostannate de potasse pur. Cette liqueur est colorée en jaune clair; évaporée dans le vide, elle se sursature avec une facilité extrême, mais elle finit par donner des cristaux qui, rayonnant de

divers points, arrivent à remplir la liqueur. Une solution moins concentrée et bouillante dépose par refroidissement de beaux prismes incolores ou faiblement teintés de jaune, et transparents, qui se disposent en groupes rayonnés.

Le sulfostannate de potasse est très soluble dans l'eau, qui, ajoutée en grande quantité à la dissolution du sel, le décompose avec séparation de bisulfure d’étair, hydraté ; les acides étendus y donnent également un précipité jaune de bisulfure. L’analyse des cristaux conduit à leur donner la formule SnS 2 , KS,3HO.

§ 78. SULFOSTANNATE DE soude (SnS 2 , NaS, 3 HO)

Il se produit dans les mêmes conditions que le sel de potasse, et possède des propriétés tout à fait analogues.

§ 79. — sulfostannate d’ammoniaque (3 SnS 2 ,AzH*S,6HO)

Une solution concentrée de monosulfure d’ammonium dissout facilement le soufre, en se transformant en polysulfure, et les lames d’étain que l’on y plonge alors sont peu à peu attaquées ; la réaction serait plus rapide à chaud qu’à froid, si bientôt la majeure partie du sulfliydrate d’ammoniaque ne se dégageait. L’action à froid dure plusieurs jours, et elle cesse avant que la transformation du sulfure alcalin en sulfostannate soit complète. On obtient une liqueur jaune, qui, évaporée à 14 degrés dans le vide, en présence de potasse et d’acide sulfurique, laisse déposer des paillettes jaunes contenant 3 SnS 2 , AzH 4 S,6II0. L’eau les décompose en dissolvant le sulfure alcalin, et donne un précipité de bisulfure d’étain hydraté ; les acides étendus se comportent d’une manière analogue.

A la température ordinaire, les cristaux s’altèrent même dans le vide en perdant de l’eau, et prennent à la surface une teinte violacée; chauffés doucement, ils laissent échapper de l’eau, puis des vapeurs de sulfhydrate d’ammoniaque, et du soufre en dernier lieu.

§ 80. — sulfostannate de chaux (SnS 2 ,2CaS,14HO)

Le polysulfure de calcium qui provient de l’ébullition d’un lait de chaux avec du soufre, dissout de l’étain en proportion considérable ; la liqueur bouillante dépose,en se refroidissant, des cristaux de soufre mêlés de sulfure de calcium, et par l’évaporation dans le vide on obtient du sulfostannate de chaux mêlé de soufre cristallisé; ces cristaux séparés des eaux mères sont repris par l’eau froide qui laisse le soufre, et l’on obtient après filtration une dissolution jaune rougeâtre, qui, évaporée dans le vide, devient sirupeuse et laisse alors déposer des cristaux transparents et brillants dont la composition est représentée par SnS 2 ,2CaS, 14110. Ces cristaux, colorés en jaune citron, se dissolvent dans l’eau sans difficulté ; les acides étendus donnent dans la solution un dépôt de bisulfure d’étain hydraté.

§ 81. — SULFOSTANNATE DE STRONTIANE (SnS®, SrS, 12 HO)

On l’obtient, comme le précédent, en dissolvant de l’étain dans le polysulfure de slrontium, que l’on prépare en faisant bouillir de la strontiane caustique avec du soufre en excès ; la liqueur saturée d’étain à la température de l’ébullition dépose, en se refroidissant, quelques petits cristaux peu nets, et il reste un liquide rouge qui abandonne, par l’évaporation dans le vide, de gros cristaux transparents et incolores renfermant SnS®, SrS, 12 HO. Il arrive fréquemment que pendant l’évaporation la liqueur dépose une petite quantité de bisulfure d’étain qui ternit les cristaux et les rend opaques, mais il suffit de les redissoudre et de faire cristalliser de nouveau, pour les obtenir à l’état de pureté. Le sulfostannate de strontiane est très soluble dans l’eau, qu’il colore en jaune clair.

§ 82. — SULFOSTANNATE DF. BARYTE (SnS 2 , BaS, 8 HO)

On peut le préparer comme ceux de chaux et de strontiane, en faisant agir l’étain sur une solution de polysulfure de baryum. On l’obtient aussi en ajoutant à une solution de monosulfure de baryum du soufre et de l’étain, en quantités convenables pour le transformer en sulfostannate, et en opérant comme il a été dit à propos du sulfure de potassium (§ 77). Il se produit de la sorte une liqueur rouge qui, évaporée dans le vide, abandonne des petits cristaux jaunecitron, dont la composition est exprimée par SnS®, BaS, 8 HO. Ils se dissolvent sans décomposition dans l’eau ; les acides étendus en séparent, comme des autres sulfostannates, du bisulfure d’étain hydraté.

§ 83. — SULFOSTANNATE DE FER. — STANNINE

La stannine est une combinaison de bisulfure d’étain avec les protosulfures de fer, de zinc et de cuivre ; elle a pour formule SnS*(Cu®, Fe,Zn)S. On la rencontre, associée à d’autres sulfures, dans les roches stannifères de Cornouailles et de Bohème ; elle se présente en masses gris d’acier, passant au jaune-bronze, ou en petits cristaux possédant deux clivages très distincts, et qui dérivent d’un cube ou d’un prisme droit à base carrée.

La stannine est une substance fragile, facile à réduire en une poudre noire ; sa dureté est 4, sa densité varie de 4,3 à 4,5. L’acide azotique l’attaque facilement en donnant une solution bleue et un résidu d’acide stannique. Au chalumeau, sur le charbon, elle fond, puis s’oxyde en formant près de l’essai un enduit blanc d’acide stannique, et laissant un résidu renfermant du cuivre et du fer.

§ 84. — SULFOPLATINOSTANNATE DE POTASSE (SnS®, KS,3PtS) Lorsqu’on fond ensemble 2 parties de platine mélangées avec 3 de soufre,

A. DITTE. — L'fiTAIN ET SES COMPOSES. 193

3 de potasse et 1 de bisulfure d’étain, on obtient une masse, qui, épuisée par l’eau, laisse une poudre cristalline rouge dont la composition répond à la formule SnS s ,KS,3PtS. L’acide chlorhydrique étendu et l’acide acétique la décomposent, lui enlèvent le potassium et donnent un nouveau composé SnS s , HS,3PtS, qui diffère du premier en ce que l’hydrogène y remplace le potassium; ce dernier s’oxyde à l’air, perd son hydrogène, et laisse un troisième corps, dont la composition répond à la formule SnS 2 ,PtS 2 ,2PtS.

§ 85. — SULFOPLATINOSTANNATE DE SOUDE (SnS 2 , NaS,3 PtS)

On obtient un sel de soude analogue : SnS 2 ,NaS, 3PtS, en fondant un mélange de 1 partie de platine avec 3 de soufre, 3 de soude et une demie de bisulfure d’étain, puis traitant par l’eau le produit de la fusion.

SESQUISULFURE D'ÉTAIN

§ 86. — SESQUISULFURE (Sn*S 3 )

Ce sulfure, qui correspond austannate de protoxyde d’étain SnO 2 , SnO = Sn 5 0 3 , s’obtient en chauffant le protosulfure d’étain au rouge sombre avec un excès de soufre. Il offre l’aspect d’une matière jaune gris foncé, douée de l’éclat métallique, et qui donne une trace brillante quand on la raye avec un corps dur. L’acide chlorhydrique l’altaque partiellement, il se dégage de l’acide sulfhydrique et il reste un résidu de bisulfure d’étain. La chaleur le décompose en lui faisant perdre du soufre, et laissant du protosulfure d’étain.

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