PROPRIÉTÉS DU COBALT MÉTALLIQUE
Les procédés par réduction fournissent une masse métallique spongieuse ou pulvérulente; on parvient à la fondre en la soumettant à un violent feu de forge, soit dans un double creuset de chaux, soit dans un creuset de magnésie recouvert d’un creuset de graphite (Deville) (1). On obtient ainsi un métal gris clair d’acier, tirant faiblement sur le rouge et acquérant, quand il est poli, une teinte blanc d’argent. Il est plus dur que le fer, la présence de l’arsenic et du manganèse le rend cassant. Sa cassure est à grains fins. II se laisse facilement tourner, et sa tournure se roule en spirale comme celle du cuivre. Il est p, ;il malléable au rouge et s’émiette sous le marteau. Mais on peut lui communiquer la malléabilité en lui incorporant 1/8 pour 100 de magnésium. Il se laisse alors travailler à chaud et devient très dur à froid. Il est très tenace, blanc et plus brillant que le nickel. On peut le souder au rouge blanc au fer et à l’acier (Fleitman). Il est aussi ductile que le nickel, et sa ténacité est supérieure à celle du fer. Sa température de fusion est comprise entre celle du fer et celle de l’or.
Sa densité = 7,7 (Bergman), 8,5131 (Berzelius), 8,485 (Brunner), 8,5385
(I) Voyez le procédé de Cl. Winkler pour la fusion du nickel et du cobalt, à la Métallurgie du nickel.
COBALT
(Tassaert el Haüy), 8,7 (Lampadius), 8,68 (Wielander). Le poids du métal réduit par l’hydrogène dans cinq expériences a varié de 8,132 à 9,495, moyenne = 8,957 (Rammelsbcrg).
Sa chaleur spécifique = 0,10696 (Régnault) ; le produit de ce nombre par le poids atomique (58,8) =6,28. Ce résultat est conforme à la loi de Dulong et
Petit.
Spectre d'absorption. — Le spectre du verre de cobalt obtenu en dissolvant dans l’acide borique de l’oxyde de ce métal, en assez grande quantité pour que la perle soit opaque, est caractérisée par trois bandes, l’une en B, l’autre en D (du côté du vert) et la troisième diffuse en F. Un centième de carbonate de soude ajouté au verre fait disparaître la bande en B, celle en D se dédouble, l’une des nouvelles bandes déborde D du côté-du rouge et l’autre très large atteint presque E, F persiste, le violet est obscurci ; avec 5 centièmes d’alcali, le verre est plus clair. La bande B paraît à chaud ; avec 15 pour 100, le spectre est presque exactement celui du verre d’acide borique pur. Avec 25 pour 100, la bande en D se déplace du côté rouge. Avec 30 pour 100, ce changement est accompagné du déplacement de la bande en F qui occupe la position de la ligne E. C’est le spectre d’absorption du verre de borax saturé de cobalt. La présence de la magnésie dans la perle détermine la disparition de deux bandes et ne laisse que la bande en D, la présence du zinc fait paraître trois bandes de B en E.
D’après Lecoq de Boisbaudran, les raies suivantes appartiennent au cobalt.
Longueur d’onde (en millionièmes dc.millimètre) A= 548,3
— — 535,3 très vive.
— 534,0 id.
— 526,5 vive.
— — 521,2 assez vive.
— - 486,8 vive.
Raies spectrales du cobalt d’après Thalen.
Longueur d’onde (en dix-millionièmes de millimètre) = 6142,5 — — 6121,2
Longueur d’onde en dix-millionièmes de millimètre = 5279,6
Magnétisme du cobalt. — D’après Wollaston, son pouvoir magnétique serait à celui du fer dans le rapport de 5,8 ou 6 à 9 ; Lampadius donne un rapport beaucoup plus faible = 25/55, tandis que Faraday prétend que le cobalt pur n’est pas magnétique, même à une température de 80 degrés au-dessous de zéro. La présence de l’arsenic influe, paraît-il, considérablement sur les qualités magnétiques de ce métal.
Rowland (1) a établi que l’aimantation du cobalt, aussi bien que celle du fer et du nickel, dépend d’une certaine fonction magnétisante, qu’elle atteindrait son maximum à 12 degrés, et qu’à cette température, son pouvoir magnétique serait 800 ?
à celui du fer dans le rapportde y^unités absolues C.C.S, soit environ 4/7.
Pour les sels d’oxyde? de cobalt, le pouvoir magnétique serait 616, celui du peroxyde de fer étant 1900 (Wiedeman).
Le chlorure de cobalt en solution dans l’eau ou dans l’alcool, soumis à une action magnétique, agit pour dévier le plan de polarisation de la lumière , à la manière des corps diamagnétiques.
Le pouvoir rotatoire magnétique des sels de cobalt rouges? est positif , mais plus faible que celui des sels de nickel; la coloration rouge foncé de la lumière émergente exerce une certaine influence sur la position de la teinte de passage, dont la déviation se trouve diminuée, de sorte que, si on néglige la correction nécessaire, le pouvoir rotatoire magnétique parait négatif et très faible (Verdet).