‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 12e cahierChapitre 130 sur 258 · DOSAGE VOLUMÉTRIQUE DU COBALT · texte numérisé non relu

DOSAGE VOLUMÉTRIQUE DU COBALT

1° Méthode basée sur la décoloration du permanganate de potasse en présence du bioxyde de manganèse (Winckler). — Le permanganate' de potasse en présence du bioxyde de mercure est décoloré par les solutions de chlorure de cobalt, et il se précipite des hydrates de peroxyde de manganèse et de peroxyde de cobalt. La réaction qui a lieu est, du reste, assez complexe car avec le sesquioxyde de cobalt il se forme une certaine quantité d’hydrate de protoxyde ou plutôt d’oxyde intermédiaire. Il faut donc titrer directement la solution de caméléon avec du cobalt métallique.

fitrage du caméléon. — On dissout dans HCl environ de i à 2 décigrammes de cobalt pur préparé en réduisant par l’hydrogène, dans un creuset de porcelaine porté au rouge vif, du chlorure purpuréocobaltique. On étend d’eau la dissolution de façon à faire 200 centimètres cubes, puis on ajoute un excès de bioxyde de mercure. On verse ensuite dans le liquide froid au moyen d’une burette graduée une solution de permanganate de potasse contenant, par litre 5 à 6 grammes de ce sel cristallisé et pur ; on a soin de verser cette liqueur par petites portions et en agitant jusqu’à ce que le liquide se colore en rouge ■ la coloration est d’autant plus facile à reconnaître qu’on approche de la fin de la réaction et l’addition d’une nouvelle quantité d’oxyde de mercure entraînant les oxydes formés rend la liqueur plus claire. La couleur produite disparait toujours à la longue, mais il n’y a pas lieu de se préoccuper de cela, et on ne prend que les centimètres cubes nécessaires pour produire la décoloration immédiate pour calculer le titre du caméléon qui correspond au poids de cobalt dissous.

On opère de la même façon pour doser une quantité de cobalt inconnue en ayant soin de se placer autant que possible dans des conditions comparables

COBALT

pour la quantité de cobalt à déterminer, celle de l’oxyde de mercure ajoutée et la dilution du liquide.

Celte méthode n’est pas applicable en présence de l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique, de l’acide arsénique, des acides oxygénés, de l’azote, du chlore et des acides organiques.

On peut éliminer l’acide sulfurique par le chlorure de baryum, l’acide phosphorique et l’acide arsénique par le perchlorure de fer et l’oxyde de mercure, ce dernier précipitant directement le fer en excès, sans que la présence du permanganate soit nécessaire. Il est inutile alors de filtrer la liqueur pour la titrer.

S’il y a du manganèse, la méthode est en défaut ; le nickel, quand il n’est pas en grande quantité, n’altère pas sensiblement les résultats qui, du reste, ne sont pas très rigoureux, mais suffisants pour des essais industriels.

Méthode de Fleischer. — On précipite le cobalt et le nickel en portant la solution à l’ébullition, après l’avoir additionnée de potasse et d’hypochlorite de soude. On reconnaît que la précipitation est terminée quand le précipité a pris une teinte noir foncé.

Le sesquioxyde de nickel est réduit complètement à froid après quelques minutes par l’ammoniaque pure, de densité = 0,930, étendue de 3 parties d’eau. lise dégage de l’azote et le protoxyde de nickel se dissout, tandis que le sesquioxyde de cobalt peut être porté à l’ébullition avec de l’ammoniaque, sans subir de modification. Une partie de NiO peut rester mélangée au sesquioxyde de cobalt, mais celui-ci est complètement exempt de sesquioxyde de nickel, et les résultats du dosage ne peuvent être ainsi altérés. On dose le cobalt en le réduisant par une quantité connue de sulfate de protoxyde de fer ou de sulfate de protoxyde de fer et d’ammoniaque et en déterminant au moyen du permanganate de potasse l’excès du sel de fer employé.

On recommence cette opération sur une autre quantité égale de la dissolution de nickel et de cobalt que l’on a précipitée par la potasse et l’hypochlorite de soude, mais que l’on n’a pas réduit par l’ammoniaque. De la différence entre le dosage du cobalt et celui de la quantité totale des sesquioxydes, on déduit la quantité de nickel.

Les lavages des oxydes avant et après l’action de l’ammoniaque doivent être faits à l’eau chaude.

La présence du zinc, du 1er, du chlorure, du cadmium, de l’étain, de l’aluminium, des métaux terreux, est sans inconvénient. Le cuivre et le manganèse doivent être séparés au préalable, ce dernier par précipitation au moyen de l’hypochlorite dans une solution acétique.

Dosage volumétrique du cobalt et du nickel au moyen de l’iode et de la potasse. — L’iode ajoutée à une solution potassique bouillante de protoxyde de cobalt la peroxyde et n’exerce pas d’action sur le protoxyde de nickel.

Pour essayer une liqueur,on la partage en deux. On traite une partie par la potasse et le brome qui peroxyde cobalt et nickel, et l’autre partie par l’iode et la potasse ; on fait ensuite bouillir les précipités lavés et frais avec l’acide

chlorhydrique, et l'on reçoit le chlore qui se dégage dans une solution d’iodure de potasse; on titre finalement par l’hyposulfite de soude l’iode mis en liberté. La différence de titrage fait connaître la quantité de nickel. Celte méthode est une modification de celle de Fleischer (E. Donath).

PROCÉDÉ SPECTRAL POUR RECONNAITRE LE COBALT EN PRÉSENCE DTI FER ET DO NICKEL.

Les sels de cobalt, en solution alcoolique, traités par le sulfocvanure de potassium, deviennent bleus et fournissent un beau spectre d’absorption composé d’une forte bande s’étendant de la raie B 3/4 C jusque vers la raie D ' et d’une raie plus faible, voisine de D, qui se confond avec la ligne visible dans le spectre atmosphérique par les temps humides.

Pour reconnaître la présence du cobalt, on ajoute un excès de sulfocyanure d’ammonium et du carbonate de soude, à. la solution de fer peroxydée, jusqu’à ce que cette solution, de rouge qu’elle était, soit devenue couleur de rouille* on filtre et on traite la liqueur filtrée par un mélange à parties égales d’alcool amylique et d’éther. Le sulfocyanure de cobalt se sépare dans une solution nettement bleue, et présentant une teinte verte quand elle contient du nickel On reconnaît alors le cobalt par la raie d’absorption qui existe entre les raies C et D, de Fraunhofer.

La solution de sulfocyanure de cobalt dans l’éther donne les mêmes raies tandis que la solution aqueuse ne fournit qu’une bande assez large et sombré dans le vert.

Par M. J. MEUNIER

Chef de travaux chimiques à l’École Ccnlrale.

HISTORIQUE

Le nickel a été employé par les Chinois dans leur alliage connu sous le nom de pacfong, bien avant que ce métal ait été découvert en Europe. Hyerne paraît être le premier qui ait parlé de ce métal en décrivant son minerai, le kupfernickel, en 1G94. Ilenckel et Cramer considérèrent celui-ci comme un minerai de cobalt ou d’arsenic et de cuivre.

Ce fut Cronstedl, en 1751, qui isola le métal du kupfernickel ou niccolite en grillant le minerai à l’air, puis en mélangeant l’oxyde obtenu avec du flux noir, et en soumettant le mélange contenu dans un creuset et recouvert de sel marin à un feu de forge assez vif pour fondre ce mélange. Il obtint ainsi un régule métallique.

Deux minéralogistes, Sage et Monnet, nièrent son existence et prétendirent que le métal de Cronstedt n’était qu’un alliage de différents métaux. Mais Bergmann réfuta ces objections en 1775, et, en cherchant à purifier ce métal, il confirma avec Arfvedson l’exactitude des travaux de Cronstedt.

Bergmann, Richler, Proust, Tupputi, Berthier, firent connaître les principales propriétés de ce métal.

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