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COMBINAISONS PHOSPHORÉES DE L’ÉTAIN

PHOSPHURES D'ÉTAIN

§ 96. — PIIOSPHURE d’étain amorphe

Lorsqu’on sature le bichlorure d’étain avec de l’hydrogène phosphoré gazeux, il se forme une combinaison que l’eau détruit en laissant une poudre jaune dont la composition correspond, d’après II. Rose, à la formule SnPh 3 .

§ 97. — PHOSPHURES D’ÉTAIN CRISTALLISÉS

1° Si l’on’ calcine ensemble 3 parties d’acide phosphorique vitreux, 1 de charbon et 6 d’étain, on obtient une matière blanche semblable à de l’étain et retenant de 1,37 à 1, 52 pour 100 de phosphore ; sa densité est 6,793. Soumise à l’action de là chaleur, le phosphore s’en dégage et vient brûler à la surface. Cette matière, traitée à l’ébullition par de l’acide nitrique mêlé d’un peu d’acide chlorhydrique, abandonne des lamelles jaunâtres et brillantes douées de l’éclat métallique; l’acide nitrique bouillant ne les attaque qu’avec lenteur; l’acide chlorhydrique les dissout à chaud avec dégagement de phosphure d’hydrogène et dépôt d’un résidu pulvérulent jaune, soluble dans l’acide nitrique. Les paillettes correspondent sensiblement à la formule Pl^Sn 3 ; quand on les traite par la potasse bouillante, il se dégage du phosphure d’hydrogène, et il reste des paillettes blanc d’argent dont la composition répond à la formule SnPh.

2° Quand on fond un mélange, à parties égales, d’acide phosphorique vitreux et d’étain, on obtient un culot métallique renfermant du phosphore; il se laisse couper au couteau, s’aplatit sous le marteau et se sépare en lames ; fraîchement coupé, il a la couleur et l’éclat de l’argent. Sa limaille projetée sur des charbons ardents laisse dégager du phosphore qui vient brûler à la surface.

Si l’on projette des fragments de phosphore sur de l’étain fondu, on obtient par refroidissement une matière blanche, cristallisée extérieurement comme de l’antimoine.

3° M. Viguier a obtenu un phosphure d’étain cristallisé, en opérant comme il suit : On introduit dans un tube de porcelaine muni à chaque extrémité d’un petit ballon tubulé, et placé dans un fourneau légèrement incliné, deux nacelles renfermant l’une de l’étain, l’autre du phosphore. La première est placée au milieu du fourneau, la seconde en dehors, et l’on fait arriver dans l’appareil, par l’extrémité du tube voisine de la nacelle à phosphore, un courant d’hydrogène sec. Quand l’étain est en fusion, on chauffe doucement le phosphore qui distille, sa vapeur en passant sur l’étain s’y combine sans dégager de lumière, et il reste après refroidissement un lingot présentant à la surface des cristaux enchevêtrés, et se clivant avec une grande facilité. Il renferme à son intérieur de beaux prismes obliques à base rhombe, présentant trois clivages obliques, et, si l’on regarde les plans de clivage comme parallèles aux faces de la forme primitive, on a un angle de 101 degrés environ pour l’inclinaison de la base sur les faces du prisme; l’angle aigu que deux faces du prisme forment entre elles est de 58 degrés à peu près. La formule de ce phosphure est PhSn*; le chlore et l’acide nitrique le décomposent, l’acide sulfurique est sans action ; il fond sous l’action de la chaleur, en perdant son phosphore qui vient brûler à la surface.

4° On fabrique depuis quelque temps àMariaschain, eniionême, desphosphures d’étain destinés à remplacer le phosphure de cuivre dans la fabrication des bronzes. Ce sont des masses blanc d’argent à cassure lamelleuse ; on en prépare deux variétés qui renferment la première 5, la seconde 2,5 pour 100 de phosphore.

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