‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 12e cahierChapitre 125 sur 258 · SÉPARATION DU COBALT ET DU NICKEL · texte numérisé non relu

SÉPARATION DU COBALT ET DU NICKEL

Méthode de Phillips. — On sature la solution acide par l’ammoniaque, après avoir eu soin d’ajouter du sel ammoniac en quantité suffisante pour qu’il ne se précipite pas d’oxyde de cobalt. On étend d’une grande quantité d'ammoniaque la dissolution ordinairement bleue. On ajoute d’autant plus d’eau que la proportion du cobalt contenu dans la liqueur est plus forte ; cel te eau a dû être privée d’air par l’ébullition. On verse dans la dissolution encore chaude de la potasse qui n’en précipite que de l’oxyde de nickel et fait passer la solution au rouge clair ou au rouge. On sépare la solution et on la filtre, en évitant autant que possible l’action de l’air et on précipite le cobalt par le sulfure d’ammonium.

On répète ce traitement sur l’oxyde de nickel précipité pour en séparer une nouvelle quantité de cobalt.

Méthode de Laugier. — On précipite les deux mélaux à l’état d’oxydes par la potasse et on les traite par l’acide oxalique pour les transformer en oxalates, que l’on dissout dans l'ammoniaque. La dissolution ammoniacale exposée à l’air laisse déposer d’abord de l’oxyde de nickel de couleur blanc verdâtre; l’oxalate de cobalt reste dissous. Cette méthode avait été imaginée non pas pour séparer quantitativement ces métaux, mais pour les obtenir purs.

Méthode de Liebig. — Il est préférable d’opérer sur une solution azotique concentrée ; on la traite par la potasse en excès et on y a joute de l’acido cyanhydrique jusqu ace que le précipité, formé d’abord, se soit complètement dissous dans le cyanure de potassium qui s’est produit et de manière que la solution répande l’odeur d’acide cyanhydrique. Si, au lieu d’une dissolution aqueuse d’acide cyanhydrique, on a employé une dissolution alcoolique de cet acide, on fait bouillir de manière à chasser entièrement l’alcool. On prolonge ensuite

l’ébullition en présence d’un excès de cyanure de potassium, les deux métaux sont ainsi transformés en nickélocyanure et en cobaltocyanure de potassium. On traite la dissolution chaude parle bioxyde de mercure en poudre fine qui détermine la précipitation du nickélocyanure de potassium de couleur vert jaunâtre.

Le cobalt reste en dissolution à l’état de cobaltocyanure, qui n’est décomposé ni par les acides ni par les alcalis.

On le décompose, suivant Woelher, en traitant la dissolution par le nitrate de protoxyde de mercure. Il se précipite du coballicyanure de mercure blanc taché de gris par le protoxyde de mercure. On dessèche ce précipité et on le calcine dans une atmosphère d’hydrogène pour obtenir le cobalt sous forme métallique.

On arrive au même résultat en employant le cyanure de potassium au lieu d’acide cyanhydrique.

Séparation parl'azolite de potasse (Fischer). — C’est la meilleure méthode de séparation de ces deux métaux. •

On concentre la dissolution par évaporation, et si elle est acide, on la neutralise d’abord par l’hydrate de potasse, puis on ajoute une dissolution concentrée de nitrite de potasse ; on acidulé ensuite la liqueur avec de l’acide acétique et après avoir laissé reposer le tout pendant deux jours, on filtre. Il est bon d’ajouter à la dissolution filtrée du nitrite de potasse, puis de l’acide acétique et de laisser reposer pendant quelque temps pour voir s’il se forme encore un précipité jaune. On lave le précipité avec une dissolution de chlorure de potassium ou de sulfate de potasse et d’acétate de potasse à 10 pour 100. Ce dernier sel est facile à enlever par des lavages à l’alcool. On dissout ensuite le précipité dans l’acide chlorhydrique et on le dose le cobalt à l’état métallique.

Si on essaie par cette méthode l’oxyde de nickel séparé par les méthodes précédentes, on obtient toujours dans la dissolution un précipité d’azotile double de potasse et de cobalt; elle est donc plus exacte que celles-ci.

Méthode basée sur l’insolubilité du sulfure de cobalt oxydé dans le cyanure de potassium. — Fleck 51 proposé de précipiter le sulfure de cobalt par le sulfure d’ammonium en présence d’un excès d’ammoniaque et de l’abandonner à l’air jusqu’à ce qu’il ne change plus de couleur. Le sulfure de cobalt ainsi obtenu est insoluble dans le cyanure de potassium, tandis que le sulfure de nickel se dissout facilement. Cette méthode donne des résultats médiocres.

Séparation du nickel et du cobalt par le sel de phosphore et le carbonate d'ammoniaque (Ph. Dirvell). — Quand on ajoute à une solution aqueuse de nitrate ou de sulfate de cobalt un excès d’une solution saturée à froid de sel de phosphore, mélangée à une solution de bicarbonate ou d’acétate d’ammoniaque n’exhalant plus aucune odeur ammoniacale, il se forme un précipité bleuâtre On chauffe lentement jusqu’à l’ébullition, et après refroidissement on ajoute 2 ou 3 centimètres cubes d’ammoniaque : le précipité bleu se dissout, mais reparaît sous la forme de précipité pourpre de phosphate ammoniaco-cobalteux.

COBALT. 165

Le nickel reste dissous dans ces mêmes conditions et on arrive ainsi en deux heures à séparer complètement ces deux métaux.

Séparation du nitrate et du cobalt par le xanthate de potasse (Phipson). — Le xanthate de potasse précipite du xanthate de cobalt à l’état de précipité vert presque insoluble dans l'ammoniaque, le xanthate de nickel est, au contraire, soluble dans l’ammoniaque. En opérant avec précaution, la séparation peut être quantitative.

On précipite les deux métaux en solution légèrement chlorhydrique, par le xanthate de potassium ajouté peu à peu et en remuant ; on lave le précipité et on le traite à froid par l’ammoniaque étendue de son volume d’eau, pour dissoudre le xanthate de nickel ; le xanthate de cobalt reste seul (Phipson).

Séparation par le nitroso-fi-naphtol-sodium (llinski et von Knorre). — Sous l’influence d’un sel de cobalt en excès, une solution aqueuse neutre de nitroso-j3-naphtol-sodium donne un précipité brun, très peu soluble, dont la composition est représentée par la formule

[C*°H 6 0*(AzO*)]»Co*,

auquel la potasse ou bien les acides enlèvent une partie du cobalt en donnant une combinaison pourpre, qui se forme aussi directement quand on emploie le réactif en solution alcoolique ou acétique,et le sel de cobalt en solution neutre ou acidulée par l’acide chlorhydrique. Ce précipité est volumineux, rouge pourpre, stable, soluble dans l’acide nitrique fumant et dans l’acide sulfurique concentré, reprécipilable par l’eau. Il est peu soluble dans l’acide acétique à 50 pour 100 et se dépose par le refroidissement. Il est également soluble dans l’alcool concentré, l’aniline et le phénol. La potasse concentrée le décompose en donnant le sel de potasse correspondant, mais la combinaison cobaltique est régénérée par l’addition d’eau. Séché à 110 degrés, le produit a pour composition :

[C so H 6 0 2 (AzO s )] 3 Co s .

Le composé que l’on obtient dans les mêmes conditions est soluble dans une liqueur contenant de l’acide chlorhydrique libre.

Cette réaction permet donc de séparer les deux métaux, car le cobalt est entièrement précipité. Une solution renfermant O sr ,000059 de cobalt par centimètre cube donne en quelques minutes un précipité rouge-brique en présence de HCl, quand on la traite par une dissolution acétique de nitroso-3-naphtol.

Pour doser le cobalt, on calcine le précipité desséché dans un creuset avec un peu d’acide oxalique pur pour empêcher la déflagration du produit ; on achève la calcination dans un courant d’hydrogène et on pèse le métal obtenu.

SÉPARATION Dü COBALT ET DE L’ALUMINIUM.

Cette séparation s’effectue bien au moyen de l’acétate de soude. Si la dissolution est acide, on la sature approximativement par le carbonate de soude, on

ajoute de l’acétate de soude et on fait bouillir. Après une ébullition prolongée, l’alumine se précipite à un état sous lequel il est facile de la laver ; ou lave avec une solution chaude d’acétate de soude très étendue.

Une seule opération suffit pour séparer entièrement l’alumine du cobalt mais la dissolution que contient ce dernier contient en même temps de la soude; il est donc utile de précipiter le cobalt à l’état de sulfure pour le doser.

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