CHLORURE DE NICKEL HYDRATÉ
NÎC1 + 6HO.
On prépare ce composé en dissolvant le nickel métallique dans l’eau régale» du le protoxyde et le carbonate dans l’acide chlorhydrique. On évapore ensuite la solution, et il se dépose, par refroidissement, des cristaux verts, d’apparence granuleuse, qui tombent en déliquescence ou s’effleurissent, suivant l’état d’humidité de l'air. Ils se dissolvent dans 1 partie 1/2 ou 2 parties d’eau froide ainsi que dans l’alcool (Tuppuli). Le chlorure anhydre absorbe l’humidité de l’air et se transforme peu à peu en chlorure hydraté.
Les cristaux que l’on obtient, soit en évaporant, soit en refroidissant les dissolutions, sont fdiformes ou présentent des formes prismatiques confuses, en sorte qu’on ne peut les mesurer. Ce n’est que par une évaporation très lente, qui peut se prolonger pendant une année, que l’on obtient des petits cristaux nets. M. Marignac, qui en a obtenu de la sorte, a reconnu que ces cristaux sont monocliniqnes, isomorphes de ceux de chlorure de cobalt correspondant, qu’ils ont la forme de' prismes raccourcis. Ces prismes sont à six pans, constitués par les faces m et ¥, ils sont terminés par la base p qui est dominante, les faces é 1,s et a 112 sont des faces secondaires. Angles : mm (à l’extrémité de la diagonale inclinée) = 77°52'; pm = 109°44'; pb llt — 54°44'; mb lli = 12G°0'" ma*/ 2 = 74° 2'; h l a l,î = 131°32'; i*'W' 2 = <J3"50'. Il y a une différence de 20' entre les angles calculés et les angles observés. Très souvent ces cristaux sont accouplés deux à deux par les faces m. Ils possèdent un plan de clivage peu net, parallèle à la base p.
Proust avait annoncé que ces cristaux renferment 9 équivalents d’eau, ce qui paraissait peu vraisemblable une fois que leur isomorphisme avec le chlorure de nickel a été établi. Laurent et Marignac ont démontré que leur véritable formule est NiCl-f- 6HO.
Sous l’influence du chlore, leur solution donne de l’acide hypochloreux et un précipité d’hvdrate de sesquioxyde de nickel (Balard).
En solution alcoolique, le chlorure de nickel donne, avec l’aniline, un précipité vert renfermant un sel :
NiCl.C 12 H*(AzH 3 ) + C 4 H 6 0 2 ,
qui devient jaune vert quand il est sec.
11 en est de même avec la toluidine (Lippmann et G. Vortmann).